Quel gouvernement pour remplacer Macron?

p3 marseilleMacron et son gouvernement compte bon nombre de millionnaires et représentants du patronat pour nous mener la guerre de classe et détruire nos droits et nos conquis sociaux, et accentuer l’exploitation des travailleurs au profit des capitalistes. L’enjeu des mobilisations actuelles,des multiples luttes défensives, est de se transformer en mouvements de grève qui s’agrègent jusqu’à stopper Macron.

Nous luttons sans cesse contre des attaques mais chaque année nous sommes obligés de recommencer. De nombreux travailleurs et jeunes n’ont plus rien à défendre, ou sont pessimistes sur les chances de victoire des luttes si elles ne permettent pas un changement réel et profond de leur situation. Un des freins à une grève de masse généralisée, au delà de la division syndicale et politique, c’est le manque d’une alternative au système capitaliste et au gouvernement actuel qui n’est portée par personne.

Article publié dans l’Egalité 189

Déjà sous le gouvernement Valls-Hollande, la question se posait : par quoi le remplacer si on le faisait tomber. Si c’était pour faire revenir la droite ce n’était pas la peine. Et le Front de gauche avait toujours une attitude ambiguë vis à-vis du PS par la voix du PCF. C’est cela qui a empêché les militants syndicaux sincères d’engager toutes les forces dans la bataille pour appeler et construire la grève générale pourtant nécessaire, mais qui aurait posé la question du pouvoir.

Aujourd’hui, il est difficile de dire si la pression du mouvement sera suffisante pour dépasser les divisions de la gauche. La France Insoumise joue le rôle principal d’opposition, mais elle ne peut incarner seule l’alternative à Macron. Il est certain que si toutes les forces qui se réclamant du mouvement ouvrier se mettaient d’accord non seulement pour une stratégie pour stopper Macron, mais se disaient prête à gouverner ensemble et avec quel programme ; cela aurait un effet d’encouragement pour les travailleurs et donnerait un objectif à la lutte.

La question du pouvoir et d’un vrai projet de société

Il ne s’agit pas d’attendre les prochaines élections. Il s’agit de construire un mouvement d’ensemble assez fort pour bloquer la politique de Macron en défendant une vraie alternative : un gouvernement au service des travailleurs et de la population, composé de représentant des luttes, de membres des partis de gauche (FI, PCF, NPA…) des associations, des syndicalistes… On entend déjà les petits bureaucrates dire que la conscience n’est pas là, que ce n’est pas possible. Mais si on ne parle pas de ces questions et que les dirigeants ne montrent pas la voie ça ne risque pas de se poser. L’explosion sociale viendra quoi qu’il arrive, il s’agit qu’elle ne soit pas en vain.

Le mot d’ordre de la « fête à Macron » pour la manifestation du 5 mai reste trop faible et sans proposition. Ce genre de journée permet à de larges couches de la société d’exprimer leur colère aux côtés des couches avancées qui sont en lutte directe. Cela traduit l’idée juste que la colère dépasse Macron et sa politique, et que c’est bien la société toute entière qu’il faut changer. Alors justement, c’est le moment de diffuser l’idée d’un gouvernement des travailleurs avec des revendications claires à appliquer.

P3 régimeUn gouvernement au service des travailleurs et de la population

Un tel gouvernement appliquerait les revendications des luttes et romprait enfin avec la logique du profit. Il renationaliserait les anciens services publics, mise en propriété publique de tout le secteur financier et de l’énergie et rendrait la santé, les transports et l’éducation vraiment gratuits. Il prendrait sur les milliards de profits des grands groupes et les fortunes des ultra-riches. Il créerait des centaines de milliers d’emplois dans les secteurs qui en ont besoin et enclencherait une vraie transition écologique. Il augmenterait les salaires et les retraites, donnerait un logement à tous…

Bien évidemment, toutes ces revendications pourtant vitales se heurteraient à la classe capitaliste en France et en Europe. Mais c’est bien parce qu’il s’appuierait des luttes et en serait issu que ce gouvernement pourrait affronter les capitalistes, à l’opposé de la tactique de Tsipras en Grèce qui a refusé de le faire et s’est retrouvé à accepter le chantage des banques.

Un tel projet devrait être discuté largement aujourd’hui, pour développer un véritable projet d’avenir : une société débarrassée du capitalisme et de sa dictature du profit, où l’économie serait organisée démocratiquement pour la satisfaction des besoins de toutes et tous, le socialisme.

Par Matthias Louis

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