Apprentissage : travailleurs exploités dès le plus jeune âge

Dans une société qui valorise le profit de quelques uns sur les droits fondamentaux des autres, les jeunes en apprentissage aussi passent par la case exploitation. Ils ont une rémunération dérisoire et des conditions de travail précaires, tout en ayant des responsabilités identiques aux autres salariés. Concrètement, les jeunes de 16-17 ans ne touchent que 27 % du SMIC en première année, 43 % pour les 18-20 ans, et 53 % du SMIC pour les 21-25 ans. Une grille de salaire complètement injuste qui souligne la facilité avec laquelle l’État brade le labeur des travailleurs.

En lycée professionnel ce n’est pas mieux, les stages sont passés de 6 à 12 semaines ! On nous dira que la prolongation de ces stages bénéficie aux jeunes, qui « gagnent en expérience sur le terrain ». Mais la vérité c’est que cette main d’œuvre quasi gratuite (très largement subventionnée par l’État) ne sert qu’à engendrer plus de profit pour les capitalistes qui les emploient. D’ailleurs les filières enseignées fonctionnent de la même manière : celles dans les secteurs en besoin de salariés fleurissent, et les autres ferment, en fonction de la demande des entreprises de la région. Ces filières se développent dans l’intérêt des patrons avides de main d’œuvre pas chère, pas des apprentis et des lycéens !

Mais avant même d’offrir leur force de travail pour une bouchée de pain, encore faut-il que les alternants trouvent une entreprise pour effectuer leur stage ! Aujourd’hui, trouver une alternance est devenu un parcours du combattant, et avoir un réseau de connaissances est presque indispensable. Cet héritage social devient un levier pour obtenir des stages prétendument « accessibles à tous ». Une fois n’est pas coutume, le système capitaliste dans lequel nous vivons crée une dynamique de concurrence entre les jeunes, au lieu de les unir. Peu importe notre âge, on subit l’exploitation, mobilisons-nous pour lutter contre l’exploitation capitaliste !

Article paru dans L’Égalité n°232 (janvier-février 2026), par Salomé