
Michel-Edouard Leclerc, sur le plateau de BFMTV/RMC de ce mardi 15 septembre, dénonce « les profiteurs » que sont les producteurs et raffineurs de l’essence.
Oui c’est sûr Total et les grands groupes ont très largement profité de la situation ; laissons ça de côté et voyons si ce ne sont pas les seuls profiteurs.
La grande et moyenne distribution ne représente-t-elle pas plus de la moitié des stations-service du pays hors réseau autoroutier ? Et, elles aussi, ont augmenté les prix dès le début de la guerre contre l’Iran ! C’est bien beau de venir dénoncer le voisin, mais vous aussi vous nous volez.
« Mes adhérents, ça leur donne des boutons […] on n’a pas plus d’un centime de marge » dit-il. Déjà, doit-on le croire sur parole ? Montre tes livres de comptes, de tout le groupe et de tous les magasins pour voir ? Si c’était une branche si morte que ça, pourquoi ne pas les fermer ? Parce que la grande distribution a toujours utilisé l’essence comme un produit d’appel pour faire venir les clients dans ses magasins, les marges, elles les font ailleurs. D’ailleurs, il dit que la consommation de l’essence à baisser de 6%, mais que la consommation des autres produits en magasin se porte bien. Ensuite, rappelons-nous au début de la guerre contre l’Iran (et avant cela la guerre en Ukraine) ils ont anticipé des hausses de prix eux-mêmes ! Car ils savaient que leurs marges seraient limitées au fur et à mesure que l’inflation progresserait et ont voulu faire un maximum de profit avant !
Il s’est ensuite lancé dans une explication « Quand on achetait une barge [d’essence] dans la Mer du Nord, ça faisait 30 millions et ça faisait en 2 jours le port du Havre. Aujourd’hui il faut acheter des supertankers à 300 millions dans le Golfe du Mexique […] et ça met 25 jours de risque, c’est-à-dire 25 jours de risque sur le cours du pétrole, 25 jours de risque sur le dollar, sur le taux d’assurance. On est tous comme ça [à avoir les chocottes] ! ». Le seul truc où nous pouvons être d’accord, c’est que l’économie mondiale est en crise. Mais, lorsque les conditions de circulation deviennent plus risquées et nécessitent davantage d’investissements, qui supporte l’augmentation du coût et qui bénéficie des éventuelles améliorations de la situation ? Réponse, nous on raque, eux ils s’en mettent plein les poches.
Michel-Edouard Leclerc a beau faire le mariole, le patron « un peu social », c’est surtout un pathétique menteur. Il reste un capitaliste qui admettait bien volontiers en 2025 que « l’objectif n’est pas de revenir au prix d’avant la crise », bah tiens !
Il demande à l’Etat d’étendre les aides pour les pêcheurs, les taxis, les transporteurs … autrement dit, ce sont nos impôts, en premier lieu ceux de tous les travailleurs, des jeunes, des retraités qui doivent compenser le vol commis par les grands groupes producteurs et distributeurs ? Mais de l’argent tu en as aussi toi, Michel-Edouard, et tes franchisés aussi ? Dans tout le groupe Leclerc, et plus généralement dans toute la distribution, vous n’avez pas augmenté les salaires depuis le début de toute l’inflation ! Depuis l’arrivée de Macron en 2017, les prix ont augmenté de 24% en moyenne, et les salaires de combien ? Au contraire toi et les autres, vous cherchez toujours à réduire les postes, à recruter des salariés « moins chers » avec des alternants pour des fausses qualifications (ils ont créé des qualifications de préparateurs de commande ou d’employé libre-service pour avoir des alternants).
Il propose de baisser de 20 centimes le litre, en suspendant les certificats d’énergie et il s’engagera a différé le paiement, mais « il ne faut pas que ça dure ». Ils ont vraiment la trouille que ça pète. Michel-Edouard Leclerc admet que la colère peut être contagieuse, mais tout bloquer « ne résoudrait rien » … pour lui oui, c’est sûr, mais pour nous ? Au fond, les capitalistes ont peur d’une grève massive, qui irait jusqu’à exiger des augmentations de salaires massives maintenant et la réindexation des salaires sur l’inflation. Et enfin, la question des prix, ça il en a peur aussi Monsieur Leclerc. Il dit qu’il « ne croit pas dans la proposition de LFI de plafonner les prix ». Oui il faut bloquer les prix ET les baisser ! Et pourquoi pas, désormais, les contrôler nous-même, comme il a été question pendant deux révolutions en France : la Révolution de 1789 et la Commune de Paris.
Les mobilisations qui arrivent doivent intégrer ces revendications et se donner les moyens de les gagner.
Par YB
