Européennes 2019 : quelle campagne insoumise?

Rassemblement-place-Bastille-Paris-lappel-France-Insoumise-samedi-5-2018_0_729_486Attaques incessantes du gouvernement Macron et mobilisations successives de la jeunesse et des travailleurs, c’est le contexte pour les élections européennes. De quelles listes et de quelle campagne avons-nous besoin pour contrer les politiques néolibérales et renforcer notre camp ?

Servir la lutte contre Macron et toutes ses attaques

La teneur des cortèges lors des manifestations de ce printemps, la sympathie exprimée envers les insoumis de manière générale, montrent que la FI est largement perçue comme l’opposition de gauche la plus crédible face à l’offensive libérale menée par Macron et sa clique. C’est dans cette bataille que doit s’inscrire la campagne des européennes, en traduisant les aspirations concrètes de tous ceux qui sont investis dans la lutte aujourd’hui.

La liste des candidats est un bon appui: plus d’un quart de la liste sont des ouvrier-e-s et des employé-e-s, 60 % des candidat-e-s sont syndiqué-e-s et environ la même proportion milite dans au moins une association. Ces ancrages sur le terrain sont un véritable atout.

Une campagne pour une Europe des peuples, pas des riches

La plateforme programmatique est « discutée » par internet depuis avril. Chacun a pu y contribuer de manière individuelle, mais il est regrettable que le programme n’ait pas été proposé au débat collectif, en invitant les groupes d’action à en discuter et à s’impliquer dans sa construction. Cela aurait permis de stimuler les discussions politiques et la formation qui sont bien souvent insuffisantes et de donner une véritable fonction politique aux groupes d’action.

Et ouvrir une discussion publique aurait permis un échange large avec les autres militants de gauche et nourri le débat politique qui reste trop dominé par Macron et ses amis capitalistes. Malgré tout, il y a de très bons points d’appui pour les militants anticapitalistes : harmoniser vers le haut les salaires, baisser le temps de travail, élaborer un plan européen de construction de logements sociaux, promouvoir les services publics, planifier une transition énergétique pour sortir du nucléaire et des énergies fossiles, défendre la gratuité et l’accessibilité à l’IVG, en finir avec Frontex et faciliter l’accès des exilés à un titre de séjour, etc.

C’est également positif qu’il soit mis en avant le fait de devoir sortir des traités européens, sans tendre vers un repli nationaliste mais en proposant une liste internationale pour une Europe des peuples. Il manque des éléments comme la mise en propriété publique de l’ensemble de secteurs comme les banques ou l’énergie, indispensable pour mener une politique qui permette de rompre avec la dictature du profit.

L’objectif doit rester de construire une force politique anticapitaliste

Même si la FI est la principale opposition politique à Macron, à un an des élections, les sondages ne lui donnent que 13 ou 14 % des voix. Même s’il est encore tôt pour dire ce qu’il en sera vraiment, il n’y a aucune certitude sur le fait que la colère s’exprime par un vote FI lors de ce scrutin. L’abstention sera probablement énorme, ces élections ne permettant pas un changement radical et parce que le sentiment anti-politicien remonte. Le fait que beaucoup de candidats soient issus de l’équipe de campagne de Mélenchon évoque une recherche de places qui peut faire du tort. Sans surestimer cette campagne et son impact, il faut discuter dès aujourd’hui de comment l’utiliser pour obtenir le maximum de voix et d’élus, infliger une défaite à Macron et impliquer des milliers de jeunes et de travailleurs dans la construction d’une force politique capable de renverser le capitalisme.

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