Il faut une riposte tous ensemble !

Gel des retraites, bas salaires, précarité… pour nous !
Cadeaux pour les grands patrons et les riches !

Assez de la politique de Hollande et Valls

Alors que la situation sociale se dégrade encore avec une augmentation continuelle du chômage, le gouvernement ne fait rien pour stopper les licenciements. Bien au contraire, il les a facilité avec l’ANI et via La Poste par exemple continue le démantèlement des services publics. Encore des restructurations et des fermetures qui font face à la grève et la détermination des postiers depuis des mois. Dans tous les secteurs, c’est la répression des travailleurs et syndicalistes qui luttent. La grève des cheminots a montré comment le PS aujourd’hui ne défend plus les travailleurs en les stigmatisant comme la droite. Mais cette grève a été une première étape avec une grève nationale contre la politique du gouvernement.

Les attaques du gouvernement c’est pas fini !

Le cinéma autour des députés frondeurs ne laisse pas de doute. Ils votent toutes les attaques. De mêmes que les « écologistes » qui à chaque fois qu’ils font une « proposition », c’est pour nous faire payer des taxes. Le pacte d’austérité c’est encore 50 milliards d’économie qui sera une saignée pour les services publics et donc l’emploi et 30 milliards en moins de cotisation de branche famille que nous devrons payer par nos impôts. Le pire est à venir avec le traité du marché transatlantique qui est négocié en coulisse avec les Etats Unis pour casser l’ensemble des législations sociales.

La tactique du « dialogue » social en échec

Le gouvernement essaye de faire passer ses attaques comme légitimes en faisant signer des syndicats minoritaires et le patronat, et en refusant les revendications des salariés. Ce que l’on voit c’est qu’une nouvelle fois Valls cède devant Gattaz en reportant le compte pénibilité pour la retraite et le temps de travail à 24h minimum pour les temps partiels. Le compte pénibilité avait permis à la CFDT partenaire privilégié du PS de justifier sa signature de l’ANI. Face à sa base mécontente elle a parlé de rupture du dialogue mais pas longtemps. D’ailleurs elle ira quand même à la conférence sociale alors qu’il n’y a rien à en attendre… Et le Medef aura gain de cause, le choix du gouvernement sera vite fait. FO et la CGT, puis la FSU, ont finalement boycotté cette conférence. Pour la CGT, le bureau confédéral, qui avait décidé d’y aller, a reçu de nombreuses motions de syndicats et de structures syndicales (unions locales, unions départementales, fédérations) contre la participation à ce qui était jugé largement comme une mascarade durant les jours qui ont précédé la conférence. Gageons cependant que tous essaierons de retourner à la soupe aux différentes commissions annoncées par Hollande dès la rentrée de septembre.

Mais ce gouvernement n’est pas très solide et tous craignent une explosion sociale. Il faut une riposte tous ensemble des travailleurs, des jeunes, des chômeurs, des retraités… L’enjeu de la rentrée sera d’instaurer le rapport de force nécessaire pour  stopper la politique d’Hollande-Valls et dépasser les freins bureaucratiques au sommet de certains syndicats.

L’été sera sûrement encore marqué par les scandales autour de l’Ump, de Sarkozy et la possibilité de son retour à la rentrée.  Mais gardons à l’esprit l’affaire Cahuzac et les revenus des ministres  »socialistes ». Ces deux partis défendent les capitalistes et sont financés par eux. Le retour de Sarkozy est simplement un des plans de secours au cas où ça ne marche plus avec Hollande. Mais l’UMP peine à se faire entendre car elle n’aurait pas fait mieux et c’est donc la bataille des chefs qui domine. Malheureusement, le collectif 12 avril qui promettait une alternative à gauche ne donne pas grand chose même s’il proposerait peut être une manifestation à l’automne. La récente déclaration commune CGT/PCF fait le constat d’un nécessaire rapport de force mais ne propose encore rien.

Ce qu’il manque aujourd’hui c’est une voix indépendante des travailleurs pour se faire entendre, une force qui nous permette de s’organiser pour lutter pour nos revendications et contre le capitalisme. La Gauche révolutionnaire lutte pour cela rejoins-nous !

Précarité et répression des syndicalistes, La Poste s’acharne !

poste92La Poste continue à supprimer des emplois par milliers (4500 pour l’année 2013) tout en usant et abusant des différents dispositifs existant de contrats « aidés » pour embaucher temporairement et quasiment sans frais. C’est contre la suppression de plusieurs emplois et notamment celui d’une précaire que La Poste refuse de titulariser, espérant certainement « embaucher » une autre personne avec les mêmes avantages, que la grève s’est déclenchée à Rueil-Malmaison et s’est étendue à plusieurs bureaux du 92 : Gennevilliers, Courbevoie…

La Poste s’est acharnée sur les grévistes et les syndicalistes. La « Justice » et la police sont venues à son aide : convocation des grévistes plusieurs fois devant la Sûreté Territoriale avec Garde à Vue de 10h en mai pour 3 d’entre eux, Gaël, Mohamed et Brahim. La dernière en date, le 2 juillet montrait le ridicule de l’acharnement : 15 cars de CRS pour « protéger » le commissariat, et des vigiles qui avaient soi-disant porté plainte mais qui ne sont pas venus…

La Poste et l’Etat utilisent de tels moyens pour éliminer les foyers de contestation et de résistance contre le démantèlement de ce qui reste du service public postal. C’est sans compter sur la détermination des grévistes qui ont non seulement multiplié les interventions et prises de parole dans tout le 92 mais également dans d’autres départements. C’est le scénario cauchemar pour La Poste, qui jusqu’à maintenant bénéficiait du fait que les directions nationales des syndicats de postiers n’organisaient pas la bataille contre les réorganisations à l’échelle de tout le pays. Alors que le 4 juillet, les postiers qui ont lancé la grève en sont à leur 157ème jour, des grèves longues continuent : Ajaccio depuis le 21 mai, Paris 15ème et dans le 91. Rien que pour la Corse, si les plans de la direction passent, c’est près de 200 emplois qui seront supprimés. Des grèves ont éclaté à Aubin-Decazeville, à Aubigny (Cher), etc.

Les syndicalistes SUD-PTT du 92 proposent d’organiser une première coordination des bureaux en grève avec les militants SUD et CGT des bureaux en lutte avec de prochaines actions communes.

La Poste commence à subir des reculs : le licenciement de Gaël a été refusé par l’inspection du travail, la réorganisation sera reportée à la fin 2015 à Gennevilliers…

L’acharnement de La Poste laisse planer des menaces sur certains postiers de Paris 15ème (deux licenciements en cours) et contre deux autres de Gennevilliers. Le soutien est plus que nécessaire d’autant qu’ailleurs, les dirigeants de La Poste suivent la ligne générale : à Fécamp un postier et syndicaliste a été mis à pied 3 mois pour… « insultes et refus d’obéissance » !

Contre les suppressions d’emploi et les restructurations, contre les sanctions et la répression, soutenez les postiers en lutte !

Les intermittents du spectacle luttent au-delà du décret

intermittavignon

Une partie des soirées et des festivals est en passe d’être annulée cet été. Ce n’est pas la responsabilité des intermittents mais bien celle du Medef, du gouvernement et des syndicats qui ont signé le décret. Les intermittents continuent leur grève et ils ont raison. C’est par des votes que les intermittents décident de se mettre en grève, c’est un choix collectif. Faire grève en plein été pourrait pourtant avoir de lourdes conséquences pour eux, car ils risquent de perdre leur statut, et par conséquent leurs droits d’i

ntermittent du spectacle. L’intermittence compense le travail non payé. Par exemple: le montage, le démontage des techniciens, les répétitions des artistes.

D’après le décret, à partir du 1er juillet, leurs salaires et leurs indemnités chômage vont baisser d’au moins 50 € par mois (à cause de l’augmentation des cotisations sociales). Un délai de plus d’un mois, sans aucune indemnisation chômage, leur sera désormais infligé bien qu’ils aient acquis leur quota d’heures de travail. Cela équivaut en moyenne à 1500 € de moins par an.

Si le régime accuse un déficit i mportant c’est à cause du recours massif à l’intermittence des patrons de l’audiovisuel qui a progressé ces dernières années pour qu’une partie des salaires des employés soient payés par l’assurance chômage !

Retrait de la nouvelle convention Unedic! Face à l’augmentation du chômage et de la précarisation du travail nous devons mener une lutte d’ensemble. Nous avons tous droit à un travail qui permette de vivre !

Accord Alstom/General Electrics : rien de bon pour les travailleurs !

alstomEn cette période de crise, c’est la compétition entres les grands trusts capitalistes pour trouver les secteurs économiques à fort taux de profits. On assiste à des restructurations, des fusions et des rachats à tout va, notamment dans le domaine de l’énergie, très rentable à leurs yeux. C’est ce qui se passe avec l’accord Alstom/General Electric passé le 24 juin, qui devra être finalisé en 2015.

Alstom, c’est 95 000 salariés dans 100 pays du monde dont 20000 en France où est née l’entreprise en 1928. Il y a 2 branches: celle du transport (ferroviaire, métro, tramway) et celle de l’énergie, avec construction d’infrastructures pour les centrales thermiques, nucléaires et les énergies renouvelables (éoliennes).

L’accord ? C’est le démantèlement pur et simple d’Alstom

Pour 11,4 milliards d’euros Alstom vend à GE la branche énergie (70% des activités d’Alstom) et notamment le marché très convoité des turbines à gaz et à vapeur. Le reste du secteur énergie sera géré conjointement (Alstom/GE) pour les énergies renouvelables (éolien, hydro, turbines pour les centrales nucléaires). L’activité ferroviaire, elle, resterait 100% Alstom. C’est donc un découpage en bonne et due forme.

Le rôle du gouvernement dans tout ça?

Montebourg et le gouvernement n’ont eu de cesse de vanter leur défense d’Alstom, «symbole de la puissance industrielle française». Cette notion de fleuron industriel a reçu un écho. Ainsi L’Humanité titrait le 18 juin: «A l’assemblée nationale le PCF fait de la défense d’Alstom un combat national », certes en défense de l’emploi, de l’industrie et des salariés. Mais qui défend-on si l’entreprise reste privée ? Le terme « fleuron » ne veut rien dire, qu’Alstom soit aux mains de Bouygues, de General Electrics ou de Siemens/Mitsubishi, ce sera pour faire des profits au seul bénéfice des groupes d’actionnaires.

D’ailleurs, le principal actionnaire Bouyges est bien content de se débarrasser pour aller faire des profits plus importants ailleurs. En 2006, il avait racheté les parts de l’Etat qui avait renfloué l’entreprise en 2004.

Le feuilleton a duré des mois et les tractations financières avec Siemens/Mitsubishi et Général Electric aussi. En mai, Montebourg annonce un droit de veto du gouvernement qui aura comme résultat de favoriser l’offre de GE. C’est finalisé le 26 juin : le gouvernement annonce qu’il va racheter sous 20 mois 20% des 29,3% de la part de Bouygues. Et en fanfare annonce l’entrée de l’Etat dans le capital d’Alstom et à 50% avec GE dans les coentreprises, notamment l’activité nucléaire

Mais en fait le grand gagnant est Bouygues car c’est un joli cadeau que lui fait le gouvernement (avec l’apport de fonds publics). Bouygues récupéra près de 2 milliards d’euros en vendant ses actions au prix le plus haut possible le moment venu (avec un seuil minimum de 35 euros au lieu d’un cours de 28 euros actuellement). Bouygues qui par ailleurs a commencé un plan de 1550 suppression d’emploi sur les 9000 que compte sa branche telecom.

La participation possible de l’État en 2016 ne satisfait pas les patrons. Ainsi Kron, le PDG d’Alstom a-t-il déclaré «je n’étais pas demandeur de l’entrée de l’État au capital. C’est sa décision» ou encore: «il n’entrera au capital et au conseil d’administration qu’après la signature avec GE et n’aura pas son mot à dire sur l’utilisation qui sera faite du produit de cession de la branche énergie». De toutes façons, d’ici 2016, ces gens là trouveront bien un accord. On sait très bien que Montebourg parle beaucoup quand les médias sont là et s’arrange avec les patrons en faisant parfois même le contraire de ce qu’il a dit lorsque les journalistes sont partis.

Rien de bon pour les salariés dans cette alliance

GE promet 1000 emplois en 3 ans. Le gouvernement promet d’inclure des pénalités financières de 50000 euros par emploi non créé, une goutte d’eau pour ces multinationales!

Les salariés de l’énergie et du ferroviaire n’ont guère confiance. GE à Belfort a supprimé 600 postes en 2013 et 300 suppressions sont en cours dans d’autres sites de l’entreprise. Dans le secteur ferroviaire la direction dit qu’il y a un sureffectif de 100 sur 660 et demande aux salariés de partir sur d’autres sites. La participation de l’Etat, même si elle les rassure un peu n’enlève pas leur crainte des licenciements. L’Etat est même plutôt champion dans les suppressions d’emploi ces dernières années.

Ce montage financier est flou et sans aucune transparence pour les travailleurs. Les gagnants sont les actionnaires. Et il est probable qu’au nom de la « conjoncture » des suppressions de sites interviennent ces prochaines années : les travailleurs d’Alstom auront à lutter et il ne faudra pas qu’ils soient isolés.

C’est néanmoins un scandales que la vie de dizaines de milliers de personne se joue sur ces tractations secrètes et cette valse des milliards, tout ceci devrait être transparent et accessible aux travailleurs et à leurs syndicats !

Pour l’ouverture des livres de comptes aux salariés et la levée du secret commercial !

Zéro licenciement ! Ni en France ni ailleurs, pour la multiplication des liens entre les travailleurs et leurs syndicats des différentes filiales et entreprises des groupes Alstom, GE, Siemens etc. quel que soit le pays

En cas de menace sur l’emploi ou de refus d’accéder aux revendications des travailleurs, pour la mise en propriété publique complète d’Alstom/GE en expropriant les grands groupe d’actionnaire, et sous la gestion et le contrôle démocratique des travailleurs et de la population

Pour un monopole de service public complet de l’énergie, de la fabrication à la distribution, sous le contrôle démocratique des travailleurs avec leurs syndicats, et en lien avec la population, pour un secteur de l’énergie organisé en fonction des besoins sociaux et environnementaux et non pour les profits. Pour le même processus dans la branche transport.

Interview d’un jeune étudiant militant de Boston

Brian est un jeune étudiant en littérature et philosophie à Boston, aux Etats-Unis. Il est militant de Socialist Alternative.  Une camarade de la gauche révolutionnaire a profité de son séjour linguistique en France pour lui poser quelques questions sur la situation des étudiants dans son pays.

RM : Comment décrirais-tu la génération de jeunes américains qui font actuellement des études ? Sont-ils confiants dans la société dans laquelle ils vivent ?

Brian : Ma génération est caractérisée par son cynisme et son attitude ironique vis-à-vis de la superstructure politique et économique des Etats-Unis. Personne n’ a aucun espoir dans le fait qu’un parti traditionnel, ou même qu’un quelconque parti, fasse réellement évoluer notre vie. Et parallèlement, la pression augmente doucement. Alors qu’il est évident que ma génération n’atteindra jamais le même niveau de vie que ses parents, les jeunes n’en n’ont pas vraiment encore pris conscience. Il y a toujours l’espoir de parvenir à un avenir brillant sous le capitalisme si nous travaillons suffisamment. Mais en même temps, quand les étudiants sortent de la fac, il est de moins en moins probable qu’ils trouvent un travail qui leur permette de subvenir à leur besoins quotidiens. La panique et la recherche d’une alternative prend place quand les jeunes réalisent que depuis 2008, en tant que jeunes travailleurs pauvres, ils sont à peine capables de payer leur dettes et que leur chance d’atteindre la classe moyenne est des moindres. Il risque d’y avoir une réelle protestation une fois que les jeunes travailleurs et les étudiants réaliseront qu’ils ne pourront jamais faire partie de la classe moyenne comme ils l’espèrent.

RM : Les Etats-Unis sont réputés pour avoir un accès aux études supérieurs très sélectif et particulièrement onéreux. Qu’en est-il réellement ? La question financière est-elle un frein pour beaucoup d’étudiants potentiels ?

Brian : Le prix de l’université aux Etats-Unis n’est pas comparable ce qu’on rencontre en Europe. Les étudiants s’endettent de 100 000 $ ou plus en espérant pouvoir rembourser leur crédit après l’université. Une année à l’université publique aux Etats-Unis coûte plus de 20 000 $ mais la plupart des universités privées renommées demandent plus de 50 000 $ par an. Le coût des études a énormément augmenté sur les 20 ou 30 dernières années. Par exemple, mon père a été capable de payer sa formation dans le nord-est dans les années 80’, en travaillent comme éboueur, alors que les frais de scolarité de cette même université seront cette année de 42 534 $. Il y a un grand système d’aides financières et de bourse mais cela est loin de suffire à créer une égalité d’accessibilité aux études. Les jeunes issus de la classe ouvrière sont coincés avec des dettes à long terme et sont généralement moins susceptibles de recevoir des bourses pour l’université car ils viennent souvent d’établissements scolaires moins performants. Même s’il y a une illusion d’égalité, la réalité est un système stratifié de privilèges au sein même des universités.

RM : Dans ton université, le sentiment anticapitaliste est-il présent chez beaucoup de jeunes ? Les étudiants s’impliquent-ils en politique ou dans des luttes quelconques ?

Brian : Il y a un rejet massif des politiques capitalistes mais sans réelle conscience de ce qu’elles sont et du contexte dans lequel elles prennent place. Il y a un groupe écologiste assez fort sur le campus qui est antilibéral mais très peu d’étudiants en général parlent d’anticapitalisme. L’absence d’une forte conscience anticapitaliste dans les universités américaines est en partie due à la popularisation de la conception individualiste des anarchistes et libertaires et nous avons très peu d’exemples effectifs de solidarité entre travailleurs.

Pour tenter d’y remédier, un groupe d’étudiants dont je fais partie, a instauré un groupe appelé « Students for a Democratic Society » (SDS, Etudiants pour une société démocratique), en souvenir de l’organisation radicale des étudiants dans les années 60’, pour unifier toutes les tendances socialistes, communistes et sociaux démocrates, alors que rien de tel n’existait.

Nous tenons des réunions hebdomadaires et planifions des événements pour rendre les idées socialistes plus accessibles sur le campus.

En tant que membre d’Alernative Socialiste (SA) et étant un des membres les plus actifs de SDS, c’est un bon forum pour parler du socialisme et de la perspective de l’internationale du CIO. L’année prochaine, je vais mener un groupe de lecture au sein de SA, en lien avec SDS.

Un des exemples d’action que nous avons mené sur l’année dernière concerne une lutte contre la fermeture d’un hôpital régional. Après que la compagnie privée North Adams Regional qui possédait l’hôpital ait décidé de le fermer, toute la communauté du campus était révoltée.

Cette fermeture soudaine aller coûter 600 emplois à notre petite ville et reporter le service d’urgence le plus proche à 30 minutes de là, ce qui peut poser des questions de vie ou de mort pour des personnes sérieusement atteintes. Mais la logique aveugle du capital ne prend pas cela en compte et se fiche de causer du tort à une communauté déjà pauvre en services et en emplois : l’hôpital n’était juste pas rentable.

Des 1 500 étudiants du campus, seulement 6 d’entre nous, tous issus du SDS, se sont ralliés aux syndicalistes et aux habitants pour sauver l’hôpital. Même si pour ces 1500 étudiants, la fermeture était le sujet de conversation principal et que la colère était généralisée, il fallait déjà une bonne compréhension de ce qu’est le capitalisme pour convaincre quelques uns de sortir des classes et prendre clairement position dans la protestation. Cela illustre la situation de paralysie que connaissent les étudiants dans mon université : ils n’ont rien à perdre mais n’ont aucune idée de comment lutter.

D’un point de vue plus encourageant, les étudiants sont de plus en plus enclins à une vision socialiste, à la fois pour comprendre le système capitaliste et pour penser une alternative.

Quand les politiciens clament « communisme » comme étant un mauvais mot, les étudiants rient de leur côté démodé et de l’ignorance des ces politiciens conservateurs peu instruits. Il est aisé de parler du socialisme grâce à cette ouverture d’esprit mais aussi parce que les étudiant n’ont pas de conception claire de ce qu’est le capitalisme. Les étudiants américains ont suffisamment de jugeote pour comprendre la conception sociale de ce qu’est le capitalisme et comprendre alors pourquoi nous avons besoin de nous battre pour le socialisme puisque la structure de base du capitalisme est défectueuse. Pour booster cela, nous avons besoin d’un parti de lutte qui aille à la rencontre des étudiants.

RM : Dirais-tu que les idées marxistes se développent en ce moment parmi les jeunes ? Si non, quel est le frein principal ?

Brian : Les étudiants et la classe des travailleurs aux Etats-Unis sont aujourd’hui prêts à entendre ce qu’est le socialisme s’il n’est pas dilué et s’il vient d’une organisation qui cherche réellement à défendre leurs intérêts. Socialist Alternative (section sœur de la Gauche Révolutionnaire) est une organisation sans chef, entièrement construite et portée par ses membres, sans direction externe arbitraire. Les étudiants n’ont aucune expérience de telles organisations. Si nous avons le courage de leur dire qu’il n’y aura aucun compromis avec le capitalisme, nous pouvons les convaincre de se tourner vers le socialisme et de se battre pour cette alternative.

Retrouvez également cette interview dans le numéro d’été de l’Egalité

« Taxes de séjour » Fabius vole au secours des riches

Le ministre des affaires étrangères (et du tourisme désormais, en gros le VRP de l’industrie du tourisme de luxe) a donc enfourché le cheval pour défendre… les grands groupes hôteliers.

La taxe de séjour, c’est ce qui permet que les touristes participent au financement des services publics dont ils bénéficient dans les communes qu’ils visitent. Il est évidemment impossible de demander un avis d’imposition pour indexer la taxe, il est donc logique que celle-ci s’applique en fonction du degré de standing.

Pour les hôtels 4 et 5 étoiles, elle est incroyablement faible : 1,50 euros, alors que le prix des chambres est de 385 € en moyenne pour un 5 étoiles à Paris et 185 euros pour les 4 étoiles en 2013. Quant aux palaces, dont les prix de chambres varient, par exemple pour le Fouquet’s, de 770 € à 10 500 € la taxe de séjour reste à 1,50 euros… La passer de 1,5 euros à 8 comme le proposent certains députés est donc tout sauf un grand sacrifice d’autant qu’ils n’ont même pas le courage de rendre cette augmentation obligatoire.
Les groupes hôteliers brandissent la répercussion sur l’emploi et sur la fréquentation. C’est évident que quand on paie une chambre 385 euros, on peine à la payer 393…

Quant à l’impact sur l’emploi, lorsque les hôteliers-restaurateurs ont obtenu la TVA à 5,5% au lieu de 19,6%, ils promettaient d’embaucher et de réduire les prix. On sait désormais qu’ils n’ont quasiment pas embauché et que les prix ont baissé de 2,1% en moyenne. Les restaurateurs ont donc empoché de 10 à 15% d’augmentation de leurs marges bénéficiaires. Et c’est bien cela dont Fabius vient de se faire le porte-étendard : les bénéfices des industriels du tourisme, en particuliers les grands groupes et les chaînes de luxe.

D’ailleurs, les pauvres hôteliers que Fabius accompagne sont des groupes comme Accor, qui possède une chaîne de plus de 1500 hôtels en France (et une quinzaine de marques : Sofitel, Mercure etc.) et qui le dit clairement par la voix de son PDG, S. Bazin : « le taux de la taxe, son montant, est insupportable sur les marges des entreprises aujourd’hui ». C’est bien sur les marges, donc les bénéfices que se pose le problème, et cela Fabius le sait bien mais ne le dit pas.

Mais qu’attendre d’autre du ministre le plus riche du gouvernement, avec un patrimoine de 5,2 millions d’euros, un salaire de ministre de plus de 100 000 euros annuels (et qui perçoit quand même son indemnité de conseiller municipal de plus de 6 000 euros, il n’y a pas de petits gains…) sans parler de tous les avantages et frais payés de sa vie de ministre, si ce n’est défendre sa classe, celle des riches et des profiteurs.
Alex Rouillard