Venezuela : Lancement du “Conseil populaire révolutionnaire” à Caracas

venezuela_revo-300x225La situation au Venezuela

Le “Consejo Popular Revolucionario” (CPR, Conseil populaire révolutionnaire) est une nouvelle coalition autonome révolutionnaire regroupant environ 30 organisations révolutionnaires, des mouvements sociaux, des collectifs et des groupes militants, qui a été fondé en réaction à la situation critique qui est en train de se développer aujourd’hui au Venezuela. Jamais n’a été aussi claire jusqu’à présent la nécessité de construire une organisation révolutionnaire non seulement pour triompher de la nouvelle offensive de droite, mais également pour défendre les acquis du “Processus bolivarien” (mouvement d’émancipation nationale lancé par feu le président Chávez dans les années ’2000) et pour les faire progresser vers le socialisme révolutionnaire. Lors du congrès de lancement de cette organisation, à laquelle plus de 100 personnes étaient présentes, de nombreux militants ont parlé du caractère critique de la situation, qui nous force à prendre des mesures décisives et courageuses dans le cadre de cette crise.

Jusqu’à présent, 28 personnes ont été officiellement tuées au cours des manifestations qui se sont répandues dans le pays depuis le mois dernier. Dans certaines régions comme Táchira, Zulia et Merida, on voit l’infiltration de groupes paramilitaires de droite envoyés par le gouvernement colombien de M. Uribe ainsi que de rebelles pro-impérialistes, avec la militarisation partielle de ces régions par les FANB, Forces armées nationales bolivariennes ; cela confère donc à la situation un air de début de guerre civile.

Les militants qui ont pris la parole lors de l’assemblée nous ont décrit la situation dans les villes de la région de Táchira qui sont maintenant tombées entre les mains des rebelles. Les rebelles exigent de leur payer des prix exorbitants pour avoir accès au gaz, à l’eau ou à la nourriture, tous ces produits de base étant devenus extrêmement rares. Dans de nombreuses zones, les rebelles ont élevés des barrages ; les transports ne passent plus, c’est la vie de tous les jours qui est paralysée. Selon nos camarades, les rues sont vides à partir de 5 heures du soir car les habitants ont peur de sortir de chez eux.

C’est la même situation dans le Merida, où la peur règne depuis la mort d’une étudiante chilienne, Giselle Rubilar. Elle faisait partie d’un groupe d’habitants qui ont tenté de dégager un barrage tenu par des étudiants de droite, et c’est là qu’elle a été tuée, abattue par balles. Dans la région de Carabobo, trois personnes ont été abattues le 12 mars lors de manifestations d’étudiants de droite, qui voulaient ainsi “commémorer” un mois depuis le début de leur mouvement anti-chaviste. À Caracas, deux personnes ont été abattues par un sniper lors d’une bagarre entre le syndicat des taxi-motos et des manifestants de droite dans un quartier riche. Tout cela rappelle ce qui s’est passé avant le coup d’État de 2002. À ce moment-là, on voyait des rebelles exécuter des gens au hasard dans les rues, dans le but de créer un climat de terreur et d’instabilité partout dans le pays.

Les risques d’un accroissement des violences est bien réel ; la droite exerce une réelle pression, soutenue par l’impérialisme américain, qui vise à renverser le gouvernement Maduro et le “chavisme”. Tous les révolutionnaires du Venezuela en sont bien conscients. Ce renversement pourrait adopter diverses formes – nous n’allons sans doute pas connaitre la même situation qu’en 2002, qui était un coup d’État avec le soutien d’une partie de l’armée. Face à la spirale de la violence, la crise économique qui continue, où on voit un plan conscient de la part d’une partie de l’extrême-droite de saboter le pays, et où la droite modérée s’avère capable d’attirer à elle une partie de la classe ouvrière et des pauvres, on pourrait voir un accord de “transition” et la convocation de nouvelles élections.

Le gouvernement n’a jusqu’ici pas fait grand-chose pour éviter cela. Le gouvernement s’est contenté d’appeler à la paix, à la réconciliation et à la négociation, tout en appellent les travailleurs et les pauvres à se mobiliser pour contrer la droite. Lors des dernières semaines, tout en critiquant et en rejetant les offres de “médiation” de la part de l’impérialisme – ce qui est correct –, et en réagissant vertement aux attaques scandaleuses et hypocrites de la part du gouvernement Obama, le gouvernement Maduro a en même temps continué à inviter les dirigeants de la droite à venir au palais présidentiel discuter avec lui ; il a même dit que si les dirigeants étudiants de droite venaient, il les embrasserait ! Il dit également qu’il ne les laissera pas vaincre sa “révolution chrétienne-humaniste”.

Une telle “transition” ne peut signifier que la défaite de la gauche révolutionnaire et des travailleurs et des pauvres, sur le plan national comme international. Notre coalition, le CPR, défend les acquis des 15 dernières années et l’héritage de Chávez, mais nous disons qu’il faudra bien plus que des discussions et des négociations pour vaincre la droite – notre tâche urgente est en réalité de construire une organisation et d’aller vers le socialisme révolutionnaire.

Les organisations et les individus qui participent au CPR ne sont pas les seuls dans le pays qui ressentent le besoin d’action ; il faut prendre des mesures pour unifier ces forces. Nous, Socialismo Revolucionario, section vénézuélienne du CIO, appelons l’ensemble des organisations de gauche et révolutionnaires, ainsi que tous les représentants élus de gauche et les syndicats du monde entier, à envoyer des messages de solidarité afin d’exprimer votre soutien au CPR et à la lutte contre la nouvelle offensive de droite.

Vous pouvez écrire en anglais ou espagnol à l’adresse socialismo.rev.venezuela@gmail.com.

Les partisans de notre initiative au niveau international doivent aussi être avertis du fait que l’administration Obama parle de “sanctions” contre notre pays, et qu’il faudra sans doute organiser des actions devant les ambassades pour protester contre les attaques de l’impérialisme, afin de défendre les acquis du Processus bolivarien et de soutenir les mouvements révolutionnaires dans ce pays qui luttent pour le socialisme.

La première assemblée du CPR a voté la déclaration suivante :

1) Nous considérons que les récents évènements dans notre pays ont pour but de créer les conditions d’un conflit au Venezuela et mettent ainsi en danger l’État vénézuélien ainsi que les forces armées et l’intégrité de notre nation.

2) Le point de départ de ce conflit a été l’invasion de forces paramillitaires venues de Colombie, soutenues par le gouvernement Obama et par l’ex-président de Colombie M. Uribe, alliés à l’aile droite réactionnaire au sein de l’alliance vénézuélienne “Mesa de Unidad” (Table de l’unité), c’est-à-dire les partis Primera Justicia et Voluntad Popular – toutes ces forces contrôlant à présent la région de Táchira. Ces forces tentent à présent d’envahir les régions de Merida et de Zulia puis de poursuivre vers l’Est en direction de Caracas afin d’y semer le chaos sous la forme de barrages et de pénuries de nourriture et de biens de nécessité. Leur action a pour but de créer un climat favorisant le renversement (sous la forme d’un coup ou d’une “transition”) du gouvernement Maduro et du chavisme, ce qui, dans le contexte actuel, pourrait nous mener à la guerre civile.

3) Vu cette menace, nous devons unir l’ensemble des forces populaires, progressistes, patriotiques et révolutionnaires avec pour objectif la restauration de notre intégrité territoriale nationale, via des Comités intégrés de défense populaire dans chaque région, dans chaque ville, dans chaque quartier, dans chaque zone industrielle, sur chaque usine, entreprise, marché, école ou université.

4) Nous appelons l’ensemble des forces progressistes et révolutionnaires à se réunir et à s’organiser en conseils populaires afin d’organiser des Comités de défense dont les deux objectifs doivent être : le contrôle de la production et de la distribution de nourriture par les citoyens eux-mêmes, ainsi que le contrôle par les citoyens des services publics (santé, transport, gaz, eau, électricité, enseignement).

5) Nous voulons un dialogue avec l’ensemble de la population, y compris parmi les classes moyennes, qui est opposée à abandonner la souveraineté du Venezuela aux forces impérialistes sous la houlette de Uribe ou par un éventuel gouvernement de droite qui serait soutenu par ces éléments.

6) Nous appelons à une action révolutionnaire nationale de masse afin de libérer les régions de Merida, Zulia, Táchira du contrôle des rebelles de droite par la mise en place de Comités de défense. Ce mouvement doit être entamé par des manifestations et actions dans chaque ville, grande ou petite, à compter du dimanche 13 avril et qui culmineront avec une assemblée populaire de masse à San Cristobal, chef-lieu de la région de Táchira, le samedi 19 avril.

Paris: Régularisation des 7 employés sans papiers d’un salon de coiffure après 3 mois de lutte

luttechinoise_4_sur_4_-5be8fIl aura fallu presque 3 mois de lutte (du 3 février au 25 avril) pour que la totalité des 7 employés de l’onglerie-salon de coiffure « afro » du 50 Bld de Strasbourg à Paris (quatre Chinoises, deux Ivoiriennes, et un jeune chinois), pas payés, pas déclarés parce que sans papiers, voient enfin leur situation administrative régularisée par les autorités.

Le 3 février 2014, ces salarié(e)s avaient informé leur employeur qu’elles et il cessaient le travail tant que leurs salaires des mois de décembre 2013 et janvier 2014 ne leur seraient pas versés. Et cela, bien qu’étant dans un état de vulnérabilité extrême, tant vis-à-vis de leur patron que des autorités.

Depuis le 10 février, avec les militant(e)s de la CGT, des soutiens associatifs, politiques et individuels, elles et il ont occupé nuit et jour leur lieu de travail. Comme leur patron s’était volatilisé et que les autorités (Ministère de l’Intérieur et Préfecture de police de Paris) restaient sourdes à leur demande de régularisation, elles et il ont repris leurs postes de travail à partir du 15 février pour alimenter la caisse de grève.

Avec le temps, face à leur détermination et celle de la CGT, trois premières régularisations ont pu être obtenues, puis deux autres et depuis le 25 avril, les deux dernières.

 

Un gouvernement de « combat » contre les travailleurs et la population

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Malgré sa déroute au municipales, Hollande n’a rien eu de mieux à faire que nommer un gouvernement aussi anti-social que le précédent. Et aucune des mesures d’austérité prises ces derniers mois ne sera remise en cause. Comme sous son prédécesseur Sarkozy, c’est aux travailleurs et à la population que ce gouvernement va s’attaquer, au seul bénéfice des riches, des grands patrons et des groupes d’actionnaires. Il y en a assez de cette politique, il est grand temps de faire éclater notre révolte en manifestant dans la rue ! Hausse de la TVA et d’autres taxes, gel des salaires dans de nombreux secteurs, suppressions d’emploi dans de nombreuses entreprises,… Non, non, on ne rêve pas, c’est le bilan de Hollande !

 

 

Hollande a dit qu’il voulait former un «gouvernement de combat»… Ce n’est évidemment pas les grands patrons et les groupes d’actionnaires qui ont à craindre quelque chose mais bien nous tous. Son « pacte de responsabilité » vient après une première mesure (le CICE) qui faisait cadeau de 15 milliards d’impôts aux grandes entreprises. Pendant ce temps là, nos impôts et nos taxes ont continué d’augmenter. Les 40 premières entreprises françaises ont, à elles seules, affiché 48 milliards de bénéfices en 2013 !

 Ça suffit ! refusons l’austérité, refusons de payer une crise qui n’est pas la nôtre !

 Il est temps que s’expriment la colère et la révolte contre Hollande. Les travailleurs, les privés d’emplois, et tous ceux et celles qui subissent les plans de licenciements, les expulsions de logement, les coupures d’électricité… ne doivent plus subir ces politiques au service des riches, des grands actionnaires et des banquiers. Ce système ne connaît que la loi du profit en exploitant les travailleurs, en s’en fichant bien des conditions de vie désastreuses dans lesquelles ils se trouvent, et de la précarité dans laquelle les jettent les plans de licenciements ou les diminutions de salaire. C’est la loi du capitalisme, celle que servent le PS ou Europe Ecologie, mais également l’UMP ou le FN. Pour refuser les injustices que produit cette société qui n’offre pas une vie décente à la majorité ni un véritable avenir à la jeunesse, stopper les plans de licenciements, mettre un coup d’arrêt aux coupes sévères dans les services publics, contre les bas salaires et la destruction de la protection sociale : organisons-nous !

 Pour une vraie opposition de gauche !

 Il faut montrer qu’une opposition de gauche combative est possible et nécessaire, qu’elle doit traduire la révolte et la colère actuelles et permettre de regrouper tous ceux et toutes celles qui refusent les licenciements, les privatisations, la dictature des marchés capitalistes, des grands patrons et des groupes d’actionnaires. La Gauche révolutionnaire est pour construire une telle opposition de gauche, contre le gouvernement Hollande-Gattaz, contre le FN et l’UMP, contre le capitalisme, pour un véritable emploi pour tous et toutes, un logement décent, des services publics gratuits…

 

Après les élections, la nécessité d’une opposition de gauche.

indexLa claque a été sévère pour Hollande et sa politique au service des grands groupes capitalistes et du Medef. Hollande et Valls veulent continuer la même politique. Le pacte de responsabilité et ses 50 milliards pris dans la poche des travailleurs, travailleuses et de leurs familles pour les profits des grands patrons… Cette claque aux municipales n’a pas suffi pour y mettre un coup d’arrêt. Il nous faut une véritable force politique combattant pied à pied l’austérité, les bas salaires et les licenciements.

 

Pour une opposition de gauche combative contre Hollande et le Medef !

L’abstention très élevée et le dégoût sont devenus dominant parmi la population. Il y a urgence à la construction d’une opposition de gauche à Hollande et à tous ces partis pro-capitalistes de l’UMP au FN. Il faut que tous ceux et celles qui refusent cette politique au service des banquiers, des gros actionnaires et des gros patrons puissent se retrouver au moyen d’un programme de combat pour avancer dans les luttes sociales et politiques.
Il nous faut un plan commun d’actions et de grève pour mettre un coup d’arrêt aux licenciements et aux coupes dans les services publics qui permette aux équipes syndicales combatives, aux travailleurs qui résistent, de Goodyear à la Redoute, de ne plus être isolés. Et il nous faut pour cela un programme politique capable de rassembler tous les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les retraités, homme ou femme, français ou étranger, qui veulent lutter et s’organiser. Une telle opposition large et démocratique, pourrait devenir une force déterminante dans les années à venir pour faire avancer les luttes de tous ceux et celles qui combattent le capitalisme et ses conséquences désastreuses et dans le but d’une société réellement débarrassée de l’exploitation et de la misère, une société authentiquement socialiste.

Quels prochains pas pour aller vers la naissance d’une opposition de gauche ?

Mélenchon a souvent parlé de la nécessité d’une opposition de gauche. Et le PCF a décidé de rejoindre l’appel initié par le NPA et le PG à manifester le 12 avril contre l’austérité. Cette manifestation est une bonne chose. Les forces à la gauche du PS doivent désormais avancer sur des points concrets et en clarifier d’autres s’ils veulent que naisse une vraie opposition de gauche. Électoralement, on l’a vu, le Front de gauche peut incarner une opposition lorsqu’il se présente de manière indépendante du PS. Cependant d’une manière générale, le Front de gauche et la gauche de la gauche plus globalement n’est pas apparu comme une force nationale d’opposition de gauche. Une des questions centrales est d’être ou non en rupture avec le PS et avec ceux qui le soutiennent ou s’y allient. Un des premiers pas doit être de clarifier cela. Or, certaines déclarations de Mélenchon ajoutent à la confusion. Le Parti de gauche fait depuis janvier de nombreux appels du pied à Europe Écologie – Les Verts pour «reconstituer la vraie gauche». Pourtant ce parti a participé et soutient le gouvernement Hollande. Ceci n’a pas empêché le PG de faire liste commune à Grenoble avec eux en remportant la mairie. Mélenchon parle même d’une nouvelle gauche possible avec EELV. Quelle gauche ? Et quelle différence avec le PCF qui dit vouloir pousser à gauche le PS ou qui s’allie à lui, parfois dès le 1er tour ? Qu’est-ce que signifie alors être en opposition à la politique de Hollande ? Faute de clarté politique, ces alliances ressembleront alors à des tactiques politiciennes bien éloignées de la construction d’une opposition de gauche combative face au gouvernement. Il faut lancer un véritable mouvement de discussions et d’actions contre le pacte de responsabilité, la casse de la protection sociale et les licenciements qui permettent à tous et celles qui veulent lutter et riposter de discuter
ensemble et d’agir contre le gouvernement Hollande-Valls-Gattaz.

Par Leïla Messaoudi

Ukraine jusqu’à la guerre civile?

637719-armed-men-sit-on-an-armoured-personnel-carrier-with-a-russian-flag-on-it-in-slavianskAprès la chute des régimes staliniens bureaucratiques, le capitalisme a été réinstauré sauvagement et les castes oligarchiques se sont partagé les richesses sur le dos des travailleurs. La situation s’est davantage dégradée depuis la crise de 2008. S’ajoutent à cela la corruption et les restrictions des libertés, provoquant une colère énorme contre le pouvoir de Ianoukovitch. Lorsque les négociations ont été interrompues avec l’UE, le mouvement a éclaté. Côte à côte, on a trouvé des travailleurs qui voulaient changer le système en place avec leurs revendications sociales et une partie de la bourgeoisie ukrainienne favorable aux impérialistes occidentaux. Ce mouvement a été repris en main par des milices pro-occidentales mais aussi des fascistes et nationalistes du parti Svoboda et du Secteur droite.

Le rôle de Svoboda

Svoboda (parti de la “liberté’’) est un vrai parti fasciste qui avait 37 sièges dans l’ancien Parlement. Il possède des milices armées. Aujourd’hui il a plusieurs ministres dans le nouveau gouvernement et est soutenu par l’UE (donc la France) contre la Russie. Il est à l’initiative de mesures telles que l’interdiction du parti “communiste”, la restriction de la langue russe et la chasse aux militants syndicalistes et de gauche dans certaines villes. Svoboda a un certain espace en raison de la défiance vis-à-vis des partis de gauche, qui apparaissent comme pro-russes. Le parti communiste (32 sièges dans l’ancien Parlement), favorable à l’entrée dans l’union douanière russe, s’est largement détaché des travailleurs et n’est pas intervenu pour renverser Ianoukovitch.

L’annexion de la Crimée par la Russie

Poutine a su profiter de la situation pour rentrer en Crimée. Le référendum a plébiscité sans grande surprise un rattachement à la Russie. La Crimée est composée de 90 % de russophones. Elle est liée à la Russie et avait été donnée à l’Ukraine par Kroutchev en échange du maintien des bases militaires russes. Les accords avec l’UE ou le FMI se feront en contrepartie de ventes de services publics, d’austérité, de reculs des droits et du niveau de vie pour les travailleurs, comme cela s’est passé en Grèce. Cette crainte qu’en s’alliant à l’UE il y ait un recul des droits est très forte dans le sud et l’est de l’Ukraine, industrielle et russophone. Rien d’étonnant que pour préserver leurs maigres acquis une partie des travailleurs ait choisi de rejoindre la Russie. Nous sommes pour l’autodétermination des peuples, c’est-à-dire qu’ils puissent choisir leur destin. Les récentes mesures anti-russes du gouvernement en Ukraine limitant l’usage du russe, qui était l’une des deux langues officielles, ont joué en faveur de la Russie. Nous ne sommes pas naïfs et savons bien que Poutine a mis les moyens par la présence de son armée pour assurer le succès du vote. Mais quelle hypocrisie des dirigeants européens et notamment de Fabius, qui a déclaré ne pas reconnaître le droit à la Crimée de faire un referendum pour changer les frontières. Ils dénoncent la fraude et la pression russe lors de ce référendum alors même qu’ils n’hésitent pas à intervenir militairement en Libye ou en Centrafrique pour imposer leurs vues. Quoi qu’il en soit pour les travailleurs de Crimée il est peu probable que le sort s’améliore en passant sous le giron de Poutine lorsqu’on connaît l’état de l’économie russe et la répression qu’il mène contre les militants ouvriers. Poutine ne s’arretera probablement pas à la crimée. Déjà il a dit vouloir défendre les russes d’ukraine . Le gouvernement ukrainien a envoyé l’armée pour réprimer les récentes occupations pro-russes des lieux de pouvoir dans l’est de l’ukraine ce qui fait craindre une guerre civile. Des tensions grandissent là où l’instabilité politique importante se conjugue à une misère croissante comme en Bosnie.

Le mouvement ouvrier doit reprendre la tête de la lutte

Les travailleurs ukrainiens vont devoir résister à la politique capitaliste du nouveau gouvernement mais aussi aux fascistes qui veulent abattre toute résistance du mouvement ouvrier. Que ça soit avec l’UE ou la Russie, il n’y a rien à attendre de bon. La gauche anti-système a fait l’erreur de ne pas considérer le soulèvement de Maïdan comme leur lutte.
Pourtant c’est aux travailleurs de reprendre la tête du mouvement pour les droits démocratiques pour imposer les revendications sociales en refusant les divisions selon l’origine. Comme dans beaucoup de pays se pose la question d’un parti de masse des travailleurs qui lutte pour un mouvement unifié qui permette de s’emparer du pouvoir et de nationaliser les principaux secteurs de l’économie sous le contrôle des travailleurs. Seule une économie planifiée et gérée démocratiquement pourra répondre aux besoins de la population ukrainienne et la sortir de la crise.

Transformer la colère en action pour stopper la politique du PS-MEDEF

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La lutte est plus que jamais nécessaire face à la politique du gouvernement et du patronat et sa principale organisation, le MEDEF. Ils sont à l’offensive tant sur le plan de la destruction des services publics, de la sécurité sociale que sur celle de nos droits. Ils ont obtenu avec l’ANI des licenciements plus aisés et des baisses de salaire sous chantage à l’emploi. Sur les 50 milliards d’économie que Hollande prévoit au travers de son «pacte de responsabilité», hormis les «économies» sur le budget de l’Etat, il est prévu un allègement de 30 milliards de cotisations sociales en moins pour le patronat ! Au final, cela va nous faire payer nous-mêmes les allocations familiales, par l’impôt et les taxes. Pour l’Unedic (assurance chômage) le Medef ne donne absolument rien et évite la taxation des contrats courts. Ce sont principalement les intermittents, les intérimaires et les cadres qui vont trinquer. Les 40 premières entreprises françaises ont fait 48 milliards d’euro de bénéfice en 2013, mais ça, Hollande n’y touche pas…

Rien à négocier

Cette politique s’accompagne aussi de la répression notamment des militants syndicaux pour des faits de lutte (Goodyear, Roanne…). Au Havre, c’est même le PS qui était à l’origine de certaines poursuites et c’est la mobilisation qui a permis la relaxe. A Montauban, le piquet de grève des ouvriers de Nutribio a été démantelé par les CRS… Le PS prend aussi un malin plaisir à voir les projets promis aux travailleurs pendant la campagne présidentielle de Hollande être retoqués telle l’annulation par le conseil constitutionnel de la «loi Florange». Déjà à minima, elle prévoyait des sanctions sur la fermeture de sites rentables et l’obligation de recherche d’un repreneur. Le motif de l’annulation est que ça serait contraire à la liberté d’entreprendre et au droit de la propriété privée… On le voit bien, l’Etat est garant de la protection de la propriété privée des capitalistes au détriment des travailleurs et de leurs emplois. Il n’y a donc rien à attendre ni à négocier avec ce gouvernement PS-MEDEF. Pas plus qu’avec les directions syndicales de la CFDT , CFTC et CFE-CGC à qui la loi sur la représentativité syndicale (malheureusement signée aussi par les autres syndicats) permet de faire passer des «accords» avec le patronat ou des projets du gouvernement alors qu’ils sont des reculs historiques pour les travailleurs.

Mettre un coup d’arrêt à l’offensive du capital

La journée du 18 mars (appelée par la CGT, FO, SUD et la FSU) avait fait monter un peu la pression car il y avait un peu plus d’appel à la grève dans certaines fédérations. Mais jusqu’au dernier moment les revendications de cette journée n’étaient pas claires et les syndicats ont eu du mal à quitter la table des négociations alors que patronat et gouvernement n’avaient rien leur offrir si ce n’est toujours plus d’austérité. Ce qu’il a quand même manqué, c’est que le message des dirigeants syndicaux soit autre chose qu’un «merci d’être venus». Car la question reste : que fait-on ensuite, que fait-on maintenant ? Pour permettre la réussite d’une première journée nationale de grève, il faudrait à la fois que les revendications soient plus claires et que la forme que prend la grève soit plus combative.

Chacun doit être appelé à être militant de la grève, en proposant le blocage du transport de marchandise par des piquets de masse sur les plateformes logistiques ou les ports, le filtrage des grands axes de circulation, en impliquant les dizaines de milliers de grévistes de manière active et consciente.

Les revendications ne sont pas que des demandes, elles doivent être des objectifs : Zéro licenciement et suppression de postes, Smic à 1700 euros et hausse des salaires de 300 euros, créations d’emplois publics et partage du temps de travail jusqu’à disparition du chômage, salaires indexés sur l’inflation, retraite à 60 ans (55 ans pour les branches qui le revendiquent et un maximum de 37,5 annuités de travail) etc.

Pas une simple journée isolée mais le début d’une riposte

Pour éviter de paraître comme une journée sans lendemain, il faut que des suites soient proposées et les conditions de celles-ci posées. Les syndicats devraient appeler à une journée qui soit clairement une journée de grève, et par exemple annoncer des suites permettant à la lutte d’aller de manière croissante si gouvernement et patronat refusent de reculer. Sous la forme d’une nouvelle journée de grève plus forte encore puis d’une grève de plusieurs jours jusqu’à satisfaction.

Après la mobilisation européenne des syndicats le 4 avril à Bruxelles , se pose la question de la manifestation « anti austérité » et pour une « révolte de gauche » à Paris le 12 avril. Des syndicats ont appelé à cette journée car c’est bien la vocation des syndicats de contribuer à la lutte pour le changement de société et de faire que cette manifestation soit une journée qui permette de faire entendre les revendications des travailleurs. Et au centre des discussions devrait se trouver celle sur la tactique et la stratégie pour faire le plus mal au capital, réfléchir à comment ne pas céder du terrain et tirer les leçons des dernières luttes si courageuses soient-elles. Est-ce que la ligne majoritaire reste d’obtenir une meilleure prime de départ face aux licenciements ? Combien aujourd’hui sont en passe de désocialisation du fait de ne pas avoir d’emploi ? Est-ce qu’on ne devrait pas plutôt essayer de convaincre de revendiquer la nationalisation des entreprises qui licencient sous le contrôle des travailleurs ? Si on prend l’exemple de PSA ou Arcelor-Mittal, on voit que les licenciements passés, les autres sites sont aujourd’hui menacés.

Face au plan d’austérité de Hollande-Gattaz, nous avons besoin d’une véritable journée de grève, un point d’appui pour construire une grève totale, c’est ce que nous devons défendre lors des prochaines initiatives, notamment lors du 1er mai.

par Louis Matthias