S’il a pu choquer, le kidnapping de Nicolás Maduro et de sa femme par Trump était prévisible. L’impérialisme US cherche depuis des mois à déstabiliser le gouvernement vénézuélien : sanctions, bombardements d’embarcations, saisies de pétrole. Pas moins de 15 000 soldats US sont déployés en mer des Caraïbes.
Fin août, Macron y a (encore) renforcé la présence navale française pour aider Trump.
L’objectif de ce dernier est de mettre la main sur les ressources du pays (pétrole, gaz, or…) et de renforcer son influence face à la Chine et la Russie.
Maduro fragilisé par ses concessions aux capitalistes
Avant d’être kidnappé le 3 janvier et emprisonné à New-York, Maduro a dirigé le Venezuela pendant douze ans. Sa réélection de 2024 avait été vivement critiquée, avec des accusations de fraude. Son régime autoritaire n’a pas enrayé l’hyperinflation ni la pauvreté. Si Maduro bénéficie d’un certain soutien, c’est grâce à l’héritage du chavisme.
Hugo Chávez, élu au pouvoir de 1998 à 2013, portait la perspective d’un soi-disant « socialisme du XXIᵉ siècle » et une orientation anti‑impérialiste, avec un soutien populaire massif et actif qui lui a permis de résister à deux coups d’État. Les nationalisations, notamment dans le secteur pétrolier, ont permis de réduire fortement la pauvreté.
Mais cette dynamique s’est stoppée : Chávez n’a pas retiré le pouvoir économique aux capitalistes ni permis aux travailleurs de gérer l’économie. Les méthodes autoritaires et bureaucratiques se sont multipliées, y compris contre les syndicalistes combatifs et les militants marxistes révolutionnaires.
Sous Maduro, une nouvelle élite « bolivarienne » s’est renforcée, les mesures contre les intérêts capitalistes se sont réduites, et l’isolement du pays a facilité l’intervention US. Trump en profite pour attaquer l’idée même de « socialisme » à l’égard des régimes qui ne lui sont pas soumis, comme Cuba.
La suite est entre les mains des travailleurs et de la population vénézuélienne
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, cherche à temporiser : elle prévoit de remettre 30 à 50 millions de barils de pétrole aux US et de libérer des prisonniers politiques face à la menace d’une seconde intervention militaire. Elle a décrété une loi d’« état d’agression extérieure », interdisant de s’exprimer dans la rue sauf pour soutenir Maduro.
Plusieurs manifestations contre l’intervention ont eu lieu au Venezuela et ailleurs. L’opposition croissante à la politique intérieure de Trump est un facteur déterminant.
La solution à la crise vénézuélienne ne viendra pas de l’ONU, mais de la capacité des classes ouvrières latino‑américaines à construire une alternative socialiste pour affronter l’impérialisme US, en lien avec la classe ouvrière des États‑Unis. Le régime de Maduro n’étant pas un régime socialiste démocratique, l’avenir du Venezuela repose sur la lutte de la classe ouvrière et des masses pauvres, et non sur une intervention impérialiste ou des forces de droite.
- Retrait immédiat des troupes US et françaises de mer des Caraïbes !
- Libération de Maduro et de sa femme !
- Aux travailleur-ses et pauvres de prendre en mains le Venezuela !
Anna et Rachel
Article paru dans L’Égalité n°232 (janvier-février 2026)

