Gaza : stop au génocide et à la colonisation !

Pour un mouvement de masse contre la guerre et le capitalisme

  • Arrêt immédiat des frappes et bombardements
  • Retrait des troupes israéliennes
  • Les syndicats doivent appeler à une journée internationale de grève et d’actions
  • Construisons un mouvement de lutte contre la guerre et le capitalisme

Supplément spécial à L’Égalité n°231, publié à l’occasion de la manifestation nationale en solidarité avec la Palestine, 29 novembre 2025

C’est comme s’il n’y avait pas de limite à la barbarie de l’État d’Israël. Pour le gouvernement Netanyahu, le dernier cessez-le-feu ne voulait pas dire la fin du génocide.

Et en effet, depuis le 10 octobre, au moins 345 Gazaouis ont été tués dans des campagnes massives de frappes. Le niveau de destructions est au-delà de tout ce qu’a pu connaître la Palestine. La plupart des habitants sont déplacés ; toujours affamés, traumatisés, souvent sans aucun soin médical et survivant dans une insalubrité crasse. Le nombre officiel de décès approche les 70 000, mais une étude de l’Institut allemand de recherche démographique parue le 25 novembre a conclu que « le nombre de morts liés au conflit à Gaza avait probablement dépassé les 100 000 » et l’espérance de vie chuté de 47 %.

En Cisjordanie, la colonisation, les attaques et meurtres de civils, les vols de terres par l’extrême-droite ultra-orthodoxe et l’armée se renforce. Plus de 1000 personnes, en écrasante majorité civiles, ont été tuées par ces attaques en deux ans… avec un pic en octobre 2025. Ce cessez-le-feu n’en est pas un.

Escaladant l’horreur, mercredi dernier, l’armée israélienne a lancé une « opération antiterroriste » (!) dans le nord de la Cisjordanie. Autour de la municipalité de Tammun, 70 000 personnes sont actuellement piégées par l’armée, qui y utilise « des mitrailleuses lourdes sur des civils, visant des immeubles résidentiels » (gouverneur). Antiterroriste ?! C’est bien l’État israélien qui mène une politique de terreur. L’objectif : paralyser la population, écraser toute volonté de résistance, tant dans les territoires palestiniens qu’au sein d’Israël.

Le plan Trump, tout sauf un plan de paix

« L’accord Trump » comprend en premier lieu et en théorie la suspension des opérations militaires, un échange entre les otages détenus par le Hamas (vivants et décédés) et près de 20 000 prisonniers palestiniens, puis le retrait progressif de l’armée israélienne. Ensuite, « un comité palestinien technocratique et apolitique » sera chargé de gouverner Gaza, « sous la supervision et le contrôle d’un nouvel organe international de transition, […] présidé par Donald Trump ». Du pur colonialisme !

L’armée israélienne occupe aujourd’hui 58 % de la bande de Gaza. Son retrait partiel, à une date indéterminée, est conditionné à la mise en place de cette administration coloniale, qui sera rejetée par les habitants. Un retrait supplémentaire serait conditionné à la « démilitarisation de la bande de Gaza » (les chefs du Hamas ont déjà dit qu’ils ne désarmeraient pas) ; et le retrait total est, en gros, prévu pour jamais.

Sur cette base, il est impossible d’en finir avec le conflit national ! Et ce ne sera jamais la paix tant que les capitalistes et les impérialistes, auquel Netanyahu est tout dévoué, seront aux manettes de la société. Cette situation insupportable veut dire que la lutte pour la libération nationale va devoir continuer et s’amplifier, tout comme le mouvement anti-guerre international.

Les impérialistes à la manœuvre

Une partie des impérialistes ressent la pression des mouvements anti-guerre. Ils sont très inquiets de l’impact sur le business car c’est bien là le drame selon les capitalistes. L’Allemagne, deuxième fournisseur d’armes à Israël après les US, avait ainsi été contrainte à un embargo partiel sur les exportations, mis en place… début août, soit près de deux ans après le début du massacre à Gaza. Et bien sûr, le chancelier allemand Merz, le super pote de Macron, y a mis un terme dès qu’il a pu, lundi dernier. Au final, le capitalisme se résume toujours à la loi du profit…

Pour Trump, même logique : l’enjeu n’est pas uniquement de faire construire un nouveau casino avec une statue à son effigie infâme contemplant le charnier. C’est aussi une tentative désespérée de remettre les US au centre du jeu, de contrer le déclin de l’impérialisme US face à la Chine et autres impérialistes régionaux (turc notamment).

Aucune confiance dans les institutions capitalistes

Ce n’est ni l’ONU, qui est une chambre de conciliation entre les différents capitalistes, ni une énième conférence internationale qui apporteront la paix dans la région.

Combien de crimes et de guerres l’ONU a-t-elle servi à cautionner ? De nos jours encore, au Congo, au Sri Lanka, et dans tant d’autres pays, des minorités sont massacrées et harcelées. Le rôle de l’ONU c’est de donner une apparence démocratique aux magouilles des impérialistes. Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont approuvé le plan de Trump sans un seul veto, alors que Netanyahu était ouvertement contre. Ce n’est pas par compassion pour le peuple palestinien, mais bien plus par effet de la pression des mouvements anti-guerre dans les pays capitalistes occidentaux.

Quant aux conférences internationales, elles se font sur le dos des peuples, réunissant bien souvent des dirigeants de pays qui défendent leurs intérêts propres et non ceux des peuples. C’est exactement ce qu’a démontré la réunion de sept pays « musulmans » (dont le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Indonésie et le Pakistan) en Turquie le 3 novembre, qui a discuté de la création d’une future force internationale de « stabilisation » stationnée à Gaza ! Stabilisation pour leurs propres intérêts, bien sûr.

Le capitalisme à la racine du conflit

Le conflit en Israël/Palestine est avant tout économique. Il est dû à l’incapacité du capitalisme à satisfaire les besoins de chacun-e, parce qu’il est entièrement guidé par la loi du profit. Il y a largement la place et les ressources pour tous les peuples qui vivent au Moyen-Orient de coexister pacifiquement mais pour cela il faut que l’économie ne soit plus aux mains d’une poignées qui s’enrichit sur le dos de la majorité. En Israël, une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, selon les chiffres officiels.

De même, toute une partie des dirigeants palestiniens, surtout en Cisjordanie, vit dans le luxe et en exploitant les travailleurs palestiniens. C’est cette classe dirigeante qui domine le Fatah et le Hamas et qui a, par le passé, poussé à l’arrêt des révoltes et bloqué par tous les moyens la lutte du peuple palestinien et notamment sa meilleure arme qui serait une grève générale de masse.

Les tensions montent en Israël

Netanyahu veut asseoir dans le sang la domination de l’État israélien sur tout le Proche-Orient (et le Moyen-Orient si possible). Mais les divisions montent dans la société en Israël, tout comme au sein de l’appareil d’Etat et de la classe dirigeante. Ainsi, une partie importante des capitalistes israéliens préfère le cessez-le-feu et une certaine stabilisation de la situation à la poursuite des opérations militaires prônée par le gouvernement. Ces divisions sont autant de fissures qui, plus elles se creuseront, plus elles seront favorables à un mouvement de masse capable de dégager Netanyahu et sa politique coloniale meurtrière avec.

La guerre est donc aussi tactique pour Netanyahu, car elle permet d’écraser temporairement une colère sociale qui s’exprime très régulièrement contre sa politique : la pauvreté, la cherté du logement et de la vie, les droits démocratiques des peuples bafoués sans cesse… En 2023, plusieurs grèves nationales massives contre la réforme autoritariste de la Justice ont secoué la situation politique. Il s’agit aussi d’étouffer un soutien qui était croissant dans la population d’Israël pour un véritable État palestinien.

Aujourd’hui, la colère remonte à la surface. Le gouvernement promet de durcir le service militaire déjà obligatoire pour tous les jeunes, alors même que les soldats sont de plus en plus nombreux à ne plus supporter les horreurs que l’État d’Israël fait subir aux Palestiniens par leurs mains. Et c’est tant mieux parce que la force de cet État repose en partie sur le soutien au pouvoir parmi la population en Israël ; soutien que les méthodes contre-productives terroristes du Hamas et autres renforcent – surtout avec les roquettes frappant majoritairement des civils. Au contraire, une lutte qui chercherait à impliquer le plus large nombre en tissant des liens entre les Palestiniens et les populations opprimées en Israël serait la plus dangereuse pour le régime impérialiste israélien.

Renforcer la lutte

Nous sommes forts d’une même colère contre ce système qui permet que cela se produise ! Le mouvement de soutien au peuple palestinien a surtout connu des succès avec les mobilisations de masse dans de nombreux pays, des mobilisations et grèves des travailleurs tels que les dockers de Marseille, de Gênes ou encore de travailleurs du secteur de l’armement. Il y a aussi la détermination de nombreux étudiants mobilisés sur leurs campus à travers le monde. Les flottilles « Global Sumud » et autres, massivement soutenues, notamment avec deux millions de grévistes et manifestant-es le 3 octobre en Italie et à nouveau le 28 novembre, l’ont montré aussi.

Pour peser, la mobilisation doit prendre un caractère plus massif et surtout plus organisé, qui implique les travailleurs comme une force sociale, capable de tout arrêter par sa mobilisation.

Il faut créer des comités contre l’offensive israélienne et le génocide à Gaza dans les lycées, les facs, mais aussi dans les lieux de travail avec les syndicats combatifs. Et il faut politiser le mouvement : débattre des revendications, le construire sur un programme pour l’action de masse contre la guerre, antiraciste, anti-impérialiste/anticapitaliste. C’est ainsi que l’on posera les bases d’un véritable mouvement d’ensemble pour en finir avec les guerres et le colonialisme.

Exigeons des syndicats et des partis dans le camp des travailleurs, partout dans le monde, une première journée internationale de grève et d’actions coordonnée ! On l’a déjà fait contre la guerre en Irak, on peut le refaire !

  • Fin du siège de Gaza et de l’occupation de tous les territoires palestiniens
  • Halte au blocus, pour l’envoi massif d’aide sanitaire et humanitaire contre la famine
  • Retrait définitif de l’armée israélienne de toutes les zones occupées
  • Pas de confiance dans les politiciens capitalistes, quel que soit le pays, ni dans l’ONU
  • Pour une lutte de masse des Palestiniens, sous leur propre contrôle démocratique et la création de liens avec le mouvement ouvrier contre la guerre en Israël
  • Pour la construction de partis de travailleurs indépendants sur un programme socialiste internationaliste en Palestine et en Israël

Tout en participant aux mobilisations contre la guerre et le génocide, la Gauche révolutionnaire et notre organisation internationale (le Comité pour une Internationale Ouvrière) luttons pour le renversement du capitalisme et pour une société socialiste et démocratique, par la nationalisation sous le contrôle et la gestion démocratique des travailleurs et de la population des principaux moyens de production, de distribution et d’échange. C’est en organisant l’économie pour la satisfaction des besoins de tous et toutes, non les profits d’une poignée, qu’on construira une société débarrassée de la misère, de la guerre et de l’oppression. C’est seulement ainsi qu’au Moyen-Orient et dans toutes les régions du globe où il y a des conflits nationaux instrumentalisés par des classes dirigeantes avides de profits, les populations pourront mettre en place une société où les droits de toutes et tous seront garantis. C’est par un mouvement de masse des travailleurs, des jeunes et des masses pauvres des villes et des campagnes qu’on peut avancer vers une telle société : le socialisme. Si vous êtes d’accord avec ce programme, rejoignez-nous pour lutter avec nous !


ENCARTS

Netanyahou assassin, Macron complice !

Partout dans le monde, les gouvernements impérialistes ont réprimé brutalement les mobilisations contre le génocide à Gaza. Macron aussi… tout comme Hollande en 2014. Il fait du zèle pour montrer que l’État français est bien du côté de l’État israélien et surtout défend les intérêts des multinationales françaises dans la région. Et on n’est pas dupes : la reconnaissance par Macron de la Palestine n’a rien d’humanitaire ni de désintéressé. D’une part, elle arrive au moment où la perspective d’un État palestinien apparaît comme celle d’un État fantôme, morcelé par la colonisation et occupée par l’armée, détruit par la guerre, et avec une administration coloniale étrangère. Pas un État, donc.

Ensuite, Macron court plusieurs lièvres à la fois. Déjà, s’agiter sur la scène internationale, c’est ce qu’il fait dès que la crise politique est trop forte en France – histoire de faire comme si ça n’avait pas de rapport avec sa propre politique. Il y a deux semaines, il recevait à l’Élysée Mahmoud Abbas, autant détesté par la population que l’« Autorité » palestinienne qui a montré à tant de reprises qu’elle aussi était dans le camp des impérialistes. Après leur rencontre, Abbas et Macron ont assuré, depuis Paris donc, que des élections se tiendraient en Cisjordanie… un an après la phase du plan Trump prévoyant le désarmement du Hamas… lequel a bien dit que cela n’aurait pas lieu. Outre le Fatah qui espère en profiter pour garder sa place, avec un œil sur Gaza, on reconnaît bien là la « démocratie » sauce Macron. Et en gros, ce qu’il défend c’est la mise en place d’une autorité coloniale, soit la même chose que Trump fait à Gaza mais pour la Cisjordanie, et cette fois, dans l’intérêt de l’impérialisme français. Macron et Abbas ont carrément convenu de la mise en place d’un comité conjoint pour « élaborer la Constitution de l’État palestinien » ! On cauchemarde ! Comme Trump, Macron veut aussi tenter de sauver les meubles du déclin de l’impérialisme français qui a perdu tous ses partenaires privilégiés aussi au Proche et Moyen-Orient.

Finalement, il y a un intérêt direct pour les capitalistes français à entretenir le conflit et la propagande guerrière. Il s’agit évidemment des profits de l’industrie d’armement française, deuxième exportatrice mondiale, pour un pactole de plus de 21 milliards d’euros en 2024… dont 27,1 millions de business de la mort avec l’État d’Israël.

Pour que cessent les soutiens à Netanyahu et ses amis, il faut bien une lutte des travailleurs contre nos propres gouvernements et stopper l’ensemble de leur politique !


Contre le racisme !

Depuis deux ans, une nouvelle avalanche de propagande raciste s’abat en particulier sur les présumés musulmans/arabes. Ce n’est pas uniquement pour diviser les gens. L’objectif est que toute une partie de la population, issue de l’immigration en particulier – travailleurs, jeunes, habitants des quartiers populaires – baisse la tête, ne lutte pas face aux injustices racistes (salaires plus faibles, logements nazes, flicage) et aux attaques du gouvernement et des capitalistes. On refuse de tomber dans ce piège vieux comme le système capitaliste.

Et ils caricaturent l’opposition à cette guerre coloniale pour nous décrédibiliser et faire taire. Parce qu’on exerce notre liberté d’expression et de manifestation, pour protester contre une guerre coloniale, Macron-Darmanin & Cie et les médias bourgeois nous traitent d’antisémites ! Ça suffit de prendre les gens pour des idiots. Les antisémites, quels qu’ils soient, sont tout sauf des soutiens à la cause palestinienne. Ils ne font qu’inciter à encore plus de guerre. En Israël même, des manifestations ont lieu très régulièrement contre la guerre, unissant travailleurs, intellectuels, jeunes… qu’ils soient athées, juifs, ou arabes israéliens.

Ceux qui soutiennent vraiment le peuple palestinien se battent pour en finir avec toutes les injustices. On est des dizaines de milliers à lutter contre l’injustice et la barbarie de l’armée israélienne, et bien sûr on le fait ensemble, indépendamment de nos origines, de notre genre, notre culture… ! Le mouvement contre la guerre coloniale a toujours été un mouvement ouvert et tolérant, et antiraciste. C’est en luttant contre cette guerre que nous luttons contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme !


Lisez notre brochure

Palestine/Israël : une solution est-elle possible sous le capitalisme ?

2,50 

Des articles de la Gauche révolutionnaire et de notre organisation internationale, le Comité pour une Internationale Ouvrière.

  • Comment lutter contre la guerre ?

« La meilleure solidarité qu’on peut avoir avec les Palestiniens, c’est de se battre contre nos propres impérialistes et le gouvernement qui les représente ici. »

  • Aux racines du conflit Israël-Palestine et du massacre à Gaza. 

Une analyse politique et historique, revenant sur les origines d’Israël depuis plus d’un siècle, dès la première guerre mondiale, le rôle des puissances impérialistes dans la région, l’instrumentalisation du génocide nazi, la première Naqba et la résistance palestinienne, en particulier les Intifada de masse de 1987 et 2000 ; les leçons des mouvements passés et actuels.

  • Les leçons de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Interview de Weizman Hamilton, secrétaire général de notre section sud-africaine, militant marxiste, emprisonné et exilé pendant l’apartheid.

« La plus grande faiblesse de la campagne de solidarité, jusqu’à présent, a été l’absence du rôle des organisations de travailleurs. Si l’on revient aux actions internationales organisées contre le régime d’apartheid, il existe plusieurs excellents exemples de l’impact direct sur le gouvernement sud-africain, sur le plan économique et même militaire, de l’action menée par les syndicats, par les dockers. (…) On ne peut avoir aucune illusion dans les gouvernements impérialistes. (…) Ce à quoi nous devons appeler, c’est au réveil de ces vieilles méthodes de lutte : que toutes les livraisons d’armes, peu importe à quel bout de la chaîne, dès le début même, là où elles sont fabriquées, soient stoppées par le mouvement ouvrier. »

Une brochure de 40 pages, 2,50€. Demandez-la aux militant-es de la GR ou commandez-la en ligne dans notre boutique.