Afrique du Sud : Le Workers’ And Socialist Party challenge l’ANC aux élections

WASP2014Le 29 mars, le WASP a lancé officiellement son manifeste de campagne. Les élections générales, prévues pour le 7 mai prochain, se tiennent dans un contexte où la révolte des travailleurs, des pauvres et des jeunes gronde, et surtout où l’aspiration des masses à un changement radical de société doit absolument se doter d’un programme de lutte contre le capitalisme !

Le nombre et l’intensité des luttes, tant dans le public que dans le privé ou dans les quartiers ou parmi la jeunesse, ne cessent d’augmenter depuis le 16 août 2012, quand l’ANC a envoyé sa police pour réprimer violemment la grève des mineurs à Marikana ; résultant en la mort de 34 d’entre eux.
L’ANC a montré son vrai visage ce jour-là : un parti qui est prêt à défendre les intérêts des patrons au prix de la vie de ceux-là mêmes qui font leur richesse – les travailleurs. De plus en plus de syndicats contestent ouvertement voire se désaffilient de la COSATU, la confédération syndicale liée à l’ANC.

La nécessité d’une véritable opposition, au gouvernement ANC, aux grands capitalistes et à tout leur système se pose à une échelle toujours plus large. C’est pour cela que le WASP, fondé par nos camarades du Democratic Socialist Movement (DSM) et des comités de grève de mineurs, participe à ces élections. Moses Mayekiso, président du WASP, a dit pendant le meeting de lancement : « Nous affirmons qu’à moins que l’économie soit redressée à travers la nationalisation des mines et des autres secteurs clés il ne pourra y avoir de sécurité en Afrique du Sud. Pourquoi devrait-il y avoir de la pauvreté alors que notre pays est riche ? Mais pour une réelle émancipation, nous devons avoir des structures pour donner le pouvoir à la classe ouvrière ».

Avec son manifeste de lutte, le WASP ne propose pas qu’une liste de revendications mais bien un guide pour la lutte des travailleurs contre le capitalisme. Il appelle à la nationalisation des banques, des mines, des grandes propriétés agricoles et des industries, sous contrôle démocratique total de la classe ouvrière et des communautés, dans le cadre d’une planification démocratique de la production et d’un programme d’investissements massifs dans le logement, les infrastructures, la santé et l’Education ; ainsi qu’à l’unité de la classe ouvrière contre le sexisme, le racisme, la xénophobie et la répression et pour un gouvernement ouvrier dont les élus seraient révocables et payés au salaire moyen d’un travailleur qualifié. Le manifeste se positionne également contre l’impérialisme sud-africain et appelle à la solidarité de la classe ouvrière internationalement.

Les intervenants au meeting, tous candidats pour le WASP dans ces élections, ont reflété l’écho énorme qu’a le parti parmi les travailleurs et les communautés pauvres, comme Liver Mngomezulu sous-secrétaire du National Transport Movement, qui est intervenu pour apporter le soutien et la solidarité des 50 000 syndiqués de son organisation.

L’entrée de la voix des travailleurs à l’Assemblée nationale sera un soutien crucial pour les luttes qui auront lieu dans les entreprises, les services publics, dans l’Education… et sera un pas en avant vers l’indispensable construction d’un parti de masse des travailleurs pour le socialisme. Nos camarades ont besoin de tout le soutien possible pour arriver à réaliser cet objectif. C’est un enjeu majeur non seulement pour la classe ouvrière sud-africaine ; mais aussi pour les travailleurs ici, car c’est un exemple sur lequel nous pourrons nous appuyer contre ceux qui veulent nous faire croire que rien ne peut être fait contre la misère et l’exploitation !

Lisez le très enrichissant Manifeste de campagne du WASP (en anglais) :
http://workerssocialistparty.co.za/

Samedi 12 avril, manifestation à Paris, faisons enfin entendre notre révolte ! Mettons un coup d’arrêt à la politique de Hollande !

CGT-Manifestation-680x365Malgré sa déroute au municipales, Hollande n’a rien eu de mieux à faire que nommer un gouvernement aussi anti-social que le précédent. Et aucune des mesures d’austérité prises ces derniers mois ne sera remise en cause. Comme sous son prédécesseur Sarkozy, c’est aux travailleurs et à la population que ce gouvernement va s’attaquer, au seul bénéfice des riches, des grands patrons et des groupes d’actionnaires. Il y en a assez de cette politique, il est grand temps de faire éclater notre révolte en manifestant dans la rue !

Ras le bol de ces guignols !

Hausse de la TVA et d’autres taxes, gel des salaires dans de nombreux secteurs, suppressions d’emplois dans de nombreuses entreprises,… Non, non, on ne rêve pas, c’est le bilan de Hollande, identique à celui de la droite. Quant aux vagues promesses de rendre plus difficiles les licenciements ou de taxer (un peu) les plus riches, elles ont disparu l’été dernier. Et ce n’est pas l’arrivée de Valls aux commandes qui contredira cela ! Valls fait partie des plus libéraux en matière d’économie au sein du PS. Autant dire que si on veut obtenir l’augmentation des salaires, l’arrêt de la casse des services publics… il va falloir une lutte tous ensemble !
Un gouvernement de « combat » contre les travailleurs et la population
Hollande a dit qu’il voulait former un «gouvernement de combat»… Ce n’est évidemment pas les grands patrons et les groupes d’actionnaires qui ont à craindre quelque chose mais bien nous tous.
Son « pacte de responsabilité » vient après une première mesure (le CICE) qui faisait cadeau de 15 milliards d’impôts aux grandes entreprises. Pendant ce temps là, nos impôts et nos taxes ont continué d’augmenter. Les 40 premières entreprises françaises ont, à elles seules, affiché 48 milliards de bénéfices en 2013 !
Le « pacte de responsabilité » prévoit de faire 50 milliards «d’économies». Ce qui veut dire toujours le gel des salaires, pas d’embauches dans de nombreux services publics, et de nouvelles diminutions des diverses allocations qui sont, en ce moment, le seul moyen pour beaucoup de garder la tête hors de l’eau. Et dans ces 50 milliards il y aura… un nouvel allègement de cotisations pour les patrons. Gattaz, le dirigeant du Medef, la principale organisation des grands patrons, peut se frotter les mains, aucune exigence d’embauche ne sera formulée. C’est de fait un gouvernement Hollande-Gattaz ! Ainsi dans les rangs du PS, certains commencent à dire qu’il faudrait autoriser les salaires inférieurs au Smic…

Ça suffit ! refusons l’austérité, refusons de payer une crise qui n’est pas la nôtre !

Il est temps que s’expriment la colère et la révolte contre Hollande. Les travailleurs, les privés d’emplois, et tous ceux et celles qui subissent les plans de licenciements, les expulsions de logement, les coupures d’électricité… ne doivent plus subir ces politiques au service des riches, des grands actionnaires et des banquiers. Ce système ne connaît que la loi du profit en exploitant les travailleurs, en s’en fichant bien des conditions de vie désastreuses dans lesquelles ils se trouvent, et de la précarité dans laquelle les jettent les plans de licenciements ou les diminutions de salaire. C’est la loi du capitalisme, celle que servent le PS ou Europe Ecologie, mais également l’UMP ou le FN.

Pour stopper la politique d’Hollande-Gattaz,
Exprimons notre révolte,
manifestation nationale contre les mesures d’austérité !
Samedi 12 avril prochain,
14h République – Paris

A l’appel de Mélenchon et Besancenot, les forces politiques telles que le Parti de gauche, le PCF, le NPA…
pour refuser les injustices que produit cette société qui n’offre pas une vie décente à la majorité ni un véritable avenir à la jeunesse, stopper les plans de licenciements, mettre un coup d’arrêt aux coupes sévères dans les services publics, contre les bas salaires et la destruction de la protection sociale : Manifestons le 12 avril !

Pour une vraie opposition de gauche !

Il faut montrer qu’une opposition de gauche combative est possible et nécessaire, qu’elle doit traduire la révolte et la colère actuelles et permettre de regrouper tous ceux et toutes celles qui refusent les licenciements, les privatisations, la dictature des marchés capitalistes, des grands patrons et des groupes d’actionnaires. La Gauche révolutionnaire est pour construire une telle opposition de gauche, contre le gouvernement Hollande-Gattaz, contre le FN et l’UMP, contre le capitalisme, pour un véritable emploi pour tous et toutes, un logement décent, des services publics gratuits…
Nous sommes pour une société débarrassée du capitalisme et de sa loi du profit, où l’économie sera organisée démocratiquement pour la satisfaction des besoins de tous en nationalisant sous le contrôle démocratique des travailleurs et de la population les principaux moyens de production, et notamment l’ensemble du secteur financier.
A tous ceux et celles qui veulent résister et lutter : rendons-nous massivement à la manif du 12 avril !

N’hésitez pas à nous contacter pour lutter avec nous contre la politique d’Hollande et Valls, contre le capitalisme et le racisme !

version tract disponible :tract pour 12 04 2014 nat-1

Postiers du 92 – Déjà 10 semaines de grève !

x1bxf3j

Ces dernières années, les postiers des Hauts-de-Seine ont mené de multiples grèves contre les réorganisations type «facteur d’avenir». Sous prétexte de baisse de quelques points du trafic courrier, l’effectif des postiers a été réduit de plus d’un quart en moins de 10 ans, un «plan social» encore plus dévastateur que ceux qu’ont subis par exemple l’industrie automobile ou l’Education Nationale. Avec parfois la CGT et la CFTC, c’est toujours Sud PTT, majoritaire dans le 92, qui anime la lutte.

Cette année, c’est sur la question de la précarité que les facteurs de Rueil-Malmaison sont partis en grève presque unanime le 29 janvier et qu’ils ont été rejoints dans la lutte, le plus souvent de façon très majoritaire, par des collègues d’autres centres de distribution ou d’autres services.

Comme beaucoup de patrons voyous du privé, la Société Anonyme la Poste utilise pendant quelques mois en «contrat d’insertion» des employés qui sont en grande partie rémunérés par les Conseils Généraux et pour lesquels elle est dispensée de cotisations patronales. Au terme du contrat, au lieu de les insérer, elle en vire la plupart et en embauche d’autres.

Quand en janvier à Rueil, une factrice a une nouvelle fois été renvoyée sous un prétexte fallacieux, ses collègues sont partis en grève illimitée pour exiger sa réintégration !

 

Mais la Direction ne veut pas perdre son droit d’utiliser les salariés comme des kleenex et, malgré les multiples opérations menées chaque jour par les grévistes aux sièges centraux de la Poste et en direction des collègues, dans le 92 et à Paris, elle tarde à accepter de vraies négociations.

Elle n’est pas seule à souhaiter que les grévistes reprennent le travail sans rien. La CFDT qui, à la Poste, est un syndicat plus jaune que les fourgons de l’entreprise, accuse les grévistes d’avoir agressé un de leurs militants. D’autres syndicats ont hélas pris pour argent comptant cette calomnie. Heureusement, Sud PTT 92 filme toutes ses actions et il sera difficile à un tribunal de sanctionner une agression imaginaire.

Mais pour tenir et terminer le conflit avec des résultats palpables, les grévistes ont besoin d’un soutien financier. Envoyez les chèques à Sud PTT 92, 51 rue Jean Bonal 92250 La Garenne-Colombes.

Jacques Capet

Victoire judiciaire : les licenciements reconnus injustifiés à Molex

article_molex2Jeudi 27 mars, les salariés de Molex ont obtenu par le tribunal des Prud’hommes de Toulouse la reconnaissance que la fermeture de l’usine et leurs licenciements étaient injustifiés pour raisons économiques. Le tribunal leur accorde par ailleurs des indemnités approchant les 15 millions d’euros sur les 22 revendiqués. Même si sans nul doute la maison mère américaine va faire appel c’est un pas important qui a été franchi au cours de cette longue bataille judiciaire.

Municipales, pour le PS, la claque s’est transformée en déroute

Le second tour est venu confirmer les premiers éléments d’analyse que pouvait donner le premier. L’abstention a encore progressé, établissant un nouveau record, 38%, après les 36,5% du 1er tour (et 4% de bulletins blancs et nuls). Elle a d’abord touché l’électorat jeune et les quartiers populaires. Le rejet de la politique de Hollande se reflète dans ce constat. Alors qu’il avait été élu avec au moins le vague espoir que les choses s’adouciraient un peu, il n’en a rien été. Et si l’on excepte des villes comme Paris, Nantes ou Lille et quelques autres, plus la ville a représenté un enjeu pour le gouvernement Hollande plus la défaite a été cinglante. Le Ps réussit même la prouesse de perdre Limoges, ville pourtant dirigée par un maire « socialiste » depuis 1912 sans discontinuer !

L’UMP a du coup pu occuper l’espace mais sans recevoir un réel vote d’adhésion massif. Néanmoins, elle gagne des villes majoritairement à gauche comme Toulouse, et reprend ses villes traditionnelles comme Caen. En tout, 10 villes de plus de 100 000 habitants sont passées à droite, qui en dirige désormais 22 (contre 19 pour le PS , 1 pour les écologistes , 1 pour le pcf et 2 pour le centre). Dans les grandes agglomérations, les « métropoles », la droite risque d’être majoritaire : Lyon, Paris, Marseille… Et pour les villes moyennes, c’est tout aussi lourd, 155 villes de plus de 9 000 habitants ont basculé à droite. Mais le pourcentage total reste de 46% environ contre 45% en 2008, c’est bien évidemment la chute du PS qui permet à la droite de « prendre » des villes.

L’UMP ne présente pas une politique différente de celle de Hollande. Ce qu’il a manqué, c’est une vraie force d’opposition dotée d’une implantation locale qui aurait permis à de nombreux électeurs d’avoir un autre choix que l’abstention pour marquer leur mécontentement voire leur rejet de la politique de Hollande.

Le FN confirme sans s’envoler
Le Front National a donc confirmé ses scores du 1er tour, gagnant 11 villes de taille modeste. Finalement, c’est sa victoire dès le premier tour à Hénin Beaumont, cœur du bassin minier, et à la mairie du 7ème secteur de Marseille. Dans ces endroits très populaires, frappés par le chômage de masse et la désindustrialisation, le FN a avant tout fait campagne sur un programme très social et en essayant d’incarner une opposition virulente au gouvernement PS-EELV. Enfin, l’aventurier Engelmann (il a d’abord été candidat à l’extrême gauche quand celle-ci faisait de bons scores avant de se tourner vers le FN quand celui-ci a ré-émergé) devient maire de Hayange, dans le bassin sidérurgiste de Lorraine, au moment même où la loi qui devait contrer les liquidations de sites industriels comme celui d’Arcelor Mittal, était repoussée par le Conseil constitutionnel sans provoquer beaucoup d’émotion dans les rangs du PS. Un peu comme si Hollande se satisfaisait de ce que chacune des mesures un tout petit peu à gauche qu’il avait formulé dans sa campagne présidentielle soit retoquée par une instance ou une autre (il en a été de même pour la pseudo imposition exceptionnelle des ménages les plus riches). Le FN n’a donc eu qu’à capitaliser le mécontentement social sans pour autant effectuer une percée gigantesque. Dans beaucoup de villes, une partie de ses électeurs s’est reportée sur le candidat de droite au second tour, et dans la plupart il progresse très peu entre les deux tours. En fait, son électorat s’est mobilisé dès le premier tour.

Un potentiel pour le Front de Gauche ?
C’est encore plus difficile de savoir ce que recoupent les résultats des listes à gauche du PS au second tour. Car le Front de gauche s’est présenté certaines fois sans une partie de ses composantes, notamment le PCF, d’autres fois avec EELV pourtant partie prenante de la politique de Hollande, et enfin parfois avec le NPA. Il est certes difficile de plaquer sur un scrutin municipal qui a été aussi bas politiquement (jusque dans le nom des listes bien souvent), mais il est clair que le FdG, notamment rassemblé avec toutes ses composantes et indépendamment du PS, avait fait de bons scores au 1er tour (sans pour autant retrouver ceux du PCF d’antan) bien que se présentant de manière autonome dans un nombre limité de villes. Au second tour, il est encore plus difficile d’avoir une vision uniforme. De fait, c’est l’érosion du PCF qui continue mais sur un rythme très lent et pas de manière inéluctable et continue. Si, de manière assez incroyable, la ville de Bobigny, située dans la banlieue rouge de Paris, passe à droite (tout un symbole), le FdG et le PCF conservent une implantation locale et ancrée dans les quartiers populaires. Le problème, c’est qu’à de rares exceptions, le PCF est incapable de reprendre une mairie qu’il a perdu, et que pour de nombreuses mairies qu’il dirige, c’est souvent au moyen d’une alliance avec le PS…

Le 2nd tour est donc moins riche d’enseignements que le premier, notamment sur ce potentiel réel qui existe pour un Front de Gauche réellement indépendant du PS, tourné vers la masse des travailleurs, des chômeurs, des habitants des quartiers populaires, des jeunes… c’est avant tout en analysant les résultats du 1er tour que d’importantes leçons politiques peuvent être tirées. Lisez notre article d’analyse

Un gouvernement au service exclusif des intérêts des patrons, des banques et des actionnaires

Soldes
Visitez le blog du dessinateur Fanch

Avec un taux de satisfaction de 17% selon les dernières estimations de TNS Sofres, Hollande a atteint un des pires taux de l’histoire. Et ce n’est pas un hasard ! Depuis son élection, il mène, avec son gouvernement, la même politique que Sarkozy… celle pour laquelle on l’avait dégagé ! C’est-à-dire une politique au service des grands patrons, des banques et des actionnaires. Cette politique vise à faire payer toujours plus la crise du capitalisme à la classe ouvrière pour maintenir les profits des capitalistes. Qu’on en juge !

Un constat accablant !

Les entreprises licencient déjà par milliers chaque mois et le chômage atteint de nouveaux sommets. La loi scélérate sur la prétendue « sécurisation de l’emploi » du gouvernement Ayrault-Hollande a encore renforcé l’an dernier les possibilités des patrons de virer massivement leurs salariés. D’ailleurs, il y a eu une constante dans l’action de ce gouvernement à propos de l’emploi : l’inaction coupable vis-à-vis des patrons qui, d’Arcelor-Mittal à PSA en passant par Titan avec Goodyear ou les entreprises de l’agro-alimentaire de Bretagne, ont licencié massivement des travailleurs et des travailleuses. Il y a eu aussi la énième réforme de la retraite dans l’exacte ligne des réformes de l’ère Sarkozy et celles antérieures. Et la retraite n’est pas la seule branche de la protection sociale qui est attaquée. C’est tout le système de protection sociale solidaire et par répartition qui a été, est, ou sera attaqué afin de baisser nos salaires en diminuant les cotisations versées directement par les patrons. Ceci permet d’accroître la « compétitivité » des entreprises selon les termes du patronat et du gouvernement. Ainsi la branche « famille » risque de disparaître de la protection sociale si on ne se mobilise pas contre le Pacte de responsabilité. Les mêmes arguments reviennent : les salariés coûtent trop cher et les pauvres sont des assistés. Par contre, les grands patrons s’octroient des salaires mirobolants. En 2013, le salaire moyen annuel des patrons du CAC 40 était environ de 3,5 millions d’euros ! Soit près de 240 années de travail d’un Smicard. Les 10 personnes les plus riches de France avaient une fortune cumulée en 2013 de 135,5 milliards d’euros. Dans le même temps les entreprises perçoivent jusqu’à maintenant environ 175 milliards d’euros par an d’aides publiques de l’Etat et des différentes collectivités territoriales – et pour quel résultat ? Un taux de chômage officiel de près de 11% en augmentation continuelle depuis 3 ans ! Enfin les entreprises du CAC 40 ont fait 48 milliards d’euros de profits l’année dernière. Ce n’est pas la crise pour les gros capitalistes ! Et que fait le gouvernement afin d’améliorer les revenus de la grande majorité de la population ? La loi reprenant l’ANI (accord national interprofessionnel) de 2013 qui institutionnalise le chantage patronal à la baisse des salaires contre le maintien (même pas assuré) de l’emploi pour le secteur privé, gel des salaires pour les agents publics (et peut-être le gel des évolutions de carrière) et hausse de la TVA, qui impacte bien plus les classes populaires et moyennes !

Concernant les dépenses publiques, la dette publique a été créée par 40 ans de politiques libérales. Le gouvernement prévoit encore 50 milliards de coupes supplémentaires afin de financer les cadeaux pour les patrons. Ceci entraînera encore la suppression de services publics (écoles, hôpitaux et autre), et empêchera toujours plus les services restants d’être de qualité et vraiment pour tous. Alors, qui coûte réellement trop cher ? Qui sont réellement les assistés ? En réalité avec la «compétitivité » des entreprises, c’est le profit pour les actionnaires qui est recherché et uniquement cela. Des embauches il n’y en a pas… pas plus que des investissements productifs. Les capitalistes préfèrent, dans leur logique du gain maximum immédiat, les taux de profits de la spéculation boursière plutôt que ceux, trop faibles à leurs yeux, de l’économie productive ! On le voit, comme lors de son voyage aux Etats-Unis où Hollande a mis en place une véritable opération de séduction des entreprises et de défense de leurs intérêts. A un point tel que l’UMP n’a rien de pire à proposer que le Pacte de responsabilité et que le patronat unanime félicite le gouvernement pour son action. De l’autre côté, la répression contre les travailleurs et les syndicalistes qui luttent continue comme avec Sarkozy… Les pétales de roses pour les patrons et les épines pour les travailleurs ! L’élection d’Hollande n’avait pas suscité ni adhésion ni un espoir démesuré. Cependant, en virant Sarkozy, on pouvait s’attendre à ce que cela soit un peu moins dur pour la vie quotidienne. Mais en se réclamant de « gauche » tout en faisant une politique anti-ouvrière et antipopulaire, le gouvernement et le PS veulent faire croire qu’aucune politique n’est possible en faveur des travailleurs et de la majorité de la population. C’est faux : le gouvernement Hollande-Ayrault fait cette politique parce qu’il a accepté d’engager le combat contre les travailleurs, les privés d’emplois et la majorité de la population ! Montebourg restaure davantage les profits des gros capitalistes que les emplois. Les différences entre le gouvernement PS et l’UMP au niveau économique et social sont très minimes aujourd’hui. Il n’y a rien à attendre de ce gouvernement et de tous les partis politiques qui justifient les licenciements, les coupes budgétaires par la crise économique alors même que les profits sont énormes.

La coupe est pleine !
Faisons éclater notre révolte !

Nous refusons d’être encore davantage exploités ! Hollande fait une politique d’austérité sévère qui ne dit pas son nom et avec le pacte de responsabilité et les 50 milliards de coupes supplémentaires il n’en est qu’au début. Tout cela se fait sur le dos de ceux et celles qui travaillent, souvent pour des salaires dérisoires et qui produisent toutes les richesses de ce pays sans en voir la couleur, sur le dos aussi des dizaines de milliers de licencié-es et de tous ceux et celles, français et étrangers que cette société, injuste et pourrie, exploite et exclut. Qui peut croire que Hollande va pouvoir continuer ainsi jusqu’en 2017 ? Hollande et Ayrault savent que la colère gronde et qu’ils sont en position instable.
Ainsi , la mobilisation des travailleurs bretons, cet automne, contre les plans de licenciement la pris une forme de quasi révolte régionale. Si des patrons locaux y ont mis leur nez c’est parce qu’ils sentent bien le potentiel explosif de la période et qu’ils le craignent. Si ils ont pu le faire, c’est parce que les organisations syndicales et les partis politiques à gauche du PS et des Verts n’ont pas été assez offensifs, quelles qu’en soient les raisons. Qu’aurait pu donner une lutte déterminée, unitaire des travailleurs contre les licenciements en Bretagne si ce n’est l’envie aux autres travailleurs partout en France, menacés ou déjà privés d’emplois, de lutter de la même manière et ensemble ? Un récent sondage montre cette colère parmi les 18-34 ans. A la question «Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois ?», ils sont 61 % à dire oui. Tous quasiment égaux dans la colère, femmes et hommes «tirés d’affaire» et jeunes en galère… 66 % des intérimaires, 63 % des chômeurs, 60 % des étudiants. Et même 54 % des employés en CDI ! Il est temps que s’expriment la colère et la révolte et qu’on ne la laisse pas détourner de ses objectifs : refuser les injustices que produit cette société qui n’offre pas une vie décente à la majorité ni un véritable avenir à la jeunesse, stopper les plans de licenciements, mettre un coup d’arrêt aux attaques contre les services publics, contre les bas salaires et la destruction de la protection sociale !