IVG : la loi Veil a 40 ans

maternite-3Le 17 janvier 1975, la promulgation de la loi autorisant l’avortement a changé la vie de milliers de femmes. Elles pouvaient dorénavant choisir de mener ou non à terme une grossesse et recourir à une IVG et la pratiquer n’était plus passible de la prison. Elles n’étaient plus obligées de recourir à des avortements clandestins, dangereux pour leur santé. Une injustice sociale était également réparée, les femmes des milieux aisés pouvaient souvent recourir à des IVG dans des cliniques privées, ou à l’étranger.

Quelques années après la grande grève ouvrière de mai 68 et ses acquis pour les travailleurs, et les luttes pour les droits des femmes du début des années 70, ce fut un vrai pas en avant pour les femmes. Les mobilisations ont continué et permis en 1982 le remboursement des IVG. Le droit à la contraception et à l’avortement était acté. Mais il reste très fragile.

Qu’en est-il 40 ans après ?

Certes, sur le papier le droit à l’avortement libre et gratuit (pour celles qui ont une mutuelle) existe mais les attaques pour le remettre en cause ont été nombreuses : de la part de commandos contre les centres IVG mais pas seulement. Les différents gouvernements n’ont de cesse, dès qu’ils le peuvent, de rogner sur ce droit démocratique. Au nom de la rentabilité, la loi Bachelot « hôpital patients santé » a entraîné la fermeture de nombreuses maternités et donc de centres IVG y attenant. Plus de 170 centres ont fermé dans des structures privées ou publiques. En zone rurale, certaines doivent faire plus de 150 km pour accéder à un centre et il est difficile d’avoir un rendez-vous qui permette de respecter les délais légaux (12 semaines).

Hollande avait dans sa campagne promis un centre IVG par hôpital. Il n’en est rien et les fermetures continuent. Les plannings familiaux si importants pour toutes les femmes, lieux d’écoute, d’examens, de soins gratuits… n’ont pas cessé de voir leurs budgets réduits. Nombre ont fermé. En fait le droit à l’IVG est fortement remis en cause !
Sous le capitalisme les droits démocratiques ne sont jamais acquis définitivement. Et la lutte est toujours nécessaire. Ce fut le cas en Espagne l’année dernière où seules les immenses manifestations pour garder le droit à l’IVG ont permis le recul du gouvernement.

Il est important de toujours défendre le droit à l’avortement libre et gratuit pour toutes les femmes y compris les mineures, les étrangères, les femmes sans papiers, et de revendiquer un centre IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode, le maintien et le développement des services publics. De même, nous revendiquons la gratuité complète des moyens de contraception.

Pour célébrer les 40 ans de la loi Veil et pour la défense des droits des femmes:
Manifestation samedi 17 janvier à 14h30 à Paris, place de la Bastille.

Marie-José Douet

Des millions de manifestants pour la solidarité

Près de 4 millions de personnes ont défilé dans les rues de France ce week-end pour dire leur dégoût et leur peine contre les attentats survenus à Paris tuant 17 personnes. Il s’agit d’une mobilisation sans précédent sur ce genre de sujet. Il est clair qu’une grande majorité voulait être unie face à la violence du terrorisme, pour réaffirmer le droit à la liberté de parole et d’expression mais également, pour une large part, leur refus du racisme et de la division.

Les manœuvres de la droite et de l’extrême droite pour récupérer l’émotion et la colère ont échoué. Le FN a été incapable de rassembler plus de mille manifestants à Beaucaire dans le Gard. Ce qui dominait dans les grandes manifestations de ce week-end c’était le refus de tomber dans le piège tendu par les terroristes et les racistes.demo-paris11012015

La manœuvre de Valls-Hollande

Quand on entend parler d’«unité nationale», il y a toujours un danger. D’une part les gouvernants se servent de cela pour diminuer l’opposition des travailleurs et de la population à leur politique, d’autre part, journalistes et politiciens font dans la surenchère nationaliste comme si le pays allait entrer en guerre. C’était à l’opposé complet du sentiment qui dominait les marches dans toutes les villes, souvent calmes et silencieuses mais surtout fraternelles.

Certains ont préféré, au vu des dirigeants mondiaux qui y participaient, boycotter la manifestation parisienne. La présence du roi d’Arabie Saoudite, où le délit d’opinion est puni de coups de fouet, ou du premier ministre israélien Netanyou, dont l’armée a causé la morts de plusieurs milliers de palestiniens, ou encore du premier ministre turc, Erdogan, qui est un des principaux soutien à Daesh en Syrie, et de tant d’autres qui sont les pires guerriers et fossoyeurs des libertés dans leur pays, a révulsé une large partie des manifestants. On peut le comprendre mais pour notre part nous n’avons pas souhaité abandonner la rue aux manœuvres de Valls et nous avons préféré être avec les millions qui ont manifesté leur refus de la haine et du terrorisme. Nous avons participé aux marches partout où nous étions, diffusant notre supplément spécial et n’avons rencontré aucune hostilité, bien au contraire.

Unité contre le racisme et le capitalisme !

Une partie importante de la population en France a choisi cette unité mais certainement sans trop d’illusions dans ceux qui dirigent. Et il est certain qu’une grande majorité continue d’avoir comme première crainte pour 2015 le risque du chômage comme l’indiquait les sondages le 3 janvier dernier.

Il va falloir lutter contre le racisme sous toutes ses formes de l’antisémitisme à l’islamophobie. Et certains politiciens attisent la haine notamment contre les musulmans. Selon un sondage effectué samedi 10 janvier, 66% des sondés rejettent l’amalgame entre « les musulmans qui vivent paisiblement en France » et les islamistes.

Après les dramatiques évènements des 7 et 9 janvier, la mobilisation de masse de ce week end, son caractère majoritairement et fraternel, il ne faut pas laisser retomber les choses. D’autant que Valls tout comme les politiciens de l’UMP et du FN vont continuer à agiter le spectre du terrorisme pour masquer leur incapacité à régler les problèmes sociaux et économiques d’une majorité de la population et continuer à justifier des guerres en Afrique et au Moyen Orient qui sont pourtant précisément la cause de l’apparition des groupes terroristes dont se réclamaient les trois fous furieux qui ont assassiné 17 innocents.

Les travailleurs, les jeunes, doivent être unis pour lutter contre le racisme, quelque soit leur origine. Pour cela, on ne peut pas compter sur Valls, Hollande ou Sarkozy ! Il faut s’organiser tous ensemble pour s’en prendre aux racines du problème, le système capitaliste, l’exploitation et l’appauvrissement d’une majorité au bénéfice d’une petite minorité sur lesquels il repose.

Liberté d’expression ! Non au racisme ! pas d’unité derrière les Valls-Merkel-Cameron-Sarko etc…

L’attaque et le meurtre de 12 personnes par des hommes lourdement armés dans les locaux du journal Charlie Hebdo mercredi 7 janvier est un événement dramatique que nous condamnons fermement comme une attaque lâche et barbare.

Nos pensées et tout ndessin-PetarPismestrovicotre soutien vont bien sûr vers les proches des victimes : Frédéric Boisseau, agent d’entretien ; Bernard Maris, économiste ; Michel Renaud, Elsa Cayat, psychanalyste ; Mustapha Ourrad., correcteur ; Franck Brinsolaro, brigadier ; Ahmed Merabet, policier ; Wolinski, Charb’, Tignous, Cabu, Honoré (dessinateurs), les autres victimes et les blessés.

En attaquant Charlie Hebdo et des personnes comme Wolinski et Cabu, ce n’est pas n’importe qui qui a été visé. Ce sont, pour beaucoup, des journalistes connus pour leur engagement de longue date. Ils ont, de multiples manières, combattu l’intolérance, le racisme, la censure… Qu’ils meurent sous les balles de fous furieux racistes et intolérants nous révolte. En s’en prenant aussi à de simples travailleurs, ceux qui ont commis cet assassinat atroce démontrent qu’ils n’en ont rien à faire de lutter contre le racisme, ils ne défendent pas les musulmans et ne veulent surtout pas d’une société tolérante et respectueuse de chacun.

En aucun cas les musulmans en France ne vont se sentir soulagés par cet acte, bien au contraire. C’est d’ailleurs bien souvent eux qui vont payer les conséquences dans la rue, comme à chaque fois qu’un acte réactionnaire et aveugle est commis. Ces terroristes qui prétendent défendre une « religion » ne valent pas mieux que les réactionnaires islamophobes qui, du coup, vont se frotter les mains et multiplient les actes de violence à l’égard des musulmans. De fait, ces deux catégories marchent main dans la main pour développer l’intolérance et l’obscurantisme. Cet acte terroriste odieux et lâche renforce tous les courants réactionnaires qui veulent diviser les travailleurs et les jeunes sur une base religieuse ou communautaire.

Pas d’entrave à la liberté d’expression et au droit à la caricature !

Charlie était le produit d’une longue tradition de lutte contre la censure, contre le racisme et l’extrême droite ; sans pour autant épargner la gauche. Ils utilisaient la provocation et le sarcasme à l’extrême comme moyen de dénonciation du politiquement correct et de la manipulation politique et médiatique. On défend Charlie Hebdo car on pense qu’il ne doit pas y avoir d’obstacles à la liberté d’expression. Nous savons que ce droit est très vite attaqué par les classes dirigeantes. Nous avions défendu la même position pour Dieudonné alors que nous sommes en désaccord avec ce qu’il dit, qui peut aussi être considéré comme du racisme dans certains aspects, notamment ses nombreux sous-entendus anti-sémites. Quand Charlie Hebdo a publié les caricatures de Mahomet c’était d’abord pour répondre aux menaces de mort contre le journaliste danois, pour dire : oui on a le droit de ne pas croire en dieu et de critiquer les religions… Le problème c’est qu’aborder les choses de façon aussi provocante, et parfois insultante, dans un contexte de surenchère dans le racisme anti-musulman, surtout après le 11 septembre 2001, n’est pas une réponse et peut même paraître faire le jeu des racistes. Et ce fut le cas des fois notamment durant les trop longues années où Charlie a été dirigé par l’opportuniste Philipe Val (qui sera passé de l’extrême gauche dans sa jeunesse à prôner désormais des positions proches de Sarkozy). Tout en défendant le droit le plus complet à la liberté d’expression, c’est sur ces sujets là que nous gardons largement nos distances avec certains propos et dessins que pouvaient publier Charlie.

Les caricatures peuvent toujours déranger, mais elles ne tuent personne au contraire des réalités que des dessinateurs comme Cabu ou Wolinski ont dénoncé dans leur travail d’artiste. On pouvait les trouver un peu «bêtes et méchants» des fois, mais eux mêmes visaient à dénoncer la bêtise et l’oppression. Dès leurs débuts, ils se sont affrontés aux forces qui brimaient la société : l’Eglise, l’armée, les partisans du colonialisme, l’extrême droite… Ce qu’ont visé ces terroristes dans leur lâcheté, ce n’est pas les vrais islamophobes d’extrême droite, mais des défenseurs de la liberté d’expression, et de la lutte contre l’oppression et le totalitarisme. Souvent, ça n’était pas la foi qui était visée dans les dessins, mais l’utilisation qui en est faite à des fins de pouvoir ou de racisme.

Pas d’unité avec ceux qui nourrissent le racisme !

Il est quand même incroyable d’entendre tous les politiciens que Charlie critiquait et caricaturait défendre aujourd’hui ce journal. Les dessinateurs auraient bien rigolé d’ailleurs si on leur avait dit que la cathédrale Notre Dame de Paris sonnerait le glas en leur hommage pendant 15 minutes… belle prouesse pour des anticléricaux forcenés ! Ce sera leur dernière blague, dommage qu’ils ne puissent en profiter.

Mais, il y a de quoi rire jaune devant l’hypocrisie sans borne des classes dirigeantes et de leur valets des médias, et on ne doit pas oublier quelles sont les responsabilités des uns et des autres. Nous défendons de manière intransigeante la liberté d’expression, mais quand on sait que la presse est à 90% aux mains de grands groupes capitalistes qui y censurent sans hésiter souvent selon les lois de la rentabilité, ce ne sont certainement pas eux qui peuvent nous donner des leçons sur la « liberté d’expression ».

Sarko, Le Pen etc. n’ont pas leur place dans les hommages !

Alors qu’une nouvelle loi « anti terroriste » restreignant nos libertés a été votée en novembre, sous prétexte de lutte contre les filières djihadistes, prétexte toujours facile pour fliquer les gens, tout d’un coup les politiciens se préoccupent de nos libertés. Il y a deux mois, la police était déployée avec violence pour empêcher les actions pacifiques en mémoire de Rémi Fraisse, militant écologiste assassiné par la police. Alors que ce gouvernement attaque les syndicalistes, ils se préoccuperaient de la liberté d’opinion ? Alors que tous les médias à la recherche du « clash » et du « buzz » sont ouverts à des Zemmour & co et multiplient les amalgames et les insultes contre les musulmans et les immigrés, ils se redécouvrent défenseurs de la liberté d’opinion et de la tolérance ?

Même le FN veut entrer dans cette « unité nationale » et prétend défendre un journal qui luttait contre ce qui fait son fond de commerce : le racisme et l’islamophobie en particulier. Non, le FN n’a pas sa place dans des hommages aux morts de Charlie Hebdo. D’autant plus que Marine Le Pen en profite pour parler de réintroduire la peine de mort, chose contre laquelle tous les dessinateurs de Charlie ont toujours été.

Quant à la droite, ce n’est pas non plus l’hommage aux morts de Charlie qui l’intéresse. Sarkozy parle de « guerre de civilisation » comme il a parlé des « racailles » avant. Des députés de droite comme Mariani se prétendent défenseurs de la liberté d’expression alors qu’ils ont tenté de faire interdire de nombreux spectacles et même des chansons de Rap… Pas d’unité avec ces politiciens qui tentent de se servir de l’émotion actuelle pour avancer leurs idées racistes.

Et certainement pas non plus avec les chefs de gouvernement qui ont été invités par Valls : le premier ministre espagnol et héritier du franquisme, Rajoy, le premier ministre britannique Cameron qui avait animé dans sa jeunesse les jeunesses du Parti conservateur et leur campagne « pendez Mandela »…

La liberté d’expression : une arme contre les classes dirigeantes et les réactionnaires.

Alors, nous manifesterons, en hommage aux victimes, en défense de la liberté d’expression et d’opinion, et contre les politiques de régression sociales qui font le lit des fanatiques et réactionnaires de tous bords. Nous devons être le plus nombreux possible dans les jours et mois à venir à les empêcher de se refaire une virginité sur la mort de ces personnes.  Il nous faut de l’unité, mais pas cette unité de façade qui ne garantit pas nos libertés.

Le meilleur hommage que l’on puisse rendre aux victimes, c’est de renforcer la lutte contre le racisme, l’obscurantisme et toutes les politiques qui visent à diviser les travailleurs et les jeunes. Ce qui nous manque cruellement depuis des années c’est d’avoir une force politique qui défende clairement les victimes de la société capitaliste, qui soit ouverte à tous et toutes, et se donne pour objectif l’unité des travailleurs, des jeunes, des chômeurs, des retraités, quelles que soient les origines, les cultures… Une force politique qui appelle à lutter autant contre les attaques du gouvernement et du patronat que contre le racisme et l’intolérance. La gauche nous a trahi de multiples façons ces dernières années, en acceptant de placer son action dans le cadre du capitalisme, en abandonnant la lutte antiraciste et en soutenant pour certains les guerres (au Proche et moyen Orient, au Mali…). Ce même gouvernement nous parle du « danger djihadiste » ici, alors qu’il soutient la Turquie qui aide Daesh en Syrie, qui s’allie avec le Qatar ou l’Arabie Saoudite dont les régimes ultra-réactionnaires soutiennent eux aussi des groupes terroristes…

Le gouvernement actuel, dirigé par le PS, porte aussi une responsabilité dans l’atmosphère délétère de ces derniers mois. Il suit sans sourciller les pas des politiques de casse sociale et démocratique engagées par son prédécesseur, Sarkozy. Les événements ne doivent pas nous faire oublier les déclarations de Macron, pour qui le seul objectif que doit avoir un jeune est de devenir milliardaire, ce qui veut dire s’enrichir sur le dos des travailleurs et de la majorité de la population. Ils ne doivent pas nous faire oublier non plus les milliers de licenciements, la politique ultra libérale en faveur des plus riches et le chômage, qui nous touchent tous d’où qu’on vienne. La mobilisation en hommage aux morts de Charlie ne doit pas nous faire mettre de côté la nécessité d’une lutte d’ensemble contre la politique de ce gouvernement au service des riches et des banquiers.

Pour l’unité des travailleurs et de la population contre le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme !

L’édition du Monde de jeudi 8 janvier titrait « Le 11 septembre français » … fidèle au sensationnalisme qui caractérise désormais les médias. Mais le fait qu’ils osent cette comparaison est lourde de sens sur l’ambiance que l’on devra subir dans les semaines à venir. On peut s’attendre à ce qu’un espace plus grand existe pour les forces de droite et d’extrême droite. C’est à nous de nous organiser sur des bases de lutte contre le racisme et contre le capitalisme pour contrer cela. On peut s’attendre à ce que cet attentat soit utilisé par les classes dirigeantes (pas seulement en France) pour imposer des mesures drastiques contre les immigrés (ou ceux qui ont l’air de l’être…), les militants et nous tous, sous prétexte d’unité nationale et de lutte contre le terrorisme. Le plan Vigipirate a déjà été mis au niveau maximum en Île de France, ce qui prévoit entre autre l’interdiction des grands rassemblements, et va renforcer encore les contrôles au faciès notamment parmi la population d’origine maghrébine.

Le climat d’islamophobie entretenu est de plus en plus fort. Ceci amène certains musulmans en France à se sentir fort justement sous attaque. Nous dénonçons toute forme de racisme, d’islamophobie, d’antisémitisme, de sexisme… Et nous luttons pour un monde solidaire, fraternel, et tolérant. Rien de comparable avec ces illuminés qui se prennent pour des justiciers (mais craignent, semble-t-il, des gens armés d’un simple crayon). Les terroristes, à l’image des seigneurs de guerre qui violent et pillent des populations sans défense en Afrique et au Moyen Orient, n’ont que faire de la lutte des peuples de ces régions, que ce soit en Palestine, en Syrie, en Irak, lors des révolutions en Tunisie, en Egypte, ou des mouvements de masse au Burkina, au Sénégal…pas plus que de celles des gens ordinaires, musulmans ou pas, en France. La « religion » de ces terroristes est un trafic juteux et rentable comme celui des armes, tout comme le trafic d’êtres humains est un business pour des groupes comme Boko Haram ou Daesh, qui d’ailleurs massacrent en premier lieu des musulmans par milliers au Nigeria, au Cameroun, en Irak ou en Syrie. Dans le même temps, si, en Europe, des jeunes se radicalisent au point de perdre toute notion humaine et de devenir terroriste, ce n’est pas sans rapport avec la politique des impérialistes qui bombardent certains pays depuis des années, et ont semé le chaos et la guerre pour des centaines de millions de personnes de part le monde.

Mais face à cela, ce n’est pas le terrorisme individuel qui changera les choses, au contraire, il renforce la classe dominante et enferme les populations dans la peur. Et la réponse n’est pas le repli sur soi, l’enfermement dans les communautés, qui est certainement voulu autant par l’extrême droite traditionnelle française que par certains groupes religieux. C’est au contraire un mouvement de masse tolérant, combatif et démocratique qu’il faut !

Tous ensemble, reprendre l’initiative !

Les syndicats, les organisations du mouvement ouvrier, les associations doivent appeler à se rassembler et à rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo sur leurs propres bases : pour l’unité des travailleurs, des jeunes et de la grande majorité de la population quelque soit son origine ou ses croyances, pour la liberté d’expression, contre tous les réactionnaires et les terroristes intégristes, contre les politiques racistes et impérialistes des gouvernements en France qui accroissent les divisions sectaires, l’intolérance et l’obscurantisme.

Contre le racisme, et contre les politiques qui mettent dans la précarité des millions de personnes, il faut une mobilisation unie et massive ! C’est sur ces bases que nous participerons au soutien aux journalistes et employés de Charlie Hebdo et que nous continuerons de lutter contre les politiques de régression sociale du gouvernement dans les semaines et mois à venir.

Nous sommes pour une société tolérante et démocratique, où chacun puisse vivre comme il l’entend, selon la culture, la philosophie, la religion qu’il souhaite. Une telle société démocratique est possible, elle demande qu’on lutte tous ensemble pour détruire les racines de l’oppression et de la division : le capitalisme, sa loi du profit et l’exploitation des travailleurs et des richesses naturelles au bénéfice d’une petite minorité de super riches. C’est en retirant des mains des capitalistes les principaux moyens de productions et d’échange, et en organisant l’économie de manière démocratique, sous propriété publique et sous la gestion et le contrôle des travailleurs et de la population qu’on peut mettre fin aux inégalités, aux guerres et à l’injustice. C’est cette perspective d’une société socialiste et démocratique que nous défendons, en opposition complète à la barbarie sans fin que nous impose le capitalisme. Rejoignez nous

Attentat meurtrier contre le journal Charlie Hebdo : pour le droit à la liberté d’expression ! Ne nous laissons pas diviser !

69726704L’attaque par des hommes lourdement armés du journal Charlie Hebdo et le meurtre de 12 personnes dans les locaux du journal ce mercredi est un évènement dramatique. Nous condamnons fermement cette attaque lâche et barbare.

Des dessinateurs aussi brillants que Wolinski, Charb’, Tignous ou Cabu, ont, de multiples manières, combattu l’intolérance, le racisme, la censure… Qu’ils meurent sous les balles de fous furieux racistes et intolérants, nous révolte. De même, dans cet attentat aveugle, de nombreux travailleurs, « simples » salariés du journal, ont perdu la vie.

En ciblant ce journal satyrique de gauche, ces réactionnaires islamistes (selon les dernières informations), ont prétendu faire un acte contre les attaques que subissent les musulmans en France. C’est faux ! Nous ne partagions pas l’approche de Charlie sur certaines questions. Charlie Hebdo avait fait le choix de publier des caricatures de Mahomet. Cela n’avait pas eu un grand intérêt, ni ne nous semblait particulièrement drôle ou nécessaire. Mais la liberté d’expression et d’opinion est un droit total que nous défendons coûte que coûte. Nous savons que ce droit est très vite attaqué par les classes dirigeantes.

En aucun cas les musulmans en France ne vont se sentir soulagés par cet acte, bien au contraire. C’est d’ailleurs bien souvent eux qui vont payer les conséquences dans la rue, comme à chaque fois qu’un acte réactionnaire et aveugle est commis. Ces terroristes qui prétendent défendre une « religion » ne valent pas mieux que les réactionnaires islamophobes. De fait, ils marchent main dans la main pour développer l’intolérance et l’obscurantisme. Cet acte terroriste odieux et lâche renforce les réactionnaires de tout poil qui veulent diviser les travailleurs et les jeunes sur une base religieuse ou communautaire.

Cette attaque va servir les classes dominantes et les capitalistes. Ainsi Hollande, Sarko ou Le Pen peuvent se prétendre les défenseurs de nos libertés alors que ce sont eux qui répriment les luttes, stigmatisent les étrangers, cassent nos droits.

Le climat d’islamophobie entretenu est de plus en plus fort.

Ceci amène certains musulmans en France à se sentir fort justement sous attaque. Nous dénonçons toutes forme de racisme, d’islamophobie, d’antisémitisme, de sexisme… Et nous luttons pour un monde solidaire, fraternel, et tolérant, Rien de comparable avec ces illuminés qui veulent se prendre davantage pour des justiciers.

Cet attentat vaut en effet de l’or pour tous les racistes et les réactionnaires afin d’imposer un renforcement du plan Vigipirate et un contrôle au faciès encore plus fort notamment parmi la population d’origine maghrébine.

Nous ne participerons pas à des manifestations «républicaines» avec la droite et l’extrême droite pour dénoncer cet attentat. Les intellectuels islamophobes, les politiciens de droite, les politiques de guerre en Afrique et au Moyen Orient et de régression sociale au profit des riches et des capitalistes qui sont menées ici par le gouvernement créent ce climat nauséabond et cette forme de folie meurtrière en réaction. Aucune forme d’union nationale ne peut se faire avec ceux qui cherchent à surfer sur la vague raciste et xénophobe. Au contraire, dans ce climat, il faut faire entendre une voix claire du camp des travailleurs. Les syndicats, les organisations du mouvement ouvrier, les associations doivent appeler à se rassembler et à rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo sur leurs propres bases : pour l’unité des travailleurs, des jeunes et de la grande majorité de la population quelque soit son origine ou ses croyances, pour la liberté d’expression, contre tous les réactionnaires et les terroristes intégristes, contre les politiques racistes et impérialistes des gouvernements en France qui accroissent les divisions sectaires, l’intolérance et l’obscurantisme.

Contre le racisme, et contre les politiques qui mettent dans la précarité des millions de personnes, il faut une mobilisation unie et massive ! Ces sur ces bases que nous participerons au soutien aux journalistes et employés de Charlie Hebdo.

Crise à la CGT : les militants combatifs doivent reprendre la main

indexcgtLa crise continue de secouer la CGT. Les révélations dans la presse, ce qui n’est jamais une bonne manière de faire, autour des sommes très importantes pour rénover le logement (et la localisation en banlieue « chic » de celui-ci), et également du bureau du secrétaire général Thierry Lepaon, en ont été le déclencheur. Mais c’est en réalité le révélateur d’un malaise bien plus profond au sein de la confédération syndicale autour des questions d’orientation et de stratégie face au gouvernement Hollande-Gattaz. D’ailleurs l’ensemble des motions qui remontent des structures syndicales à la direction confédérale et qui demandent la démission de Lepaon (et du bureau confédéral dont une majorité le soutient) affirment toutes le besoin d’un débat pour une autre ligne syndicale, plus combative.

Depuis des mois, les militants dans les syndicats et différentes structures sont confrontés à un patronat particulièrement arrogant, servi par un gouvernement zélé, qui avance comme un rouleau compresseur. La grogne grandit devant de la mollesse générale de la CGT et les dysfonctionnements internes de plus en plus apparents. L’absence de stratégie claire pour construire le rapport de force nécessaire pour mettre un coup d’arrêt à cette politique, que ne peut renier un Sarkozy, laisse les militants et les travailleurs désarmés alors que la colère contre le gouvernement et le Medef est grande.

Ce n’est certes pas les différentes journées « presse-bouton », c’est-à-dire déconnecté de la volonté ou non des travailleurs d’être en grève, et « saute-mouton », c’est-à-dire sans lendemain, qui fait une stratégie de construction d’une mobilisation et d’une opposition au gouvernement et aux capitalistes. Dans certains secteurs, entre les grèves interprofessionnelles et professionnelles, il y a eu plus de 8 appels à la grève ponctuelle cette année ! Pour quel résultat hormis démobiliser petit à petit tout le monde, même les militants les plus convaincus ?
Des luttes, dures et longues, ont lieu pourtant un peu partout (certaines comme celles des cheminots ou des pilotes d’Air-France ont été très médiatiques). En l’absence d’unification ou pour le moins de soutien clair et sans failles de la direction nationale de la CGT, elles doivent faire face à une répression féroce comme à la Poste. Mais toutes ces luttes prouvent non seulement la disponibilité des travailleurs pour se mobiliser ainsi que leur combativité pour peu qu’on leur propose de véritables axes en termes revendicatifs et de moyen d’action offensif.
Le décalage entre ce que vivent les militants face à un patronat qui ne lâche rien et l’orientation générale de la direction confédérale prête à aller à la soupe dans toutes les négociations n’a fait que s’accentuer ces dernières années quitte à accepter de véritable reculs. La direction confédérale autour de Thierry Lepaon cherche à accélérer l’intégration de la CGT comme un partenaire de « force de proposition » du gouvernement et de fait du patronat malgré le verbiage condamnant leur politique. Or un « partenaire » qui vient discuter à froid, sans le soutien de luttes, n’a aucun poids réel et en venant discuter des « propositions » du patronat, on les cautionne ou pire, on les aide…

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant d’apprendre que la CGT propose la disparition des délégués du personnel pour les entreprises de moins de 50 salariés ou qu’elle signe cette semaine l’accord national interprofessionnelle sur le contrat de sécurisation professionnelle, alors même qu’il n’y a pas eu de véritables débats larges dans les instances et dans les syndicats. C’est par la presse que souvent les militants aujourd’hui apprennent les positions de la confédération et les propositions des négociateurs.
Cette orientation cogestionnaire et de collaboration de classe, qui n’est pourtant pas une dérive nouvelle, rentre d’autant plus en période de crise, en contradiction avec la réalité vécue chaque jour par les militants de la CGT et les travailleurs. Elle rencontre nécessairement de plus en plus de résistance à tous les niveaux au sein de la CGT et c’est autour des scandales Lepaon que s’articulent désormais la bataille.

C’est pourquoi l’on a vu ces derniers temps une multiplication des motions remettant en cause la ligne et la stratégie de la direction confédérale. Ce fut le cas au moment de la conférence sociale à laquelle la direction confédérale était décidée à aller. Les nombreuses motions exhortant la direction à ne pas s’y rendre l’a obligé à boycotter cet mascarade qui les années précédentes n’avaient abouti qu’à de nouvelles attaques contre le monde du travail.

L’urgence d’un plan d’action et de lutte pour les travailleurs

Le ciment craque de toute part à la CGT. D’une certaine manière la « guerre des chefs » qui fait rage à la direction confédérale, s’alimentant malheureusement jusqu’à maintenant plus de coups bas que de débats politiques, représente d’une manière déformée la bataille qui se mène partout à la CGT autour de la question de quel syndicalisme avons-nous besoin aujourd’hui et de quelle riposte centrale face aux plans d’Hollande-Valls-Gattaz.

C’est l’élément déterminant dans la situation à la CGT. Les syndiqués, malgré l’écœurement de ce qui se passe au « Château » de Montreuil (le siège de la CGT se trouve à Montreuil), commence à se réapproprier les débats tant sur l’orientation, la stratégie face au patronat et au gouvernement que sur les pratiques syndicales en interne et la démocratie. Ni les manœuvres au sommet pour sauver Thierry Lepaon et reprendre la main sur les débats ni même la dramatisation – la CGT serait au bord de la scission – ne pourront peut-être pas arrêter le phénomène. Mais pour cela, il faut que les opposants défendent en commun et proposent au débat une ligne simple et claire : il y a besoin d’un véritable plan d’action contre les plans du patronat et du gouvernement (loi Macron, aggravation des conditions de travail, fermetures d’entreprise, licenciements) et pour les embauches, la hausse des salaires… Un tel plan d’action sur plusieurs semaines, avec des meetings et des assemblées générales, une journée de grève avec manifestations régionales, et culminant avec une journée de grève générale, bloquant les principaux secteurs de l’économie (transport, production etc.) devrait être publiquement proposé aux travailleurs et aux autres syndicats, pour aboutir à une véritable lutte d’ensemble.

De cette crise, la CGT peut ressortir avec une ligne plus claire et une véritable stratégie pour construire le rapport de force contre Hollande et Gattaz et participer à la construction d’une véritable opposition contre ce gouvernement et contre les capitalistes. Ceci modifierait profondément la lutte des classes en France. La CGT est encore l’organisation syndicale qui regroupe la part la plus importante de la section la plus combative de la classe ouvrière mais la ligne actuelle est un frein au rôle que pourrait jouer la CGT dans le développement de la lutte des classes. Or la CGT est aujourd’hui l’organisation qui pourrait le plus être un facteur rassemblant ceux et celles qui luttent au quotidien, des syndicats combatifs (telles de très nombreuses sections de SUD-Solidaire, et d’autres de la FSU, de FO ou même dans la CFDT), avec les organisations politiques de gauche… contre le capitalisme et l’exploitation et ses serviteurs du gouvernement Valls-Hollande et du Medef.

Par Yann Venier