Les manifestations de Ferguson, Missouri : début d’un mouvement social de masse ?

fergLe samedi 9 août 2014, Michael Brown, un jeune noir de la petite ville américaine de Ferguson, Missouri est assassiné de 6 balles par la police. Les officiers déclarent qu’il était soupçonné de vol et qu’il les a attaqué et tenté de saisir l’arme d’un policier. Deux autopsies révéleront rapidement que cette version est un mensonge, puisque les balles ont été tirées de face et à une certaine distance. Le jeune homme n’était pas armé et a mis les bras en l’air pour se rendre. Ce drame et la façon dont il a été traité par les politiques démontrent à nouveau le niveau de tension raciste qui existe dans la soi-disant « Amérique post esclavagiste » de Barack Obama. Mais le drame de Ferguson est aussi emblématique à divers niveaux.

Il expose les effets catastrophiques de la crise économique actuelle et du fonctionnement du capitalisme en général, mais aussi le refus des nouvelles générations de se laisser faire.

Militarisation de la police

 Pendant deux semaines, des manifestations de protestation ont eu lieu à Ferguson même et dans d’autres villes. Bien que ce soient surtout les pillages et la violence qui ont fait la une il faut souligner que les manifestations étaient toujours pacifiques jusqu’à ce que la police intervienne, traitant les manifestants d’animaux et autres. Des dizaines d’arrestations sommaires ont eu lieu, des journalistes ont été arrêtés, la population a été gazée sans raison et l’armée (la garde nationale) a été appelée.

L’ironie macabre est qu’il faut maintenant appeler l’armée pour remettre de l’ordre là où la militarisation extrême de la police, sous prétexte de « guerre à la drogue » et de « guerre au terrorisme » assassine le peuple, et les plus pauvres de préférence.

Les manifestants se sont retrouvés sans armes face à des policiers armés comme des soldats: de quel côté est la violence, alors ?

 Pauvreté en augmentation

 Le problème des armes est récurrent aux Etats Unis, mais ce dont les médias ont moins parlé c’est que Ferguson est symptomatique de ces petites et moyennes villes américaines où le rêve américain s’est transformé en cauchemar à cause de la crise économique. La banlieue de St Louis se paupérise très rapidement. À Ferguson, la pauvreté a doublé entre 2010 et 2012 ! Un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, 50 % de la population noire ; cela explique certainement l’énorme frustration de cette jeunesse noire. En plus de s’étendre, cette pauvreté se concentre.

Tous ceux qui peuvent quitter ces villes le font. Ferguson était une ville à majorité blanche dans les années 60. La population noire, toujours plus pauvre, est arrivée avec les mêmes aspirations de rêve américain suite aux luttes pour les droits civiques, mais les rênes du pouvoir local (politique et économique) sont restées aux mains des blancs. Et au fur et à mesure que la classe moyenne blanche s’enrichissait elle s’éloignait vers des zones résidentielles de type « Desperate housewives ».

 S’organiser pour construire un mouvement de masse contre les salaires de misère

 Après le grand mouvement pour les droits civiques, un autre mouvement d’ampleur se construit. De nombreuses tentatives de récupération de la colère des jeunes de Ferguson ont eu lieu, de la part des « officiels » de la lutte noire comme le NAACP*, de célébrités comme Oprah Wimfrey ou de représentants du parti démocrate comme Jessie Jackson, sans oublier toutes les églises… A chaque fois, le même message : « rentrez chez vous, et laissez-nous gérer pour vous ».

Beaucoup de jeunes ont exprimé leur frustration de voir comment la génération précédente n’a pas maintenu le flambeau de Martin Luther King jr, Malcom X et les Black Panthers, et ils ne comptent pas en rester là. Oui, il y a des Oprah Wimfrey, des patrons noirs, et même un président noir… et alors ? Ils ont embrassé les valeurs néolibérales et ont « réussi » individuellement, mais la politique menée par Obama montre bien que la bourgeoisie est prête à une certaine souplesse pour maintenir ses intérêts, Obama est en fait le plus parfait des «oncle Tom» : il court au-devant des exigences de ses maîtres !

Un mouvement de masse est en train de se construire pour un salaire minimum de $15 de l’heure dans tout le pays. Nos camarades de Socialist Alternative à Seattle ont permis à cette lutte d’être victorieuse dans cette ville, et mettent toutes leurs forces à étendre ce mouvement. Dans de grandes villes comme Chicago et San Francisco les travailleurs s’organisent pour gagner ce salaire minimum, encore une promesse non tenue d’Obama. Ils montrent la voie : s’organiser pour lutter et défendre nos droits. Là-bas, comme ici, c’est la seule alternative sérieuse pour la jeunesse et les travailleurs.

*National Association for the Advancement of Colored People (en français : association nationale pour la promotion des gens de couleur) organisation américaine de défense des droits civiques, l’une des organisations les plus anciennes et les plus influentes aux États-Unis.

Contre « l’Hôstérité »

hpDepuis la Tarification à l’activité, les hôpitaux sont de plus en plus en difficultés pour fournir des soins de qualité. Malgré les nombreux efforts du personnel : la règle devient le non-remplacement du personnel en congé maladie, les RTT supprimées, les heures supplémentaires non-payées mises dans un compte épargne-temps et des dotations en matériel en diminution. C’est aussi assez fréquent que lorsqu’un quart de travail commence, le matériel le plus basique, le linge ou aussi le matériel technique ne fonctionne pas ou mal ou bien manque. Le temps d’aller se faire dépanner dans les unités voisines, c’est du temps en moins auprès des patients… C’est aussi un stress supplémentaire pour le personnel car il faut faire le maximum dans un minimum de temps. Le rendement c’est le mot qu’on entend lorsqu’on demande de meilleures conditions de travail !

Le gouvernement ne fait que continuer le calendrier fixé depuis 2007 pour avancer dans le transfert d’activités au privé et la privatisation en 2017. Si on ne s’oppose pas à ce carnage, tous les services qui ne sont pas rentables seront soumis aux directives des groupes d’actionnaires des cliniques, et l’Hôpital public sera complètement démantelé avec l’aide des Agences régionales de santé. Les 50 milliards d’économies c’est dans la dégradation des soins et de nos vies que nous les verrons.

Depuis plusieurs mois des luttes dans des hôpitaux et cliniques se développent, à Toulouse, Caen, Bordeaux, parmi certaines catégories ou dans certains secteurs. Une coordination a vu le jour avant l’été et appelle à se mobiliser le 23 septembre à 11h devant le Ministère de la Santé à Paris «contre l’hôstérité».

Les fédérations syndicales devraient aller dans le même sens pour cette journée et mobiliser les personnels hospitaliers. Il faut bouger et manifester à côté des personnels hospitaliers contre l’austérité imposée dans le secteur hospitalier. Non au transfert de services vers le privé, oui à un Hôpital public, gratuit et de qualité ! Embauche de personnels titulaires en nombre suffisant pour les besoins.

Organisons la riposte tous ensemble contre l’austérité, c’est pas à nous de payer pour les riches !

Vote de confiance : tout ça pour ça ?

indexTrois semaines qu’on ne nous parle que des frondeurs et du gouvernement qui perd le soutien de ses députés. Et au final, comme on pouvait s’y attendre, une trentaine de députés PS s’abstiennent sur le vote de confiance au gouvernement Hollande-Valls, puis rien…. Une tempête dans un verre d’eau ! Des députés qui sont au bout du compte plus gémissants que frondeurs, incapables de voter contre le gouvernement, incapable d’être le relais de la défiance générale de la population contre la politique de Valls. Un nombre grandissant de travailleurs, de jeunes, de précaires ou de retraités s’enfoncent davantage dans la pauvreté pendant ce temps payant davantage chaque jour la crise des capitalistes, avec l’appui d’Hollande et Valls !

Le gouvernement Valls est clairement fragilisé après 6 mois de gouvernance. Deux votes de « confiance » en 5 mois, c’est inédit et c’est le signe de l’instabilité politique et de la fébrilité. C’est évident pour Hollande et Valls, mais c’est aussi le cas pour l’UMP. En pleine crise interne et magouilles, le parti de droite a bien du mal à se démarquer de la politique de Valls car il est en accord quasi complet avec.
Rien d’étonnant alors que le Medef avec Gattaz pousse l’avantage et fasse une déclaration très antisociale juste avant le vote de confiance. Il propose de réduire le salaire minimum, de généraliser le travail de nuit et celui du
dimanche, d’allonger le temps de travail pour soi-disant créer 1 million d’emplois… Comme si dégrader les conditions de travail des salariés en poste allait permettre de créer des emplois. On sait que le Medef nous prend pour des idiots mais il faut bien dire qu’avec Valls et le nouveau ministre de l’économie Macron, qui dit lui aussi vouloir casser les limitations de durée du travail, il a de sérieux adjoints. Macron est d’un tel mépris pour les travailleurs que lorsqu’il parle des ouvrières et ouvriers des abattoirs GAD en Bretagne qui font face à 900 licenciements, il dit « ces gens là » dont « beaucoup sont illettrés ». De gauche, ce gouvernement ?

 Une fronde qui aurait payé et qui pèse ? Un discours gauchi ?

Certains parmi les medias disent que Valls a dû gauchir son discours de politique générale pour faire pencher les votes. Bien naïf celui qui croit cela ! La prime exceptionnelle de 40 € annoncée pour les petites retraites est une annonce de bien mauvais goût ! Et pourquoi pas un avoir ou une carte de rationnement pour acheter 40 baguettes de pain. Le minimum vieillesse augmenté de 8 euros pendant que les crédits d’impôts reçus par les grandes entreprises (CICE par exemple) se comptent en milliards d’euros pour atterrir dans les poches des actionnaires. La Poste a part exemple reçu près de 300 millions d’euros de crédit d’impôt en 2013 et a supprimé 4600 emplois dans la même période !

Mais même du côté de ceux qui ont voté contre la « confiance », rien n’est dit qui menace réellement la politique défendue par Hollande. Ainsi, le président du groupe Front de Gauche, le député PCF André Chassaigne, a déclaré : « Il est possible, avec la majorité telle qu’elle existe aujourd’hui à l’Assemblée nationale, de mettre en œuvre, avec un nouveau gouvernement, une autre politique ». Ces mêmes députés qui ont voté l’essentiel de la politique de Hollande, que ce soit du temps d’Ayrault ou aujourd’hui de Valls ? Que des députés soient déçus peut être certain, qu’il faille proposer d’entrer réellement dans une opposition au gouvernement et à sa majorité PS-EELV serait la bonne approche. Et non continuer à faire croire que ces députés qui votent la confiance à Valls ne sont pas clairement sur la même ligne politique que celui-ci. Tant que le Front de Gauche restera sur cette ligne de faire croire qu’il est possible de trouver des points d’accord avec des élus qui se disent de gauche mais qui appliquent sans problème la politique voulue par les capitalistes, alors il ne sera qu’un poil à gratter dans le dos de Hollande-Valls.

Quant au suspense sur la dissolution c’était évidemment de la comédie. Le FN prétendait même qu’il était prêt à cohabiter avec Hollande tout en sachant très bien que la dissolution n’aurait pas lieu. En fait, la dernière dissolution, en 97, était due à la vague de luttes qui avait battu Juppé et son plan de casse de la sécurité sociale en décembre 95 et qui pendant deux années avait stoppé la majeure partie des plans du gouvernement. La droite ne réussissant pas à faire passer sa politique, avait dissout l’assemblée pour que la « gauche » le fasse. On est loin de là aujourd’hui.

 Nous, on n’a pas confiance en Valls-Hollande !

Après ce mauvais mélodrame de rentrée, il reste clair que Valls, même avec sa majorité relative, va accélérer sa politique : nouveaux cadeaux aux grandes entreprises, nouvelles casses des services publics locaux et nationaux au nom du « pacte de responsabilité », chasse aux chômeurs….; alors que la fraude patronale aux cotisations sociales est de 21 à 25 milliards d’euros selon la Sécurité sociale elle même (quand celle attribuée aux salariés est d’environ 400 millions d’euros), que les dividendes des actionnaires pour le premier semestre 2014 sont de plus de 30 milliards d’euros.

Des millions de personnes en ont assez du duo même pas comique du gouvernement. Il faut que cette colère et cette opposition s’exprime dans la rue, dans les entreprises, dans les quartiers, par des manifestation et une véritable journée de grève qui bloque la circulation des marchandises et les principaux secteurs de l’économie, une journée de grève totale, générale, pour impulser un mouvement d’ensemble rassemblant les jeunes, les travailleurs, les chômeurs,… C’est comme cela que se construira une réelle opposition à ce gouvernement, qui ne se contentera plus de s’abstenir mais votera contre, par la lutte et la grève. C’est cela, s’ils veulent aller de l’avant, que devraient défendre les députés du Front de Gauche, et proposer aux « frondeurs » comme une vraie base commune pour stopper cette politique de casse sociale. En tous cas, on n’attendra pas, il est temps d’organiser la défiance contre Valls-Hollande.

par Leïla

Referendum en Ecosse : pour le droit des écossais à former leur propre Etat

ILL’Ecosse vote le 18 septembre sur son statut par rapport au Royaume-uni. Les derniers sondages voient un resserrement des voix entre le Non à l’indépendance donné gagnant et le Oui qui monte.

L’Ecosse est controlée politiquement et économiquement par Londres et les capitalistes anglais puisent en Ecosse tout ce qui peut leur ramener du profit. Les ressourses naturelles (pétrole, énergies renouvelables, pêche et agriculture) sont sous la domination de la « nation » la plus forte du Royaume-uni : l’Angleterre. 15 % des travailleurs écossais sont pauvres. Ils subissent une dégradation de leurs conditions de vie par des impôts les plus élevés du Royaume-Uni.

La montée des inégalités est insupportable pour la majorité de la population. Alex Salomon, premier ministre d’Ecosse et chef du Parti national Ecossais (SNP), a organisé ce referumdum, pour le OUI à une Ecosse autonome. Sa popularité est montée de pair à une campagne qui a critiqué les politiques dévastatrices de délocalisation et de libéralisation de l’économie, de privatisations orchestrées depuis les années 80 par les gouvernements britanniques.

Droit à l’autodétermination

Un nouveau pays, avec sa propre constitution, peut être une avancée démocratique.

Les petites nations qui sont exploitées par d’autres nations plus conséquentes portent en elles l’injustice de la colonisation.Les principes démocratiques mènent à considérer qu’une nation voulant son propre état, a le droit de demander et de lutter pour obtenir son autonomie.

Il y en a qui dénoncent l’autonomie de l’Ecosse comme un coup bas aux travailleurs d’Angletterre, que les écossais,

en quittant le Royaume- Uni, iraient à l’encontre de l’unité de classe.L’indépendance diviserait la classe ouvrière au Royaume-uni ? Ces propos laissent penser que l’exploitation accrue des travailleurs écossais serait alors un mal pour un bien. Mais c’est faux, car seuls les gros capitalistes tirent profit des travailleurs.

Les travailleurs subissent en pleine face l’utra libéralisme transférant toute la richesse produite par les travailleurs dans les poches des actionnaires. De plus, les travailleurs ne doivent pas se retrouver de force dans un état. Les travailleurs Anglais et Ecossais s’en prendront encore ensemble au capitalisme en Grande- Bretagne.

Ce n’est pas en esquivant la question nationale que cette division disparaitra dans le monde ouvrier. Un choix des travailleurs d’Ecosse de sortir du Royaume-Uni ne serait pas un manque de solidarité de classe avec les travailleurs d’Angleterre. En effet, en cas de victoire du OUI au referundum, c’est la bourgeoisie britannique qui sera la grande perdante, car elle sera affaiblie. Ceci pourrait créer un climat favorable aux luttes dans toute laGrande-bretagne.

Les limites de l’indépendance dans le capitalisme

Cependant, un nouvel état aussi écossais soit-il, ne résoudra pas le caractère destructeur du capitalisme. Il met sa bourgeoisie face à elle-même ayant moins de marge de manoeuvre pour rejeter la faute de la misère qu’elle engendre sur le dos d’un autre oppresseur.

Et aujourd’hui par exemple, Alex Salomon le dirigeant nationaliste essaie de donner des gages pour attirer les investisseurs capitalistes. Il ne cache plus sa volonté de mettre en place un état offshore grâce à des avantages fiscaux, tout en défendant une position de protection sociale et d’augmentation des salaires face à l’électorat ouvrier. Ceci serait possible grâce à la manne pétrolière en Mer du Nord. Mais temporairement.

Fondamentalement les intérêts des bourgeois et des travailleurs écossais s’opposeront toujours davantage et les mêmes attaques seront alors menées par les dirigeants nationalistes.

Le sentiment de colère des travailleurs aura plus de facilité à s’exprimer en luttant contre le capitalisme, par delà les nationalités en s’organisant en tant que classe, avec l’objectif clair de dépasser ce système. Les Ecossais, comme nous tous, verront réellement leurs intérets réalisés dans une société démocratique, une Ecosse socialiste au sein d’une fédération socialiste de Grande-Bretagne.

Par Mathieu Jardin

Une syndicaliste de Monoprix réintégrée

GetAttachment.aspxFace à la vague de répression anti-syndicale qui s’abat dans tous les domaines, les salariés luttent pour leurs droits et gagnent ! Mise à pieds pour « faute grave » avec procédure de licenciement, accusée par la direction de son magasin de tous les maux (insubordination disciplinaire, violences et actes de harcèlement « qui portent atteinte à la santé physique et mentale des autres salariés et au fonctionnement du Magasin Monoprix Roquette »), Alika Diagne a été réintégrée le 16 septembre suite à la décision de l’inspection du travail et grâce à une longue série de luttes des travailleurs du magasin (comme une mobilisation de plus d’un mois en juillet 2012).

C’est la sixième mise à pieds contre cette déléguée syndicale CGT, élue du CE et secrétaire du CHSCT du magasin de Monoprix Roquette, dans le XIème arrondissement de Paris. Un véritable acharnement de la direction, contre cette salariée, contre tous les élus particulièrement CGT, mais aussi contre l’ensemble du personnel en magasin, qui subit des conditions de travail et une pression tels qu’une des employée a tenté de se suicider la semaine dernière.

Vendredi 19 septembre, un rassemblement de soutien sera organisé à 12h devant le magasin.

Victoire des agents territoriaux du Havre après 4 jours de mobilisation !

greve-agents-ville-ecolesMardi 9 septembre, les agents territoriaux employés dans les 170 écoles de la ville du Havre sont entrés en grève reconductible suite à l’appel lancé par quatre syndicats : la CGT, l’ICTAM, FO et la CFDT. Le mode d’action choisi a été un débrayage d’une heure sur le temps du midi avec une AG devant l’école élémentaire Génestal, la plus proche de l’Hôtel de Ville. En ce premier jour de mobilisation, la municipalité a décidé de ne pas mettre en place de service de substitution, sous prétexte d’un risque de sous-effectif dans certaines écoles mais certainement avec pour objectif de dresser les parents contre les agents de service. Les cantines ont donc été fermées dans toutes les écoles, créant la surprise puisque d’habitude, les jours de grève, les enfants reçoivent un repas froid. La surprise était d’autant plus grande que les directeurs d’école n’ont reçu l’information que la veille, au milieu de l’après-midi. Or, certains, dans leur classe jusqu’à 16h ont reçu le message trop tard pour avertir les parents avant le lendemain matin, soit trois heures avant le début de la grève.

La première AG a rassemblé environ 200 personnes et on comptait 30% de grévistes. Devant le refus de la municipalité d’engager des négociations, la grève a été reconduite le lendemain puis de jour en jour jusqu’à vendredi. Les grévistes dénonçaient les effets de la réforme des rythmes scolaires que Le Havre n’appliquait qu’à cette rentrée. Parmi ces effets : la difficulté à assurer la sécurité des enfants en raison du manque de personnel, le coût pour les familles du péri-scolaire et aussi la dégradation de leurs conditions de travail. En effet, la ville a décidé de répartir autrement les temps de service des agents. Ainsi, la municipalité demande aux personnels d’assurer le repas de cantine du mercredi, pour les enfants se rendant en centre aéré l’après-midi. Pour compenser ce service supplémentaire, elle a diminué les horaires de travail du reste de la semaine. Cependant, la quantité de travail ne diminuant pas, ils avaient automatiquement moins de temps pour effectuer les mêmes tâches qu’avant, ce qui entraînait une augmentation des cadences, sans compter qu’on leur avait parfois attribué de nouvelles tâches. Dans certaines écoles, les cuisiniers n’avaient même plus le temps de déjeuner. Les grévistes réclamaient donc la remise à plat des tâches supplémentaires par des recrutements de personnel, un véritable plan de formation pour les agents concernés et l’augmentation des taux d’emploi partout où cela est nécessaire. De plus, ils demandaient l’annulation des cinq suppressions de postes prévus le 15 septembre (un Atsem, deux agents d’entretien, un cuisinier et un agent de maîtrise).

Grâce à cette mobilisation, les agents ont enfin été entendus alors qu’ils avaient fait part de leurs inquiétudes auprès de la Mairie depuis l’année dernière. Un accord a été trouvé : la répartition des agents sera précisément examinée afin de l’adapter au mieux aux besoins des différents sites. L’organisation du temps de travail des cuisiniers sera également rediscutée. Un protocole d’accord a été signé entre les deux parties prévoyant notamment la création d’un comité de suivi qui se réunira une fois par mois pour veiller à l’application des mesures décidées.

Sarah