Comme tous les services publics, l’Éducation nationale est au bord de la rupture : manque de dizaines de milliers de postes, classes surchargées, inégalités sociales et scolaires (étroitement liées) croissantes, précarité des dizaines de milliers de personnels (contractuels, AESH, AED…), bâtiments en piteux état…
Non au budget d’austérité et aux suppressions de postes !

Pour la rentrée 2026, le budget d’austérité du gouvernement Macron-Lecornu prévoit la suppression de 4 600 postes d’enseignants sous prétexte de la baisse démographique. Cette baisse est réelle, mais aurait pu être utilisée pour baisser les effectifs par classe.
Le gouvernement ralentit aussi la création de postes des AESH (Accompagnant-e d’élève en situation de handicap) : seulement 1 200 créations en 2026 contre 2 000 en 2025 et 3 000 en 2024. Une fois de plus, des milliers d’enfants en situation de handicap vont se retrouver sans AESH à la rentrée 2026 (9 % en 2025).
De plus, le nouveau concours enseignant bac + 3, prévu ce printemps, est compromis pour l’instant, faute de budget adopté. 88 000 candidats sont dans l’incertitude complète et risquent de ne pas pouvoir passer le concours. Cela ferait 8 000 jeunes profs en moins à la rentrée en septembre (nombre prévu par le ministère).
Encore plus d’attaques prévues
La Cour des comptes a publié le 12 décembre 2025 un rapport qui propose encore plus d’attaques, en particulier contre les enseignants, considérés comme trop absents. Trois axes préconisés : annualisation du temps de travail des enseignants pour amener plus de flexibilité, imposer la bivalence aux profs pour pouvoir pallier la pénurie d’enseignants dans certaines matières et le recrutement par les chefs d’établissement directement. Ces propositions, pas vraiment nouvelles, visent à briser davantage le statut des enseignants dans le but de restreindre encore plus le budget et de justifier la non-création de postes.
Le ministre de l’Éducation a aussi annoncé début janvier son plan « 800 collèges » qui prétend soutenir les 800 collèges avec le plus de difficultés scolaires. En réalité, ce plan est un grand pas vers le démantèlement de l’Éducation prioritaire car ce ne sont plus les critères sociaux qui seront pris en compte, mais les résultats scolaires aux évaluations nationales. Il s’agit donc d’une manière assez perfide de mettre les collèges en concurrence et d’enlever peu à peu des moyens à l’Éducation prioritaire. Une fois de plus, les jeunes issus de la classe ouvrière vont subir cette politique de casse.
Pour une grève massive de toute l’Éducation !
Il est temps que tous les personnels de l’Éducation luttent contre ces attaques en réclamant une Éducation de qualité, gratuite et accessible à toutes et tous avec des conditions de travail et d’études décentes. Fin janvier, les budgets d’enseignement (DHG, dotation horaire globale) pour les collèges, lycées et lycées professionnels vont tomber – probablement catastrophiques – et ce sera l’occasion de construire des grèves massives à l’échelle locale et nationale pour balayer toutes ces attaques et de gagner des moyens à la hauteur des besoins avec l’embauche de dizaines de milliers de personnels enseignants et non-enseignants.
Article paru dans l’Égalité n°232
