La mobilisation lycéenne démarrée dans le 94, il y a plus de 15 jours, a franchi un cap après la grève de la Fonction publique du 29 septembre. 338 lycées bloqués le 29 septembre, plus d’un millier concernés par une mobilisation le 1er octobre. Vendredi 2 octobre, 735 lycées étaient encore perturbés, et encore près de 600 ce lundi, malgré un grand nombre de fermetures administratives.

Dans les lycées généraux, technologiques et professionnels, en particulier dans les quartiers populaires, des milliers de jeunes sont descendus dans la rue pour refuser la dégradation de leurs conditions d’études et leur avenir sacrifié. Du jamais vu depuis 20 ans avec le mouvement contre le Contrat Première Embauche (CPE).
Cette mobilisation n’est pas tombée du ciel !
Depuis des années, les lycéennes et lycéens subissent le manque de professeurs, les classes surchargées, les emplois du temps absurdes, les journées interminables qui s’accumulent. Le mode dégradé utilisé pendant la période du confinement et du COVID est devenu la règle.
Dans de nombreux établissements, les bâtiments sont vétustes, les toilettes insuffisantes, les fuites d’eau se multiplient et les conditions de chauffage ou d’aération sont indignes. Étudier dans ces conditions devient de plus en plus difficile.
Quand vient le moment de penser à l’avenir après le lycée, soit c’est la recherche d’emplois, la galère ou le chômage, soit, pour celles et ceux qui envisagent de continuer, Parcoursup transforme l’accès aux études en parcours du combattant par une sélection féroce. Il faudrait accepter n’importe quelles conditions d’études et de travail. Plus question ! Alors ça craque !
Macron réprime avec la police et ferme les lycées
Face à la colère qui s’exprime, Macron fait à peine semblant d’entendre les revendications et Lecornu ne propose rien. Le gouvernement prévoit même de nouvelles suppressions de postes de profs et de personnels : plus de 1500 sont programmées au budget 2027. Il répond donc avec mépris par la poursuite de sa politique de casse.
Dans le même temps, la répression est très violente, surtout dans les quartiers populaires et les villes ouvrières. Les blocus ont été violemment dispersés, les forces de police ont été déployées devant les établissements dès le début et des lycéens ont été malmenés. 170 lycéens ont été blessés ! Et plusieurs le sont sévèrement. Un jeune a perdu un œil à Tours suite à un tir de LBD, un lanceur de projectiles qui sortent à une vitesse de 350 km/h ! Un autre de 14 ans a eu la mâchoire complètement éclatée à St-Ouen ; à Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main gauche arrachée. Depuis maintenant presque 10 ans, le pouvoir de Macron utilise cette arme systématiquement. C’est la même méthode que pendant le mouvement des gilets jaunes ou contre les mobilisations après le meurtre du jeune Nahel par un policier. 5 000 personnes ont été mises en garde à vue depuis le début du mouvement lycéen, dont près de 90 % de mineurs.
Le gouvernement cherche maintenant à empêcher les jeunes de se retrouver en fermant des établissements dans une sorte de « lock-out », comme les patrons qui ferment les usines pour casser les grèves ouvrières, et en imposant des cours à distance.
Tout ceci révèle une certaine peur du gouvernement et des partis capitalistes : celle de voir la mobilisation s’étendre et rejoindre la colère des travailleurs. Cette stratégie échoue déjà car l’ensemble des syndicats des personnels enseignants appellent à se mobiliser aux côtés des lycées et étudiants depuis vendredi 2 octobre.
Les travailleurs doivent rejoindre la grève des lycéens et des étudiants !
Les revendications des lycéens sont directement liées à la situation dans les familles. La vie chère, les prix de l’énergie et de l’alimentation, les bas salaires, les licenciements et la précarité touchent déjà des millions de personnes. Les services publics sont volontairement asphyxiés alors que des milliards continuent d’être versés aux grandes entreprises et aux plus riches. Pendant que les hôpitaux, les écoles et les transports manquent de moyens et de personnels, les grands groupes capitalistes accumulent les profits.
Les jeunes le comprennent de plus en plus clairement : la dégradation de l’Éducation nationale n’est pas une simple « erreur de gestion ». Elle est le résultat d’une politique qui préfère financer les capitalistes plutôt que répondre aux besoins de la population. Le gouvernement nous fait payer la crise du capitalisme, en sacrifiant à la fois les conditions d’études, les salaires, les emplois et les services publics.
Seule une lutte massive et unie des jeunes rejointe par les travailleurs pourra stopper le carnage social et reprendre des mains des capitalistes tout ce qu’ils nous prennent sur notre travail et nos acquis.
On ne se laissera pas diviser !
Le mouvement du 1er octobre a montré la colère, la rage et la détermination qui se sont développées parmi les jeunes. Une révolte se développe.
L’agressivité de la police fait peur mais n’arrête plus la mobilisation. Une petite partie des jeunes s’affronte avec la police, parfois dans une logique de revanche contre le gouvernement et les violences qu’ils subissent dans les quartiers populaires. Et il y a des groupes ultra-minoritaires organisés qui cherchent à casser. Des flics infiltrés qui provoquent et cassent sont aussi régulièrement identifiés.
Le chaos, c’est Macron et les capitalistes qui le nourrissent tous les jours par leur politique et qui le souhaitent. Les dégâts contre les bâtiments scolaires, les incendies et les coups contre des personnels de l’éducation sont catastrophiques et ne sont pas un signe de radicalité ni d’une détermination plus forte. Ce qui est vraiment radical, c’est d’être des milliers en manifestation à revendiquer ; la vraie détermination est celle de la lutte des masses de jeunes pour leur avenir. La majorité des jeunes, notamment de nombreuses lycéennes de quartiers populaires, refusent la casse et les destructions et veulent trouver les moyens de se faire entendre collectivement.
Les accusations de manipulation contre la France insoumise ont le même objectif : diviser les jeunes et les travailleurs. Mais ça ne fonctionne pas ! Les militants insoumis et ceux d’autres organisations de gauche sont présents aux côtés des lycéens pour épauler la lutte massive et non pas la téléguider… ce qui est impossible, d’ailleurs. La majorité des lycéennes et des lycées est soucieuse de ne pas diviser le mouvement avec les « bons lycéens » d’un côté (les « gentils ») et les « mauvais » de l’autre.
Notre camp reprend forme face à Macron, au RN, et à tous les partis bourgeois : c’est celui des jeunes et des travailleurs qui essaient de s’unir dans une lutte massive et déterminée.
Pour un mouvement de grève de masse et de longue durée contre Macron et Lecornu
Pour gagner, il est nécessaire de discuter, de décider ensemble et de donner une orientation claire à la lutte. Les lycéens doivent pouvoir se réunir dans des assemblées générales, élaborer leurs revendications et élire régulièrement des représentants dans chaque établissement. Une coordination entre les lycées mobilisés permettrait de ne pas être isolés, de partager les expériences et de préparer des actions communes, localement puis nationalement.
Les tracts, les discussions dans les classes, les affiches et les tournées d’établissements sont indispensables pour élargir le mouvement. Plus les lycéens seront nombreux et organisés, plus il sera possible de résister à la répression et d’éviter que la mobilisation ne retombe.
C’est pour éviter cela que le gouvernement ferme la majorité des lycées la veille de la grève du 6 octobre. Le mouvement ouvrier (syndicats et partis qui défendent les travailleurs) a le devoir d’épauler celles et ceux qui luttent. Il faut rouvrir les lycées et garantir des lieux pour que les lycéens se retrouvent et décident eux-mêmes de leurs revendications et de comment ils s’organisent.
Le 6 octobre peut être une étape décisive
Depuis vendredi 2 octobre, des syndicats de l’Éducation, de la Santé et d’autres secteurs ont commencé à appeler à la grève et à organiser la solidarité, conscients du rôle essentiel que les travailleurs organisés peuvent jouer. C’est ce que les militants syndicalistes de la Gauche Révolutionnaire ont défendu là où ils sont actifs.
Des syndicats de l’Éducation nationale, de la Santé et du Social, de cheminots et d’autres se placeront aux côtés des jeunes mardi 6 octobre.
Cette journée doit rassembler les lycéens, les étudiants, les enseignants, les personnels de vie scolaire et les travailleurs. Dans les lieux de travail, des assemblées doivent être convoquées pour discuter de la situation et décider d’actions concrètes. Les personnels qui applaudissent les cortèges depuis les fenêtres ou soutiennent les jeunes dans la rue peuvent désormais prendre leur place dans la rue à leurs côtés.
Du côté des universités, les mobilisations les plus grosses ont été pour le moment limitées à certaines universités comme à Rennes. Mais les choses vont décoller car la colère est là aussi énorme, contre les conditions d’études, les budgets de misère et la significative menace contre les repas CROUS à 1 € pour toutes et tous. Ils réclament déjà des moyens pour l’éducation, des recrutements massifs, l’accès aux études de son choix, la fin de Parcoursup et un véritable avenir pour la jeunesse, dont de vrais emplois face au chômage des jeunes.
Le 6 octobre ne doit pas être une simple journée de manifestations, mais le début d’une lutte durable. Pour gagner, il faudra construire un rapport de force avec le gouvernement et les capitalistes dont il sert exclusivement les intérêts. La grève de la Fonction publique du 29 septembre a montré qu’un potentiel existe. Il faut maintenant préparer une grève massive, public et privé, qui pourrait prendre la forme d’une grève de trois jours consécutifs dans tous les secteurs. Une telle mobilisation permettrait aux grévistes de s’organiser, d’élargir la lutte, de décider ensemble des modalités d’action et des suites du mouvement et de faire reculer Macron et les capitalistes.
Pour la victoire du mouvement lycéen, et la défaite de Macron et de tous ceux au service des grands patrons !
- Pour la fin des emplois du temps pourris, le recrutement de professeurs et de personnels selon les besoins, la rénovation des établissements, l’abandon de Parcoursup et l’accès gratuit aux études et formations de son choix.
- Luttons pour l’augmentation générale immédiate des salaires de 300 €, aucun revenu inférieur à 1 800 €, le blocage et la baisse des prix, l’essence à 1 € max et l’indexation réelle des salaires sur les prix, zéro licenciements et plans de restructurations et des investissements massifs dans tous les services publics.
Pour cela, il faut dégager Macron et sa politique ainsi que tous les politiciens capitalistes qui acceptent de faire payer la majorité de la population pour les profits énormes d’une toute petite minorité.
Organisons la lutte pour faire reculer Macron !
La grande majorité des jeunes et les travailleurs ont les mêmes intérêts. Ensemble, nous pouvons stopper leur politique, si nous nous coordonnons. Le 6 octobre, soyons dans la rue. Et dès maintenant, construisons les suites : dans les lycées, les universités, les syndicats et les lieux de travail. Une telle lutte contre Macron renforcera l’ensemble des travailleurs face aux capitalistes et à leur système basé sur l’exploitation, le développement de la précarité et des guerres.
Les militants de la Gauche révolutionnaire se battent dans leurs lieux de travail ou d’études, dans leurs syndicats pour cette perspective. Nous luttons pour une société débarrassée de l’exploitation, de la misère et de la destruction de l’environnement : une société socialiste gérée démocratiquement et collectivement par les travailleurs eux-mêmes. Avec un seul et unique objectif : satisfaire les besoins et garantir une vie décente à toutes et tous ! Rejoignez-nous !
