Rouen, Rennes : grèves des pompiers pour défendre leurs emplois!

RCAMEN29Q507_OO_GREVE_POMPIERS.JPGDepuis juillet 2013 et jusqu’en cette fin septembre, les habitants des agglomérations de Rouen ou de Rennes ont vu les camions rouges sillonner les rues et intervenir mais avec des inscriptions «En grève» ou «non aux sanctions» ! En effet les pompiers professionnels des services départementaux incendie secours (SEDIS) 76 et 35 sont en grève ou ont fait, comme dans le 76, deux mois de grève illimitée.

Les raisons de ces grèves sont les mêmes : les directions des SEDIS veulent embaucher des pompiers volontaires qui travaillent avec des salaires, des formations et des perspectives de retraite bien moindres que ceux des pompiers professionnels. Les pompiers de Rennes soulignent aussi le manque d’effectifs et sont partis en grève illimitée le 23 septembre.

Les sapeurs pompiers du 76 eux, se sont mis en grève le 15 juillet car la direction voulait faire travailler pendant la médiatique Armada des pompiers volontaires à leur place. 52 professionnels s’y sont opposés et sont intervenus durant les festivités. La direction a essayé en vain d’opposer les pompiers professionnels et volontaires mais ne s’est pas privée de sanctionner les sapeurs professionnels.

Il faut dire que cela fait des années que les pompiers se battent pour des embauches et contre la casse de leur statut. Le fait que les directions poussent à l’embauche de volontaires est un réel danger pour eux. La direction a sanctionné 52 pompiers mais devant la détermination des grévistes, elle a un peu reculé et de 18 blâmes et 34 retenues sur salaires, on est passé pour l’instant à 45 blâmes ou mises à pied sans retrait de salaire. C’est une première victoire. Les pompiers du 76 ont suspendu leur grève mais restent vigilants.

Transports : mise en échec des différents plans de licenciements à Loheac (Haute Normandie)

Manifestion des employés de l' entreprise Lohéac contre le licenciement de 78 personnes avec le soutien des salaries de Petroplus, eux aussi menacés de licenciement.  Photo : JEAN MARIE THUILLIER

Manifestation des employés de l’ entreprise Lohéac contre le licenciement de 78 personnes avec le soutien des salaries de Petroplus, eux aussi menacés de licenciement.
Photo : JEAN MARIE THUILLIER

 Loheac est une entreprise de transport routier de taille moyenne dans l’agglomération de Rouen. En mai dernier, le patron D. Loheac a essayé d’utiliser le prétexte de la fermeture de la raffinerie Petroplus pour procéder à 78 licenciements. Dans la réalité, 36 licenciements concernaient la filiale containers Alca, rien à voir donc avec le transport de carburant. Quant à ceux de la filiale citerne ils ne transportent pas pour Petroplus, (cette raffinerie revend ses produits à Shell) et beaucoup des licenciements prévus étaient sur le site du Havre. Après une bonne mobilisation (plus de 120 salariés par deux fois en mai, et d’autres rassemblements en été et en septembre) et quelques recours judiciaires, Loheac a du faire machine arrière, incapable de fournir une comptabilité justifiant un Plan «social». Il a essayé de remettre ça au milieu de l’été, présentant une mise en faillite. Mais là encore, les documents comptables n’étaient pas bons : par exemple, les salaires de juillet étaient provisionnés comme charge à venir alors qu’ils avaient été payés… En septembre, il a donc dû faire une fois de plus machine arrière et demander une liquidation judiciaire. Il a été obtenu que l’entreprise aie un administrateur et qu’une réévaluation soit faite au bout de quelques mois. D. Loheac a aussi tenté de faire baisser les salaires en se passant de la signature des syndicats dans une mesure qu’il a prise en 2010 et qui a été invalidée par deux fois en justice, décision qu’il refuse d’appliquer. «S’il pouvait, il t’exécuterait dans la cour quand il n’a plus besoin de toi», comme disent de nombreux routiers ; «crapule» et «patron voyou» (sont des termes soient parmi les plus polis qu’utilisent les chauffeurs routiers lors des rassemblements). D. Loheac a non seulement dû affronter ces échecs, mais il est également sous la menace d’une enquête demandée par le syndicat (CFDT) du fait de ses nombreuses filiales non rattachées au groupe Loheac. De très petites entreprises (sans syndicat) rassemblées au sein du Groupement des activités économiques Loheac qui fait aussi bien de l’immobilier que du transport… Les livres de compte de ces combinaisons doivent être ouverts au plus vite et rendus accessibles aux salariés et aux syndicalistes. Et ce ne devrait pas être la seule entreprise dans ce cas.

Paru dans l’Egalité n°163 (oct-nov 2013)

Nancy, Lorraine… des licenciements et des luttes tous azimuts !

Les salariés de l’hôpital de Nancy sont en lutte contre la suppression de 250 postes. Mais le chiffre des suppressions devrait être plus élevé, puisque le directeur de l’hôpital parle de 12% de personnels en trop, soit 800 postes. Ces suppressions de postes succèdent à la suppression de plusieurs centaines de contrats aidés au cours des dernières années. La cause ? Un déficit chronique qui atteint plus de 20 millions d’euros en 2012. L’hôpital de Nancy est la victime des politiques publiques en matière de santé, en particulier la réforme Bachelot et sa tarification à l’acte (T2A)

Les 50 salariés d’Altadys de Vandœuvre-lès-Nancy sont en grève avec piquet contre la fermeture de leur entreprise depuis plusieurs jours. Altadys, l’entreprise publique SEITA privatisée et rachetée en 2008 par Imperial Tobacco, engrange pourtant d’énormes bénéfices : +50% en 4 ans, l’année dernière l’action a pris 20%. En 2008 les salariés de Nancy avaient subi un plan de licenciements. Le groupe a déjà fermé 3 sites depuis le début des années 2000. La direction propose le reclassement en région parisienne ou lyonnaise pour 22 salariés, des départs en préretraite pour une poignée d’autres… pour le reste, c’est les licenciements secs.

Les 330 salariés de SODETAL, une tréfilerie produisant à Bar-le-Duc des fils d’aciers pour les pneus et les panneaux photovoltaïques, filiale du géant allemand de l’acier Saarstahl, sont menacés de licenciement. La cause de ce désastre, une mauvaise stratégie de la direction de l’entreprise, qui au lieu d’investir pour moderniser l’outil de production à préféré se lancer dans le photovoltaïque, secteur à très forte concurrence. La fermeture de cette usine porterait un coup économique et social rude pour la Meuse et le Barrois.

Par Yann Venier

Paru dans l’Egalité n°163 (oct-nov 2013)

Gaz de schiste et de couche : Sommes-nous sortis d’affaire?

 

En juillet 2011, suite à une forte mobilisation contre l’exploitation du gaz de schiste, et en pleine période préélectorale, le gouvernement de droite faisait voter en urgence une loi contre la fracturation hydraulique. Cette loi est insuffisante car elle se limite à interdire ce type de fracturation et elle n’inclut pas d’autres extractions comme le gaz de couche, tout aussi polluantes et dangereuses pour l’environnement et les populations.
Depuis, les multinationales et les lobbys de l’énergie n’ont cessé de contester cette loi qui entrave leur liberté d’exploitation. Pour eux, seuls les profits engendrés par cette manne énergétique comptent. Usant de leurs argumentaires, telles l’indépendance énergétique ou encore les créations d’emplois induites, ils maintiennent la pression afin de faire céder les politiques au pouvoir. Pourtant, par exemple, un puits de gaz de couche dans le valenciennois ne produirait au mieux 40 ans de gaz et n’embaucherait au plus 4 personnes. Ce même puits polluerait les nappes phréatiques alimentant en eau potable 45 000 personnes Tout ceci n’est qu’un leurre pour servir la spéculation boursière sur les matières premières ! Les licenciements ou la sous-traitance dans le secteur de l’énergie en général en sont encore une triste illustration !

Le capitalisme, fossoyeur de la planète.

Les désastres écologiques et le pillage des ressources sont le résultat du fonctionnement du capitalisme lui-même. Ce système économique basé sur la recherche du profit et la vision à court terme est incompatible avec les considérations environnementales.
Dans l’énergie, une poignée de multinationales se partage le secteur et impose ses choix en matière d’exploitation des ressources. C’est pour cela que les énergies fossiles dominent au détriment des énergies renouvelables et qu’aucune transition énergétique sérieuse ne se met en place. Il est impossible de protéger l’environnement dans le cadre des institutions actuelles, qu’elles soient nationales ou internationales, car celles-ci sont garantes de la libre entreprise donc au service du capitalisme, c’est-à-dire qu’il ne faut aucune entrave aux marchés et aux profits, peu importe les conséquences sociales ou environnementales.
Les lobbys pour l’extraction des gaz de couche et de schiste n’ont d’autres intérêts que la finance.
Aux États-Unis, les économistes montrent le début de l’éclatement de la bulle spéculative autour du gaz de schiste. Les études sur les ressources minières ont été volontairement surestimées pour pouvoir faire émerger cette bulle spéculative. Aujourd’hui en France, on assiste à ce même phénomène, des entreprises pétitionnent l’Union Européenne pour des permis d’exploration alors qu’elles n’ont pas le capital suffisant pour les mener, leur objectif est clair : se positionner sur le marché pour pouvoir revendre son autorisation à prix d’or dès que les lois vont changer. Ainsi une belle plus-value est réalisée.

La lutte contre les gaz de schiste et de couche doit s’intégrer à une lutte plus large sur la question de la production énergétique elle-même et de qui décide de cette production et dans quels intérêts.
Sous le capitalisme, c’est le pouvoir économique qui dicte ses lois, en fonction des profits et non des besoins réels de la population. C’est pour cela que la transition énergétique et la lutte contre les gaz de schiste doivent être liés à un changement de société, vers le socialisme, car c’est seulement par le contrôle de l’économie par les travailleurs et la population que nous pourrons décider des choix de production, mais aussi des choix énergétiques en fonction des besoins humains et environnementaux et non des profits.

Pas de vraie écologie possible sous le capitalisme !

– Investissement public massif dans la recherche et le développement des énergies renouvelables.
– pour en finir avec les énergies polluantes, c’est aux travailleurs de l’énergie et à la population de décider
– Nationalisation des grands groupes pétroliers et des principaux secteurs de l’énergie, sous contrôle et la gestion démocratique des travailleurs et de la population.
– Pour un monopole public de l’énergie.

 

Non aux expulsions ! Non à la politique raciste du gouvernement Ayrault/Valls !

imagesAprès Katchik 19 ans , une jeune Rom du Kosovo, Leonarda 15 ans, a été reconduite à la frontière avec sa famille manu militari lors d’une sortie scolaire. La police ayant déjà arrêté la mère, le père avait été expulsé la veille, a téléphoné via le maire de la commune de résidence de la famille, à la jeune fille la sommant de venir. Cette dernière a transmis le téléphone à un enseignant qui a fait arrêter le bus pour que la police puisse arrêter la jeune fille immédiatement.
Le ministre de l’intérieur Emmanuel Valls, voudrait nous rassurer en disant que tout cela a été fait discrètement, loin des regards de ses camarades et que la loi a été respectée . De qui se moque-t-on ? La sortie d’un bus d’une élève et son non-retour est tout sauf anodin et discret !
Ici le gouvernement nous montre à quel point il mène une politique raciste, qui n’hésite pas à utiliser les méthodes les plus obscures ! Un mineur n’est pas expulsable selon la loi française (qui se durcit d’années en années ) et donc les parents n’ont pas à donner des renseignements pour les localiser. La police, sous directives du ministère de l’intérieur, applique des méthodes au bord de la légalité profitant du fait que des parents n’acceptent jamais l’abandon de leur enfant !

Les lycéens ont vivement réagit à ces expulsions et le jeudi 17 octobre des blocages ont eu lieu dans plusieurs lycées parisiens ( Voltaire, Charlemagne, Sophie Germain, Dorian, Victor Hugo, Hélène Boucher, Dorian, Brassens, … ) puis ils ont manifesté jusque devant le ministère de l’intérieur . Bien sûr on leur a envoyé la police pour les gazer.
Aujourd’hui une nouvelle manifestation a lieu à 13h à Bastille appelé par les organisations syndicales lycéennes et les réseaux défendant les sans papiers. Des lycéens d’autres villes en France ont aussi commencé à manifester.

Lycéens , Parents, enseignants et personnels de l’éducation : mobilisons nous pour stopper les expulsions!
Retour immédiat des expulsés !
Régularisation des sans-papiers !
Pour le droit à tous et toutes d’étudier et de vivre dans le pays de son choix !

Grève à continental nutrition

A Boulogne la société continental nutrition est mise en redressement judiciaire depuis le 28 mai. La fermeture est probable pour les salariés sous le feu d’un plan de licenciement.
La grève est reconduite après 5 jours aujourd’hui suite à l’annonce d’une enveloppe de la direction de 450000 euros qui représenterait 400 euros par année d’ancienneté comme indemnité. La cfdt revendique 1500 euros par année.