Afrique du Sud – Décision historique du syndicat des métallos

DSCF2067-300x225Au cours de ce qui restera dans l’Histoire comme le plus important congrès syndical depuis la fondation du Congress of South African Trade Unions (Cosatu) en 1985, les délégués du congrès spécial de la National Union of Metal Workers of Soutah Africa (Numsa) ont pris la décision audacieuse et historique de couper les ponts avec l’ANC, parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid. Avec le retrait de leur soutien financier et logistique à l’ANC, celui-ci va entrer dans les élections 2014 sans le soutien du syndicat membre du Cosatu le plus nombreux et le plus influent politiquement. Etant donné le soutien de la base de toutes les composantes du Cosatu envers la Numsa, y compris dans celles dirigées par des leaders pro-capitalistes, cela signifie que l’ANC est partie pour perdre non seulement le vote des 340.000 membres de la Numsa, mais potentiellement également plus d’un million de voix des autres syndicats affiliés au Cosatu. L’ANC va sortir des élections de 2014 significativement affaiblie. Les scénarios-catastrophes des stratèges de l’ANC eux-même, où l’ANC obtiendrait moins de 50%, ne peuvent être écartés.

Article du Workers’ And Socialist Party, parti large au sein duquel travaille le Democratic Socialist Movement, section du CIO en Afrique du Sud

Les répliques du séisme commencé à Marikana, qui ont ébranlé les fondations de l’ordre politique post-apartheid ingénieusement établit dans les négociations de la Conférence pour une afrique du Sud Démocratique (CODESA), ont maintenant trouvé une expression sur le plan politique.

Pour adapter le titre du livre du commentateur politique Allister Spark sur les perspectives du pays après la CODESA (tomorrow is another country),  »aujourd’hui, l’Afrique du Sud est un autre pays ». Les barreaux en or de la prison politique dans laquelle la classe ouvrière est maintenue depuis 20 ans sont brisés et le processus de l’émancipation de classe et d’indépendance politique de la classe ouvrière a commencé avec force.

De plus, la Numsa va cesser sa contribution financière au Parti Communiste Sud-Africain, coupant les liens politiques avec ce parti  »en faillite idéologique », selon les mots du secrétaire général de la Numsa, Irvin Jim.

La colère et le sentiment de trahison des délégués envers les dirigeants de l’ANC et du PC Sud-Africain se sont exprimés pendant toute la conférence. A aucun moment un seul délégué n’a donné d’argument sérieux pour la poursuite du soutien à l’ANC. Pour les membres de la Numsa, la réalité est claire : l’ANC et le PC Sud-Africain sont des partis de la classe capitaliste. Le prochain gouvernement dirigé par l’ANC, avec le Programme de Développement néo-libéral comme pièce maîtresse, sera un gouvernement consciemment anti-ouvrier et ne mérite pas le soutien de la classe ouvrière.

A ce stade, la Numsa s’est gardée de décider de soutenir un parti alternatif en 2014 et a simplement réitéré le droit de ses membres de voter individuellement selon leurs convictions. Au lieu de prendre une position claire pour 2014 au cours du congrès, la Numsa a pris la décision de lancer un  »front uni » modelé sur le United Democratic Front des années ’80, pour unir les luttes des travailleurs et des communautés tout en contribuant à former un  »Mouvement pour le Socialisme ». Le Workers’ And Socialist Party, dans sa lettre ouverte à la Numsa, a appelé au lancement d’un réseau syndical socialiste pour aider à surmonter les divisions au sein de la classe ouvrière et à surmonter la paralysie de la lutte unifiée causée par la crise du Cosatu. Nous appelons aussi à une Assemblée de l’Unité de la Classe Ouvrière pour établir un plan de bataille pour les luttes de masse. Dans la décision de la Numsa de lancer un Front Uni et un Mouvement pour le Socialisme, nous voyons que ces appels ont trouvé un écho.

Cependant, avec les élections nationales et provinciales à quelques mois d’ici, nous avons invité la Numsa à  »prendre sa place dans la direction du WASP ». Le WASP a été lancé pour unir les luttes des travailleurs, des communautés et des jeunes et est organisé de façon démocratique et fédérative qui permettrait à Numsa d’utiliser l’étiquette du WASP pour présenter ses propres candidats, sélectionnés selon ses propres procédures. La Numsa pourrait s’opposer au Plan de Développement National au parlement en tant qu’auxiliaire des luttes qui vont avoir lieu dans les lieux de travail et les communautés.

Au congrès spécial de la Numsa, la direction a établi les critères que tout parti politique devrait présenter pour obtenir son soutien politique. Ces critères ont été approuvés par les délégués au cours de l’adoption du rapport du secrétariat. Nous pensons que le WASP présente ces critères. Le WASP s’est forgé dans les luttes des mineurs et se base sur la classe ouvrière ; il défend la nationalisation des mines, des banques, des exploitations agricoles, des usines et des autres grandes entreprises sur base du contrôle ouvrier et dans le cadres de la lutte pour une société socialiste ; le WASP est une organisation complètement démocratique. Dans leur nouvelle stratégie politique, la direction de Numsa a reçu le mandat  »d’être attentif à tout parti engagé pour le socialisme dans les élections futures ». Nous répétons donc notre appel envers la Numsa à prendre place dans la direction du WASP et à soutenir et à présenter des candidats sous l’étiquette du WASP aux élections de 2014, ce qui serait une étape cruciale dans la construction du nouveau Mouvement pour le Socialisme.

Les limites de la position spécifique de la Numsa pour les élections 2014 ne peuvent cependant amoindrir le changement monumental dans le paysage politique annoncé par sa décision. La rupture de l’ordre politique est maintenant bien engagée et le chemin vers l’indépendance politique de la classe ouvrière est ouvert. La décision de la Numsa a accéléré le processus commencé par les mineurs en 2012. En reconnaissant que le changement dans la situation politique post-Marikana demandait la convocation d’un congrès spécial, la Numsa a amené ce processus à un plus haut niveau de conscience.

Les délégués ont accueilli les survivants du massacre de Marikana et leurs familles et ont levé des fonds à hauteur de 20.000 rands (plus de 20.600€) pour les familles des tués. Ce montant sera augmenté à 500.000 rands (plus de 34.300€) par les employés de la compagnie d’investissement de la Numsa et par la compagnie elle-même. L’importance que le congrès a donné à la lutte des mineurs en 2012, y compris au massacre de Marikana, a montré la reconnaissance de la Numsa envers le rôle des mineurs en tant qu’avant-garde de la classe ouvrière dans sa libération de la prison de l’Alliance Tripartite (ANC, PC sud-africain et Cosatu). L’exode massif de la National Union of Mineworkers était aussi une rupture des liens politiques avec l’ANC. C’est de cette bataille ouverte qu’est né le WASP. La Numsa a maintenant complètement rejoint la bataille que les mineurs ont commencée.

La Numsa a envoyé un signal clair aux mineurs et aux autres travailleurs, en montrant qu’il ne va pas les abandonner aux directions syndicales pro-capitalistes qui continuent à s’accrocher à l’ANC. Irvin Jim a déclaré que la Numsa  »ne rejettera plus jamais un seul travailleur », en défi ouvert à la politique  »une industrie, un syndicat » du Cosatu. Jim a même regretté que cela n’ait pas été la politique de la Numsa à l’époque de Marikana. Cela va mettre la Numsa en opposition avec l’aile droite pro-ANC du Cosatu et va certainement mener à une rupture avec le Cosatu. La décision de retirer leurs 800.000 rands de cotisation de membre au Cosatu tant que leur demande de congrès spécial n’a pas aboutit est une autre mesure audacieuse.

Les projets d’action de masse début 2014 et la solidarité du congrès envers les mineurs (qui vont sûrement mener d’autres luttes pour les salaires et contre les licenciements cette année) montrent que la Numsa va être au centre des luttes des travailleurs dans la prochaine période. La conférence pour le socialisme qui est prévue va continuer la discussion sur la construction d’une alternative politique de la classe ouvrière commencée au congrès spécial. La Numsa a fait les premiers pas dans le nouveau paysage politique qu’ils ont aidé à créer et, avec le WASP et les mineurs, ont entamé la tâche historique de reconstruire une indépendance politique de la classe ouvrière. Le WASP salue la direction de la Numsa et les délégués pour leur décision.

Hollande : Père noël des grands patrons.

Les 2 présidents des patrons. François Hollande raccompagnant le président du Medef après une "petite discussion" à l'Elysée:

Les 2 présidents des patrons. François Hollande raccompagnant le président du Medef après une « petite discussion » à l’Elysée.

2014 commence comme s’est terminée 2013 : hausses d’impôts pour les travailleurs, cadeaux aux grands patrons et chômage. Les vœux de fin d’année ne nous ont pas laissé entrevoir de grande amélioration quant à la politique du gouvernement. Le président du Medef, Pierre Gattaz ne s’y est pas trompé puisqu’il a déclaré : «Je suis satisfait. Il a lancé le projet général de sortir le pays de l’ornière et a montré un cap qui nous va bien.»

 Toujours plus de cadeaux aux grands patrons.

Dans une veine on ne peut plus libérale, Hollande nous présente donc un pacte de responsabilité avec les entreprises. Celui ci,nous dit-il est « fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social. » C’est donc un contrat dans lequel une des parties, le grand patronat, n’a aucun engagement concret à prendre, et dans lequel aucune forme de contrainte n’est envisagée ! Quand on voit les milliers de licenciements, les détournements d’argent public ou encore les dividendes énormes versés aux actionnaires en pleine crise économique, il n’y a pas besoin d’être « expert » économique pour savoir que le pacte de Hollande c’est un 3è gros cadeau au grand patronat (le 1er étant les 20 milliards du plan compétitivité et le 2è étant l’ANI) Il n’y a que ceux qui croient au Père Noël pour penser que des entreprises vont créer des emplois juste sur une base de pacte de confiance avec le gouvernement !

Petit rappel historique.

En 1984, un certain Yvon Gattaz président de l’ancêtre du MEDEF (père de l’actuel président du MEDEF… comme quoi le monde est petit!) proposait un pacte « donnant-donnant » : l’Etat supprimait l’autorisation administrative de licenciements et les entreprises « s’engageaient » à créer des emplois. En 1986, Jacques Chirac supprimait cette autorisation. Résultat : pas de création d’emplois en plus.

Faites des efforts !

La couleur est aussi annoncée sur le volet social et économique, quand Hollande nous demande de « faire des efforts ». Quels efforts ? Moins manger, mal se loger, ne pas se soigner ? C’est déjà la cas de plus en plus de personnes ! Et Hollande nous a bien expliqué que tout ça c’est pour financer ces cadeaux aux patronat. Il faudrait augmenter les impôts pour pouvoir les réduire… ! Cherchez l’erreur !

Cette « politique de l’offre » va surtout ajouter de la crise à la crise en transférant des milliards, des poches des travailleurs vers les profits des entreprises et dividendes des gros actionnaires.

La promesse de temps difficiles est finalement la seule que le gouvernement aura tenu.

Non, ce n’est pas un gouvernement de gauche !

Alors que certains s’époumonent à supplier le gouvernement de faire une politique de gauche, de redevenir social démocrate… (voir page 4 de ce numéro) tous ses actes et décisions démontrent que le PS a (depuis longtemps) tourné le dos aux travailleurs et aux classes populaires. Ce ne sont pas les élections de cette année qui vont apporter une réelle alternative à ces politiques libérales qui s’enchaînent. C’est bien à nous tous, travailleurs,chômeurs, jeunes etc. qu’il revient de prendre le chemin des luttes pour stopper les désastres sociaux en cours.

 Par Virginie Prégny.

Paru dans l’Égalité n°164 (janvier-février 2014)

Hong Kong : Pour une lutte unitaire contre l’oppression et la discrimination des travailleurs immigrés !

hongkong_domestiqueCe dimanche, des milliers d’employés de maison ont manifesté dans les rues de Hong Kong afin de réclamer justice suite au cas symptomatique d’une employée indonésienne victime de maltraitances de la part de ses employeurs. Voici ci-dessous l’article de nos camarades de Socialist Action, section du Comité pour une Internationale Ouvrière à Hong Kong.

Par Socialist Action (CIO-Hong Kong)

Le cas d’une employée de maison indonésienne torturée, Erwiana Sulitiyaningsih, a exposé au grand jour la vie extrêmement dure des immigrés à Hong Kong. Erwiana a non seulement dû subir la violence de la part de ses employeurs, mais elle n’avait pas non plus été payée durant les huit mois où elle les avait servi, sans même recevoir un jour de congé. Cette affaire ne constitue toutefois que le sommet de l’iceberg. Mais après cet exemple, plus de travailleurs osent s’exprimer publiquement sur la façon dont leurs employeurs abusent d’eux. Le système de l’esclavage moderne qui sévit à Hong Kong est devenu un scandale international.

 

Une politique injuste

Les agences de recrutement constituent un exemple brutal de l’exploitation capitaliste. Ces agences obligent les travailleurs domestiques immigré à payer le prix fort pour qu’on leur  »présente » un travail. Les agences ne se soucient que de leur profit, sans aucune considération pour les conditions de travail des travailleurs. La règle des 2 semaines est extrêmement injuste pour les travailleurs immigrés, elle les contraint à rester avec un mauvais employeur plutôt que de risquer d’être expulsés de Hong Kong (le droit hongkongais dispose que les employés de maison étrangers doivent trouver un nouvel emploi et obtenir un visa de travail dans les deux semaines suivant la fin de leur contrat, faute de quoi ils doivent quitter Hong Kong, NDT) ! La loi exigeant que ces travailleurs doivent vivre avec leur employeur les prive de toute vie indépendante. Ce droit humain fondamental ne s’applique pas aux immigrés à Hong Kong. Ils perdent donc leur propre vie privée et certains travailleurs sont obligés de travailler de nuit également. Socialist Action revendique l’abrogation de la règle des 2 semaines et le droit des travailleurs à vivre de façon autonome. Nous exigeons une forte expansion du nombre de logements publics, y avec de logements indépendants bons marchés pour les travailleurs immigrants actuellement exclus du logement public.

 

Combattons l’exploitation capitaliste !

Les immigrés sont victimes de discrimination systémique ainsi que du racisme des autorités, ils doivent subir de longues heures de travail pour des salaires misérables et une faible protection au travail. Le gouvernement a délibérément érigé des murs pour séparer les travailleurs immigrés du reste de la classe ouvrière afin qu’ils puissent être plus facilement exploités dans les intérêts des grandes entreprises, qui s’opposent à ce que plus de moyens soient accordés aux services sociaux tels que la garde d’enfants, les soins aux personnes âgées ou qui refusent encore toute réduction des heures de travail, ce qui permettrait aux travailleurs de passer plus de temps avec leurs familles.

Seule l’organisation et la création de syndicats combatifs s’opposant résolument à cette ségrégation pourra livrer une solution. L’élite milliardaire craint les luttes des immigrés car leur combat pour de meilleures conditions de travail et de salaire pourrait se joindre à la lutte menée à Hong Kong pour les droits démocratiques, les droits de tous les travailleurs et pour une meilleure protection sociale de base. Dans de plus en plus de pays, les travailleurs ripostent – comme nous l’avons encore tout récemment vu au Cambodge et en Indonésie – avec de nouveaux syndicats de combat et de grands mouvements de grève pour un salaire décent.

 

 

Luttons contre le racisme !

Socialist Action se bat pour l’obtention des droits démocratiques et pour une protection juridique pour les immigrés et tous les travailleurs – le droit d’adhérer à un syndicat, le droit à la négociation collective, le droit de grève, et un droit de séjour identique pour chacun. La seule façon de se débarrasser des agences de recrutement privées qui enfreignent la loi est de les remplacer par une autorité publique gratuite et à but non lucratif afin de gérer l’embauche des immigrés, sous contrôle démocratique. Il faut également reconnaître qu’au vu de l’état famélique des services sociaux à Hong Kong, les travailleurs domestiques étrangers fournissent des services sociaux essentiels qui ont un grand impact économique.

Le cas d’Erwiana est un signal d’alerte et de réveil qui illustre la nécessité d’une lutte commune pour les droits des femmes, contre le racisme et pour une protection égale à tous les travailleurs. Le racisme est attisé par les médias et les politiciens afin de diviser et d’affaiblir la lutte pour les droits des travailleurs et les droits démocratiques. Socialist Action est d’avis qu’il est crucial de construire un mouvement de masse à Hong Kong contre toutes les discriminations. Tout comme d’autres groupes, nous serons ainsi également présents à la marche de la Journée internationale des femmes le 8 mars prochain. Luttons pour l’égalité des femmes et contre le racisme et toutes les tentatives des capitalistes de nous diviser et nous affaiblir.

Socialist Action déclare :

 

  • Il faut poursuivre les employeurs !
  • Abolition du système privé des agences de recrutement. Tout le travail domestique doit être placé sous un nouveau secteur public non-marchand.
  • Pour le droit des travailleurs immigrés de vivre leur vie de façon indépendante. Pour la construction de 50.000 logements publics chaque année afin d’en finir avec les listes d’attentes, et avec un provision pour les immigrés.
  • Pour un salaire minimum de 40 HK$ par heure et un temps de travail de 8 heures par jour, sans exception !
  • Pour la construction de syndicats combatifs et pour des conventions collectives de travail pour tous les travailleurs, travailleurs immigrés inclus.
  • Pour une augmentation massive des fonds publics alloués aux services à la petite enfance et à l’aide aux personnes âgées. Taxons les riches, les banques et les grandes compagnies.
  • Pour que tous les services publics soient placés sous propriété, gestion et contrôle démocratiques – pour la fin des privatisations et de la sous-traitance.
  • Solidarité internationale !

Lutte des Goodyear à Amiens nord, ensemble jusqu’au bout !

En octobre 2011, durant la campagne présidentielle, François Hollande, alors candidat, était allé sur le parking de l'usine pour apporter son soutien aux salariés. Et il s'était engagé à faire voter, en cas de victoire, une loi contre les licenciements économiquement injustifiés. | Reuters/STRINGER/FRANCE

En octobre 2011, durant la campagne présidentielle, François Hollande, alors candidat, était allé sur le parking de l’usine pour apporter son soutien aux salariés. Et il s’était engagé à faire voter, en cas de victoire, une loi contre les licenciements économiquement injustifiés. | Reuters/STRINGER/FRANCE

 Le 22 janvier, les salariés le cœur gros, ont voté à main levée le protocole de fin de conflit à l’usine GoodYear Amiens Nord. Ainsi s’est terminée une belle et grande lutte de 7 ans qui a permis aux Goodyear de stopper par les grèves ou les procédures judiciaires tous les plans et les chantages de la direction. 7 ans de combat, avec zéro emploi perdu et 7 ans de salaires! Nous saluons ce combat que nous avons toujours popularisé et soutenu.

Solidaires jusqu’au bout.

L’accord arraché à la direction par l’occupation de l’usine et la ténacité de la CGT prévoit un triplement de l’enveloppe globale par rapport au premières offres de la direction. Surtout tous les salariés, et notamment les plus jeunes vont toucher une prime. Par exemple un salarié avec un an d’ancienneté n’aurait eu que 560 euros en 2012. L’accord signé mercredi lui permet de partir avec 21000 euros. Avec toutes les primes et congés de reclassement, les primes varient de 60000 euros à 130000 maximum. Durant toute la période de « reclassement », la mutuelle et une grande partie de la protection santé sera intégralement payée par Goodyear.

Ce sont 1173 emplois que Goodyear détruit, et le double d’emplois induits. Sans parler des suppressions d’emplois par centaines sur les deux sites d’Amiens depuis que Goodyear a entamé sa restructuration mondiale. La lutte des ouvriers de Goodyear a toujours été de sauver toute l’usine, de rester ensemble jusqu’au bout, et de refuser la régression sociale que représente l’instauration des 4×8 à Amiens Sud qui fait qu’on se retrouve à travailler (pour fabriquer des pneus !) le dimanche ou les jours fériés. C’était une résistance face à l’acharnement de la direction à détruire les emplois mais également les personnes, brisant les solidarités : comment se croiser dans la rue si on a accepté que son voisin soit dans la charrette de licenciement pour qu’on garde son emploi ? Il était extrêmement dur d’empêcher la fermeture dans un contexte économique mondial où toute la filière automobile est restructurée, pneumatiques compris. Politiquement, le slogan de la nationalisation de l’usine sous contrôle des travailleurs aurait eu une grande utilité et obligé au débat dans la gauche et les syndicats, car les grandes réorganisations sont loin d’être terminées dans le secteur automobile.

Le sale rôle de Montebourg.

Depuis quelques années, Goodyear voulait fermer l’usine et en vendre une partie (la production de pneus agraires) au groupe Titan, histoire de faire du profit tout en licenciant. Montebourg, après avoir fait semblant d’être du côté des travailleurs à des fins politicardes et sur une rengaine « patriotique » qui n’a toujours été qu’un leurre d’où qu’elle vienne, s’est ingénié à saboter la résistance des travailleurs et de la CGT Goodyear.

Montebourg et Hollande ont négocié la reprise de l’usine par Titan dans le dos des travailleurs mais s’il en reprend, aucun salarié ne sera transféré à Titan s’il n’est pas indemnisé avant par Goodyear. Un collectif de salariés ex-Goodyear va être créé pour agir aux prud’hommes et montrer l’inexistence de toute justification économique des licenciements.

Avant de quitter l’usine occupée, deux journées de solidarité.

Le 17 janvier, suivant une proposition de la CGT Arcelor Mittal, 3 à 400 personnes se sont rassemblées sous une pluie perçante autour d’un barbecue de soutien à l’occupation de l’usine et aux négociations en cours. Des délégations de nombreuses sections syndicales (principalement CGT : PSA-Aulnay, Renault Cleon, Faurecia Auchel, Livre-CGT, Renault-Douai, Petroplus, Ford-Blanquefort, plusieurs UL et l’UD CGT de la Somme, des syndicalistes CGT transport routier de Rouen, des militants FSU d’Amiens ou encore une délégation de SUD-PTT 92) pour rappeler la nécessité de lutter ensemble et participer au soutien à cette lutte emblématique.

Le 18 janvier, les familles et les salariés se sont rassemblés en nombre devant la mairie. Dans une longue intervention Mikaël Wamen a rappelé la lutte courageuse des salariés et dénigré toutes les accusations dont ils ont été victimes et par là même leurs familles. Un chèque aussi gros soit-il « ne remplacera jamais ce qu’ils perdent : un emploi » sans parler des drames humains qu’entraîne cette perte.

Les Goodyear ont souvent participé aux journées de mobilisation des autres entreprises comme celles des Continental ou autres secteurs. Pendant la grève contre la casse des retraites en septembre-octobre 2010, la CGT Goodyear avait été le moteur de grandes initiatives qui auraient du être multipliées à l’échelle de tout le pays, ce qui aurait largement amélioré le rapport de force : blocage de la zone industrielle d’Amiens Nord, grand meeting-débat avec l’ensemble des secteurs en lutte rassemblant plus de 1000 militants… La grève générale et totale n’était pas un simple slogan mais se construisait avec énergie. La Cgt Goodyear a régulièrement demandé que la direction nationale (confédérale) de la CGT appelle à de vraies journées interprofessionnelles de grève. Sans succès. D’ailleurs ni Thibault ni Le Paon ne sont venus sur le site soutenir les ouvriers.

Au nom de la Cgt Goodyear le 18 janvier Mickael Wamen a redit que contre ce gouvernement et les patrons, il y a une urgence de luttes. Au moment où Hollande donne 50 milliards d’euros au Medef «il faut prendre la rue dans un mouvement national avec des salariés qui eux aussi en ont marre».

Bien sûr, les confédérations ne le veulent pas mais « la cgt goodyear s’y emploiera ». C’est effectivement dans ce sens, en une journée de grève tous ensemble qu’il faudrait aller pour stopper les attaques, les licenciements, les fermetures.

Un texte du syndicat intitulé « J’accuse » rappelle clairement : « même si le gouvernement Sarkozy ne nous a pas fait de cadeau jamais il n’aurait osé faire ce que le gouvernement Hollande réalise !!!!! ».

La lutte des Goodyear est emblématique de ces centaines d’entreprises qui subissent actuellement des plans de licenciements. Elle montre également que la lutte contre le chômage et les licenciements est une lutte tout autant contre les décisions des multinationales que contre la politique du gouvernement.

Seattle : prestation de serment historique d’une vraie socialiste.

Kshama Sawant lors de son discours d'investiture le 8 janvier 2014.

Kshama Sawant lors de son discours d’investiture le 8 janvier 2014.

Ci dessous le discours donnée lors de la prestation de serment de Kshama Sawant (camarade du CWI élue au conseil municipale de Seattle aux Etats-Unis) qui a eu lieu le 8 janvier 2014.
vous pouvez aller voir cette vidéo – le reportage montre l’enjeu (même s’il n’y a pas le discours)
http://www.king5.com/news/politics/Socialist-Kshama-Sawant-sworn-in–238989561.html
Une victoire à populariser !

« Chers frères et soeurs,

Merci pour votre présence aujourd’hui.

Cette ville a fait la fortune des super-riches et des grandes entreprises qui dominent le paysage de Seattle. Parallèlement, les conditions de vie des travailleurs, des chômeurs et des pauvres sont de jour en jour dev

enues plus difficile. Les coûts du logement, de l’enseignement et des soins de santé sont montés en flèches jusqu’à devenir inaccessibles.

Cette situation n’est pas spécifique à Seattle. Honteusement, concernant ce domaine, le pays le plus riche de l’histoire humaine comprend cinquante millions de personnes – une sur six – vivant dans la pauvreté. Partout dans le monde, des milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable ainsi qu’aux infrastructures sanitaires de base et des enfants meurent chaque jour de malnutrition.

Telle est la réalité du capitalisme international. C’est le produit du gigantesque casino de la spéculation créé par les bandits de grand chemin de Wall Street. Dans ce système, le marché est Dieu et tout est sacrifié sur l’autel du profit. Le capitalisme a échoué pour les 99%.

Malgré les récentes discussions portant sur la croissance économique, la reprise n’a été favorable qu’aux plus riches, les 1%, tandis que le reste d’entre nous tombent loin derrière.

Couverture du journal de Socialist Alternative (CIO-USA)

Couverture du journal de Socialist Alternative (CIO-USA)

Dans notre pays, les politiciens Démocrates et Républicains servent en premier lieu les intérêts des grandes entreprises. Un Congrès complètement dysfonctionnel ne parvient à se mettre d’accord que sur une chose – l’augmentation régulière des leurs salaires déjà pléthoriques – tout en permettant en même temps que le salaire minimum fédéral stagne et diminue sans cesse à cause de l’inflation. Nous avons devant nous ce spectacle obscène de dirigeants d’entreprises qui gagnent en moyenne sept mille dollars de l’heure, tandis que les travailleurs les moins bien payés sont qualifiés de présomptueux lorsqu’ils revendiquent tout juste quinze dollars de l’heure.

Pour commencer à changer tout cela, nous avons besoin de mouvements de masse organisés des travailleurs et des jeunes, en s’appuyant sur leur propre force indépendante. C’est ainsi que nous avons gagné le droit de nous syndiquer, obtenu les droits civiques ou encore les droits des LGBT.

Encore une fois, tout au long de la longueur et de la largeur de ce pays, les travailleurs se mobilisent pour une vie décente et digne pour eux-mêmes et leurs enfants. Regardez le mouvement des travailleurs des fast food, les campagnes des travailleurs de Walmart et l’activisme héroïque pour stopper la construction du pipeline Keystone XL!

Ici, dans la proche ville de SeaTac, nous venons d’assister à la formidable campagne victorieuse pour obtenir l’imposition d’un salaire minimum de quinze dollars de l’heure. Dans le même temps, dans le comté de Lorain, en Ohio, vingt-quatre candidats se sont présentés, non pas comme Démocrates ou Républicains, mais comme  »Independant Labor » (indépendants du monde du travail) et ont été élus aux conseils communaux.

Je ferai de mon mieux pour représenter les démunis et les exclus, les pauvres et les opprimés – en luttant pour un salaire minimum de 15 $ de l’heure, pour des logements abordables, pour taxer les super-riches et pour une expansion massive du transport en commun et de l’enseignement. Mais ma voix ne sera entendue par ceux qui sont au pouvoir que si les travailleurs eux-mêmes crient leurs revendications sur les toits et s’organisent en masse.

Mes collègues de Socialist Alternative et moi-même nous tiendrons au coude-à-coude avec tous ceux qui veulent se battre pour un monde meilleur. Mais les travailleurs ont besoin d’un nouveau parti politique, d’une organisation de masse de la classe ouvrière, dirigée par eux-mêmes et ne devant rendre de compte qu’à eux-mêmes. Un parti qui luttera et mènera campagne pour leurs intérêts en défendant avec hardeur des alternatives contre ce système en crise.

Ici, à Seattle, les politologues se demandent à mon sujet : fera-t-elle des compromis ? Peut-elle travailler avec d’autres ? Bien entendu, j’aurai à rencontrer et à discuter avec des représentants de l’establishment. Mais quand je le ferai, je mettrai sur table les besoins et les aspirations de la classe ouvrière, peu importe qui sera assis en face de moi. Et permettez-moi de clarifier une chose : il n’y aura pas de tractation secrète avec des entreprises ou leurs serviteurs politiques. Il n’y aura pas d’arrangement pourri qui desservirait ceux que je représente.

Je porte l’insigne du socialiste avec honneur. Je remercie les presque cent mille électeurs qui ont voté pour moi et les centaines d’entre vous qui ont travaillé sans relâche dans cette campagne, je vous remercie. Continuons.

L’élection d’une socialiste au Conseil d’une grande ville dans le coeur du capitalisme mondial a fait des vagues dans le monde entier. Nous le savons pour avoir reçu des messages de soutien d’Europe, d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Ceux qui luttent pour un changement nous ont dit qu’ils ont été inspirés par notre victoire.

Je fais appel à tous ceux qui sont prêts à résister à l’agenda des grandes entreprises – que ce soit à Seattle ou à l’échelle nationale – pour s’organiser. Joignez-vous à nous dans la construction d’un mouvement de masse pour la justice économique et sociale, pour un changement démocratique et socialiste, de sorte que les ressources de la société puissent être exploitées, non pas pour satisfaire la cupidité d’une petite minorité, mais pour le bénéfice de tous les peuples. Solidarité. »

Meeting intersyndical national pour défendre l’inspection du travail

inspection du travailAlors que le gouvernement ne cesse les cadeaux aux riches et au patronat, qu’il continue la casse des retraites et de la sécurité sociale ; il va maintenant aider les patrons voyous qui ne respectent ni le code du travail ni les conventions collectives en s’en prenant à l’inspection du travail.  Une baisse drastique des contrôleurs du travail est organisée ce qui va diminuer automatiquement les contrôles donc le respect des droits des travailleurs. L’indépendance de l’inspection est aussi remise en cause pour permettre encore des licenciements économiques plus faciles puisque avec l’ANI c’est les DIRECCTE (monstre administratif piloté par le ministère du travail) qui examineront les plans et non plus les juges.

lundi 27 janvier 2014 à 17h30
Lieu : Paris 3e
Annexe Varlin de la Bourse du travail
(annexe Charlot / Temple)
Salle Eugène Henaff
29 boulevard du Temple, ou
85 rue Charlot
Métro République ou Filles-du-Calvaire