Ça craque à France travail, les chômeurs en payent le prix !

Réformes après réformes, parfois au nom d’une prétendue simplification, l’usine à gaz que représente l’accompagnement des chômeurs par France Travail (ex Pôle emploi, ex ANPE) et maintenant par ses partenaires du Réseau pour l’emploi (Conseils départementaux, Missions locales, Cap emploi), se construit et se développe. Dessinant un véritable monde kafkaien aux situations de plus en plus ubuesques vécues tant par les chômeurs que par les salarié·e·s de l’établissement. La mise en application de la « Loi Plein Emploi » (LPE) en début d’année aggravé la situation. 

Les conseillers sont en colère.

La colère et l’incompréhension sont grandes parmi les salarié·e·s, débordé·e·s et qui trouvent de moins en mois de sens à leur travail et missions. Ils et elles sont réduit le plus souvent à essayer de comprendre en vain le statut « administratif » des personnes qui sont sensé·e·s aider. Il faut démêler des situations inextricables bien éloignées des questions d’insertion professionnelle, répondre aux obligations de flicage des privé·e·s d’emploi et à les aiguiller vers des prestataires pour qui le chômage est juste un marché juteux. Le tout piloté par des objectifs de performance chiffrés totalement déconnectés.

Cet état d’esprit a été avéré récemment par des milliers de « posts rageurs » de conseiller·e·s sous la publication d’une web-conférence organisée par le Directeur Général T. Guilluy (ex rapporteur de la LPE) dans l’intranet de l’établissement. Et cela ne risque pas de s’arranger puisque le gouvernement et la direction de France travail se sont engagés dans un processus de réduction de poste de 2700 à l’horizon de 2027 et l’annonce de suppression 515 postes en 2026. On croit rêver, alors que les entreprises ferment et que les licenciements se multiplient !

Mais derrière cette apparente « absurdité bureaucratique » s’organise un véritable projet politique d’accentuation de la pression contre les privé·e·s d’emploi et de destruction de ce qui reste du service public de l’emploi.

Faire pression sur les chômeurs c’est faire pression pour baisser les salaires.

D’une part, au travers le contrôle de recherche d’emploi, la politique de radiation et suspension des droits, de dégradation de l’indemnisation du chômage, l’objectif est de pousser les demandeurs d’emploi à accepter n’importe quel emploi à n’importe quelles conditions salariales en fonction uniquement des besoins de mains d’œuvre du patronat (local). C’est ce qu’on appelle sous l’appellation euphémistique d’« activation des dépenses passives », politique qui a été mise en œuvre dès les années 80 et qui n’a fait que se renforcer au fil des politique de l’emploi. L’augmentation de la concurrence entre privé·e·s d’emploi, et salarié·e·s, qui résulte de cette pression constante et de plus en plus forte sur les chômeurs et les chômeuses, aboutit nécessairement à une pression à la baisse sur les salaires de l’ensemble de la classe ouvrière et à une dégradation des conditions de travail pour toutes et tous.

Pour en finir avec le chômage et pour un véritable service public de l’emploi

D’autre part en détruisant le service public de l’emploi, en libéralisant et privatisant du manière larvée, on fait du marché de l’emploi une source de profit pour les capitalistes du secteur, aujourd’hui sur l’aspect de l’accompagnement, mais pourquoi pas demain sur l’indemnisation au travers d’assurances privées.

À la GR nous nous battons pour :

  • Une indemnisation du chômage intégralement financée par les cotisations, sans limitation de temps
  • L’arrêt des contrôles de recherche d’emploi et des sanctions contre les privé-es d’emploi
  • Un emploi pour toutes et tous, l’arrêt du temps partiel subi, l’augmentation du SMIC et des salaires, pas de revenus en-dessous de 1800 euros nets.
  • La réduction du temps de travail, jusqu’à l’éradication du chômage.
  • Un véritable service public de l’emploi, avec des agents publics sous statut avec des embauches massives.

Article paru en version courte dans l’Égalité n°231, par Yann Venier