Turquie/Syrie: une guerre pour contrôler les richesses

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En octobre 2019, la sale guerre d’Erdoğan et des impérialistes a causé le déplacement d’au moins 300 000 personnes, et la mort de dizaines de civils (Photo Delil SOULEIMAN / AFP)

Le mercredi 9 octobre, le président- dictateur Erdoğan a décidé de l’invasion militaire du Rojava suite au feu vert de son acolyte, Donald Trump. Ce dernier a retiré ses troupes US de Syrie et a laissé champ libre à Erdoğan. La zone du Rojava avait été reprise des mains de Daesh, par les FDS (Forces Démocratiques Syriennes), dirigées par les milices kurdes du YPG et YPJ. 11 000 combattants avaient péri dans ce combat. Ces forces avaient reconstruit la région pour en faire une zone démocratique stable, avec des élections libres, l’égalité entre les différents peuples, kurdes, arabes, syriaques, yézidis.

Article publié dans l’Egalité 198


Erdoğan justifie l’invasion de ce territoire par le danger que représenteraient, pour la Turquie, les milices de défense YPG/YPJ. En fait, il veut éradiquer les peuples et les évincer de leur territoire afin d’en créer une « zone tampon » pour y installer les 3 millions de réfugiés syriens accueillis en Turquie depuis le début de la guerre en Syrie en 2012. D’ailleurs, afin d’entamer cette invasion, la Turquie n’a pas hésité à allier ses troupes avec plusieurs groupes djihadistes. En réalité, la Turquie est à bout de souffle d’un point de vue socio-économique. Le chômage bat des records (13,5 %), la dette extérieure s’amplifie de jour en jour. Les grèves se multiplient dans les grandes entreprises (métallurgie, mines…). Et depuis les dernières élections municipales, Erdoğan vacille sur son trône. Il s’agit donc de tromper la population par le jeu du nationalisme et de permettre à Erdoğan de retrouver sa notoriété.

Lutte pour le contrôle de la région

Mais pas uniquement. Toutes les puissances impérialistes, européennes et US, sont de mèche dans cette invasion pour se partager la dépouille du Moyen-Orient sur le dos des peuples. Cette invasion a causé le déplacement de 300 000 personnes, fait des centaines de morts et de blessés, civils comme combattants. Actuellement, la Russie de Poutine, toujours avec Bachar al-Assad, veut prendre sa part du gâteau. Ainsi, les Kurdes ont été poussés à s’allier avec l’armée syrienne. Poutine s’allie avec Erdoğan ; et de cet accord ressortent deux points importants : les armées russe et turque effectueront des patrouilles jointes à la frontière turco-syrienne et les forces kurdes doivent quitter le périmètre sous contrôle russo-turc, y compris la ville de Kobanê. Il s’agirait donc de maintenir Bachar en Syrie. Avec l’élimination du chef de Daesh (pseudo « État Islamique ») Al Baghdadi, la Turquie et les États-Unis peuvent dire au monde entier avoir « éradiqué le terrorisme » de cette région, et donc justifier leur invasion, mais surtout, continuer à intervenir au Moyen-Orient. Il faudrait donc que les forces kurdes cessent tout engagement avec les puissances impérialistes et capitalistes qui ont démontré une fois de plus qu’elles étaient prêtes à trahir pour leur seuls intérêts économiques.

La situation des Kurdes est indindéniablement liée à la situation de la Turquie, il faut que les classes ouvrières turque et kurde s’unissent et luttent ensemble. Leurs intérêts sont communs car il faut lier la lutte des Kurdes pour leurs droits avec celles des travailleurs de Turquie qui luttent contre la politique anti-sociale et corrompue d’Erdoğan. Contre le capitalisme et l’impérialisme qui sévit au Moyen-Orient et dans le monde entier au détriment des peuples les plus opprimés, il faut organiser des actions et des grèves des travailleurs contre le commerce d’armes vers la Turquie. Il faut construire des organisations de masse des travailleurs, y compris des syndicats et des partis de masse des travailleurs, sur un programme socialiste révolutionnaire, en Syrie, Turquie, au Rojava et dans toute la région, pour la révolution socialiste, au Moyen-Orient et partout dans le monde.

Par Nazim

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