« Taxes de séjour » Fabius vole au secours des riches

Le ministre des affaires étrangères (et du tourisme désormais, en gros le VRP de l’industrie du tourisme de luxe) a donc enfourché le cheval pour défendre… les grands groupes hôteliers.

La taxe de séjour, c’est ce qui permet que les touristes participent au financement des services publics dont ils bénéficient dans les communes qu’ils visitent. Il est évidemment impossible de demander un avis d’imposition pour indexer la taxe, il est donc logique que celle-ci s’applique en fonction du degré de standing.

Pour les hôtels 4 et 5 étoiles, elle est incroyablement faible : 1,50 euros, alors que le prix des chambres est de 385 € en moyenne pour un 5 étoiles à Paris et 185 euros pour les 4 étoiles en 2013. Quant aux palaces, dont les prix de chambres varient, par exemple pour le Fouquet’s, de 770 € à 10 500 € la taxe de séjour reste à 1,50 euros… La passer de 1,5 euros à 8 comme le proposent certains députés est donc tout sauf un grand sacrifice d’autant qu’ils n’ont même pas le courage de rendre cette augmentation obligatoire.
Les groupes hôteliers brandissent la répercussion sur l’emploi et sur la fréquentation. C’est évident que quand on paie une chambre 385 euros, on peine à la payer 393…

Quant à l’impact sur l’emploi, lorsque les hôteliers-restaurateurs ont obtenu la TVA à 5,5% au lieu de 19,6%, ils promettaient d’embaucher et de réduire les prix. On sait désormais qu’ils n’ont quasiment pas embauché et que les prix ont baissé de 2,1% en moyenne. Les restaurateurs ont donc empoché de 10 à 15% d’augmentation de leurs marges bénéficiaires. Et c’est bien cela dont Fabius vient de se faire le porte-étendard : les bénéfices des industriels du tourisme, en particuliers les grands groupes et les chaînes de luxe.

D’ailleurs, les pauvres hôteliers que Fabius accompagne sont des groupes comme Accor, qui possède une chaîne de plus de 1500 hôtels en France (et une quinzaine de marques : Sofitel, Mercure etc.) et qui le dit clairement par la voix de son PDG, S. Bazin : « le taux de la taxe, son montant, est insupportable sur les marges des entreprises aujourd’hui ». C’est bien sur les marges, donc les bénéfices que se pose le problème, et cela Fabius le sait bien mais ne le dit pas.

Mais qu’attendre d’autre du ministre le plus riche du gouvernement, avec un patrimoine de 5,2 millions d’euros, un salaire de ministre de plus de 100 000 euros annuels (et qui perçoit quand même son indemnité de conseiller municipal de plus de 6 000 euros, il n’y a pas de petits gains…) sans parler de tous les avantages et frais payés de sa vie de ministre, si ce n’est défendre sa classe, celle des riches et des profiteurs.
Alex Rouillard

 

Afrique du Sud , Victoire de la grève des mineurs du platine!

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Un important pas en avant dans la lutte pour un salaire minimum vital pour tous 
Déclaration du Workers’ And Socialist Party (WASP)
Le WASP salue aujourd’hui la résolution de cinq longs mois grève dans le secteur du platine ; une victoire non seulement pour les mineurs et leur syndicat l’AMCU, mais pour tous les travailleurs et les pauvres. Les augmentations pour les travailleurs les moins payés de 1000 rands (70 euros) dans la première et la deuxième année et 950 rands (65 euros) pour la troisième représentent des gains sans précédent et une étape importante dans la lutte pour un salaire décent pour tous. 
L’accord qui a été accepté par les travailleurs est la preuve que la lutte unie et déterminée paie. Les concessions importantes que les compagnies minières ont été forcées de faire ont révélé au grand jour leurs mensonges sur le fait qu’ils ne pouvaient pas payer ces augmentations. 
La détermination qui a permis aux travailleurs de tenir pendant ces cinq mois difficiles est une source d’inspiration pour les travailleurs, les communautés en lutte et les jeunes à travers l’Afrique du Sud et au-delà. La grève a polarisé la société sur des bases de classes et a clarifié la position de chaque camp sur le front des classes. Le WASP, tout au long de cette grève, a clairement montré son soutien aux travailleurs. Les partis politiques tels que l’ANC et le PC ont eux prouvé qu’ils étaient indubitablement du côté des patrons. Les syndicats jaunes comme le NUM, Solidarity et le WAU ont également imprimé leur trahison dans les esprits de centaines de milliers de travailleurs. L’accord signé aujourd’hui est aussi une victoire sur la quasi-armée de détracteurs qui a tenté de diaboliser non seulement les travailleurs en grève et l’AMCU, mais également quiconque qui oserait soutenir activement leur action, qui ruinerait soi-disant l’économie sud africaine. 
Cette grève, inspiré par les martyrs de Marikana a été la plus importante depuis les grèves des mineurs de 2012. Elle a posé les contradictions fondamentales du système économique capitaliste : la nécessité de nationaliser l’industrie minière afin que les ressources minérales massives puissent être utilisés pour en finir avec les salaires de misère, créer des emplois et développer les communautés minières et la société dans son ensemble. L’étape d’aujourd’hui devrait servir de plate-forme à partir de laquelle le mouvement ouvrier dans son ensemble prendrait la direction donnée par l’AMCU pour continuer la lutte jusqu’à ce but.
Les mineurs doivent se préparer à repousser les tentatives probables par les patrons des mines de récupérer demain ce qu’ils ont concédé aujourd’hui. Aucun retour en arrière n’est acceptable : la richesse minérale de cette terre est suffisante pour fournir des emplois à beaucoup plus ! La victoire des travailleurs du platine va certainement renforcer la confiance des métallos, des travailleurs de la construction et du secteur public, pour lesquels la grève se profile et qui doivent affronter des négociations salariales difficiles pour ne citer que quelques exemples. Le WASP continuera à se tenir fermement en première ligne de ces luttes et de travailler à maximiser son niveau d’organisation, d’unité et de clarté.

Marche des Fiertés Paris 2014 : fête et colère contre le gouvernement !

gay-pride.des-dizaines-de-milliers-de-personnes-ont-defile-parisCette année la marche des Fiertés a encore regroupé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris. Sous la pluie battante, les manifestants ont défilé au son des sonos des chars d’associations de défense des droits des LGBT et des slogans dans quelques cortèges. Peu de cortèges avaient des revendications. Mais lorsque c’était le cas, la déception et la colère face à la politique de Hollande et du gouvernement Valls qui étaient majoritaires.
Partout la politique d’austérité et les coupes dans les services publics limitent déjà les droits acquis comme ceux des malades contaminés par le VIH, l’aide aux homos et lesbiennes notamment aux plus jeunes… sans parler des droits des homos et lesbiennes sans papiers, particulièrement ciblés dans certains pays par les gouvernements réactionnaires où l’homosexualité est encore punie de mort… La colère était aussi marquée face aux promesses non tenues du PS sur la parentalité (abandon de la loi sur la Procréation Médicalement Assistée alors que c’était une promesse de campagne), ou la possibilité d’adopter.
La Gauche révolutionnaire a tenu un stand comme chaque année, avec ses badges, ses sifflets et notre journal .

Irak – L’héritage sanglant de la guerre du pétrole

EEIL-300x199L’escalade du conflit sectaire menace de toucher les pays voisins

A l’époque de l’invasion catastrophique et criminelle de l’Irak par Bush et Blair en 2003, le Comité pour une Internationale Ouvrière et ses sections (dont la Gauche Révolutionnaire en France, NDT) avaient averti qu’elle pouvait mener à l’éclatement de l’Irak ainsi qu’à une terrible guerre sectaire, ce qui commence à se jouer sous les yeux du monde entier.

Judy Beishon, Socialist Party (CIO – Angleterre et Pays de Galles)

Les impérialismes américain et britannique ont eux-mêmes posé les bases pour être confrontés non plus à un, mais à plusieurs Saddams ainsi que pour la croissance d’organisations terroristes de type Al-Qaïda, comme l’État Islamique en Irak et au Levant (EIIL) qui domine le Nord de l’Irak aujourd’hui. La tournure des évènements menace de déclencher un bouleversement dans toute la région aux conséquences profondes et certainement tragiques pour les populations.

Pour justifier la guerre de 2003 et l’occupation conséquente – durant laquelle plus d’un demi-million d’Irakiens et des milliers de soldats occidentaux sont morts – Bush et Blair avaient prétendu débarrasser l’Irak de ses armes de destruction massive et poser les bases d’une démocratie. Ces armes de destruction massive n’existaient pas et l’intérêt de cette intervention impérialiste n’a jamais été d’instaurer la démocratie. Ce qui était visé, c’étaient les vastes réserves de pétrole irakien et un renforcement de leur influence au Moyen-Orient. En poursuivant ces objectifs, ils ont créé les conditions matérielles pour une longue période de conflit sanglant ethno-sectaire.

Le renversement du dictateur Saddam Hussein et la ‘‘débaasification’’ ont retiré les musulmans sunnites de l’appareil d’Etat et de leurs emplois. Face à la forte résistance à laquelle l’occupation a dû faire face et pour vaincre les insurgés sunnites, l’impérialisme américain a recouru à la tactique du ‘‘diviser pour mieux régner’’ et a imposé un gouvernement corrompu dominé par les chiites, ce qui a fortement empiré les divisions au sein des habitants.

La prise de contrôle de Falloujah en janvier et maintenant de Mossoul (deuxième plus grande ville irakienne) par l’EIIL est considérée comme un désastre par le gouvernement américain, qui a complètement retourné la situation où ces milices sunnites avaient été expulsées de ces villes au cours d’assauts brutaux lancés par les Marines américains durant toute la guerre menée par les USA.

A présent, l’impérialisme américain est sérieusement affaibli au Moyen-Orient suite à la série de désastres de sa politique étrangère, et à l’opposition de masse dans la région et aux USA contre ces interventions. Obama a été élu à la présidence en promettant la fin des guerres ratées en Irak et en Afghanistan, aussi a-t-il retiré les troupes d’Irak en 2011, et proclamé ensuite que l’assassinat d’Osama Ben Laden au Pakistan avait détruit le noyau d’Al-Qaïda. L’année dernière, Obama a encore été sous une pression de masse qui l’a empêché de bombarder les forces de Bachar el-Assad dans le cadre de la guerre civile syrienne. En Grande Bretagne, David Cameron a lui aussi été empêché de prendre cette direction.

A cause de ces antécédents, ni Cameron ni Obama n’ont envisagé de renvoyer des forces terrestres nombreuses en Irak. Mais le fait qu’Obama augmente les approvisionnements de l’armée irakienne en armes et en matériel militaire et qu’il considère de bombarder les régions occupées par l’EIIL permet de mesurer l’inquiétude des stratèges impérialistes devant les avancées des milices sunnites. Cependant, les attaques aériennes, si elles sont effectuées, seront contre-productives et infligeront un bain de sang massif aux civils qui seraient inévitablement touchés, comme en témoignent les bombardements opérés en Afghanistan.

Soulèvement sunnite

Une partie de l’armée irakienne, qui compte près d’un million d’hommes (entraînés et équipés pour un montant de 30 milliards de livres sterling par les USA et la Grande-Bretagne), s’est désintégrée avant même l’offensive des quelques milliers membres de l’EIIL. Au cours de la prise de Mossoul, une ville de deux millions d’habitants, et d’autres villes dont Tikrit, l’EIIL a été aidé par des soulèvements de la minorité sunnite qui souffre d’une très forte discrimination et de fortes représailles sous le gouvernement chiite de Nouri al-Maliki, initialement imposé par les USA.

L’ancien personnel de sécurité baasiste du régime déchu de Saddam Hussein fait partie de ceux qui ont rejoint l’offensive. Pendant ce temps, les forces kurdes Peshmerga ont utilisé la crise pour prendre rapidement la ville de Kirkouk, la considérant comme capitale de l’État kurde.

Le gouvernement irakien a été laissé paralysé, sans le moindre contrôle réel sur tout le Nord de l’Irak, incapable même d’obtenir un quorum au Parlement pour introduire des mesures d’urgence. Plus d’un demi-million de réfugiés ont quitté Mossoul et les autres endroits capturés, craignant les bombardements du gouvernement, de l’EILL, ou des deux.

L’une des grandes ironies de la situation actuelle est qu’il est dans les intérêts de l’administration américaine comme de son pire ennemi – le régime théocratique iranien – de soutenir l’infortuné gouvernement Maliki. L’élite iranienne était si perturbée par la situation critique de ses protégés chiites à Bagdad qu’elle a rapidement envoyé son général Suleiman à Bagdad pour aider à rassembler les milices chiites volontaires et les forces armées gouvernementales qui pourraient défendre la ville et ses alentours.

C’est une autre humiliation pour les dirigeants américains : avoir besoin de coopérer avec un régime haï à qui ils ont imposé de lourdes sanctions. Cependant, pour justifier de discuter avec l’Iran, le sénateur Républicain Lindsey Graham a commenté : ‘‘Pourquoi avons-nous trouvé un accord avec Staline ? Parce qu’il n’était pas pire qu’Hitler. Nous devons discuter avec l’Iran pour s’assurer qu’ils n’utilisent pas cette opportunité pour prendre le contrôle d’une partie de l’Irak.’’

Un autre ennemi juré de l’administration américaine, les forces de Bachar el-Assad en Syrie, sont aussi venues en aide à al-Maliki en lançant des attaques contre les bases de l’EIIL en Syrie. El-Assad avait auparavant fermé les yeux sur beaucoup des agressions de l’EIIL en Syrie parce qu’elles étaient surtout destinées à s’emparer du terrain d’autres milices islamiques qui étaient à l’avant-garde de la lutte contre son régime.

Bagdad

L’EIIL et d’autres milices sunnites ont déclaré qu’envahir Bagdad et les villes a majorité chiites ou mixtes au sud de la capitale faisait partie de leurs objectifs, mais il semble peu probable qu’ils puissent rapidement y parvenir étant donné le rapport de force en présence. Les milices chiites se réactivent, avec une nouvelle affluence, dont l’armée du Mahdi de Muqtada al-Sadr, qui a été impliquée dans la lutte contre l’occupation menée par les USA. Les forces iraniennes semblent les avoir appuyées.

A Mossoul et dans d’autres endroits à majorité sunnite qui ont été balayés par l’EIIL, l’armée irakienne dominée par les chiites a été largement considérée comme un outil répressif manié par un gouvernement qui poursuit des objectifs sectaires contre les composantes non-chiites de la société. Des rapports crédibles parlent de dirigeants de l’armée irakienne qui auraient dissout leurs troupes en connivence avec l’EIIL, mais dans tous les cas, l’impopularité de l’armée dans les régions dominées par les sunnites a contribué au faible moral des soldats et aux désertions face à l’assaut islamiste. L’EIIL s’est construit une réputation de sauvagerie épouvantable contre les chiites – c’est une ramification d’Al-Qaïda que même Al-Qaïda renie – qui a ajouté à la peur des troupes en fuite.

Des rapports ont émergé selon lesquels l’EIIL a exécuté des centaines de chiites et de soldats de l’armée irakienne désarmés dans les régions qu’ils ont prises et a auparavant fait beaucoup de victimes en Syrie. Ce bain de sang continue en sus de beaucoup d’autres atrocités commises en Irak par les milices sunnites contre les chiites et vice-versa ces dernières années.

Cependant, même s’il pourrait ne pas y avoir de tentative d’invasion de Bagdad à court terme, il est peu probable que les forces restantes du gouvernement irakien soient capables de garder le contrôle de toutes les régions maintenant aux mains des milices sunnites ou du Peshmerga kurde. Certaines villes changent de mains – l’armée d’al-Maliki en a récupéré deux au Nord de Bagdad – mais le gouvernement a échoué à reprendre Falloujah en le bombardant depuis que l’EIIL s’en est saisi en janvier dernier.

Quant à Kirkouk, les dirigeants de la zone kurde semi-autonome ont été enfermés dans une longue bataille contre les ministres d’al-Maliki sur qui va tirer profit de de la production de pétrole dans leur zone, une lutte dont ils voudraient bien se libérer en prenant le contrôle de Kirkouk comme une étape vers une indépendance de facto.

L’EIIL

L’EIIL, qui a beaucoup de combattants djihadistes étrangers dans ses rangs et de plus en plus de combattants des populations locales, a imposé un système islamiste répressif de la région de Raqqah en Syrie et veut l’étendre pour former un Califat islamiste en liant les régions irakiennes dont elle a pris le contrôle et éventuellement des parties du Liban et de la Jordanie. Ses dirigeants proclament la fin de la frontière entre l’Irak et la Syrie – des Etats dessinés par l’accord de 1916 entre les impérialismes britannique et français qui ont divisé les restes de l’Empire Ottoman entre ces deux puissances.

Le journaliste Robert Fisk, parmi d’autres, a rapporté que l’EIIL est financièrement soutenu par de riches Arabes du Golfe, dont des membres de l’élite Saoudienne voisine, qui sont des alliés des USA mais aimeraient en finir avec le contrôle chiite de Bagdad. En Syrie, l’EIIL s’est enrichi en augmentant les taxes, par des kidnappings et d’autres extorsions et il a maintenant saisi d’énormes sommes d’argent des banques dont il a pris le contrôle à Mossoul et une grande partie de l’armurerie abandonnée par l’armée irakienne – en grande partie pourvue par les USA.

Certains commandants de l’EIIL ont essayé de ne pas braquer les habitants des régions dont ils avaient pris possession alors que d’autres ont immédiatement mis en place des édits de la Charia disant aux voleurs qu’ils auraient les mains coupées, aux femmes de couvrir leur corps et d’éviter de sortir de chez elles, interdisant les partis politiques, et autres lois réactionnaires. Ces annonces ont effrayé une grande partie de la population, dont beaucoup de sunnites qui espéraient d’abord que l’EIIL allait au moins les délivrer de la discrimination, des arrestations et de la torture que le gouvernement Maliki leur fait subir.

Répercussions

Dans l’ensemble, la tournure récente des évènements va encore aggraver la terrible souffrance du peuple irakien, quelle que soit sa communauté. La perspective de l’escalade de la division sectaire menace aussi de toucher les pays voisins, dont la Turquie ou il y a déjà eu des enlèvements de plusieurs Turcs par l’EIIL, et qui de plus ne veut pas d’un Kurdistan indépendant.

De plus, une fois encore, il y a des tensions en ce qui concerne les ressources de pétrole et l’économie mondiale, à mesure qu’augmente l’appréhension d’une possible interruption des grands champs de pétrole dans le sud de l’Irak.

Un autre danger significatif dans le monde entier réside dans le retour chez eux de centaines de djihadistes endurcis par la guerre et traumatisés qui sont partis en Syrie et en Irak – des pays aussi divers et lointains que l’Arabie Saoudite, la Russie et la Grande-Bretagne. Ne voyant pas encore une alternative au système capitaliste pourrissant, autre que d’essayer de faire tourner l’horloge à l’envers pour revenir à l’époque de la persécution féodale, de la soumission des femmes, de la pauvreté terrible et de la justice sommaire, le danger d’une augmentation des attaques terroristes va arriver avec eux.

La des travailleurs et les pauvres chiites, sunnites, kurdes et d’autres nationalités et de groupes ethniques et religieux en Irak n’ont rien à gagner d’aucun de ceux qui propagent le conflit sectaire d’où qu’il vienne. Les sunnites irakiens ont auparavant rejeté les prédécesseurs de l’EIIL et les ont expulsés de leurs communautés et beaucoup sont maintenant scandalisés par les actions de l’EIIL. La colère est très répandue parmi les chiites contre la corruption de Maliki et le sectarisme. Les sunnites, chiites et Kurdes souffrent tous autant de l’insécurité constante, du manque de services de base et du faible niveau de vie.

Il y a eu beaucoup de cas dans l’Histoire ou le peuple d’Irak a montré son désir d’unité contre la division, comme en avril 2004 quand 200.000 chiites et sunnites ont manifesté à Bagdad contre l’occupation menée par les USA. La construction à la racine d’organisations démocratiques et non-sectaires, dirigées par la classe ouvrière, est essentielle, pour organiser la défense de toutes les communautés et mettre en avant un programme anticapitaliste comme seul moyen de sortir du bain de sang en cours, de la répression et de la pauvreté.

Ce programme devrait défier et démasquer les intérêts personnels et l’avidité des dirigeants politiques et militaires pro-capitalistes qui luttent pour l’hégémonie dans tout l’Irak aujourd’hui. Il devrait expliquer la nécessité de les évincer du pouvoir et de les remplacer par des représentants démocratiquement élus de la classe des travailleurs qui appelleraient à une solution socialiste, dans l’intérêt de tous les travailleurs et les pauvres.

Le Comité pour une Internationale Ouvrière soutient le droit à l’auto-détermination de toutes les nationalités et groupes opprimés, mais précise que les Etats résultants ne seront pas économiquement viables s’ils ne sont pas liés volontairement dans une confédération socialiste, dans ce cas-ci, des peuples d’Irak et de la région. Ce n’est que sur cette base qu’une réelle coopération pourra être accomplie, pour élever le niveau de vie de tous, en faisant le meilleur usage des ressources naturelles de la région.

Société Rouen Park, Licencié pour avoir exercé son droit de retrait!

GetAttachment.aspxLa fourrière,société privée, a été reprise en janvier par Rouen Park, société d’économie mixte (SEM) gérée à 80% par la mairie de Rouen et dont le président en est Yvon Robert, le maire PS. Avec ce changement , les salariés pouvaient penser que leurs conditions de travail seraient meilleures. Il n’en a rien été:on leur a même demandé de baisser leur salaires pour cause de mauvaise gestion de la société privée .Leur sécurité au travail est elle aussi menacée: véhicules avec des pneus lisses, pas de ceintures de sécurité.

Le 16 mai les salariés de la fourrière ont refusé de continuer à travailler dans ces conditions et ont donc exercé leur droit de retrait. Mais il fallait faire un exemple et un des salariés a été licencié sous prétexte d’avoir tenu des propos diffamatoires! Ce qu’il récuse complètement.

Sa défense s’est organisée. Le 24 juin une cinquantaine de responsables et militants CGT se sont invités à l’assemblée générale de Rouen Park . Pour pouvoir continuer la réunion, le maire de Rouen n’a pas pu que promettre une réunion avec le salarié et les représentants syndicaux jeudi 26 juin. C’est soutenu par des militants CGT( finances,TCAR(bus et métro)…en grève ce jour là, que la réunion a eu lieu:pour défendre le droit de retrait et refuser le licenciement. Une nouvelle réunion est prévue le 4 juillet mais même si le maire promet une solution alternative,la CGT ne lâchera rien sur le licenciement abusif.

Face à la grève des cheminots le gouvernement Valls-Hollande est pire que la droite

Le face à face entre les cheminots et le gouvernement est porteur de nombreux enjeux. Après 2 ans de politique au service des riches, de plans d’austérité et de poursuite de la même politique que Sarkozy, la résistance contre la réforme actuelle de la SNCF, qui vise autant les usagers que les cheminots, est un encouragement pour tous ceux qui en ont assez de la politique d’Hollande-Valls.

Une partie considérable des travailleurs de la SNCF a fait grève, de manière largement majoritaire chez les conducteurs, les agents du triage, des ateliers et techno-centres… qui sont les secteurs qui subissent le plus le démantèlement du service public du transport ferroviaire. Le pourcentage « officiel » de grévistes inclut les cadres, les directeurs etc. qui sont en surnombre dans une SNCF devenue entreprise commerciale et donc ne représente pas la réalité.

Les raisons de la grève sont entièrement justifiées

Le gouvernement PS et ses amis écologistes, les médias et politiciens qui le soutiennent ne sont pas à un mensonge près.
Ils présentent cette réforme comme « indispensable ». Ce serait pour faire face à l’ouverture à la concurrence et à la libéralisation du Rail européen et parce que la SNCF serait « fragilisée ». Mais qui a créé une telle situation ?

La libéralisation du Rail (comme celle de la distribution postale, du Ciel, de l’eau, de la Santé et demain l’Education) a été voulue et organisée par les différents gouvernements. Ne réussissant pas à démanteler et privatiser les services publics ferroviaires dans un face à face national, les gouvernements européens ont créé une contrainte en établissant une libéralisation à l’échelle de l’Europe. Le transport ferroviaire devient un marché dans lequel des grands groupes se partagent le gâteau des lignes rentables pendant que les usagers payent de plus en plus cher et doublement : par le prix du billet et par leurs impôts puisque les transport régionaux sont subventionnés par les Régions. Et les syndicats cheminots ont largement raison de pointer la question de la dette de la SNCF (plus de 40 milliards d’euros) que l’Etat refuse de prendre en charge alors que c’est lui qui l’a contracté en faisant sa politique de ligne à grande vitesse partout au détriment de la rénovation des lignes régionales. Cette dette sera évidemment payée par les usagers et les cheminots, les uns avec une hausse continue du prix du billet, les autres par une dégradation de leurs conditions de travail.

La réforme vise à créer 3 entités dite publiques mais qui seront de droit privé (des EPIC). Il accède ainsi en partie à l’exigence des cheminots de ne plus être divisés entre RFF et SNCF mais dans la réalité, il restera une différence entre SNCF infrastrusture et SNCF voyages, ce qui sera toujours source de complications administratives. Et l’entité qui chapeautera le tout sera une entreprise purement commerciale, donc aisément transformable en entreprise à but exclusivement financier et facilement privatisable. Derrière le baratin du gouvernement, c’est donc bien un pas de plus vers la disparition du service public. C’est déjà ce qui avait été fait, avec les réformes successives qui ont abouti à la séparation en deux pôles, RFF et SNCF, à l’époque de Jospin et confirmé par les gouvernements à sa suite. Le gouvernement Hollande aujourd’hui ne fait que poursuivre une politique qui en 15 ans et a transformé l’entreprise en profondeur diminuant les acquis des salariés et des usagers. Très peu d’embauches de vrais cheminots et cheminotes, une transformation de la SNCF voyageurs en entreprise privée en terme de fonctionnement, des prix exorbitants, des casses à répétition et des accidents réguliers et parfois dramatiques faute d’investissement !

Avec cette réforme, la SNCF de demain sera dirigée pour des groupes d’actionnaires pour qui ne compteront que les dividendes sur actions. Déjà la SNCF possède des centaines de filiales (Keolis, Geodis…) et des lignes à l’étranger dans lesquelles les salariés sont sur exploités et n’ont pas le statut de cheminot. Le gouvernement prétend qu’il ne sera pas touché au statut de cheminot mais il a multiplié ces dernières années via l’ANI et autres, des attaques sur les droits mêmes les plus basiques des travailleurs…C’est la même chanson que pour les libéralisations et privatisations précédentes (Telecom, Poste, Santé…). Résultat : disparition des statuts, embauche de précaires et de personnels sous payés… et pour quel gain ? Dans les telecom, on est passé d’un service public à un monopole occupé par quelques opérateurs qui pratiquent des tarifs exorbitants.
C’est pour toutes ces raisons que les cheminots ont largement raison de faire grève et qu’il faut continuer jusqu’au retrait de la « réforme » et son remplacement par un retour à un statut de service public.

Pour la victoire de la grève des cheminots

* Non à la casse de la SNCF, retrait de la « réforme » en cours *
* Maintien intégral du statut des cheminots, et extension à tous les secteurs travaillant dans le cadre de la SNCF *
* Pour un service 100% public du transport ferroviaire, sous contrôle et gestion démocratique des cheminots et de la population, fonctionnant pour satisfaire les besoins de transport et non le profit *

Un gouvernement qui a le même ton que la droite contre les grévistes

Hollande et Valls se sont vite exprimés pour condamner la grève : « irresponsable… inutile… pas tolérable », «Il faut savoir arrêter une grève ! » (pas très original) ou l’autre « il n’y aura pas de report du débat ». Le tout accompagné d’un ton extrêmement ferme, Valls prend de plus en plus goût à la méthode répressive : « je n’ai qu’une certitude: prendre un autre chemin nous conduirait à l’échec », a-t-il dit. « Il faut (…) de la fermeté, de l’autorité pour gouverner la France ». Cela va bien au delà d’une critique de la grève et Sarkozy ou autre aurait largement dit la même chose.
La volonté est claire, le gouvernement se doit de faire passer cette réforme car il se doit de faire passer toute sa politique contre les travailleurs et la population. D’ailleurs la droite UMP ne s’y trompe pas et apporte un soutien à peine voilé au gouvernement, largement alimenté par sa haine des cheminots et surtout des syndicats CGT et SUD. Ils détestent les cheminots et leur rôle emblématique depuis tant d’années notamment en 1995 contre Juppé qui avait du reculer sur son plan de casse de la sécurité sociale. Mais surtout le PS se veut un parti représentant les intérêts des grands patrons alors que l’UMP est dans une crise profonde. Ils veulent montrer qu’ils peuvent « réformer » dans le sens des intérêts des riches, des banques et des grands actionnaires, les grosses entreprises encore publiques comme la SNCF ou la Poste pour en tirer un maximum de bénéfices. L’enjeu c’est évidemment d’offrir le gâteau promis aux grands patrons et de refuser de reculer devant une lutte de travailleurs afin de continuer la politique d’austérité et de casse des services publics et du droit du travail.

Le plus affligeant c’est que Valls prétend que c’est cela où alors « la gauche va disparaître ». Mais quelle gauche ? Si c’est celle de la politique de Valls alors tant mieux si elle disparaît, car ce n’est pas une question d’étiquette. Cette gauche là n’est plus de notre camp, et ce ne sont pas les quelques gémissements d’EELV et des pseudo opposants internes au PS qui laissent penser autre chose : tous vont voter la réforme de la SNCF.

Il nous faut une riposte de l’ensemble des travailleurs

Ce que craint ce gouvernement, c’est l’établissement d’un véritable rapport de force de l’ensemble des travailleurs, des jeunes, des chômeurs, des précaires, des retraités… contre sa politique et son plan d’austérité. La lutte des cheminots peut aider à construire ce rapport de force. Les syndicats qui ont lancé cette lutte, les assemblées générales des cheminots sont autant de moyen de développer cela plus encore. Il faudrait un appel clair de tous les syndicats qui refusent le pacte d’austérité et les autres attaques du gouvernement à soutenir les cheminots et participer aux manifestations.

Tout les pas en avant que peuvent faire les cheminots, les intermittents et précaires en lutte sera un pas en avant pour l’ensemble des travailleurs.
Le gouvernement va continuer une série d’attaque pour mettre en place son pacte d’austérité, les salaires vont être encore gelés, les services publics dégradés, dans le privé il y aura encore plus de facilité pour baisser les salaires ou licencier. Il nous faut une journée de grève d’ensemble, contre la politique du gouvernement, les bas salaires, les mauvaises condition de travail… Une telle journée, avec un appel clair à bloquer l’économie par la grève et par des blocages de masse, des dizaines de milliers de travailleurs, de jeunes, de chômeurs pourraient s’en saisir et ce serait un pas en avant pour construire la lutte contre la politique de Hollande-Valls.

 

Alex Rouillard et Leila Messaoudi