« Réforme » de l’Éducation prioritaire – une vaste attaque contre les jeunes des quartiers populaires

ZEP

L’Éducation nationale a subi d’énormes attaques ces dernières années: 80.000 postes supprimés et de multiples contre-réformes sous Sarkozy, pas d’amélioration sous Hollande malgré les promesses de créer 60.000 postes et les déclarations selon lesquelles l’Éducation serait une des priorités. C’est bien le contraire: ce gouvernement au service des capitalistes poursuit le démantèlement de l’Éducation et une politique consciente contre la jeunesse des quartiers populaires en particulier avec la réforme de l’Éducation prioritaire.

Les ZeP comme « miniamortisseur social »

L’objectif des « Zones d’Éducation Prioritaire » (ZEP) – créées il y a une trentaine d’années – était de mettre à disposition plus de moyens pour les établissements scolaires dans les quartiers dits défavorisés. Cela s’est notamment traduit par les effectifs de classe plus faibles avec un seuil de référence de 25 élèves par classe en collège (23 dans les écoles) et plus de personnel encadrant. L’existence des ZEP a permis de mieux encadrer les élèves issus des quartiers populaires et d’amortir ainsi un tout petit peu le tri social des élèves, très accentué en France.

Non à la sortie de ZeP

Le gouvernement a présenté mi-décembre sa nouvelle carte de l’Éducation prioritaire qui prévoit la sortie des dizaines de REP (Réseaux d’Éducation Prioritaire) – un REP est constitué d’un collège et des écoles qui en dépendent et parfois d’un lycée de secteur. Des sorties qui ne sont aucunement justifiées, d’autant plus que la situation sociale dans les quartiers populaires en question ne cesse de se dégrader depuis le début de la crise en 2008. Pour cacher la forme et le fond de cette « réforme », le gouvernement a fait rentrer des nouveaux établissements, écoles et collèges, dans le dispositif REP, pour la plupart des établissements qui attendaient depuis des années d’avoir plus de moyens.
Depuis début novembre, de nombreuses mobilisations ont eu lieu contre cette casse des ZEP. La colère des enseignants et parents d’élèves s’est traduite par de nombreuses grèves, actions, manifestations, collèges et écoles morts.

Luttons pour des moyens à la hauteur des besoins

La nécessité de lutter ensemble pour plus de moyens apparaît de plus en plus clairement. Un élargissement de la mobilisation ZEP à d’autres secteurs de l’Éducation est nécessaire et possible, vu que le manque de moyens est si criant dans la plupart des établissements scolaires, des écoles aux lycées. À une petite échelle, la journée de grève dans l’académie de Rouen le 15 janvier va dans ce sens, une grève qui réunit l’ensemble de l’Éducation et les parents d’élèves.
Dans ce contexte, la FSU, syndicat majoritaire du primaire et du 2nd degré, a dans les faits refusé d’appeler à une journée de grève nationale de toute l’éducation en décembre (temps fort de la mobilisation ZEP) ou en janvier, laissant ainsi les mobilisations ZEP relativement isolées. La FSU appelle à une journée de grève nationale très tardive,
le 3 février.
Mais avec des mots d’ordre corrects comme « Luttons pour les moyens à la hauteur des besoins,
en REP et ailleurs » et un vrai travail de mobilisation sur le terrain, cette journée de grève nationale pourrait avoir un impact et mettre la pression sur le gouvernement – d’autant que d’autres attaques contre l’Éducation ne vont pas tarder: classes encore plus surchargées, « réforme » des collèges, développement de l’apprentissage au détriment des lycées professionnels, démantèlement des enseignements spécifiques comme les SEGPA…
Un mouvement de grève plus large dans l’éducation reste une nécessité pour obtenir les conditions d’études et des conditions de travail correctes, pour obtenir des moyens à la hauteur des besoins, et pas plus de 15 élèves par classe en REP et 20 élèves ailleurs. Ce mouvement plus large s’inscrit dans une lutte de tous les secteurs du public et du privé contre cette politique au service
des grands patrons.

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