Contre le racisme & le FN Ripostons, tous ensemble !

croixDepuis qu’Hollande a été élu et surtout depuis Valls premier ministre, le gouvernement a enchaîné attaque sur attaque, mensonge sur mensonge. Les riches n’ont fait que s’enrichir alors que pour l’immense majorité des gens c’est la galère.

Le FN profite de la situation

Dans cette situation, où le gouvernement cherche à trouver de faux coupables pour cacher les effets désastreux de sa sale politique, en blâmant d’entrée les chômeurs, les pauvres, les immigrés,… le FN n’a qu’à surfer sur la vague pour se présenter comme une alternative et tenter de récupérer notre légitime colère face à l’aggravation de nos conditions de vie. Et la corruption des politiciens qui servent ce système est telle qu’il lui est presque facile de faire comme s’il était une vraie opposition.

Il ne faut pas qu’on se laisse avoir !

Si le FN a pu mettre sa propagande raciste en sourdine ces derniers temps, on voit bien avec les soi-disant « dérapages » de ses représentants, Jean- Marie Le Pen sur Ebola pour « régler » la question de l’immigration, ou Florian Phillipot qui parle des « joies du communautarisme » alors que nous étions des dizaines de milliers à manifester cet été contre
les massacres en Palestine, que le racisme reste au coeur de ce parti.
Le FN ne défend pas nos intérêts. Son pseudo tournant « social » n’est en fait qu’une stratégie populiste pour gagner des voix et se faire élire. Avec de grandes phrases contre le chômage, ou sur la réindustrialisation de la France, ils ne disent en fait rien d’autre qu’Arnaud Montebourg, l’ex ministre qui avait été très utile au patronat pour finaliser la fermeture (entre autres) de l’usine de Goodyear à Amiens en janvier…
Ce parti reste dirigé par les Le Pen, la famille et la petite clique de politiciens professionnels qui sont à sa tête – les mêmes magouilleurs qui roulent sur l’or. Jean-Marie Le Pen a gagné le titre de politicien le mieux payé de l’année, et sa fortune est aujourd’hui estimée à plus de 240 millions d’euros ! Ils ont beau dire, le FN est un parti qui défend le même système économique qui permet à une poignée de super riches d’accumuler des milliards d’euros en détruisant emplois, services publics, éducation, etc.
On voit bien d’ailleurs que lorsqu’ils sont au pouvoir, leurs élus ont les mêmes pratiques que les politiciens corrompus. À Pontet dans le Vaucluse, le maire FN, après avoir essayé d’augmenter son propre salaire de 44%, a supprimé la cantine gratuite pour les enfants de chômeurs. Et ils disent défendre les « petits » et les pauvres !? À chaque fois qu’ils ont été élus il y a eu des scandales tout comme avec ceux de l’UMP ou du PS.
Et quand on se dit un parti anti-système, on fait au moins un peu semblant de ne pas avoir comme seule préoccupation de récupérer des sièges d’élus au service de ce même système… et pourtant, l’empressement de Marine à préparer les élections de 2017 et se dire prête à aller au gouvernement avec Hollande montre bien aussi qu’ils ne représentent en rien une alternative pour nous et que le fond de leur politique reste le même.

Ripostons ensemble !

Lors de l’université d’été des jeunes du FN, ils nous on aussi ressorti le couplet du « premier parti de France », que le FN allait mettre les jeunes au pouvoir. Non le FN n’est pas le parti des jeunes. Déjà parce qu’aux dernières élections, trois jeunes sur quatre ne sont pas allés voter ! Ensuite parce que le rejet du FN est toujours largement majoritaire dans la jeunesse. Mais ce qu’ils veulent à tout prix éviter c’est qu’on s’organise et qu’on lutte collectivement pour défendre nos propres intérêts, indépendamment de nos origines, couleur de peau ou religion !
Les manifs du mois de mai contre le FN ont été un premier pas et elles ont montré la voie à suivre : le racisme, le FN, ça se combat dans la rue, tous ensemble ! Si nous voulons faire changer les choses, il faut s’organiser et lutter. On peut construire un mouvement qui fasse partie d’une riposte d’ensemble, collective et unifiée contre tous ceux qui utilisent le racisme, le sexisme, l’islamophobie… pour nous diviser et contre toutes ces politiques qui veulent nous faire payer la crise du système capitaliste alors que les riches, les groupes d’actionnaires, les grands patrons, les banques, amassent des milliards !
Les 29 et 30 novembre, le FN tient son congrès à Lyon. Une manifestation pour dénoncer sa politique aura lieu. On doit se mobiliser, le plus massivement possible : on doit montrer au FN, à Marine, qu’on les laissera pas passer. On les laissera pas passer parce qu’on refuse ce que représente ce parti. On ne veut pas d’une société où on est constamment divisés, où tout le monde se méfie de tout le monde et où on doit se battre entre nous pour des miettes.

Organisons-nous

Dès à présent, nous pouvons discuter ensemble de cela, agir et nous organiser contre le FN et toute la politique d’austérité du gouvernement Hollande-Valls qui fait monter le FN et le racisme.
En Europe aussi, les jeunes et les travailleurs se mobilisent contre le racisme : le 9 novembre, à l’initiative de comités antifascistes grecs, va se dérouler une journée internationale d’action et de manifestations contre toute l’extrême droite et les politiques d’austérité qui précipitent des millions de personnes dans la pauvreté. Cette journée, nous pouvons nous en saisir en France, faisons campagne pour mobiliser et organiser des actions. C’est bel et bien par une lutte tous ensemble : jeunes, travailleurs, chômeurs, hommes ou femmes, peu importe notre culture ou nos origines, qu’on peut faire reculer les idées du FN et toute la politique qui leur permet de se développer. Notre lutte doit aussi être une lutte contre tout ce système qui est incapable de nous offrir un avenir.

Par Cécile

Y-a-t-il encore des raisons de lutter contre le racisme ?

nonauracismeLa législation contre les discriminations raciales ont progressé, surtout grâce aux luttes (comme la « Marche pour l’Égalité de 1983 », voir précédents articles). Le nombre de mariages mixtes progresse lui aussi. Le nombre d’agressions
racistes a également beaucoup diminué depuis les années 80. On commence même à voir (un petit peu) plus de journalistes, acteurs, politiques, syndicalistes… «issus de l’immigration». Cela signifie-t-il pour autant qu’il n’y a plus de raisons de lutter contre le racisme ?

Racisme d’État toujours présent

Un certain nombre de choses sont encore impossibles pour les personnes étrangères : être fonctionnaire, voter, exercer certains métiers de santé, circuler librement. Pour le reste, ils ont les mêmes devoirs que les personnes de nationalité
française, sauf qu’en cas d’infraction grave à la loi ils peuvent être expulsés (même s’ils n’ont plus d’attaches dans leur pays d’origine). Il y a donc bien un caractère raciste au fonctionnement de l’État.
Enfin, même si cela s’est amélioré en partie, il reste des éléments de « culture » raciste dans les milieux où pendant des décennies le racisme et la discrimination étaient un mode de fonctionnement normal (notamment du fait de la colonisation qui instaurait des peuples inférieurs, car colonisables et colonisés). Certains peuvent encore le subir face à la police ou lors d’une embauche ou de la recherche d’un logement.

Le « problème » de l’immigration

Aujourd’hui tous les partis politiques utilisent la question de l’immigration comme un problème central qui expliquerait en partie de nombreuses difficultés de la société (l’insécurité, le chômage, le manque de logement, les bas salaires…) On entend beaucoup d’amalgames entre étrangers, immigrés, musulmans, terroristes dont tous les « vices » sont aussi reprochés aux enfants des immigrés des générations passées.
En réalité, les politiciens cherchent des excuses et des boucs émissaires pour justifier le fait qu’ils défendent et organisent un système qui protège et enrichi les plus riches en exploitant les plus pauvres (qu’ils soient français depuis 1 ou 10 générations !) Le racisme est une arme de division massive, que les classes dirigeantes utilisent (partout à travers le monde) pour diviser les travailleurs et les jeunes. Quand on a des conditions de vie difficiles, quand il y a peu de richesse à partager parce qu’elles sont accaparées par les puissants, on peut se retrouver à être plus facilement réceptif aux arguments racistes et populistes qui visent à exclure une partie de la population de ce partage des miettes. La montée du chômage et de la pauvreté est la principale raison des scores du FN en France et des autres partis d’extrême droite en Europe.
L’autre raison, étant l’incapacité de la «gauche » soi disant du côté des travailleurs, à faire une politique réellement sociale.

« Il n’y a pas de capitalisme sans racisme »

Seule une société débarrassée de l’exploitation et permettant à chacun de vivre dans de bonnes conditions et donc de s’épanouir, posera les bases pour en finir avec le racisme. Mais cela ne viendra pas grâce à des simples lois, ou en se repliant sur sa communauté ni par les seules initiatives culturelles. Ce sont les premiers concernés qui doivent massivement entrer dans la lutte aux côtés des autres travailleurs et jeunes, en y prenant toute leur place. Pour lutter efficacement contre le racisme, il faut lutter contre le capitalisme, contre l’exploitation de l’homme par l’homme, contre la domination de la minorité de privilégiés que sont les grands actionnaires et les grands patrons. C’est contre eux qu’il faut s’unir, pour construire une société juste et tolérante pour le bien-être de tous : le socialisme.
C’est tout le sens du combat de la Gauche révolutionnaire !

Par Virginie

Action nationale contre les radiations à Pole Emploi

IMAG3724[2]Ce mardi 16 septembre 2014, CIPG (Coordination des Intermittents et Précaires de la Gironde) et AC ! (Agir contre le Chômage et la précarité) ont participé à une journée d’action Nationale ciblant les Pôle Emploi, dans la Communauté Urbaine de Bordeaux(33) et à Langon(33). Il s’agissait de dénoncer  le manque de transparence sur les chiffres du chômage ainsi que l’augmentation significative des radiations de chômeurs sur les trois derniers mois de la saison estivale pouvant atteindre jusqu’à 50% de plus que sur le reste de l’année, (selon les responsables de AC !).
Quels sont les motifs de ces radiations ? C’est la question que nous avons posée à la Direction Nationale à travers les directions locales qui nous ont reçus. Cette démarche faisait suite à de nombreux retours de chômeurs s’estimant radiés sans raison valable et perdant ainsi leurs allocations chômage pendant au moins deux mois (délai nécessaire à la réinscription).
Pour les directions des Pôle Emploi, “toutes les radiations sont justifiées” et “la plus grande partie” le sont au motif de “manquement injustifié a une convocation”. Toutefois aucune Agence ne nous a communiqué la proportion exacte que ce motif prend dans la totalité des radiations “ne concernant pas des radiations pour retour à l’emploi” et qui sont étudiées “au cas par cas”, sans critères précis, c’est-à-dire à la tête du client.
Mais nous avons aussi communiqué sur nos inquiétudes de voir ce système opaque de radiations s’intensifier avec les nouveaux accords Unédic déjà adoptés et mis en application le 1er Octobre, qui modifient les règles de calcul de l’indemnisation chômage (pour les intérimaires, intermittents, vacataires, contrats précaires, licenciés économiques,…) instituant un forfait de “droits rechargeables” qui les poussera toujours plus dans la course aux petits emplois précaires et mal payés afin de ne pas être radiés.
Inquiétant quand on sait qu’en un an (selon les chiffres de la DARES/Pôle Emploi de Juillet 2014 ) le nombre d’offres d’emplois total n’a augmenté que de 1,5% et leur contenu s’est fortement modifié vers une offre d’emplois de plus en plus précaires ; dans le même temps la quantité des offres plus de 6 mois a diminué de 3,4% pour laisser la place à une augmentation de 5,2% des offres d’emplois entre 1 et 6 mois et de 11,2% des offres d’emplois de moins de 1 mois !!
Les accords de l’Unédic viennent donc établir une modification de l’offre de force de travail pour coller à l’évolution de la demande du marché du travail, en forçant les travailleurs les plus fragiles à accepter des conditions de travail  toujours plus mauvaises offertes par le système capitaliste, sans se soucier des conséquences sociales désastreuses et des drames humains toujours plus nombreux que cela engendre.
Suite à cette action Nationale, la CIPG s’est réunie en Assemblée Générale Extraordinaire et a réaffirmé sa volonté de s’orienter vers l’interlutte ,  en rejetant plus largement toutes les mesures adoptées par le gouvernement,  dans le sillage du Pacte de Responsabilité, véritable bradage de nos droits sociaux et de nos droits du travail qui visent à satisfaire la demande de profit du Patronat et de l’Actionnariat.

CIP Gironde / Commission Interluttes pour L’Egalité. 21/09/2014

Israël / Palestine : l’étincelle de la résistance

lolA côté du soutien massif de la population israélienne pour l’intervention militaire de son gouvernement sur la Bande de Gaza, se met en place un mouvement israélien contre la guerre et pour la paix.
Nos camarades de Socialist Struggle Movement (maavak sozialisti), la section soeur de la Gauche Révolutionnaire en Israël Palestine, affirment leur solidarité totale avec le peuple palestinien qui subit l’agression du gouvernement israélien mais aussi leur solidarité avec les israéliens qui ont subi des pertes pendant cette guerre.
Car en dépit d’une large diffusion des idées réactionnaires dans la classe ouvrière israélienne, il existe aussi une part, quand même importante, de travailleurs et de jeunes en attente de solutions viables pour une paix réelle et durable. Le but des militants socialistes est d’expliciter les raisons de cette intervention militaire -tuer dans l’oeuf tout possibilité d’Etat palestinien indépendant et structuré, senti comme un danger pour leurs intérêts par les capitalistes israéliens et l’impérialisme américain – et souligner le fait que tant que les travailleurs israéliens seront du côté de leurs propres employeurs et de leurs laquais gouvernementaux, de leurs propres oppresseurs, pour réprimer et oppresser le peuple palestinien, ils laissent dans les mains des capitalistes les moyens de les opprimer davantage et de leur refuser cyniquement une sécurité véritable en même temps que la paix et la justice sociale.
Ainsi, tout au long de l’été, des manifestations ont eu lieu en Israël, regroupant à Nazareth, Kfar Kana ou Umm Al-Fahem des centaines de Palestiniens d’Israël et de Jérusalem Est et des militants de gauche. De même le 26 juillet a eu lieu à Tel- Aviv une manifestation anti-guerre d’ampleur, regroupant plus de 6000 israéliens dont une grande partie de confession juive. Et ce, en dépit de la violente répression de la police
israélienne et des attaques physiques de l’extrême droite. En dépit également de l’absence totale du parti politique Meretz, soi-disant de gauche, compromis dans le soutien à la guerre et développant
un discours nationaliste.
Cette violence des réactionnaires contre toute forme de résistance souligne plus que jamais la nécessité de développer des formes organisées de lutte au moyen de comités démocratiques populaires qui seraient des lieux ou jeunes et travailleurs pourraient mobiliser, construire et coordonner les luttes mais aussi les défendre.
Le rôle de nos camarades est donc de soutenir les luttes sociales et économiques des travailleurs israéliens mais aussi de mettre en avant la nécessité de lutter auprès des travailleurs et jeunes palestiniens pour la fin immédiate et définitive de l’occupation des territoires, l’arrêt des colonies et de toute forme d’oppression des Palestiniens, l’arrêt des discriminations et le droit pour tous à l’autodétermination.
Bien sûr les travailleurs et jeunes, palestiniens et israéliens, auront à s’opposer aux capitalistes et aux impérialistes, qui comptent sur l’irrésolution et l’aggravation du conflit pour développer leurs profits et leur domination géopolitique sur la région et sur les classes ouvrières, palestinienne et israélienne.
Ces dernières ont donc un rôle majeur à jouer, être le fer de lance pour la création d’un véritable état palestinien démocratique et socialiste aux côtés d’un état israélien, socialiste et démocratique.
Pas de véritable paix sans socialisme !

Par Geneviève Favre

L’impérialisme mène au chaos et à la désolation

L’état des relations entre les pays ne cesse que de se dégrader. Les guerres se multiplient ainsi que les interventions impérialistes. Les pays capitalistes dominants se donnent le beau rôle : celui de gendarme du monde, défenseur de la démocratie, de la liberté des peuples et des opprimés. Mais en réalité en intervenant militairement partout à travers le monde, particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique, ils déstabilisent des régions entières pour longtemps. Ce sont de véritables «pompiers pyromanes» qui ne sont intéressés que par la défense des intérêts de leur propre bourgeoisie et de leur position géostratégique. La situation en Irak, après près de 25 ans d’intervention impérialiste (guerre et blocus depuis 1991) menée par les Etats-Unis avec ses supplétifs européens a détruit totalement le pays. Si Saddam Hussein était un dictateur, la situation des Irakiens aujourd’hui n’est pas plus enviable sous la domination impérialiste avec la menace réactionnaire de l’Etat islamiste en Irak et au Levant.
La guerre menée par la France pour déloger Kadhafi du pouvoir en Lybie n’est pas mieux. Là encore, le pays est en pleine guerre civile entre l’embryon d’Etat aux ordres des pays impérialistes, les tribus et les islamistes. Le soutien indéfectible des pays impérialistes aux capitalistes et à l’Etat d’Israël qui mène une sale guerre contre les Palestiniens est du même ordre. Partout où les Etats capitalistes interviennent, c’est le chaos et la désolation qui s’ensuivent.

Accroissement des tensions

Mais ces dernières années, dans un contexte d’approfondissement de la crise économique, ce sont les relations entre pays impérialistes qui se tendent. Jusqu’à récemment, les Etats impérialistes s’accordaient pour se partager le monde. Les institutions supranationales du capitalisme, comme l’ONU, étaient chargée de gérer ce partage. Avec l’approfondissement de la crise économique structurelle du capitalisme, les impérialistes commencent à s’affronter plus directement entre eux pour sauvegarder leurs intérêts.
Les prémisses de cette nouvelle phase de tensions inter impérialistes s’étaient fait sentir dans la guerre en Géorgie durant laquelle l’Etat russe soutenait les indépendantistes d’Ossétie et d’Abkhazie contre l’Etat Géorgien soutenu par les Etats-Unis et la France sur fond d’intérêts économiques : le passage d’oléoducs et de gazoduc venant de la mer Caspienne.
Pour l’instant, les Etats impérialistes s’affrontent essentiellement encore par l’intermédiaire des pays dominés dans des zones plus ou moins périphériques de leur zone d’influence. Mais la crise ukrainienne porte en elle bien plus de dangers. Elle est la conséquence la plus directe des antagonismes d’intérêts entre d’un côté les Etats capitalistes européens qui soutiennent un régime dans lequel il y a d’authentiques fascistes et de l’autre la Russie impérialiste, qui ont tous leur économie à bout de souffle. Les Ukrainiens n’ont rien a gagné de part et d’autre.
En cette année de commémoration du centenaire de la première grande boucherie capitaliste du XXème siècle, comment ne pas faire le parallèle avec la situation que connaissait l’Europe avant la 1ère guerre mondiale en 1914. Les Etats capitalistes se sont affrontés aussi sur des zones périphériques ou par l’intermédiaire de pays dominés avant d’en arriver à l’affrontement généralisé pour le partage du monde : crise marocaine en 1905 et 1911 durant laquelle s’affrontent la France, l’Espagne et l’Allemagne pour le contrôle de cette région ; guerre des Balkans de la fin du 19ème siècle (guerre d’indépendance face à l’Empire Ottoman) et surtout en 1912-1913.

En finir avec l’impérialisme

A moins de voir dans la situation de chaos actuel la conséquence de politiques irrationnelles menées par d’irresponsables sociopathes qui nous gouvernent, il faut bien chercher les moyens d’empêcher l’impérialisme d’agir, de nuire et de nous mener droit à une nouvelle catastrophe.
Lors d’un de ses discours à l’Assemblée, Jaurès avait prononcé cette phrase qui est demeurée célèbre «Le capitalisme porte en lui la guerre comme les nuées portent l’orage». C’est bien le fonctionnement même du capitalisme qui régulièrement mène aux conflits. L’impérialisme est la conséquence des contradictions du système économique : pour retrouver des taux de profit acceptables dans leur économie, les Etat capitalistes cherchent systématiquement
leur domination. Ils veulent ouvrir de nouveaux marchés pour les investissements de leur bourgeoisie et avoir des accès à des matières premières moins chères pour que les entreprises soient plus concurrentielles que les entreprises des autres pays capitalistes.
C’est le partage colonial direct ou économique du monde. Lorsque les contradictions sont trop fortes, la crise trop profonde, pour que ce partage se fasse à «l’amiable», les Etats capitalistes commencent à s’affronter directement. Nous ne pourrons donc pas en finir avec la guerre et l’impérialisme sans en finir avec le capitalisme lui-même. Nous sommes une nouvelle fois face à cette alternative : socialisme ou barbarie !

Par Yann Venier

Vers une nouvelle crise économique déflationniste dans la zone euro ?

ggLa zone euro était une des régions les plus touchées par la crise qui a commencé en 2008 avec la crise des subprimes aux États-Unis. Il s’agit de la crise la plus grave depuis celle de 1929 et dans la zone euro cette crise est devenue une triple crise: une combinaison d’une crise financière, d’une crise économique et d’une crise de dettes souveraines (dettes des États).
Des plans de relance très massifs et un sauvetage important des banques en difficulté dans les pays économiquement puissants comme la France et l’Allemagne ont évité que la crise devienne encore plus importante. Cela n’a pas empêché qu’un pays comme la Grèce fasse faillite et qu’une grande partie de sa population vive aujourd’hui dans la pauvreté. Malgré quelques embellies timides et temporaires de l’économie et la constitution d’un fonds de 500 milliards d’euros par les États membres (mécanisme européen de solidarité, MES), la zone euro risque de plonger à nouveau dans une période de crise, dans une période de déflation et de stagnation, probablement doublée d’une nouvelle récession sous quelque mois.

D’une austérité généralisée à une déflation généralisée ?

L’austérité généralisée dans la zone euro a un effet direct et négatif sur la demande, donc sur la croissance. Au deuxième trimestre 2014, la croissance économique est à nouveau au point mort : 0 % en France, -0,2 % en Allemagne, en Italie et en Grèce. Selon Eurostat, le taux d’inflation était à 0,4 % en juillet pour la zone euro, ce qui est très faible.
Une déflation généralisée pointe son nez dans la zone euro qui aurait des conséquences dramatiques pour les travailleurs, déjà touchés fortement par les politiques d’austérité, le chômage et la pauvreté.
La déflation est le contraire de l’inflation: il s’agit d’une baisse généralisée des prix et des salaires.
D’où vient cette baisse des prix ? Dany Lang, chercheur en économie à l’Université de Paris 13, l’explique ainsi: «C’est un problème de demande généralisé.
Les principaux clients des Européens sont des Européens, et si tout le monde mène des politiques d’austérité, la demande baisse; et si la demande baisse, les entreprises n’arrivent pas à écouler leurs stocks, et donc forcément ça fait baisser les prix.» La déflation est donc bien plus qu’une simple baisse des prix, c’est une spirale négative qui entraîne
toute l’économie.

La spirale déflationniste

Une spirale déflationniste pourrait se déclencher prochainement dans la zone euro : à cause de la baisse des prix, les entreprises doivent réduire leurs coûts de production et les salaires. Les consommateurs ont par conséquent moins de pouvoir d’achat et plus de difficultés à rembourser leurs crédits. Ils achètent donc moins, reportent les achats et en particulier les gros achats (électroménagers, voitures, etc.) ce qui provoque une baisse générale de la production. Dans certains secteurs les prix pour les marchandises peuvent tomber en dessous du prix de production ce qui entraîne une vente à perte et à moyen terme une série de fermetures d’entreprises avec des licenciements de masse à la clé (puisque les capitaux ne restent pas très longtemps dans un secteur déficitaire, ni dans un secteur qui génère peu ou pas assez de profits).
Cette contraction des prix provoque aussi une hausse des taux réels: vu la baisse des résultats des entreprises, les banques sont plus réticentes pour leur accorder des crédits et relèvent leurs taux d’intérêt.
Ceci contribue à contracter davantage les capitaux investis dans la production (déjà assez faibles comparés aux capitaux qui circulent sur les marchés financiers) et donc l’activité économique.
Ce phénomène de spirale déflationniste a fait des ravages pendant la grande dépression des années 1930 et au Japon durant les années 1990.

La politique de la Banque centrale européenne

Face à ce risque de nouvel écroulement de l’économie de la zone euro, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a annoncé le 4 septembre 2014 des mesures qui semblent drastiques : un baisse de son taux directeur à 0,05 % (un bas historique) et l’achat massif de créances titrisées d’entreprises (ABS), donc en gros achat des dettes des entreprises ce qui est à nouveau un gros cadeau au patronat. De plus, la BCE met en place une politique «d’assouplissement quantitatif», qui consiste à racheter massivement, sur les marchés financiers, des titres privés ou publics, en échange la Banque crée massivement de la monnaie. Il s’agit donc de la vieille recette de «planche à billets», c’est à dire augmenter massivement la quantité de monnaie en circulation.
Et tout cela avec la prétention de permettre aux banques d’élargir les crédits aux entreprises pour relancer l’économie. Or, les banques ont utilisé et vont prochainement utiliser ces masses d’argent pour alimenter les marchés financiers, autrement dit pour spéculer massivement (faute de perspectives de faire des profits suffisants dans la production).

Les contradictions du système capitaliste s’accentuent

Aucune politique monétaire des banques centrales ne peut réellement contrer les causes profondes des crises économiques capitalistes. C’est vrai que les afflux de liquidité notamment de la Banque centrale américaine (FED), triplés entre 2008 et 2013 (!), ont pu temporairement amortir le choc aux États-Unis mêmes, mais aussi en Europe. Tout cet argent gonfle les bulles spéculatives et les problèmes structurels de l’économie «réelle» deviennent des plus en plus importants, renforcés par la politique d’austérité, donc les restrictions budgétaires.
«Nous sommes dans une situation de trappe de liquidités ». Ce n’est pas un problème de taux d’intérêts. On peut injecter autant de liquidités que l’on veut ça ne changera rien. Le problème est celui de la demande et donc de la politique budgétaire.» (Dany Lang).
Comme les gouvernements européens différents ne veulent pas s’en prendre aux profits des grandes entreprises, les politiques d’austérité vont être poursuivies ce qui alimentera davantage la spirale déflationniste.
Néanmoins, le pire scénario pour les travailleurs n’est pas complètement exclu: un processus de déflation avec toutes ces conséquences désastreuses (baisse des salaires, chômage de masse,…) combiné à une hausse des prix continue des biens de première nécessité (aliments etc.). Ce serait alors encore moins envisageable que le pouvoir d’achat et la croissance reprennent, et une crise économique durable, à l’image du Japon des années 1990, s’installerait.

Sortir du capitalisme pour sortir de la crise

La classe ouvrière à l’échelle mondiale – y compris dans les pays les plus riches comme la France – a déjà suffisamment souffert des crises économiques, des guerres, de la pauvreté et de la misère engendrées par le capitalisme. Il est de temps de mettre fin à ce système capitaliste et d’ouvrir un nouveau chapitre de l’humanité: celui d’une société socialiste dans laquelle une économie planifiée, débarrassée de la course aux profits, gérée par les travailleurs eux-mêmes garantira une vie décente et la satisfaction des besoins de toutes et tous.