Notre camarade Ruth Coppinger fait son entrée au Parlement irlandais!

Nos camarades irlandais du Socialist Party viennent de remporter une importante victoire à Dublin West : Ruth Coppinger fait son arrivée au Parlement irlandais! Les élections législatives en Irlande se déroulent selon le principe du scrutin à vote unique transférable, où l’électeur ne se contente pas de choisir son candidat préféré, mais donne un ordre de préférence à l’ensemble des candidats. Ruth Coppinger a obtenu 20,6% des voix en tant que premier choix, et les transfert en tant que second et troisième choix lui ont permis d’être élue. Elle avait précédemment été conseillère municipale, une fonction pour laquelle elle avait encore récemment été élue.

Elle vient rejoindre notre camarade Joe Higgins, également élu au Parlement dans le district de Dublin West. Joe a toutefois fait savoir il y a peu qu’il ne participerait pas aux prochaines élections législatives générales en raison de ses 67 ans, et qu’il voulait laisser la place à Ruth Coppinger, qui s’est construit au fil des ans un profil de militante combative.

Lors des élections locales, les sociaux-démocrates du Labour ont subi une cuisante défaite, en résultat de sa participation à une coalition d’austérité avec le Fine Gael. Des listes AAA (Anti Austerity Alliance) étaient présentées pour ces élections locales, des listes soutenues par le Socialist Party et qui ont obtenu des élus à Fingal Dublin, South Dublin, Cork et Limerick. Reste encore les élections européennes, où nos camarades ont présenté la candidature de Paul Murphy pour l’un des trois sièges européens de Dublin, ce qui n’est pas une mince affaire. Ces résultats ne sont pas encore connus.

L’élection de Ruth Coppinger à Dublin West est un grand pas en avant pour les défenseurs des idées du socialisme en Irlande. Il s’agit d’une voix qui aidera à construire la résistance contre l’austérité. Tout comme les autres élus du Socialist Party, elle utilisera sa position pour clairement faire entendre les idées socialistes ainsi que pour soutenir les luttes sociales.

La gauche révolutionnaire félicite Ruth ainsi que tous les militants dont les efforts ont rendu cette victoire possible, parmi lesquels également des militants français de la GR venus mener campagne en Irlande.

Grand marché transatlantique Levier potentiel de l’ultra-libéralisme

Dans le dos de tout le monde sauf du grand patronat et des technocrates, l’UE et les USA discutent et négocient un traité de commerce devant instaurer le Grand marché transatlantique (GMT ou TAFTA).
Comme le dit l’association Attac : « Le partenariat transatlantique serait un des accords de libreéchange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. »
Aucune législation, ou accord de type convention collective pouvant être une entrave au « libreéchange » ne saurait être admise. Toute législation sociale, tarifaire, sera remise en cause si ce traité est signé. La « liberté » (celle d’exploiter les autres en fait) sera une contrainte économique et aura ses outils juridiques. Par exemple, les multinationales pourraient saisir une sorte de « tribunal » de cette zone de libre échange quand elles estiment que des normes sont une entrave à la liberté d’entreprendre ou d’investir. On pense tout de suite aux gaz de schistes dont l’exploration pourrait alors reprendre en vue d’une exploitation.
Mais c’est loin d’être le seul secteur concerné : normes sanitaires, sociales, qu’elles soient plus favorables du côté européen ou du côté américain de l’Atlantique pourraient ainsi être toutes remises en cause.
Il est possible que les oppositions d’intérêts entre deux des plus grandes économies mondiales soient plus fortes et empêchent d’aboutir à un accord comme cela s’est produit plusieurs fois par le passé (abandon des traités GATT, ACTA…) mais pour le moment, cela indique surtout dans quelle voie va la commission européenne et les partis pro-UE. Pour la défense des acquis sociaux, sanitaires et environnementaux, non au GMT !

par Alexandre Rouillard

Le Protectionnisme peut il améliorer le sort des travailleurs?

Protectionnisme-2Pour contrer le « dumping social », les faibles salaires de certains pays dont les produits viennent « inonder » le marché français, voire par rapport aux fameuses « délocalisations », certains démagogues, au FN ou autre, mettent en avant l’idée du « protectionnisme ».
En gros, on ferme les frontières à certains produits, et on met des taxes énormes sur certains autres. Bien sûr, il faudrait que les autres pays soient gentils et n’augmentent pas leurs taxes sur les produits français ou ne les bloquent pas aux frontières. Sinon, finis les bons chiffres d’exportation des vins, parfums et autres produits « typiquement » français.
Il faudrait ensuite, que les matières premières et les produits bruts que l’économie française importe (on pense évidemment tout de suite au pétrole et à ses dérivés, mais on peut aussi parler de certains produits agricoles, de certains métaux, des matières premières du textile…), ne soient pas concernés. Parce que sinon, on pourra toujours relocaliser des usines, mais s’il n’y a pas de coton, de caoutchouc, ou autre ou s’ils sont payés à un prix exorbitant, l’avantage va être moins que maigre.
En fait, de manière bien plus sournoise,il s’agit de faire entrer dans la tête des travailleurs l’idée que les travailleurs des autres pays sont leurs ennemis, leurs adversaires et que nous aurions intérêt à participer à cette guerre économique.
Du rôle réel des patrons français dans les délocalisations ou la recherche de la main d’oeuvre à bas coût, les « protectionnistes » ne disent rien. Et pourtant, ce sont bien les grandes entreprises françaises (Airbus, Renault, Peugeot etc.) qui font produire dans des pays à moindre salaire. Les mêmes qui nous exploitent ici surexploitent des travailleurs ailleurs. Le protectionnisme leur permettrait juste de faire encore plus monter les enchères au moindre salaire sous prétexte cette fois-ci des droits de douane trop élevés…
Et ces mêmes qui prônent le protectionnisme sont pour la libéralisation des services publics : ils soutiennent ou ont soutenu le démantèlement de la SNCF, la privatisation d’Air France, celle de France Telecom… de même que la libre concurrence dans le secteur financier et bancaire. C’est en fait logique, les protectionnistes défendent une forme de capitalisme, pas les travailleurs et la population, ils sont pour l’exploitation et tentent d’utiliser le mécontentement en avançant une idée fausse, irréalisable, pour pouvoir accuser l’Europe, le mondialisme ou la fatalité… en dressant une barrière nationaliste entre les travailleurs. Car d’un côté, ils prônent le protectionnisme, mais de l’autre ils défendent l’ultralibéralisme.
Au contraire du protectionnisme, nous sommes pour le monopole de service public sur les transports (ferroviaire comme aérien), la nationalisation de l’ensemble du secteur financier, et que la législation sociale pour tout travailleur en France soit celle défendue par les syndicats en France.

Par Alexandre Rouillard

L’UE est-elle transformable ?

Dessin de Fanch à retrouver sur son blog : http://blog.fanch-bd.com

Dessin de Fanch à retrouver sur son blog : http://blog.fanch-bd.com

Depuis l’adoption du traité de Maastricht en 1992, la « construction européenne » s’est accélérée. Et surtout, elle a pris un tour plus agressif contre les acquis des travailleurs dans chaque pays. Dans les années 90, les résistances des travailleurs contre les plans de casse des services publics et de la protection sociale ralentissaient l’offensive des gouvernements. L’Union Européenne devait devenir un outil pour accélérer le rythme des privatisations, libéralisations (de l’eau, de la mer, du réseau ferré, ou du ciel), et maintenant de plus en plus des conventions collectives et du droit du travail de chaque pays. Le «projet européen » n’a jamais été social, quoiqu’en disent les bonimenteurs de droite ou de gauche. Les partis qui ont toujours été pour les différents traités européens (PS et EELV, UMP et centristes) essaient par mille contorsions de nous expliquer que l’Union européenne est un acquis. Pourtant, mis à part le fait que pour traverser une frontière on ne perd plus de temps en formalités administratives stupides, ils seraient bien incapables de nous trouver un «acquis» pour les travailleurs et la population qui soit dû à l’UE. Les subventions aux régions défavorisées, les programmes d’échange étudiants ? Autant de choses qui existeraient sans avoir besoin de cette Europe des banquiers et des patrons.

Une machine de guerre contre le social

L’UE, c’est un accord de brigandage contre les travailleurs d’Europe, une zone de libre échange, de dumping social généralisé, et de coordinations des politiques néo libérales. C’est un accord pour détruire les services publics et le monopole qu’ils exerçaient et qui permettait de mettre en place toute une série de législations sociales aidant les plus faibles. Et la destruction de ces monopoles de service public sont désormais remplacés par des monopoles privés, ou des trusts de quelques grandes entreprises en situation de monopole. Il est toujours amusant de constater que la commission européenne ne conteste jamais la situation de monopole dans laquelle sont les compagnies qui possèdent les péages autoroutiers et qui ont des concessions d’exploitation pour 30 ans ou plus. Pas plus d’ailleurs que la situation de monopole dans laquelle se trouve le trust des Telecom avec le trio (et bientôt duo) SFR, Bouygues et Orange. Par contre, les directives de l’UE ont été un moyen de s’attaquer au tarif social de l’électricité, au monopole de service public dans les transport en commun etc.

La Commission européenne, c’est une administration de conciliation des intérêts des classes possédantes des différents pays, qui y trouvent là un moyen de s’affronter et de s’accorder, procédant littéralement à du troc. On veut bien déréguler tel secteur mais si vous nous laissez continuer à subventionner tel autre. L’intérêt des populations, leur santé, leurs conditions de vie ou de travail -quand on en a car il y a 26 millions de chômeurs officiels dans l’UE- n’entre pas en ligne de compte. Ce qui est en vogue depuis quelques années, c’est de pouvoir utiliser les législations sociales de certains pays dans d’autres dès qu’elles sont plus défavorables aux travailleurs. Actuellement, le transport routier est dans le viseur. La circulaire sur le «cabotage» bien qu’encore repoussée, permettra d’embaucher aux conditions salariales de pays à bas salaires des routiers pour effectuer des transports de petits trajets à l’autre bout de l’Europe. L’UE n’est pas un Etat, et elle n’est pas une fédération non plus. Aucune de ses directives n’estune loi, et tout au plus, les Etats doivent s’acquitter d’amendes s’ils ne les appliquent pas. L’UE est un acquis pour les banques, le grand patronat et les groupes d’actionnaires qui peuvent piller les économies des pays les plus faibles, se coordonner pour se partager le gâteau des privatisations. On a vu ainsi avec quel cynisme les grandes banques françaises et allemandes ont pillé les finances grecques et mis à genoux le pays en exigeant des intérêts gigantesques sur les dettes, pour ensuite exiger des travailleurs de leur propre pays qu’ils payent eux aussi pour les errements financiers que ces méthodes entraînaient.

Cette Europe là n’est pas la nôtre, pour une Europe des luttes et des travailleurs

On ne peut pas changer progressivement l’UE et d’ailleurs, les partis qui défendent cela sont bien
incapables d’expliquer par quel miracle les bourgeoisies européennes qui avec l’UE ont un formidable instrument de coordination de leurs politiques se le laisseraient retirer des mains sans rien dire. Malheureusement, c’est la ligne du Front de Gauche ou encore de la plupart des syndicats qui disent à qui veut l’entendre qu’il faut réorienter l’UE, la démocratiser… Les bourgeoisies et le grand patronat sont un peu moins stupides : quand une directive (c’est quand même rare) ou une résolution ne leur convient pas, ils la refusent. Ainsi, l’UE n’aura jamais à l’échelle de tous ses pays membres, de salaire minimum européen, ni de retour aux monopoles de service public, ou autre législation sociale. Dès lors, pourquoi s’acharner à croire et du coup à faire croire que quelque chose peut changer en passant par l’UE ? L’UE étant un outil aux mains des classes possédantes, il s’agit de le briser et de combattre le bras qui le tient. Ce bras, ce sont les gouvernements, les Etats, qui se concertent et se coordonnent pour trouver un point d’accord grâce à L’UE.
Ce sont nos luttes tant locales que nationales qui seront fondamentales dans ce combat et il manque aujourd’hui une véritable initiative politique et sociale qui développe un programme résolument internationaliste et en même temps anticapitaliste.
Nous sommes pour une Europe socialiste et démocratique dans laquelle chaque nation verra ses droits garantis, et où les formidables ressources naturelles et industrielles seront utilisées en commun pour la satisfaction des besoins de tous et toutes.

Par Alexandre Rouillard

Postiers du 92 : Plus de 100 jours de grève contre la précarité !

tumblr_n5oj8k9eza1ttv2e1o1_1280Depuis une vingtaine d’années, seules les villes dont la population a fortement augmenté n’ont pas vu baisser le nombre de leurs facteurs. A quelques exceptions près dont Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine (banlieue ouest de Paris) où aucune « réorganisation » n’est venue accroître la charge de travail des postiers et dégrader le service public. Fin-janvier, les facteurs de Rueil ont une nouvelle fois montré qu’ils ne se laissaient pas marcher sur les pieds : ils ont refusé qu’après plusieurs autres, une factrice en contrat d’insertion, au lieu d’être « insérée », soit virée sur un vague prétexte et remplacée par un autre précaire. Comme un vulgaire patron voyou, la Poste emploie en permanence une partie de son personnel aux frais de la princesse en profitant de « mesures pour l’emploi » illusoires que l’Etat multiplie pour entretenir la précarité. Ce sont en effet les Départements, au titre de l’aide sociale, qui paient le plus gros des salaires et des cotisations patronales de ces contrats aidés.
Le syndicat Sud PTT 92, majoritaire dans les Hauts-de-Seine, a l’habitude des grèves actives et démocratiques : chaque jour le comité de grève organise une A.G. qui décide les actions du jour, interpellations de la Direction, visite d’autres bureaux de poste, contacts avec d’autres travailleurs en lutte pour étendre le mouvement en faisant converger les revendications. La Direction cherche à faire traîner le conflit, en refusant de négocier vraiment, en n’acceptant aucune médiation, pour que les salariés se découragent et reprennent le travail sans la moindre satisfaction pour compenser leurs pertes de salaire. Il s’agit de faire un exemple : non seulement la lutte ne doit pas payer, mais tous les « meneurs » doivent subir de lourdes sanctions : révocations, licenciements, mises à pied de longue durée et, si possible, des sanctions pénales. Plusieurs syndicalistes sont même convoqués le 21 mai devant la Sureté territoriale !
Après Rueil, d’autres bureaux du 92 sont partis en grève illimitée, pour la plupart de façon majoritaire (80 grévistes au minimum), et l’agitation s’étend à d’autres départements et rejoint le mouvement des intermittents du spectacle et les luttes d’autres catégories de précaires : cortège commun aux défilés du 12 avril et du 1er mai et actions communes spectaculaires contre le patronat et le gouvernement…
Pour tenir, les grévistes ont besoin d’un fort soutien moral et financier. Ils organisent régulièrement des soirées festives pour rencontrer les travailleurs les plus conscients et récolter des fonds. On peut aussi envoyer des chèques à Sud PTT 92, 51, rue Jean Bonal 92250 La Garenne-Colombes.
La GR invite tous les travailleurs à s’inspirer de l’exemple des postiers en grève du 92, à leur envoyer des messages de solidarité et à participer généreusement à leur caisse de grève.

Il faut stopper les plans de ce gouvernement de combat contre les salarié-es!

greve-15-mai-2014Ci-dessous nous reproduisons la motion adoptée à l’unanimité des présents par la commission exécutive de l’UL CGT de Nancy le 12 mai 2014, par rapport aux suites à donner à la grève de la fonction publique du 15 mai et surtout la stratégie que les travailleurs doivent construire avec leurs syndicats pour stopper les plans du gouvernement et des patrons.

« Le gouvernement Hollande-Valls mène clairement une politique en faveur des grands patrons et des groupes d’actionnaires. Les attaques contre les travailleurs du public et du privé, les privés d’emplois et les jeunes sont nombreuses : 30 milliards de cadeaux aux patrons dans le cadre du Pacte de responsabilité d’ici 2017 qui viennent s’ajouter aux 20 milliards du CICE, 50 milliards de coupes budgétaires supplémentaires principalement dans la fonction publique et la Sécurité sociale, suppressions de postes massives dans la fonction publique, gel des salaires des fonctionnaires, attaque contre le SMIC et précarisation accrue des jeunes travailleurs…

Et tout cela dans un contexte où les entreprises du CAC 40 ont, à elles seules, fait 48 milliards de bénéfices en 2013, où les aides aux entreprises sous formes d’aides directes ou d’exonérations d’impôts et de cotisations sociale dépasses les 200 milliards d’euros, où l’évasion fiscales des ultra-riches et des entreprises est estimé à près de 600 milliards d’euros, etc.…

Il faut hausser le ton car nous sommes tous concernés par le plan Valls et cesser de subir cette politique au service des capitalistes !

Grève le 15 mai, et après ?

Le 15 mai, les fédérations des fonctionnaires appellent à manifester et à faire grève contre cette politique d’austérité rejoint par la fédération des organismes sociaux.

 UL CGT de Nancy appelle tous les syndicats CGT de son périmètre, quelques soit le secteur, à rejoindre la manifestation. Ce doit être un pas de plus pour construire un mouvement d’ampleur par la suite.

Mais nous savons que pour développer la résistance, il nous faut un plan d’action.  Une grande mobilisation réussie en juin, au moment même où l’assemblée nationale discute du plan Valls, est possible.  Et il faut permettre à tous ceux qui refusent le pacte de responsabilité et les plans du Medef de se mobiliser ensemble. Une véritable journée de grève public-privé en juin pourrait permettre de mobiliser dans tous les secteurs – du public et du privé en même temps, mais aussi des privés d’emploi, des jeunes et des retraités. 

La CGT peut œuvrer dans ce sens dès le soir du 15 mai, lors de la réunion des organisations syndicales, en défendant l’idée d’une journée de grève en juin contre le plan Valls et les licenciements, interprofessionnelle et unitaire, préparant un appel à la mobilisation et à la grève pour septembre-octobre qui soit annoncée dès maintenant.

Une telle grève serait un pas important pour redonner confiance et pour lutter. Par le passé, les journées de grève réussies fin mai ou début juin ont pu permettre des mouvements plus larges à l’automne.

La CGT doit s’engager dès maintenant et mettre ses forces dans la préparation de la mobilisation jusqu’au retrait du plan Valls et du pacte de responsabilité. »