Le pouvoir s’enfonce dans une fuite en avant autoritaire. Arrestations, poursuites, intimidations : le régime de Kaïs Saïed ne gouverne plus, il frappe. Dans ce contexte, l’appel de l’UGTT à la grève le 21 janvier n’est pas une surprise. Il exprime une colère sociale qui déborde les calculs et les silences. Il arrive tard, trop tard pour beaucoup. Il faut le dire clairement : on ne mettra pas fin à la répression en suppliant un apprenti dictateur de redevenir démocrate. Sa politique n’est pas une dérive, c’est un choix, au service d’un ordre économique qui écrase les travailleurs et protège les intérêts des capitalistes.
Face à cela, la lutte ne peut pas se réduire à une défense abstraite des libertés ou à des discours moralisateurs. Elle doit s’attaquer frontalement à la politique de Saïed et à ceux qui la soutiennent, qu’ils soient néo-destouriens repeints en opposants ou faux martyrs de circonstance, zarma indignés aujourd’hui après avoir applaudi hier.
Le combat est social autant que politique. L’UGTT a une responsabilité historique. Son rôle n’est pas de protéger son appareil ou de négocier à la marge, mais d’unifier les travailleurs, du public comme du privé, des précaires comme des chômeurs, dans une lutte commune. La grève du 21 janvier doit être un point de départ. Construire un rapport de force ancré dans les lieux de travail et les quartiers populaires, voilà la voie pour briser la répression et ouvrir une alternative au pouvoir autoritaire et au système qu’il sert.
Le K.
Article paru dans L’Égalité n°232 (janvier-février 2026)

