Le 8 mars, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, prend un caractère particulier cette année. Partout dans le monde, on voit un niveau d’attaques et de violence accrues. Les femmes, les enfants, les masses travailleuses et pauvres sont les premiers à les subir.
Mais partout dans le monde, cette journée sera marquée par la révolte : contre la guerre, contre les gouvernements qui font reculer des droits des femmes avec des politiques qui nourrissent discriminations et injustices, contre les ultra-riches qui se gavent toujours plus, montrant qu’il existe largement les moyens pour résoudre tous les problèmes.
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Les droits des femmes sont attaqués par de nombreux régimes réactionnaires. Les Trump, Orban, Milei, Erdogan, Poutine, Tebboune… attaquent les droits des femmes en restreignant leurs droits à disposer de leur corps, en sapant les protections contre les violences et discriminations, sur fond d’une propagande horrible qui relègue les femmes à être des mères, rester au foyer et être subordonnées aux hommes.
Ces attaques servent toujours à diviser et préparer des attaques encore plus grandes contre tous les travailleurs et la majorité de la population : attaques sur les droits démocratiques (en particulier celui de s’organiser, de se syndiquer et de lutter sur son lieu de travail ou d’études), attaques sur les services publics et privatisations, pression sur les salaires et les emplois… Sans compter que comme le racisme, ces attaques permettent de détourner l’attention des sales coups des grands patrons et actionnaires, et de la politique des gouvernements, alors qu’ils sont de plus en plus contestés !
La politique de Macron s’en prend de plein fouet aux droits des femmes
Macron (et d’autres) ne sont pourtant pas en reste, loin de là. Heureusement, niveau propagande misogyne, on n’est pas au même niveau. Mais sur le fond, leur politique va dans le même sens. Leurs déclarations sur les « grandes causes » pour les femmes et leur fausse « égalité » puent l’hypocrisie. Les 40 plus grosses entreprises françaises ont donné plus de 100 milliards aux actionnaires en 2025, un nouveau record ; avec la très grande bienveillance de Macron. Et pendant ce temps-là, leurs politiques de casse sociale et autoritaristes démolissent nos services publics, plongent des millions de femmes dans la précarité et remettent en cause de nombreux droits et acquis des luttes de masse du siècle dernier.
Le budget 2026 aggrave la situation
Avec le budget Macron-Lecornu, la situation va être encore pire. Le ton est déjà donné avec le Ministère de l’égalité F/H, 0,02 % du budget de l’État, qui perd 4,4 millions d’euros… bien qu’il serve surtout à des opérations de comm’. Dans certaines régions, le budget spécifiquement consacré à l’égalité femmes-hommes a déjà été divisé par 10 en quelques années ! Et les coupes dans les services publics sont brutales. Jusqu’à 8 milliards de coupes dans les départements et les communes : ça veut dire moins de crèches, de services sociaux… et aussi d’emplois – 62 % des travailleurs de la fonction publique territoriale (dont 2/3 des contractuels) sont des travailleuses.
Pour l’ensemble du secteur associatif, on parle de 1 milliard d’euros de subventions en moins en trois ans ; une baisse de 40% ! Selon la Fondation des Femmes, plus de 70% des associations d’aide aux femmes déclaraient, déjà en 2025, une situation financière dégradée, en lien avec ces coupes. Pourtant, ces associations s’occupent déjà de nombreuses tâches (accueil, accompagnement juridique, hébergement, soutien psychologique) qui devraient être assumées socialement par les services publics et sociaux, mais dont les moyens sont sabordés.
Ce pour quoi nous luttons :
- Stop aux attaques sur nos services publics ! Des services publics gratuits et de haute qualité (crèches et garderies, hôpitaux/Santé, mais aussi transports avec de la présence humaine, éclairage public…) !
- Embauches massives et titularisation des personnels dans les services publics !
- De vrais moyens pour l’aide aux femmes victimes de violences (accompagnement psy, aide matérielle, logements…) et la justice restaurative.
- Stop aux coupes budgétaires pour les associations.
Pour disposer de nos corps : des moyens !
Le droit à l’IVG est dans la Constitution depuis deux ans, c’est tant mieux. Mais quand on a un président qui parle de « réarmement démographique », ça renvoie quand même beaucoup à la glorification de la maternité dans les régimes les plus réactionnaires d’hier et d’aujourd’hui.
Et l’IVG est de plus en plus difficile d’accès en pratique. Maternités fermées, services de gynéco et Plannings familiaux sous-dotés ou fermés, délais de rendez-vous très longs… En 12 ans on a perdu plus de 10 % de lits dans ces services, alors même qu’il y a 3 millions d’habitant·es en plus en France ! Tout ça à cause de la casse de l’Hôpital public pour transformer la Santé en marché pour les capitalistes. D’où les 7 milliards de coupes sur la Santé dans le budget 2026 de Macron-Lecornu.
Ces difficultés sont d’autant plus grandes pour les femmes travailleuses, jeunes, migrantes ou isolées, qui ont moins de moyens pour se déplacer, poser des congés, faire garder leurs enfants ou affronter un système de santé qui a été rendu si compliqué (papiers à n’en plus finir, « parcours de soins » dans des déserts médicaux qui nous obligent à aller dans le privé où on n’est pas remboursables, mutuelles chères et inefficaces, etc). De fait, cette politique attaque même la possibilité d’avoir un enfant dans de bonnes conditions !
Ce pour quoi nous luttons :
- Un vrai droit à choisir : maternité, plannings familiaux et centres IVG totalement publics et gratuits ! Réouverture massive de ces structures dans les Hôpitaux publics !
- Davantage de congés parentaux pour les femmes comme les hommes
- Droit à des congés menstruels en cas de besoin
Sexisme et racisme conjugués
Le droit de disposer de notre corps est tout le temps attaqué. Les lycéennes sont déjà fliquées en permanence sur la longueur de leurs jupes ou leurs décolletés. Stop, on s’habille comme on veut ! Doublé d’une forte propagande raciste contre les musulmanes présumées et les (nord-)Africaines en général, l’État français, la droite et même jusqu’à une partie de la gauche voudrait dicter aux femmes ce qu’elles doivent faire de leur tête et fliquer les couvre-chefs. Y en a marre ! On fait ce qu’on veut avec nos cheveux !
Ces attaques sexistes et racistes servent aussi à attaquer les travailleuses et les services publics. Récemment, une infirmière à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris a carrément été licenciée par l’AP-HP pour avoir porté un calot, le couvre-chef pourtant normal des personnels de santé ! Grâce à la mobilisation des personnels soutenue par la CGT et Sud, le licenciement a été annulé, mais Majdouline a quand même été suspendue 8 mois, une sanction appliquée normalement pour agression physique ou détournement de biens publics ! Des dizaines de travailleuses ont déjà été licenciées de l’Hôpital public dans toute la France pour le même prétexte. Sans parler des travailleuses combatives et militantes syndicales, dans le public comme dans le privé, et aussi à l’université, attaquées sous ce prétexte. Tout ça est bien utile pour les capitalistes.
Ce pour quoi nous luttons :
- Assez des discriminations sexistes et racistes !
- On s’habille comme on veut, on fait ce qu’on veut avec nos cheveux !
- Stop à la répression contre les travailleuses et les militantes !
Unissons-nous pour lutter contre ces politiques capitalistes
En aggravant les inégalités et les discriminations, la politique de Macron crée un terreau gigantesque pour les discours misogynes, racistes et réactionnaires en tout genre. Plus il y a d’inégalités et de divisions, plus il faut les justifier politiquement. La théorie raciste, par exemple, a littéralement été créée au 19e siècle pour justifier que des peuples entiers soient réduits en esclavage ! L’écho qui existe pour ce qui est souvent qualifié d’« idées d’extrême droite » résulte directement de cette politique qui attaque et qui divise les travailleurs et la majorité de la population. Politique que mène Macron avec l’appui de la droite, du RN, qui sont d’accord sur le fond… et aussi le soutien du PS, qui s’est carrément allié à Macron et a permis à Lecornu de rester en place et de passer son budget.
Défendre réellement les droits des femmes et lutter contre l’extrême droite, ça veut dire lutter contre ces politiques ! On veut pouvoir disposer de nos corps, on veut l’égalité alors que nos salaires sont toujours 22 % plus ridicules que ceux des travailleurs, on veut des services publics de qualité pour répondre aux besoins et combattre les violences faites aux femmes (et aux enfants).
Ce pour quoi nous luttons :
- Égalité salariale femme/homme ; hausse de l’ensemble des salaires !
- Aucun salaire ou pension en dessous de 1 800 € !
- Un emploi de qualité pour toutes et tous ! Zara, Jennyfer, Alinea… stop aux licenciements ! Non aux temps partiels imposés !
Pour obtenir tout ça, unissons-nous, travailleuses et travailleurs, jeunes, précaires, et luttons contre la politique pro-capitaliste de Macron et tous ses soutiens ! Les syndicats et organisations de travailleurs·es appellent à manifester massivement le 8 mars, avec des associations et autres : tant mieux. Mais ils auraient dû appeler au moins à une première journée de grève contre les attaques dramatiques du gouvernement, c’était nécessaire et ça l’est toujours aujourd’hui !
Uni·es et en lutte, nous pouvons stopper Macron et les capitalistes. Ils sont faibles, sans soutien dans la population. Nous pouvons revendiquer et gagner de vrais moyens pour la Santé et les services publics, de meilleurs salaires et des emplois décents, non seulement pour les femmes mais pour tous les travailleurs. Nous pouvons dire que nous ne voulons pas de leurs sales guerres, que le fric doit aller aux services publics et pas pour les armes qui servent au massacre des populations au Moyen-Orient et ailleurs.
C’est cela qui va non seulement stopper les reculs des droits des femmes, faire reculer les divisions entre femmes et hommes travailleurs·es et jeunes, mais aussi occuper l’espace qui est laissé, par manque de luttes larges, à la droite et l’extrême droite, qui parlent beaucoup trop fort alors que nous sommes beaucoup plus nombreux·ses. Il faut nous organiser, avec un programme de lutte contre le capitalisme et pour le socialisme.
La lutte ne s’arrête pas au 8 mars
Cette lutte ne doit pas s’arrêter au 8 mars. La Gauche révolutionnaire défend ces revendications en permanence, avec la participation active de nos militantes. Pour que chacune et chacun prenne une place dirigeante et égale dans la lutte. Tout au long de l’année, le mouvement ouvrier et en particulier les syndicats devraient organiser des campagnes et des luttes pour défendre ces revendications et organiser les travailleuses.
Il n’y aura pas d’égalité réelle sous le capitalisme. Un système basé sur l’exploitation ne peut engendrer que harcèlement, au travail et ailleurs, discriminations et violence. La lutte pour les droits de la femme s’inscrit pleinement dans la lutte pour renverser ce système et construire le socialisme.
À bas l’oppression des femmes, à bas le capitalisme !
Le recul dans les droits des femmes, tout comme la montée du racisme et des conflits, sont les résultats directs de la crise du capitalisme. Ce système ne peut traiter les femmes correctement car pour l’immense majorité d’entre nous, nous sommes réduits à des instruments de production dont disposent les capitalistes et nos corps, comme tant d’autres choses, à des marchandises. Plus le capitalisme est en crise, plus sa décadence et son horreur sont révélées au grand jour, comme avec l’affaire Epstein et ses liens avec tant de complices actifs ou passifs parmi la bourgeoisie mondiale, y compris quelques femmes capitalistes comme Ghislaine Maxwell, condamnée notamment pour trafic sexuel de mineures.
Dans ce système entièrement dominé par la loi du profit, rien n’est jamais acquis. Aucune avancée n’est permanente ; aucun droit ne peut être gagné sans des luttes massives, surtout des luttes de travailleuses et de travailleurs uni·es, car ce sont les plus puissantes.
Il faut en finir avec ce système fondamentalement injuste et barbare, où une toute petite minuscule classe sociale, celle des capitalistes, contrôle et décide de tout. Selon un seul et unique critère : le profit. Comment font-ils ces profits ? En exploitant les travailleurs·es, en les payant toujours moins. Et pourquoi le peuvent-ils ? Parce qu’ils ont la propriété privée des entreprises, de l’énergie, des transports, des médias, bref des principaux moyens de production ; et ils ont aussi des gouvernements à leur service ou qu’ils dirigent eux-mêmes, comme Macron le banquier millionnaire.
Pour une égalité socialiste !
À la Gauche révolutionnaire, nous luttons pour une société où ce sont les travailleurs·es qui contrôlent et décident démocratiquement, grâce à la propriété publique des moyens de production, en lien avec la population, ce qu’on produit, comment et pour quoi faire. C’est la seule manière de réorganiser l’économie et la société pour qu’elle soit vraiment démocratique et que les besoins de la population soient satisfaits. Et ainsi, que l’égalité entre hommes et femmes ait de vraies bases matérielles, économiques, politiques et sociales.
« Les problèmes non résolus – la maternité, l’avortement, la protection de la santé, l’éducation des enfants – sont encore renforcés par le capitalisme. Les femmes sont incapables de briser ce cercle vicieux. L’inviolabilité de la propriété privée, le maintien de la cellule familiale isolée, la survivance tenace des habitudes individualistes, les traditions et l’absence d’expériences sociales collectives ont embrouillé la « question des femmes » au sein du capitalisme de façon irrémédiable. Même les hommes bien intentionnés à leur égard seront impuissants pour résoudre leur oppression aussi longtemps que la puissance du capital n’aura pas été brisée.
Ce n’est qu’avec l’avènement et la victoire du prolétariat que ce cercle vicieux pourra être brisé. L’expérience de la Russie au cours de ces quatre dernières années [depuis la Révolution de 1917] vous montre, ainsi qu’au prolétariat mondial et tout particulièrement aux femmes prolétaires comment sortir de cette impasse et comment les femmes pourront se libérer, non pas de façon formelle et superficielle, mais de façon réelle et profonde. »
Alexandra Kollontaï, Conférence sur la libération des femmes, 1921
Si l’oppression de la femme date de bien avant le capitalisme, la société socialiste – démocratique, internationale – sera la première qui posera les bases de sa disparition complète. En résumé, comme le disait la militante révolutionnaire Klara Zetkin : « L’émancipation des femmes comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s’émancipera du capital. Ce n’est que dans la société socialiste que les femmes comme les travailleurs accéderont à la pleine possession de leurs droits. »
Rejoignez la Gauche révolutionnaire pour défendre ce programme de lutte !
