Hollande-Valls, y’en a assez !

GetAttachment.aspxEditorial de l’Egalité n°167

Le ras-le-bol a atteint un degré inégalé et les ridicules 13% de sympathie pour Hollande le montrent bien. Quand à Sarkozy seuls 27 % souhaiteraient son retour à la tête de l’UMP. Pas très glorieux ! Plus personne n’y croit plus, pas même dans leur camp.

Mais, au dégoût grandissant depuis plusieurs années se mêle davantage, en cette rentrée, une grande colère. La majorité d’entre nous vit moins bien et une partie grandissante des jeunes, des chômeurs et des précaires survit. Si un indice mesurait la colère seulement via les mails, les posts et les pages facebook… il indiquerait que la rage gronde.

Encore 30 milliards de dividendes pour les actionnaires des grandes multinationales… Et sinon pour les autres des promesses de chasse aux chômeurs, les hausses des prix de la rentrée scolaire, des impôts, et en prime une déclaration d’amour au grand patronat de la part de Valls. Leurs mesures prétendument anti-crise s’en prennent toujours plus à nos conditions de vie à travers la casse des contrats de travail et la remise en cause de la protection sociale…Leur vaste plan de rigueur annonce leur choix de l’austérité accrue. Pas sûr qu’ils y arrivent.

Il faut mettre un coup d’arrêt à leur politique maintenant !

Parmi ceux qui travaillent, des mobilisations et des grèves s’organisent contre les pressions au boulot, les fermetures de site, les réorganisations intolérable et arbitraires.

Pour stopper la spirale de la crise, les licenciements et la précarité, il faut augmenter les salaires, bloquer les prix de l’alimentation et des produits de première nécessité en prenant sur les profits des capitalistes.

La colère doit s’exprimer par l’action collective des travailleurs, des chômeurs et des jeunes. Des journées de grève sont annoncées en septembre et octobre dans plusieurs secteurs comme l’aérien, les hôpitaux, la Poste, les retraités…. et le 16 octobre une journée d’action contre le gouvernement.

Il faut faire monter la pression en mobilisant partout et en coordonnant notre action. Les directions des syndicats, notamment CGT, FSU et SUD-Solidaires, doivent appeler à la mobilisation et à la grève dans tous les secteurs et en direction de la population. Il faut faire une vraie journée de grève combative tous ensemble en octobre qui regroupe tous ceux et celles qui veulent lutter, une journée qui donne de la force et qui engage un vrai bras de fer contre le gouvernement et le Medef.

La crise économique des capitalistes s’approfondit. Dans ce cadre, les politiques des gouvernements, celui d’un Sarkozy ou ceux d’Hollande et Valls servent plus violemment les intérêts des classes dirigeantes capitalistes françaises quitte à se mettre à dos une partie croissante de leur électorat. Et leurs partis, le PS et l’UMP sont en crise.

L’hypothèse d’une arrivée du FN au gouvernement est de plus en plus agitée comme un épouvantail mais cela ne doit pas nous effrayer inutilement et surtout ne pas nous empêcher de résister et lutter contre la politique actuelle. Les travailleurs et les jeunes n’ont rien à attendre de ces partis et doivent constituer leur propre force politique dans les luttes et dans les discussions collectives. C’est la seule garantie que nous avons de contrecarrer le FN et sa politique fondamentalement anti pauvre et anti ouvrière et raciste. Que Valls reste premier ministre ou pas, on ne peut pas rien attendre d’un simple changement de gouvernement en 2017. Il faut s’organiser, et dès maintenant vous pouvez le faire avec nous !

Alençon, encore une syndicaliste attaquée

 GetAttachment.aspx«Syndicalistes, pas voyous !» va bientôt devenir plus qu’un slogan mais une campagne syndicale permanente tellement l’action de syndicalistes est sous attaque. Après les 4 du Havre, les 5 de Roanne, les postiers du 92, c’est la secrétaire de l’union locale CGT d’Alençon en Basse-Normandie, Michèle, qui a été traînée devant le tribunal en juillet puis à nouveau le 4 septembre dernier.

Les poursuites avaient été engagées pour avoir soutenu une salariée en organisant un rassemblement devant l’entreprise. Finalement la relaxe a été annoncée le 4 septembre. Elle s’est faite pour vice de procédure mais il est probable que la pression de la mobilisation de nombreux syndicats a infléchi la décision du juge qui a découvert un vice de procédure.

La Poste : grèves et mobilisations !

GetAttachment.aspxLa Poste poursuit sa restructuration petit à petit à coups de fermetures de bureaux, de restructuration de tournées, de regroupement de plate forme courrier et de multiplication des emplois précaires. Pour autant, sur plusieurs sites, ces attaques ne passent pas et des grèves sont organisées.

Une nouvelle grève victorieuse de facteurs a eu lieu en Corse fin août après celle de ceux du 92. La Direction avait tout mis en oeuvre contre un long mouvement sur « l’Ile de beauté » : huissiers aux portes du centre de tri, CDD engagés pour assurer la distribution du courrier et casser la grève. Pourtant 62 facteurs d’Ajaccio sur 90 ont été en grève pendant 93 jours de manière unie. Et ils ont popularisé leur lutte largement. Les facteurs ont pu stopper le plan de la direction concernant la mise en place de « Facteur d’avenir ». La principale mesure était biens sur la sécabilité, qui consiste à redécouper les trajets différemment pour éliminer des tournées et des postes et à faire remplacer les facteurs en congés par des facteurs déjà en tournée, alourdissant la charge de travail et empêchant les embauches. La direction a dû reculer, et n’a pu supprimer les emplois qu’elle voulait et a du procéder à 3 embauches.

Du côté de la Banque postale, qui est la priorité du groupe La Poste, les moyens pour le personnel ne sont pas à la hauteur et les pressions augmentent sur les salarié-es. Une intersyndicale CGT-FO et SUD appelle à se mobiliser dans les centres financiers la semaine du 12 septembre et à faire grève le jeudi 18 septembre 2014. Dans beaucoup d’endroits, des fermetures et des restructurations sont à prévoir, les postiers auront besoin de tout le soutien nécessaire.

 

Transports Haute Normandie : salariés en lutte pour des salaires et des emplois

L’avenir est sombre pour les salartransport breveiés des entreprises de transports et les patrons n’y vont pas de main morte!

Le 4 août, au retour du week end, les salariés d’AGT (Agence Générale de Transport) près du Havre, spécialisée dans les transports de marchandises ont eu la stupéfaction de voir leur entreprise vidée par leur patron parti sans laisser d’adresse. Leurs collègues de Rouen avaient déjà subi le même sort en juin.

Depuis, le 22 août le tribunal de de commerce du Havre a prononcé la liquidation judiciaire d’AGT. Cela devait leur permettre de toucher leurs derniers salaires de Juillet et Août non payés mais il n’en est rien à ce jour.

Les salariés devront attendre que le tribunal des prud’hommes statue le 10 septembre sur leur dossier.

Près de Bourg Achard dans l’Eure ce sont les salariés de MLT(Méditerranéenne logistique de transport) basée à Cavaillon dans le Vaucluse qui ont appris sur un site internet de conseils immobiliers que leur patron avait mis en vente leur entreprise ! La boite est en redressement judiciaire depuis 2013. Là encore le patron est aux abonnés absents. Les salariés sont en grève depuis jeudi 4 septembre.

Les travailleurs n’ont rien à attendre du FN !

2013-09-14T171145Z_1_APAE98D1BRO00_RTROPTP_3_OFRTP-FRANCE-FN-MANIFESTATION-20130914Le FN a fait un score élevé aux dernières élections, mais une large majorité des travailleurs a préféré s’abstenir. Le FN récolte une partie des fruits de la colère sur fond de scandale à l’UMP et de rejet de la politique du PS au pouvoir. Il s’est surtout attiré des voix en prenant position sur les questions sociales et contre l’Union Européenne.

Et ce tournant prétendument social est de la pure démagogie. Avec la nouvelle stratégie de Marine Le Pen, leurs candidats jouent le jeu de la respectabilité électorale plutôt que la provocation car au final ne sont que des carriéristes comme les autres. Leurs élus sont des politiciens professionnels, cumulant plusieurs mandats et sont d’ailleurs de la même origine sociale favorisée (avocats, énarques…) que ceux du PS et de l’UMP.

Le FN essaye de faire croire qu’il défend les travailleurs. Mais à Hayange, le maire FN entend interdire les distributions de tracts des syndicats de personnel de la municipalité. Un autre exemple est sur la grève à la SNCF, où le FN a annonçait qu’il soutenait la grève. Le FN se prétend même désormais pour un service public, lui qui il y a quelques années encore était pour la privatisation du Rail et condamnait avec la plus grande violence les mouvements des cheminots.

Là encore, le FN s’en prend aux syndicats. Soutenir une grève sans soutenir ceux qui la font… la démagogie n’a plus de limites, et le positionnement purement tactique, pour recruter chez les fonctionnaires, leur permet d’envisager les prochaines élections.

D’ailleurs, si le FN met en cause les syndicats, c’est parce qu’il reste complètement hostile aux forces qui organisent les travailleurs et leur apporte les moyens d’agir collectivement. D’ailleurs, ses propositions sur les salaires ne sont pas éloignées de celles du Medef, du PS ou de l’UMP. Ainsi ils sont pour augmenter les salaires en diminuant les cotisations salariales à la Sécu, ce qui revient de fait à faire payer aux travailleurs des pseudo augmentations de salaire sans toucher aux profits des capitalistes et en continuant le cassage de la Sécu.

Le FN fait du populisme, en gardant sur le fond un programme et une activité d’un parti de droite.

Des polémiques qui restent utiles

Le caractère toujours raciste reste au cœur du FN et en a repoussé plus d’un y compris parmi leurs propres candidats aux municipales. Ce parti est toujours dirigé par la famille des Le Pen. Le Pen père n’a jamais caché son projet politique et ses liens avec des groupes fascistes. Il a fait sa fortune de multimillionnaire en héritant du cimentier Lambert : richesses qui ont été créées par le travail de milliers d’immigrés dans le bâtiment.

Les dernières déclarations de Jean-Marie Le Pen sur le virus Ebola en Afrique pour régler la question de l’immigration ou de Marine Le Pen sur la suppression de la double nationalité après le soutien à l’équipe de foot d’Algérie par des supporters en France montre encore leur fond raciste. Cette dernière polémique étant la plus ridicule : soutenir l’équipe de France de Football deviendrait un critère pour avoir la nationalité française ?

Marine a critiqué son père sur la communication mais pas sur le fond, il s’agit de ne pas perdre le noyau dur de l’électorat tout en essayant de continuer à récupérer les fruits de la colère d’une grande partie de la population face aux conséquences désastreuses des politiques antisociales des différents gouvernements.

Enfin, si les Le Pen critiquent la «finance» c’est évidemment sans préciser qu’eux-mêmes sont rentiers et vivent de dividendes d’actions et autres opérations financières. A tel point que la Cour des Comptes vient d’ouvrir une enquête sur l’enrichissement de Jean Marie Le Pen entre 2004 et 2009 d’un million d’euros supplémentaire.

D’autre part chaque fois qu’ils ont eu des élus, il y a eu des scandales financiers dans les mairies (finances parallèles, hausse de tarifs comme l’eau, non entretien de la voirie ou des cantines etc.) exactement comme d’autres politiciens.

Les mêmes escrocs que les autres

La différence, c’est qu’ils n’ont pas encore accès au magot – mais la tendance est la même, et les pratiques seront identiques à celles des politiciens corrompus. C’est ainsi que l’une des premières mesures prises par Joris Hébrard, le maire FN du Pontet dans le Vaucluse, et son conseil municipal fut de s’octroyer généreusement une hausse de 44% des ses indemnités, les faisant passer de 2470 euros à 3227 euros et une augmentation de plus de 180 euros pour les conseillers municipaux, avant que la préfecture annule cette décision qu’elle juge contraire au code des collectivités territoriales. Il est clair que les salariés de la mairie ou la plupart des administrés de la commune auraient certainement voulu bénéficier de la même augmentation de salaire ! Dans le même temps, ce maire si généreux avec lui-même et ses condisciples frontistes supprimait la gratuité des cantines scolaires de sa commune pour les enfants de chômeurs… les enfants des familles les plus démunies apprécieront certainement de suivre leur scolarité le ventre vide.

De la même manière qu’un Copé qui fait travailler à prix d’or ses amis du Bygmalion, David Rachine, le maire de Fréjus, a demandé à une société d’audit fondée très opportunément 2 jours avant le second tour des municipales par un de ses amis – Clément Brieda, totalement novice dans ce domaine – de réaliser l’expertise des comptes de la mairie une fois élu. Autant refiler l’argent des contribuables de Fréjus aux amis, même s’ils n’y connaissent rien en audit… Dans le même temps ce sont plus de contrats de travail qui n’ont pas été renouvelés à la mairie pour raisons financières. Et les budgets des associations sportives, qui subissent des coupes sévères : diminution de 50% pour le club de basket, celle de l’Association municipale des sports connait une baisse de 30%. Ou encore les subventions pour le bus scolaire et la cantine qui vont diminuer de 20 % à la rentrée scolaire, et celles des trois centres sociaux de la ville ont subi des baisses de 53 à 62 %.

Il est fort à parier que ce genre d’affaires se multipliera aussi avec les élus du Front National. Au FN comme ailleurs c’est margoulin et compagnie !

Au deuxième temps de la Valls… Le gouvernement plonge encore un peu plus dans les bras des patrons

4477752_3_5df7_a-l-universite-d-ete-du-medef-manuel-valls_4e44a20028d36873a9626547e9a62d1aCe lundi 25 août, Valls annonçait la démission de son gouvernement après seulement 147 jours de fonction. En cause, de soit disant « frondeurs » qui s’opposent de manière trop ouverte à la ligne économique entreprise par Hollande.

Mais il y a franchement de quoi s’y opposer et bien plus que ce que font Montebourg ou les « députés frondeurs » ! Depuis que le Parti Socialiste est à la tête du pays, la situation ne s’est en rien améliorée pour grand nombre d’entre nous, bien au contraire. Toutes les mesures prises par ce gouvernement reposent sur les mêmes recettes que la droite avant lui : les grands patrons et leurs entreprises seraient les garants de notre avenir car c’est eux qui pourront permettre à la France de regagner sa « grandeur ». On a vu les résultats ! Quant à la grandeur de nos salaires, ça ne les préoccupe pas. Valls a été ovationné à l’université d’été du Médef lorsqu’il tenait des propos tels que : « Nous devons soutenir nos entreprises [françaises puisque] quand elles gagnent des marchés [parmi la concurrence mondiale], ce sont tous les français qui gagnent un peu plus de prospérité ». Sans donner d’exemple évidemment puisque qu’il n’y a pas de vrais liens entre les deux et que souvent c’est même l’inverse : Renault, Total etc. licencient alors qu’ils « gagnent des marchés ». Il affirme qu’il y a « pas d’emploi sans employeur », à cela on répond : il n’y a pas non plus d’entreprise et de richesse produites sans travailleurs !

Nous avons aujourd’hui un gouvernement qui affiche ouvertement la nature que nous lui avions attribué, celle de protéger les plus riches. Les questions sociales ne sont que secondaires pour lui. Comment peut-on affirmer aujourd’hui que le problème viendrait de notre manque de « compétitivité », que les travailleurs vont devoir accepter de revenir sur des acquis sociaux arrachés par nos luttes précédentes et accepter d’être exploités encore davantage, alors que les dividendes versées aux actionnaires ne cessent d’augmenter ?! Pour rappel, ce n’est pas moins de 30 % de dividendes supplémentaires que les actionnaires ont reçu sur le deuxième trimestre 2014 et y a-t-il une moindre amélioration pour les travailleurs ? Non, loin de là.

Un bon exemple, les derniers chiffres du chômage qui annoncent 27 900 chômeurs de plus rien qu’au mois de juillet. Il y a 208 335 offres d’emplois (majoritairement précaires) à l’échelle nationale, pour près de 6 millions de demandeurs. Soit en moyenne un emploi pour trente demandes, soit pour chacun, 3% de chance de décrocher un job : une vraie loterie !

Alors ces patrons qui encaissent des milliards, c’est quand qu’ils viennent nous sauver ? Désolé Valls, même avec les leçons de morale que tu leur adresses, on n’y croit pas du tout à leur « bonne volonté ». Ce ne sont ni les patrons, ni ta politique libérale qui nous apportera une vie meilleure. Et gare à tes mesures d’austérité car la colère gronde et un de ces jours, on pourrait bien tous vous envoyer Vallser !

Rachel