Clash chez les Le Pen – que se passe-t-il au FN?

jean marie et marine le penOn assiste à un mélodrame familial via médias interposés. Marine Le Pen et le bureau politique du FN ont suspendu Jean Marie Le Pen ; on en a aussi entendu et vu encore de belles de la part de leurs militants le premier mai dernier. S’agit-il de divergences politiques, d’une stratégie de communication?

L’article publié ci-dessous est extrait de l’Egalité n° 171, mai-juin 2015

Carrefour Market, Carrefour rackette !

rassemblement postiers et carrefour market 3Rassemblement au Carrefour Market de Vanves
« Carrefour Market, Carrefour rackette ; ta demi baguette, on n’en veut pas ! »*

Ce samedi 2 mai, les travailleurs du Carrefour Market de Vanves dans le 92 ont de nouveau débrayé une heure. Cet arrêt de travail est le cinquième depuis le début des actions qui ont lieu dans de nombreux Carrefour Market depuis le 6 février.
Ce matin, ils étaient cependant accompagnés par les travailleurs de la Poste du 92, eux aussi en lutte contre les bas salaires, la précarité, les suppressions de postes et la répression syndicale.

Pendant deux heures, ils ont distribué un tract commun aux clients, faisant signer des pétitions pour soutenir les revendications salariales autant des Postiers que des employés de Carrefour. Parce que oui « 1000 euros, (c’est) la misère » ! Un beau rassemblement commun intersyndical CGT-SUD auquel la Gauche Révolutionnaire était également présente en soutien à cette courageuse et nécessaire lutte.

Une lutte commune d’autant plus importante que la Poste externalise de plus en plus de ses services vers le commerce. Ainsi les salariés de Carrefour sont sensés faire de la vente de produits courrier (les enveloppes pré-affranchies par exemple) ou délivrer les colis dans les magasins qui deviennent des relais, ce sans aucune contrepartie financière (donc de la surcharge de travail totalement gratuite), à l’heure où la Poste veut supprimer 7000 bureaux et 50000 emplois d’ici 2020 !

Les salariés de Carrefour ne lâchent rien. Et comme le fustigeait fort justement un délégué CGT, « les salaires baissent, il y a moins d’embauches, alors qu’ils ont de l’argent ! ». Et effectivement, « de l’argent, il y en a, dans les poches de Georges Plassat [le PDG de Carrefour] » !

*L’augmentation salariale que la direction de Carrefour a cédé pendant les négociations annuelles 2015 est de l’ordre de 0,33€ par jour pour une caissière, soit l’équivalent d’une demi-baguette !
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Encore un cadeau aux compagnies autoroutières

barrière-de-péageL’année 2015 avait commencé avec bruit : les compagnies autoroutières qui augmentent chaque année leurs tarifs de bien plus que l’inflation allaient voir ce qu’elles allaient voir. Menace de nationalisation, puis de gel des tarifs, puis obligation de hausse modérée puis… plus rien. Au contraire, elles vont bénéficier d’une rallonge de deux ans de leur contrat de concession !

Le problème, selon le ministre de l’économie Macron, c’est que si l’Etat avait imposé le gel des tarifs ou résilié les contrats, alors « sa parole aurait été remise en cause ». Evidemment c’est grave.

Les salaires gelés, le chômage qui augmente, les privatisations qui continuent, passe encore, mais la « parole de l’Etat remise en cause »… on en tremble encore.

Du coup, pour vraiment montrer de la bonne volonté, le nouvel accord signé interdit une marge de profit supérieure à… 30 % ! Là vraiment, ça se verrait trop que c’est juste une rente pour gros groupes capitalistes (dont les employés touchent à peine mieux que le SMIC). Donc, si vraiment les compagnies n’arrivent pas à se limiter à 29,9% de profit sur le dos des automobilistes, ce serait du « surprofit » d’après l’accord. Et donc les concessions seraient reprises en main par les « pouvoir publics » (bon en fait l’autorité de régulation qui refilera ça à une compagnie qui arrive à gérer sa gourmandise).
Comme ça se voit un peu qu’on nous fait les poches pour un investissement minimal et surtout au moyen de péages coûteux et inutiles puisqu’ils génèrent d’interminables bouchons quotidiens pour de nombreux travailleurs, il est demandé aux compagnies de mettre un peu plus dans l’investissement. Mais vraiment un petit peu : 100 millions d’euros à un fond de la Caisse des dépôts, et un milliard pour les infrastructures routières que les compagnies devront payer sur la durée de leur concession autrement dit jusqu’en 2030 pour la plupart. L’effet d’annonce de 3,2 milliards fait par Valls et Macron est de la poudre aux yeux, car très étalé dans le temps. Les compagnies engrangent chaque année un chiffre d’affaire de plus de 18 milliards d’euros… tout en investissant au minimum, notamment dans les aires de repos.

Et si les tarifs sont gelés pour 2015, ils ne le seront pas en 2016 et 2017. Tout va bien donc, la parole de l’Etat est respectable aux yeux des compagnies d’autoroutes qui sont grandes gagnantes de ce que cet accord permet de fait aux augmentations de continuer.
Suppression des péages, nationalisation des autoroutes sans indemnités pour les compagnies, mise en place d’une fiscalité fortement progressive, notamment en fonction du poids, et indexée sur les revenus,… les personnels pourraient être employé à des activités vraiment utiles sur les aires d’autoroute et les échangeurs. Autant de chose qu’un gouvernement réellement au service des travailleurs et de la population pourrait mettre en place.

Alex

Carrefour : les employés défient le CAC40

quetigny_manif_carrefourDepuis le 6 février le mythe du soidisant dialogue social exemplaire dont se targue la direction du groupe Carrefour a volé en éclat. C’est le jour où ont commencé des vagues d’actions de grève et de débrayages, surtout dans les Carrefour Market. Distributions de tracts, défilés de salariés en colère dans les galeries marchandes, piquets devant les magasins pour faire signer des pétitions aux clients…

Comme nous l’avons rapporté sur notre site et dans les précédents numéros de l’Egalité, les salariés ont aussi participé en nombre aux manifestations contre la loi Macron en novembre, janvier et février mais aussi à la grève interprofessionnelle du 9 avril.

Les salariés de chez Carrefour sont mécontents. Ils ont raison. Leur combat est non seulement juste mais aussi emblématique. Ils font partie de tous ces salariés des groupes du CAC40 comme ceux de Danone qui ont décidé que 62 milliards d’euros pour les actionnaires en 2014 et rien ou presque pour les salaires, ça valait le coup de se mobiliser pour réclamer notre part du gâteau. Un gâteau fabriqué sur les bas salaires des employés, cuit dans le four des licenciements par centaines et saupoudré de temps partiels imposés et de CDD.

Carrefour, quelle situation ?

Carrefour ou un autre groupe du CAC. Mêmes profits qui grimpent en flèche, mêmes actionnaires qui se gavent. Carrefour, qui a reçu 194 millions de crédit CICE en 3 ans. Qui a supprimé plus de 12500 emplois depuis 2009. Pas qu’un chiffre : des collègues qui ne supportent plus leurs conditions de travail. Au magasin de Montreuil, la direction qui essaie de maquiller une tentative de suicide en « malaise ». Mais à côté de cette dure réalité, c’est 1.24 milliards de bénéfices et les actionnaires qui ont gagné 10% de plus en 2014 qu’en 2013. Le PDG qui s’est fait près de 3 millions d’euros en dividendes.

On ne se laisse plus faire

Dans les dernières « négociations » annuelles (NAO), le groupe a lâché en moyenne 0,5% d’augmentation aux salariés. Il n’y a pas d’autres mots que foutage de gueule. A Carrefour Market, on débraye lors des « weekends de la colère ». Les syndicats demandent la réouverture des NAO, les mêmes salaires et les mêmes primes que dans les hypermarchés. «Aujourd’hui on va perdre la journée mais on va gagner plus tard». Le 13 mars, première action d’envergure nationale dans les hypermarchés depuis deux ans, « Les clients, avec nous ! » et blocage des camions.

La direction fait la sourde oreille mais le mouvement continue. Les travailleurs relèvent la tête. Un début d’intersyndicale CGT-CFDT voit le jour à certains endroits. Les syndiqués FO se sont mobilisés le 9 avril malgré leur direction nationale qui marche avec celle de Carrefour. Les syndiqués des hyper et des market se parlent, commencent à faire des actions en commun. Et surtout, cette grève est là pour nous monter, en écho à toutes les autres, Sodexo, Parashop, le groupe Casino, KFC, Sephora…, que les salaires, ça se défend, qu’il faut se battre et leur faire mal au portefeuille pour soulager les nôtres !

Par Cécile

Pour une nouvelle journée interprofessionnelle de grève !

cgt76Nous publions ICI l’appel adopté par le congrès des 8, 9 et 10 avril dernier de l’Union départementale 76 de la CGT.

Après la grève du 9 avril, construisons le mouvement d’ensemble nécessaire pour faire gagner nos revendications

La mobilisation du 9 avril 2015, à l’appel de la CGT – FO – FSU et Solidaires, dans le département de la Seine Maritime a été un incontestable succès avec presque 15 000 salariés du privé comme du public, retraités et privés d’emploi, dans les rues de Dieppe , du Havre et de Rouen ainsi que ceux présents dans le cortège parisien. Sur l’ensemble du territoire national, ce sont plus de 300 000 manifestants qui ont été recensés, démontrant ainsi que la combativité est au rendez-vous.

Les manifestants ont démontré leur volonté de refuser toute politique d’austérité. Ils refusent toute régression sociale et exigent du gouvernement une véritable politique au service de l’emploi, des salaires et des conditions de travail. Ils exigent une véritable politique industrielle et un engagement du renforcement des services public et de la fonction publique.

Notre congrès a réaffirmé la nécessité d’un syndicalisme de masse et de lutte de classe œuvrant à la convergence des luttes sur nos revendications que sont notamment : Interdiction des licenciements, l’augmentation générale des salaires, des pensions et des indemnités chômage de 300 €, l’abrogation des lois régressives sur les retraites et la mise en œuvre d’un véritable projet de financement de la protection sociale dans son ensemble. En outre, nous exigeons la suppression du Pacte de responsabilité et des lois de décentralisation et de la réforme territoriale.

Alors que le combat contre le projet de loi Macron continue, le gouvernement au service du patronat et de la finance, répondant aux exigences de l’Union Européenne, en remet une couche avec le projet de loi dit de dialogue social qui sonne comme une véritable déclaration de guerre contre le monde du travail. Il s’agit de réduire massivement le nombre de représentants du personnel en fusionnant DP / CE et CHSCT dans les entreprises de moins de 300 salariés ainsi que de pousser à d’autres remises en cause dans les entreprises plus importantes par le biais d’accords collectifs. Les congressistes refusent toute remise en cause du code du travail et les projets visant à affaiblir le CDI comme contrat de travail de référence.

Nous continuons à exiger une autre répartition des richesses, plus un sou supplémentaire ne doit aller dans les poches des actionnaires et du patronat.
Faire reculer la politique antisociale gouvernement et patronat nécessite la construction d’un puissant rapport de force à la hauteur des attaques, ancré sur nos propositions et revendications. Sans exclure d’autres formes d’actions, un mouvement de grève, et de manifestations prolongé, dans l’unité, avec le blocage de l’économie du pays nous permettrait d’y arriver. Le succès du 9 avril, est un premier pas qui ne peut pas rester sans lendemain.

Au niveau départemental comme au niveau national, les Organisations syndicales à l’initiative du 9 avril vont se rencontrer pour discuter des suites du mouvement. Nous préparons dès à présent un 1er mai offensif et revendicatif. Une nouvelle Journée de grève générale de 24h autour de la mi-mai pourrait constituer une nouvelle étape d’une stratégie pour gagner sur nos revendications. Organisons des Assemblées Générales de syndiqués partout pour préparer les suites des luttes.

Lillebonne le 10 avril 2015