Russie 1918, ou l’émancipation révolutionnaire des femmes

Poster révolutionnaire montrant une femme bolchevique qui ouvre la fenêtre en disant : « À bas l'esclavage de la cuisine ! À nous la nouvelle vie ! ». Après la révolution russe de 1917, les tâches domestiques furent mises en commun avec la naissance de laveries collectives, cantines, crèches... bien entendu gratuites

Poster révolutionnaire montrant une femme bolchevique qui ouvre la fenêtre en disant : « À bas l’esclavage de la cuisine ! À nous la nouvelle vie ! ». Après la révolution russe de 1917, les tâches domestiques furent mises en commun avec la naissance de laveries collectives, cantines, crèches… bien entendu gratuites

Aujourd’hui, même dans les « démocraties » capitalistes avancées, la vie pour des millions de femmes est pénible et pleine de corvées ingrates. Encore en 2018, le droit à l’avortement est de plus en plus remis en cause dans plusieurs pays tels que les États-Unis ou la Pologne. La garde des enfants est si coûteuse qu’elle est inabordable pour la plupart des travailleuses. Dans les pays néocoloniaux, la condition des femmes est mille fois pire, à cause de certaines coutumes archaïques mêlées au capitalisme. Pourtant, il y a cent ans de cela en Russie, grâce à la grande Révolution russe, les femmes étaient plus libres et émancipées que jamais !

En effet, l’émancipation des femmes a d’abord été accompagné d’une législation progressiste avec un la mise en place par les Bolcheviks d’un Code civil qui balayait des siècles de droit de propriété et de privilèges masculins : autorisation du divorce (seulement depuis 1981 pour l’Espagne), suppression de la distinction entre enfants « légitimes » et « illégitimes » (distinction qui a disparu en France par ordonnance en… 2005).

Mais pas seulement ! C’est en 1917 que l’avortement a été légalisé (1942 pour la Suisse), puis le droit de vote des femmes est acquis en 1918 (1944 en France). Puis, en 1919, le ‘Code de la famille’ apparaît en Russie, prônant l’émancipation des femmes par le travail et la maternité. Un grand nombre de droits des femmes sont alors établis : accès aux soins, au travail ainsi que l’aide à l’éducation et à la garde des enfants. En 1921, Lénine lui-même va proposer de déclarer le 8 mars soit journée internationale des femmes en souvenir de la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg de 1917 en rappelant que l’égalité homme/femme est une condition nécessaire à l’avènement d’une société nouvelle.

Par la suite, dans la période de lutte politique intense entre la bureaucratie stalinienne et les courants d’opposition qui la combattaient, principalement l’Opposition de gauche de Trotsky le code de 1918 céda la place au code de 1926, puis au code de la famille de 1936, qui réhabilitait la famille archaïque dans l’idéologie stalinienne officielle et rendait l’avortement illégal. Il fut la codification du recul total effectué sous Staline dans bien des domaine et notamment dans la lutte pour l’égalité des femmes.

Par Dilan Yerlikaya

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