Stop aux violences sexistes

arton4940Les cas récemment médiatisés de harcèlement et oppression sexiste au travail sont venus rappeler que le phénomène est largement répandu. Il n’est hélas qu’une facette des diverses formes de violences que peuvent subir les femmes et les minorités sexuelles ou de genre dans cette société.

Le harcèlement de rue, au travail, dans les études, dans le cadre familial… sont une violence qui peut déboucher sur plus grave encore : agression, agression sexuelle, viol… L’observatoire des violences faites aux femmes (rapport de novembre 2016) estime qu’en France, 223 000 femmes sont victimes chaque année de violences conjugales, et que 84 000 subissent un viol ou une tentative de viol, dont seules 10 % des victimes ont porté plainte. 57 % des victimes sont mineures. La violence qui s’acharne sur les femmes est l’expression de la violence de toute cette société basée sur l’exploitation.

Des lois contre le sexisme ?

Les lois se sont multipliées mais Hollande-Valls faisaient aussi passer la loi Macron I qui permettait aux patrons de faire travailler, de fait, surtout les femmes, tard le soir dans les commerces et services. Le gouvernement actuel prévoit une loi (l’année prochaine… pour ça, ils ne sont pas si pressés) qui sanctionnerait le harcèlement de rue. On peut s’en servir, mais l’effet est faible : le nombre de plaintes est faible comparé au nombre d’agressions, et c’est à la victime d’apporter la preuve ce qui n’est vraiment pas évident. Et ce gouvernement d’hypocrites ne voit aucun problème à massacrer en parallèle les budgets des services de prévention et des services publics et notamment dans le social.

Des femmes s’organisent et revendiquent de pouvoir circuler, travailler,… sans se sentir en insécurité. Comme la revendication d’espaces non mixtes : wagons pour femmes, heures de piscines réservées aux femmes, festivals uniquement pour femmes,… C’est compréhensible que les femmes recherchent des lieux protégés du harcèlement, mais de telles propositions ont des limites. En effet, cela ne rend pas l’espace public plus accessible aux femmes, cela risque de devenir une restriction des lieux et heures où les femmes peuvent faire du sport, se déplacer,… Il faut donc continuer d’exiger une meilleure utilisation de l’espace public pour toutes et tous : plus de transports en commun, plus de lieux de loisirs publics,… encadrés par du personnel formé et en nombre suffisant.

Aff non sexismeOn pourra toujours faire plus de lois et mettre en place amendes, contrôles… cela ne changera pas le problème. Aujourd’hui, on peut légalement porter plainte pour harcèlement ou sexisme au travail, mais 94 % sont classées sans suite… les syndicats et les travailleurs et travailleuses n’ont aucun réel pouvoir sur une situation aussi révoltante. Le lieu de travail est la base d’une société où les rapports se fondent sur la domination et l’exploitation. Si on a pas le droit de contester son supérieur, si on est obligé d’accepter les pires conditions de travail comme va le faire la loi « Travail » 2, comment peut-on s’opposer au harcèlement, sexiste ou autre ? La réduction des pouvoir des organisations de défense des travailleurs (CHSCT ou délégués du personnel) va encore aggraver la situation.

La lutte contre les violences sexistes dans la rue ou au travail ne peut aboutir que si elle est aussi contre la mise à disposition de notre temps de travail pour les seuls profits de patrons et d’actionnaires. Quelle campagne, quelle présence et action se donnent les syndicats et les partis qui défendent vraiment les travailleurs/ses : de meilleurs salaires, égaux à travail égal, pour toutes et tous, le partage du travail entre tous avec la baisse du temps hebdomadaire, et des vrais services publics.

Une société basée sur la satisfaction des besoins de toutes et tous pourra permettre le développement de rapports fraternels et respectueux. La société pour laquelle nous nous battons, le socialisme, pourra poser les véritables bases matérielles de la fin de l’exploitation, et ainsi de la fin de toutes les violences, racistes, homophobes… et sexistes.

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