Lʼan 2025 a vu le nombre le plus élevé de guerres depuis la fin de la 2nde Guerre mondiale. Plus de 130 conflits armés ont lieu dans le monde, dʼaprès la Croix-Rouge ; plus du double quʼil y a 15 ans. Pourquoi, alors quʼon peut produire suffisamment de richesses pour que chacun-e vive décemment, lʼhumanité semble-t-elle régresser ainsi ?
L’enlisement de la guerre en Ukraine, l’horreur à Gaza et au Moyen-Orient, groupes terroristes et dictatures militaires au Sahel et ailleurs, toutes ces situations ont une origine économique. Elles sont dues à l’incapacité du capitalisme à satisfaire les besoins de chacun, parce qu’il est entièrement guidé par la loi du profit.
Agonie du capitalisme et tensions croissantes
Le capitalisme est un système de crises. Son économie est à bout, la croissance mondiale n’est rien : 3,3%. Il entre dans une nouvelle crise économique sans sʼêtre remis de la précédente. La dette des pays a explosé, atteignant 8 900 milliards de dollars.
« Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises ? D’un côté, en détruisant par la violence une masse de forces productives ; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond les anciens. À quoi cela aboutit-il ? À préparer des crises plus générales et plus formidables et à diminuer les moyens de les prévenir. »
Marx & Engels
Le Manifeste du Parti Communiste
Le rôle des gouvernements pro-capitalistes se résume à l’essentiel : garantir un accès aux ressources, maximiser les profits des capitalistes de leur pays. Pour cela, ils multiplient les attaques pour aggraver l’exploitation des travailleurs. Et s’affrontent, pour tirer au mieux leur épingle du jeu. Ainsi, les relations internationales changent : les alliances économiques sont plus temporaires, des « blocs » se forment et se déforment régulièrement. L’instabilité est énorme.
Trump II, « lʼallume-feu »

Dans ce contexte, la politique offensive de Trump de défense des intérêts de la classe capitaliste US met encore plus d’huile sur le feu. La guerre tarifaire, ses visées sur le canal de Panama, le Groenland et lʼAmérique Latine, son soutien au génocide mené par Netanyahu, lʼenlèvement de Maduro et le retrait de 66 organisations internationales… En particulier face à la Chine, lʼimpérialisme US fera valoir ses propres intérêts, si besoin au détriment de ses alliés historiques.
Ainsi, les institutions internationales, créées notamment sous impulsion des US après la 2nde Guerre mondiale (lʼONU, le « droit international »…), ne leur sont même plus utiles. Elles nʼont jamais permis dʼéviter de guerre, ni de faire respecter des règles prévues de toute façon pour que les impérialistes puissent sʼy soustraire tranquillement. Au plus, elles prodiguaient une illusion d’ordre. Mais si Trump se permet sans restriction des interventions, pourquoi les autres nʼen feraient-ils pas autant ?
Mais cette période d’agonie capitaliste ne verra pas uniquement augmenter les tensions et conflits militaires. Elle ouvre la voie à d’immenses mouvements de lutte contre le capitalisme.
Pas de paix possible sous le capitalisme
En 1915, dans Le Socialisme et la guerre, sʼopposant à la 1re Guerre mondiale, Lénine analysait déjà : « Ancien facteur de progrès, le capitalisme est devenu réactionnaire ; il a développé les forces productives au point que lʼhumanité nʼa plus quʼà passer au socialisme, ou bien à subir durant des années, et même des dizaines dʼannées, la lutte armée des “grandes” puissances pour le maintien artificiel du capitalisme à lʼaide de colonies, de monopoles, de privilèges et dʼoppressions nationales de toute nature. »
Il y a largement la place et les ressources pour tous les peuples de coexister pacifiquement mais pour cela il faut que l’économie ne soit plus aux mains d’une poignée qui s’enrichit sur le dos de la majorité.
Avec notre internationale, le CIO, nous portons un programme pour un monde socialiste, pour libérer lʼhumanité de lʼexploitation de la dictature du marché et des guerres qui en découlent, pour que le prochain chapitre de notre Histoire soit fait de paix, d’abondance et de solidarité entre les peuples.
Article paru dans L’Égalité n°232 (janvier-février 2026), par Rachel
