Les résultats du 1er tour des élections municipales confirment une chose : il y a beaucoup de colère contre les politiques pourries menées dans les villes contre les habitants et qui sont souvent dans la même veine que celles menées par Macron à l’échelle nationale. Le vote pour la France insoumise a été multiplié par 11 par rapport à 2020. Malgré les attaques et mensonges de toutes parts, les bons scores des listes LFI ont pu incarner une opposition aux politiques de coupes budgétaires menées par les majorités municipales Macron-compatibles.

La polarisation s’approfondit
Le rejet de la politique de Macron et de la droite est tel que Renaissance (En Marche) ne s’est présentée que dans 10 villes, et LR dans 152 communes, contre 543 en 2014. Des centaines de listes ont avancé masquées derrière des listes « divers centre » ou « divers droite », dont certaines ont été utilisées comme un vote de sanction contre des listes des mairies sortantes.
Dans ses fiefs, le PS peine à progresser et fait face à des habitants des quartiers ouvriers et populaires très en colère contre eux. Dans beaucoup de villes, le maire sortant est reconduit. Là où c’est le PS, c’est souvent avec des listes d’union de la « gauche » dès le premier tour (sans LFI). Et elles font de moins bons scores qu’en 2020 avant qu’elles ne fusionnent.
Le PCF a obtenu 172 communes au premier tour, et continue de baisser d’élection en élection. Des bastions historiques, comme Harfleur ou Ivry-sur-Seine, sont perdus ou contestés au profit du RN.
Dans les quartiers, parmi les travailleurs et jeunes, une forte abstention
L’abstention est à 43 %, en recul par rapport à 2020 (car il y avait le Covid), mais la tendance de baisse de la participation depuis le début des années 2000 se poursuit. Toute une partie des travailleurs et des jeunes n’a pas voté.
Le vote RN a progressé dans des villes moyennes, et il a remporté 24 communes dès le premier tour, dont la moitié sont des villes qu’ils dirigeaient déjà. Le RN a continué de capter une partie du vote de contestation, ce qui lui a permis de progresser dans plusieurs villes, mais cette progression est nettement moins forte que celle de la FI. Ils sont même en régression par rapport à l’élection de référence de 2014. Bien que le RN ait réalisé de gros scores dans quelques grandes villes (comme Marseille et Nîmes), leurs résultats dans la plupart des grandes villes comme Paris, Lyon, et Toulouse sont inférieurs à 10 %, et ils y sont éliminés des conseils municipaux dès le premier tour. Le RN sera présent au second tour dans 20 des 42 villes de plus de 100 000 habitants, et leur victoire n’y est pas assurée.
Succès de la liste insoumise et populaire Décidons Petit-Quevilly
Malgré tous les efforts et la propagande conjointe des macronistes, du PS et de l’extrême droite, le vote pour La France Insoumise a dépassé les prévisions : sur 500 listes, 166 ont dépassé les 10 % des votes ! Dans plusieurs grandes villes, LFI a réalisé une percée : à Paris, Lille, Toulouse, Limoges, Roubaix… Saint-Denis, la deuxième plus grande ville d’Île-de-France, est remportée au premier tour !
Prolonger le succès du vote LFI au second tour permettra d’installer une ambiance de résistance contre la politique de Macron et contre les attaques racistes.
La campagne du collectif « Décidons Petit-Quevilly » a été un succès ! Cette liste insoumise et populaire, menée par Leïla Messaoudi de la Gauche Révolutionnaire, a multiplié ses voix par 2,5 et eu 17,5 % des votes dans cette commune populaire de 22 000 habitants près de Rouen. Ainsi le collectif Décidons Petit-Quevilly s’ancre dans la ville avec, désormais, trois élus combatifs au conseil municipal contre la casse sociale.
Le 22 mars, votons pour les listes insoumises et combatives partout où c’est possible !
Ces résultats montrent la polarisation actuelle. Dans de très nombreuses villes, 3, 4 listes ou plus sont qualifiées et des fusions ont lieu. À Paris, Dati avait qualifié la liste Horizons de « droite la plus bête du monde » pour finalement fusionner dans l’entre-deux tours.
Quand le PS et la droite sont au coude-à-coude, des fusions « techniques » entre des listes PS-Verts et LFI ont parfois lieu, comme à Lyon face à la droite. Mais à Toulouse, un « accord de gouvernance » est passé : LFI prendrait la mairie et le PS la métropole… alors que le PS accompagne les attaques et LFI veut s’y opposer. On a une situation similaire à Limoges.
À la Gauche Révolutionnaire, nous sommes pour que les listes insoumises se maintiennent le plus souvent possible pour que ce vote continue à servir de prolongement à la colère. Ces fusions avec le PS sont discutables, en particulier face à la droite. En effet, la différence de gestion entre le PS et la droite est souvent minime, similaire notamment sur les coupes budgétaires et les attaques contre les travailleurs municipaux. À Lille, le PS a fusionné avec les Verts contre la France insoumise, qui est pourtant arrivée devant eux, montrant comment ces forces mettent leurs propres intérêts avant toute autre chose.
Dans le cas où le RN ou ses équivalents sont en position de prendre la ville, des fusions techniques sont le seul moyen électoral pour bloquer le RN. Mais ce n’est pas une réponse politique. Le PS n’est un rempart ni à Macron ni au développement du vote RN. Bien au contraire, c’est la politique de Hollande, puis leur vote du budget de Macron, qui va contre les intérêts des travailleur-ses et des classes populaires et qui laisse l’espace au RN de se faire passer pour une opposition à Macron.
Nous nous opposons à tout accord pour être dans une majorité municipale ou accord de vote budgétaire avec le PS. Il doit être très clair que ces fusions n’ont de sens que sur la base d’une indépendance totale et que les élus ne sont liés d’aucune manière dans les votes sur le budget ou autres. Ce dont nous avons besoin, c’est d’élus combatifs qui défendent les intérêts des travailleurs et de la majorité de la population pour briser la politique de Macron et le RN !
À Marseille, pour battre le RN, il faut s’organiser dans nos quartiers, lieux de travail et d’études !
Il y a un risque que la 2e ville du pays puisse être prise par le RN. À Marseille, la liste PS de Payan (36,70 %) n’a eu que très peu d’avance sur la liste de Allisio du RN (35,02 %). La droite a eu 12,41 % et la liste LFI de Delogu 11,94 %.
Nous sommes pour empêcher le RN de prendre la ville. Mais le RN ne sera vraiment battu que par une mobilisation des habitants, des travailleurs et des jeunes, axée sur des revendications sociales concrètes pour la ville : des logements décents, la gratuité des transports, etc. ce que le RN ne fera jamais car ils gèrent pour les intérêts des capitalistes et pas pour ceux de la population.
Sans surprise et sans gêne, le PS de Payan a déposé, seul et dès lundi matin, sa liste pour le second tour. Il a ainsi coincé, électoralement, toutes celles et ceux qui parmi les jeunes et les travailleurs, ont voté LFI. Leur objectif : que la liste de Delogu se retire totalement. LFI n’aura aucun élu au conseil municipal. Ce sale coup du PS avec le soutien de Faure et Hollande a pour but de forcer les Marseillais à voter PS contre le RN alors qu’il continuera de mener sa politique de coupes budgétaires, d’aménagement urbain au service des actionnaires de l’immobilier et de la construction. Et continuera de laisser des immeubles insalubres s’effondrer…
Lundi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège de Payan pour protester contre cette manœuvre et des manifestations sont appelées toute la semaine. Et finalement, la France insoumise a annoncé retirer sa liste à midi mardi. Il aurait été bien d’augmenter la pression toute la journée et d’appeler les syndicats et les organisations et associations à organiser la riposte.
Nous sommes nombreuses et nombreux à refuser le risque de voir le RN diriger la ville de Marseille. Et sous cette pression, beaucoup iront voter pour Payan et le PS, même avec dégoût. Seule une mobilisation d’envergure peut inverser le rapport de forces. La mobilisation doit grandir toute la semaine dans la ville contre le RN et pour dire clairement au PS que leur programme et leur politique ne sont pas les nôtres et que s’il passe, ils seront scrutés.
Au delà de LFI, c’est le rôle absolu des organisations du mouvement ouvrier, notamment des syndicats, en particulier ceux des agents territoriaux et des ports et docks d’appeler à la mobilisation, et pourquoi pas une journée de grève jeudi contre le RN, le racisme et la casse des services publics et une grande manifestation de masse vendredi soir.
La dernière année de Macron doit être une année de luttes !
La colère est déjà archi-présente dans plein de quartiers, chez les travailleurs et les jeunes. Les succès des listes LFI, et plus largement des listes qui refusent les politiques d’austérité, renforcent l’idée qu’il faut lutter contre la politique de Macron et des autres qui sont d’accord sur le fond. Sa dernière année doit être une année de calvaire pour lui par la construction d’un mouvement de masse. Organisons-nous ! Venez discuter avec nous et rejoignez la Gauche Révolutionnaire !
