1974 – 2014 : Le Comité pour une Internationale Ouvrière a 40 ans !

CWI-300x199Dans l’article ci-dessous, Robert Bechert, qui est membre du Secrétariat International du CIO et avait participé à la réunion de fondation du CIO, explique pourquoi la construction d’une internationale est toujours une nécessité vitale au 21ème siècle.

Depuis le début du 20e siècle, chaque décennie a été le témoin de révolutions durant lesquelles la classe des travailleurs et les pauvres ont tenté de mettre fin à l’oppression et à l’exploitation dont ils souffrent sous le règne du capitalisme. A leurs côtés ont également eu lieu de nombreuses luttes de masse, des contre-révolutions et de puissants développements qui ont changé la face du monde.

Ces 40 dernières années n’ont pas fait exception. A peine quatre jours après la constitution du Comité pour une Internationale Ouvrière, 48 ans de gouvernement militaire et dictatorial prenaient fin au Portugal avec la Révolution du 25 avril, la Révolution des Œillets. Quelques mois plus tard, la junte militaire grecque s’écroula. Mais l’histoire ne se développe pas en ligne droite. Dans ces deux pays, la classe dirigeante a été capable de survivre pour défendre son système, principalement parce que les mouvements de masse qui les menaçaient ne disposaient pas de stratégie correcte abordant la manière de remplacer le capitalisme, ni de direction capable de mener ce combat.

Crise capitaliste

Ces 25 dernières années ont été compliquées par la chute de l’Union Soviétique et des autres états staliniens. Le fait que ces régimes aient été dirigés par des élites totalitaires privilégiées indique clairement que ces Etats ne peuvent pas être considérés comme socialistes. Cependant, le fait que ces Etats reposaient sur une économie planifiée, nationalisée et non capitaliste démontrait que le capitalisme n’est pas l’unique système possible.

Après 1989, la chute de ces Etats et la restauration du capitalisme ont été utilisées par la classe dirigeante dans le cadre de sa contre-offensive qui faisait suite à la radicalisation connue durant les années ‘60-‘80 afin qu’elle défende idéologiquement qu’il n’existait pas d’alternative au capitalisme. Cela a aidé à accélérer le mouvement vers la droite et pro-capitaliste pour une grande partie du mouvement des travailleurs.

Mais depuis le début de la dernière crise globale du capitalisme, en 2008, nous sommes entrés dans une nouvelle ère mondiale. Dans de nombreux pays, particulièrement les principaux pays impérialistes, les conditions de vie ont baissé ou sont en train de chuter. Mais un des éléments parmi les plus importants de la période actuelle est que la combinaison du processus de globalisation et du développement des communications a renforcé la conscience internationale des masses.

Un nombre croissant de personnes parmi la population considère que les questions liées à l’économie, à la guerre et à l’environnement sont des thèmes internationaux qui sont également liés au système capitalisme, ou au moins à la domination des grandes banques et des grandes entreprises. En même temps, davantage de gens sont conscients du potentiel inhérent aux avancées scientifiques et technologiques pour autant qu’elles soient utilisées en fonction des intérêts de la population et de l’environnement plutôt qu’au profit des entreprises. Mais le plus important, c’est que l’expérience accumulée au cours de la lutte contre l’austérité ainsi que la politique d’austérité elle-même ont forgé une compréhension de la nécessité de fondamentalement changer de société. Des événements comme le renversement du dictateur égyptien Moubarak et du dictateur tunisien Ben Ali en 2011 ont donc eu un impact mondial.

Ces développements ont fourni une importante base potentielle pour une organisation socialiste internationale, reliant ensemble des mouvements des quatre coins du globe. Ce siècle a déjà connu des mouvements et des combats ayant adopté un caractère international, comme l’opposition à l’invasion de l’Irak menée par les Américains et les Britanniques, les manifestations des mouvements Occupy/Indignados, les manifestations anti-austérité en Europe, l’impact des révolutions tunisienne et égyptienne de 2011 ou encore la récente lutte internationale des dockers.

La fondation du CIO a pris place en des temps révolutionnaires

Mais si le mouvement des travailleurs n’est pas capable de livrer des réponses concrètes aux problèmes actuels, le danger est alors présent que les réponses nationalistes réactionnaires puissent obtenir un certain soutien, installant les bases pour de futurs conflits chauvinistes ou ethniques au sein d’Etats ou entre eux. Un des objectifs que le CIO s’est assigné est d’armer le mouvement des travailleurs d’un programme et d’une stratégie pour à la fois remporter des victoires au cours de batailles immédiates mais aussi débarrasser le monde de l’emprise venimeuse du capitalisme, en commençant par expliquer le rôle central de la classe des travailleurs à cette fin.

Le fait que la fondation du CIO ait pris place durant une période très troublée et radicale n’était en rien un accident. Le long redressement économique qui a suivi la seconde guerre mondiale touchait à sa fin. Mais déjà avant que la crise pétrolière de 1973 n’arrive pour symboliser le changement de situation économique, l’Europe et ensuite l’Amérique Latine ont été touchés par des mouvements révolutionnaires et des crises. Au Vietnam, l’impérialisme américain a fait face à sa première défaite militaire. Les régimes staliniens ont été secoués par le printemps de Prague en 1968 dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie et par les vagues de grèves ouvrières en Pologne. Ces mouvements n’étaient pas pro-capitalistes mais recherchaient en essence à établir une démocratie des travailleurs.

A ce moment, les syndicats étaient puissants, mais pas seulement en terme de nombre de membres. En Grande-Bretagne, le berceau du CIO, les victoires remportées par les mineurs et la défaite du gouvernement conservateur aux élections de 1974 avaient notamment illustré leur puissance potentielle.
Le début d’une crise capitaliste généralisée a approfondi la radicalisation politique des mouvements ouvriers de nombreux pays. L’expérience amère du renversement sanglant du gouvernement Allende au Chili en 1973 avait provoqué une large discussion sur les moyens de parvenir au socialisme et aussi de prévenir que la contre-révolution n’entrave le chemin du mouvement des travailleurs. C’était vraiment une période de luttes internationales.

En 1974, la dictature espagnole de Franco, face à une révolution se développant, était en train de tomber. Mais la classe dirigeante espagnole a cherché et obtenu l’aide des dirigeants du monde du travail pour contenir le mouvement révolutionnaire. Il a été capable d’établir une démocratie capitaliste.

Dans ce contexte, les marxistes qui ont été à la base du Comité pour une Internationale Ouvrière, à l’époque groupés en Grande-Bretagne autour du journal ‘‘The Militant’’ (ils ont depuis constitué le Socialist Party), ont commencé à rechercher une audience plus large en Grande-Bretagne et dans d’autres pays, principalement en Europe, mais aussi au Sri Lanka où l’histoire particulière du pays, où un mouvement trotskiste avait été soutenu par les masses, a permis que nos idées y trouvent un premier écho.

Cependant, malgré les soulèvements révolutionnaires qui ont eu lieu à travers le monde à la fin des années ’60 et dans les années ’70, l’idée d’une réelle internationale ouvrière était devenue moins centrale dans le mouvement des travailleurs, même si cela restait un point attractif pour de nombreux activistes. Cela faisait suite à l’échec tant de l’Internationale Socialiste que de l’Internationale Communiste de rester des organisations capable d’organiser la lutte internationale pour changer de monde. Mais au 21e siècle, avec l’interdépendance très claire des différentes parties du monde, la question de l’action internationale est à nouveau posée avec acuité.

A côté de la nécessité de solutions globales, l’expérience du mouvement des travailleurs a montré encore et encore que des manifestations peuvent remporter quelques revendications prises individuellement, mais qu’elles restent par contre insuffisantes pour fondamentalement changer la situation. Cela, ce n’est possible qu’avec le renversement du système capitaliste. Mais pour y parvenir avec certitude, le mouvement des masses a besoin d’un programme d’action concret adapté tant à la situation nationale qu’internationale ainsi qu’une direction, ce qui requiert un parti.

Comment remporter des victoires de façon permanente ?

Aujourd’hui les capitalistes font preuve de peu d’optimisme. Ils manquent de confiance en eux, comme cela a été révélé dans les discussions portant sur la possibilité d’arrêter d’injecter de l’argent dans l’économie via l’assouplissement quantitatif (AQ) et les effets que cela pourrait avoir.

Ces conditions préparent de nouvelles périodes de lutte et de révolution. En général, dans cette période de crise, la plupart des luttes ont jusqu’ici été défensives, contre l’attaque menée par la classe dirigeante, mais dans les pays qui ont connu une croissance économique, comme le Brésil et la Chine, il s’agissait de batailles offensives destinée à remporter de nouvelles conquêtes sociales.

En Grèce, les travailleurs ont mené le nombre incroyable de 36 grèves générales depuis 2010, mais ils n’ont pas réussi à bloquer l’attaque de la classe dirigeante. Mais ça n’exclut pas de voir arriver une nouvelle radicalisation, peut-être initiée sur le plan politique. A chaque instant, des couches du mouvement ouvrier tirent des leçons de leur expérience.

Les révolutions et les luttes de masse de ces dernières années ont à nouveau posé les vieilles questions abordant la manière de consolider des conquêtes sociales et de renverser l’ordre ancien. L’Égypte est le dernier exemple en date où, en février 2011, les masses ouvrières avaient potentiellement le pouvoir entre leurs mains, sans hélas avoir entièrement compris ou vu ce qui devait être fait pour que ce potentiel devienne réalité.

De puissantes révolutions peuvent complètement balayer l’ancien ordre des choses mais, comme ce fut le cas au Portugal en 1975, il peut revenir si la classe des travailleurs ne sécurise pas son pouvoir. Évidemment, chaque révolution et chaque lutte a ses propres caractéristiques. Mais les leçons qui peuvent être tirées de la manière dont la classe ouvrière et les pauvres ont été capables d’arriver au pouvoir et d’y rester en 1917 sont toujours pertinentes et de première importance.

En certains points, la situation actuelle est similaire à celle de la fin du 19e siècle, au moment où se sont développés les mouvements ouvriers de masse. Aujourd’hui, il est question de la reconstruction ou de la rénovation des organisations du monde du travail. Mais le fait que, dans de nombreux pays, les travailleurs aient fait l’amère expérience de la décadence ou de la chute des vieilles organisations ouvrières – particulièrement les anciens partis sociaux-démocrates et communistes qui se sont transformés en organisations pro-capitalistes ou totalement capitalistes – est un facteur compliquant.

Reconstruire et réarmer le mouvement des travailleurs

Dans de nombreux pays, le Comité pour une Internationale Ouvrière joue un rôle clé dans cette reconstruction, et là où c’est approprié, soutient qu’il faut commencer à créer de nouveaux partis politiques des travailleurs en tant qu’étape vers la création d’un mouvement de masse des travailleurs. Il ne s’agit pas simplement de propagande. En Grande-Bretagne, en Afrique du Sud et au Nigéria, nous avons participé aux étapes ayant précédé la formation de nouveaux partis. En Australie, au Sri Lanka, aux USA, en Irlande, ou encore en Suède, les camarades du CIO participent aux élections sous leurs propres couleurs.

Là où des partis de gauche existent, comme le PSoL au Brésil et Die Linke en Allemagne, les camarades du CIO y sont actifs tout en défendant les étapes par lesquelles il faut passer pour continuer à les construire en tant qu’organisations défendant les idées du socialisme. Il s’agit d’une partie de notre tradition au CIO. Depuis les origines, nous ne sommes pas passifs, nous participons aux luttes, grandes et petites, et les initions.

Mais à bien des points de vue, ces quatre premières décennies ne sont véritablement qu’une préhistoire. Nous sommes déjà dans une période tumultueuse, tout est soit remis en question, soit sur le point de l’être. Les expériences de cette période du capitalisme, la crise environnementale croissante et l’absence d’avenir pour une couche grandissante de la jeunesse provoqueront des tempêtes révolutionnaires.

Le CIO jouera son rôle dans ces événements, ce qui inclut la construction d’un mouvement qui pourra finalement mettre un terme à ce système capitaliste brutal, chaotique et injuste, et ainsi faire de la vie un plaisir pour tous.

Nous ne serons pas la génération sacrifiée ! Luttons pour notre avenir !

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Les jeunes en France et en particulier les jeunes issus des milieux populaires sont parmi les premières victimes de la crise qu’on vit depuis 2008, du chômage et de l’austérité qui en découlent. Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans a atteint des nouveaux records fin 2013 avec 25,6 % et même le journal La Tribune, pro-capitaliste, parle d’une «génération sacrifiée».

 

Assez du chômage de masse et de la précarité !

Dans les quartiers populaires, les «zones urbaines sensibles (ZUS)» le chômage est presque deux fois et demi plus important qu’ailleurs avec 24,1 % contre 9,9% en 2012. Dans ces quartiers, les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus touchés avec 45 % de chômage contre 23,1 %, hors ZUS, en 2012. C’est aussi dans ces quartiers que les jeunes sont les plus touchés par les inégalités grandissantes creusées par l’Éducation nationale. Selon l’étude «Formations et emploi 2013» publiée par l’Insee le 4 décembre 2013, le taux de chômage des jeunes sans diplômes était de 47 % en 2012 (en 1990 il n’était «que» de 29 %). La destruction massive des emplois de ces dernières années, notamment celle des emplois nonqualifiés, ne laisse que peu de chances pour des centaines de milliers de jeunes de décrocher un boulot, et encore moins s’ils sont d’origine étrangère vue la discrimination à l’embauche pratiquée par de nombreux patrons. Par conséquent, des milliers de jeunes se retrouvent dans la précarité et la pauvreté sans le moindre moyen de s’en sortir. Même des jeunes diplômés et des jeunes issus des milieux populaires suivant des études supérieures n’y échappent pas. Actuellement, certains représentants du gouvernement et des capitalistes proposent de remettre en cause le SMIC, mais seulement pour les jeunes. En gros, si tu es jeune tu as encore plus le droit de te faire exploiter.

 Non à cette éducation de tri social !

 Aujourd’hui, les jeunes sont dans un système d’éducation qui crée de plus en plus d’inégalités et malgré leur blabla sur «l’égalité des chances», de nombreux jeunes sont laissés sur le carreau. Dans les classes surchargées de l’école primaire au lycée à cause d’une réduction drastique des moyens, les jeunes des milieux populaires s’en sortent de moins en moins bien et chaque année environ 200.000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. Les structures adaptées aux élèves en difficulté et de nombreuses formations professionnelles dans les lycées pro publics disparaissent ou vont disparaître dans un futur proche. Et les études supérieures sont de moins en moins accessibles pour les jeunes des milieux populaires faute de fric pour les financer. Le gouvernement n’a aucun problème pour donner 50 milliards aux grands patrons, mais pour une éducation de qualité, gratuite et accessible à toutes et tous, il n’y pas un rond. De manière très consciente, le gouvernement et les capitalistes écartent ainsi une grande partie de l’accès à une éducation et formation et par la suite la possibilité d’avoir un travail décent.

 Révoltons-nous, luttons contre le capitalisme !

 Le système capitaliste est incapable de garantir une éducation de qualité, un emploi correct et un logement décent pour tous. Ça devrait pourtant être le minimum. Mais pour maintenir et pour agrandir les profits des grands capitalistes, le gouvernement est prêt à sacrifier la jeunesse et à la laisser dans une précarité durable. Pour lutter pour une vie sans chômage et précarité les jeunes doivent se révolter, s’organiser et se battre avec les travailleurs contre le capitalisme. Seule une société socialiste débarrassée de la loi du profit peut garantir un vrai avenir pour la jeunesse.

 

Venezuela : Lancement du “Conseil populaire révolutionnaire” à Caracas

venezuela_revo-300x225La situation au Venezuela

Le “Consejo Popular Revolucionario” (CPR, Conseil populaire révolutionnaire) est une nouvelle coalition autonome révolutionnaire regroupant environ 30 organisations révolutionnaires, des mouvements sociaux, des collectifs et des groupes militants, qui a été fondé en réaction à la situation critique qui est en train de se développer aujourd’hui au Venezuela. Jamais n’a été aussi claire jusqu’à présent la nécessité de construire une organisation révolutionnaire non seulement pour triompher de la nouvelle offensive de droite, mais également pour défendre les acquis du “Processus bolivarien” (mouvement d’émancipation nationale lancé par feu le président Chávez dans les années ’2000) et pour les faire progresser vers le socialisme révolutionnaire. Lors du congrès de lancement de cette organisation, à laquelle plus de 100 personnes étaient présentes, de nombreux militants ont parlé du caractère critique de la situation, qui nous force à prendre des mesures décisives et courageuses dans le cadre de cette crise.

Jusqu’à présent, 28 personnes ont été officiellement tuées au cours des manifestations qui se sont répandues dans le pays depuis le mois dernier. Dans certaines régions comme Táchira, Zulia et Merida, on voit l’infiltration de groupes paramilitaires de droite envoyés par le gouvernement colombien de M. Uribe ainsi que de rebelles pro-impérialistes, avec la militarisation partielle de ces régions par les FANB, Forces armées nationales bolivariennes ; cela confère donc à la situation un air de début de guerre civile.

Les militants qui ont pris la parole lors de l’assemblée nous ont décrit la situation dans les villes de la région de Táchira qui sont maintenant tombées entre les mains des rebelles. Les rebelles exigent de leur payer des prix exorbitants pour avoir accès au gaz, à l’eau ou à la nourriture, tous ces produits de base étant devenus extrêmement rares. Dans de nombreuses zones, les rebelles ont élevés des barrages ; les transports ne passent plus, c’est la vie de tous les jours qui est paralysée. Selon nos camarades, les rues sont vides à partir de 5 heures du soir car les habitants ont peur de sortir de chez eux.

C’est la même situation dans le Merida, où la peur règne depuis la mort d’une étudiante chilienne, Giselle Rubilar. Elle faisait partie d’un groupe d’habitants qui ont tenté de dégager un barrage tenu par des étudiants de droite, et c’est là qu’elle a été tuée, abattue par balles. Dans la région de Carabobo, trois personnes ont été abattues le 12 mars lors de manifestations d’étudiants de droite, qui voulaient ainsi “commémorer” un mois depuis le début de leur mouvement anti-chaviste. À Caracas, deux personnes ont été abattues par un sniper lors d’une bagarre entre le syndicat des taxi-motos et des manifestants de droite dans un quartier riche. Tout cela rappelle ce qui s’est passé avant le coup d’État de 2002. À ce moment-là, on voyait des rebelles exécuter des gens au hasard dans les rues, dans le but de créer un climat de terreur et d’instabilité partout dans le pays.

Les risques d’un accroissement des violences est bien réel ; la droite exerce une réelle pression, soutenue par l’impérialisme américain, qui vise à renverser le gouvernement Maduro et le “chavisme”. Tous les révolutionnaires du Venezuela en sont bien conscients. Ce renversement pourrait adopter diverses formes – nous n’allons sans doute pas connaitre la même situation qu’en 2002, qui était un coup d’État avec le soutien d’une partie de l’armée. Face à la spirale de la violence, la crise économique qui continue, où on voit un plan conscient de la part d’une partie de l’extrême-droite de saboter le pays, et où la droite modérée s’avère capable d’attirer à elle une partie de la classe ouvrière et des pauvres, on pourrait voir un accord de “transition” et la convocation de nouvelles élections.

Le gouvernement n’a jusqu’ici pas fait grand-chose pour éviter cela. Le gouvernement s’est contenté d’appeler à la paix, à la réconciliation et à la négociation, tout en appellent les travailleurs et les pauvres à se mobiliser pour contrer la droite. Lors des dernières semaines, tout en critiquant et en rejetant les offres de “médiation” de la part de l’impérialisme – ce qui est correct –, et en réagissant vertement aux attaques scandaleuses et hypocrites de la part du gouvernement Obama, le gouvernement Maduro a en même temps continué à inviter les dirigeants de la droite à venir au palais présidentiel discuter avec lui ; il a même dit que si les dirigeants étudiants de droite venaient, il les embrasserait ! Il dit également qu’il ne les laissera pas vaincre sa “révolution chrétienne-humaniste”.

Une telle “transition” ne peut signifier que la défaite de la gauche révolutionnaire et des travailleurs et des pauvres, sur le plan national comme international. Notre coalition, le CPR, défend les acquis des 15 dernières années et l’héritage de Chávez, mais nous disons qu’il faudra bien plus que des discussions et des négociations pour vaincre la droite – notre tâche urgente est en réalité de construire une organisation et d’aller vers le socialisme révolutionnaire.

Les organisations et les individus qui participent au CPR ne sont pas les seuls dans le pays qui ressentent le besoin d’action ; il faut prendre des mesures pour unifier ces forces. Nous, Socialismo Revolucionario, section vénézuélienne du CIO, appelons l’ensemble des organisations de gauche et révolutionnaires, ainsi que tous les représentants élus de gauche et les syndicats du monde entier, à envoyer des messages de solidarité afin d’exprimer votre soutien au CPR et à la lutte contre la nouvelle offensive de droite.

Vous pouvez écrire en anglais ou espagnol à l’adresse socialismo.rev.venezuela@gmail.com.

Les partisans de notre initiative au niveau international doivent aussi être avertis du fait que l’administration Obama parle de “sanctions” contre notre pays, et qu’il faudra sans doute organiser des actions devant les ambassades pour protester contre les attaques de l’impérialisme, afin de défendre les acquis du Processus bolivarien et de soutenir les mouvements révolutionnaires dans ce pays qui luttent pour le socialisme.

La première assemblée du CPR a voté la déclaration suivante :

1) Nous considérons que les récents évènements dans notre pays ont pour but de créer les conditions d’un conflit au Venezuela et mettent ainsi en danger l’État vénézuélien ainsi que les forces armées et l’intégrité de notre nation.

2) Le point de départ de ce conflit a été l’invasion de forces paramillitaires venues de Colombie, soutenues par le gouvernement Obama et par l’ex-président de Colombie M. Uribe, alliés à l’aile droite réactionnaire au sein de l’alliance vénézuélienne “Mesa de Unidad” (Table de l’unité), c’est-à-dire les partis Primera Justicia et Voluntad Popular – toutes ces forces contrôlant à présent la région de Táchira. Ces forces tentent à présent d’envahir les régions de Merida et de Zulia puis de poursuivre vers l’Est en direction de Caracas afin d’y semer le chaos sous la forme de barrages et de pénuries de nourriture et de biens de nécessité. Leur action a pour but de créer un climat favorisant le renversement (sous la forme d’un coup ou d’une “transition”) du gouvernement Maduro et du chavisme, ce qui, dans le contexte actuel, pourrait nous mener à la guerre civile.

3) Vu cette menace, nous devons unir l’ensemble des forces populaires, progressistes, patriotiques et révolutionnaires avec pour objectif la restauration de notre intégrité territoriale nationale, via des Comités intégrés de défense populaire dans chaque région, dans chaque ville, dans chaque quartier, dans chaque zone industrielle, sur chaque usine, entreprise, marché, école ou université.

4) Nous appelons l’ensemble des forces progressistes et révolutionnaires à se réunir et à s’organiser en conseils populaires afin d’organiser des Comités de défense dont les deux objectifs doivent être : le contrôle de la production et de la distribution de nourriture par les citoyens eux-mêmes, ainsi que le contrôle par les citoyens des services publics (santé, transport, gaz, eau, électricité, enseignement).

5) Nous voulons un dialogue avec l’ensemble de la population, y compris parmi les classes moyennes, qui est opposée à abandonner la souveraineté du Venezuela aux forces impérialistes sous la houlette de Uribe ou par un éventuel gouvernement de droite qui serait soutenu par ces éléments.

6) Nous appelons à une action révolutionnaire nationale de masse afin de libérer les régions de Merida, Zulia, Táchira du contrôle des rebelles de droite par la mise en place de Comités de défense. Ce mouvement doit être entamé par des manifestations et actions dans chaque ville, grande ou petite, à compter du dimanche 13 avril et qui culmineront avec une assemblée populaire de masse à San Cristobal, chef-lieu de la région de Táchira, le samedi 19 avril.

Paris: Régularisation des 7 employés sans papiers d’un salon de coiffure après 3 mois de lutte

luttechinoise_4_sur_4_-5be8fIl aura fallu presque 3 mois de lutte (du 3 février au 25 avril) pour que la totalité des 7 employés de l’onglerie-salon de coiffure « afro » du 50 Bld de Strasbourg à Paris (quatre Chinoises, deux Ivoiriennes, et un jeune chinois), pas payés, pas déclarés parce que sans papiers, voient enfin leur situation administrative régularisée par les autorités.

Le 3 février 2014, ces salarié(e)s avaient informé leur employeur qu’elles et il cessaient le travail tant que leurs salaires des mois de décembre 2013 et janvier 2014 ne leur seraient pas versés. Et cela, bien qu’étant dans un état de vulnérabilité extrême, tant vis-à-vis de leur patron que des autorités.

Depuis le 10 février, avec les militant(e)s de la CGT, des soutiens associatifs, politiques et individuels, elles et il ont occupé nuit et jour leur lieu de travail. Comme leur patron s’était volatilisé et que les autorités (Ministère de l’Intérieur et Préfecture de police de Paris) restaient sourdes à leur demande de régularisation, elles et il ont repris leurs postes de travail à partir du 15 février pour alimenter la caisse de grève.

Avec le temps, face à leur détermination et celle de la CGT, trois premières régularisations ont pu être obtenues, puis deux autres et depuis le 25 avril, les deux dernières.

 

Un gouvernement de « combat » contre les travailleurs et la population

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Malgré sa déroute au municipales, Hollande n’a rien eu de mieux à faire que nommer un gouvernement aussi anti-social que le précédent. Et aucune des mesures d’austérité prises ces derniers mois ne sera remise en cause. Comme sous son prédécesseur Sarkozy, c’est aux travailleurs et à la population que ce gouvernement va s’attaquer, au seul bénéfice des riches, des grands patrons et des groupes d’actionnaires. Il y en a assez de cette politique, il est grand temps de faire éclater notre révolte en manifestant dans la rue ! Hausse de la TVA et d’autres taxes, gel des salaires dans de nombreux secteurs, suppressions d’emploi dans de nombreuses entreprises,… Non, non, on ne rêve pas, c’est le bilan de Hollande !

 

 

Hollande a dit qu’il voulait former un «gouvernement de combat»… Ce n’est évidemment pas les grands patrons et les groupes d’actionnaires qui ont à craindre quelque chose mais bien nous tous. Son « pacte de responsabilité » vient après une première mesure (le CICE) qui faisait cadeau de 15 milliards d’impôts aux grandes entreprises. Pendant ce temps là, nos impôts et nos taxes ont continué d’augmenter. Les 40 premières entreprises françaises ont, à elles seules, affiché 48 milliards de bénéfices en 2013 !

 Ça suffit ! refusons l’austérité, refusons de payer une crise qui n’est pas la nôtre !

 Il est temps que s’expriment la colère et la révolte contre Hollande. Les travailleurs, les privés d’emplois, et tous ceux et celles qui subissent les plans de licenciements, les expulsions de logement, les coupures d’électricité… ne doivent plus subir ces politiques au service des riches, des grands actionnaires et des banquiers. Ce système ne connaît que la loi du profit en exploitant les travailleurs, en s’en fichant bien des conditions de vie désastreuses dans lesquelles ils se trouvent, et de la précarité dans laquelle les jettent les plans de licenciements ou les diminutions de salaire. C’est la loi du capitalisme, celle que servent le PS ou Europe Ecologie, mais également l’UMP ou le FN. Pour refuser les injustices que produit cette société qui n’offre pas une vie décente à la majorité ni un véritable avenir à la jeunesse, stopper les plans de licenciements, mettre un coup d’arrêt aux coupes sévères dans les services publics, contre les bas salaires et la destruction de la protection sociale : organisons-nous !

 Pour une vraie opposition de gauche !

 Il faut montrer qu’une opposition de gauche combative est possible et nécessaire, qu’elle doit traduire la révolte et la colère actuelles et permettre de regrouper tous ceux et toutes celles qui refusent les licenciements, les privatisations, la dictature des marchés capitalistes, des grands patrons et des groupes d’actionnaires. La Gauche révolutionnaire est pour construire une telle opposition de gauche, contre le gouvernement Hollande-Gattaz, contre le FN et l’UMP, contre le capitalisme, pour un véritable emploi pour tous et toutes, un logement décent, des services publics gratuits…

 

Après les élections, la nécessité d’une opposition de gauche.

indexLa claque a été sévère pour Hollande et sa politique au service des grands groupes capitalistes et du Medef. Hollande et Valls veulent continuer la même politique. Le pacte de responsabilité et ses 50 milliards pris dans la poche des travailleurs, travailleuses et de leurs familles pour les profits des grands patrons… Cette claque aux municipales n’a pas suffi pour y mettre un coup d’arrêt. Il nous faut une véritable force politique combattant pied à pied l’austérité, les bas salaires et les licenciements.

 

Pour une opposition de gauche combative contre Hollande et le Medef !

L’abstention très élevée et le dégoût sont devenus dominant parmi la population. Il y a urgence à la construction d’une opposition de gauche à Hollande et à tous ces partis pro-capitalistes de l’UMP au FN. Il faut que tous ceux et celles qui refusent cette politique au service des banquiers, des gros actionnaires et des gros patrons puissent se retrouver au moyen d’un programme de combat pour avancer dans les luttes sociales et politiques.
Il nous faut un plan commun d’actions et de grève pour mettre un coup d’arrêt aux licenciements et aux coupes dans les services publics qui permette aux équipes syndicales combatives, aux travailleurs qui résistent, de Goodyear à la Redoute, de ne plus être isolés. Et il nous faut pour cela un programme politique capable de rassembler tous les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les retraités, homme ou femme, français ou étranger, qui veulent lutter et s’organiser. Une telle opposition large et démocratique, pourrait devenir une force déterminante dans les années à venir pour faire avancer les luttes de tous ceux et celles qui combattent le capitalisme et ses conséquences désastreuses et dans le but d’une société réellement débarrassée de l’exploitation et de la misère, une société authentiquement socialiste.

Quels prochains pas pour aller vers la naissance d’une opposition de gauche ?

Mélenchon a souvent parlé de la nécessité d’une opposition de gauche. Et le PCF a décidé de rejoindre l’appel initié par le NPA et le PG à manifester le 12 avril contre l’austérité. Cette manifestation est une bonne chose. Les forces à la gauche du PS doivent désormais avancer sur des points concrets et en clarifier d’autres s’ils veulent que naisse une vraie opposition de gauche. Électoralement, on l’a vu, le Front de gauche peut incarner une opposition lorsqu’il se présente de manière indépendante du PS. Cependant d’une manière générale, le Front de gauche et la gauche de la gauche plus globalement n’est pas apparu comme une force nationale d’opposition de gauche. Une des questions centrales est d’être ou non en rupture avec le PS et avec ceux qui le soutiennent ou s’y allient. Un des premiers pas doit être de clarifier cela. Or, certaines déclarations de Mélenchon ajoutent à la confusion. Le Parti de gauche fait depuis janvier de nombreux appels du pied à Europe Écologie – Les Verts pour «reconstituer la vraie gauche». Pourtant ce parti a participé et soutient le gouvernement Hollande. Ceci n’a pas empêché le PG de faire liste commune à Grenoble avec eux en remportant la mairie. Mélenchon parle même d’une nouvelle gauche possible avec EELV. Quelle gauche ? Et quelle différence avec le PCF qui dit vouloir pousser à gauche le PS ou qui s’allie à lui, parfois dès le 1er tour ? Qu’est-ce que signifie alors être en opposition à la politique de Hollande ? Faute de clarté politique, ces alliances ressembleront alors à des tactiques politiciennes bien éloignées de la construction d’une opposition de gauche combative face au gouvernement. Il faut lancer un véritable mouvement de discussions et d’actions contre le pacte de responsabilité, la casse de la protection sociale et les licenciements qui permettent à tous et celles qui veulent lutter et riposter de discuter
ensemble et d’agir contre le gouvernement Hollande-Valls-Gattaz.

Par Leïla Messaoudi