Les alertes des éleveurs ont commencé en juillet 2025, réclamant une vaccination nationale pour éviter la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Depuis, 3 300 bêtes ont été tuées. Les abattages totaux, dès la présence d’un cas, sont faits dans les fermes, ce qui facilite la contagion. Chaque jour, un nouveau cas de DNC apparaît, augmentant le stress des paysans. Un éleveur s’est même suicidé. Sous la pression nationale, le gouvernement commence timidement à vacciner, mais le vaccin n’est efficace qu’après 21 jours. L’épidémie continue. Un troupeau en Ariège vacciné depuis 15 jours a attrapé la DNC. La politique d’abattage massif indiscriminé continue. Cette gestion catastrophique ne fait que creuser le fossé entre les paysans-éleveurs et les gros agro-capitalistes à la direction de la FNSEA.

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Car être paysan-éleveur ce n’est pas simplement conduire un troupeau jusqu’à l’abattoir. C’est des années de sélection pour rendre un troupeau plus résistant aux maladies et adapté au terroir. C’est aussi participer à la biodiversité du territoire dans des exploitations à taille humaine. Ce métier essentiel à notre alimentation est payé l’équivalent d’un RSA pour 70 heures de travail par semaine. Les paysans sont en colère et ça se comprend !
Se rajoutent les négociations autour de l’accord UE-Mercosur et la répression des manifs en France comme à Bruxelles.
Lire notre article : Non à l’accord capitaliste UE-Mercosur !
Quand le gouvernement et les chefs de la FNSEA s’entendent sur l’agriculture, c’est toujours pour les profits des (agro-)capitalistes. Même logique que la casse des services publics, la baisse des salaires et les suppressions d’emplois.
Les luttes des paysans, ouvriers agricoles, doivent se lier aux luttes des travailleurs contre les capitalistes et les Macron et Cie. Le fond du problème est le même : la propriété et le contrôle des capitalistes sur la production et la distribution.
Dans une société socialiste, les travailleurs et les paysans contrôleront et planifieront démocratiquement la production agricole et agro-alimentaire, ainsi que la distribution, pour contrôler les prix de bout en bout. Tout le monde pourra manger sainement, tout bio, pas cher, tout en assurant le bien-être animal et des conditions décentes pour les producteurs.
Pauline Isambert
Article paru dans L’Égalité n°232 (janvier-février 2026)
