La dette publique, dans les pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’une partie de l’Asie a atteint des sommets jamais vus. En 2024, 34 États africains ont ainsi consacré 40 % du PIB au remboursement des dettes ! Ces dettes viennent de prêts, soi-disant pour aider les pays à se développer. Par exemple, au Sri Lanka en 2007, la Chine a fait des prêts pour moderniser le port de Hambantota suite à la demande du président Rajapaska, un quasi-dictateur. Cela a permis au gouvernement chinois de créer une dette immense, donc forcer le Sri Lanka à s’aligner sur les intérêts de la Chine… Le FMI fait la même chose : il accorde des prêts aux pays endettés… à condition que ceux-ci adoptent des politiques d’austérité ! Pour ne rien arranger, Trump a fermé 83 % de l’USAID, un programme qui finançait 40 % de l’aide humanitaire dans le monde ! Cela veut dire, dans certains pays, des hôpitaux qui ferment, la fin de la vaccination contre le Sida, de l’aide contre la disette…

Modernité et misère : une contradiction de l’impérialisme ?
Cela dit, la situation n’est pas horrible pour tout le monde, dans les pays néocoloniaux. En Afghanistan, les dirigeants talibans ont signé 200 contrats miniers avec de nombreux pays, ce qui permet de remplir les poches des chefs de cet État mafieux. Bref, pendant que les populations souffrent et s’enfoncent dans la misère, des entreprises mondiales et des dictateurs locaux se font plaisir ! C’est ce que Lénine et Trotsky appellent le « développement inégal et combiné » : dans un même pays, des infrastructures modernes côtoient des modes de vie misérables et archaïques, avec des populations entières privées de services de base (transports publics, hôpitaux modernes, électricité et eau courante).
Il faut s’opposer partout à l’impérialisme néocolonial, notamment en France, où nombreux sont les milliardaires à s’engraisser avec l’aide de gangsters et dictateurs ! Seule une économie socialiste, où la production est gérée démocratiquement par les travailleurs selon ses besoins, peut donner un mode de vie décent à tous les peuples du monde.
Par Connor, article publié dans l’Égalité n°231
