L’islam politique : des courants contre-révolutionnaires.

nahdadégageLa Tunisie ne compte pas moins de 9 partis islamistes, dont Ennahda, au pouvoir depuis 2011, qui a en fin de compte confisqué la Révolution au moyen des élections. Qu’ont en commun les partis islamistes ?

L’Islam politique consiste d’abord dans le choix de la doctrine musulmane comme fondement de l’action politique, mais il peut aller jusqu’à transformer le système politique et social d’un État en imposant comme unique source du droit une interprétation stricte de la charia à l’ensemble de la société. Entre ces deux extrêmes, tous les cas de figure sont possibles, des partis de centre-droit comme le Parti de la justice et du développement, aux partis réformistes comme le Parti de l’unité et de la réforme ou le parti des conservateurs progressistes en passant par les partis centristes comme le Mouvement tunisien de l’action maghrébine.

Bien qu’Ennahda ait fait alliance, pour gouverner, avec des partis de centre-gauche, et qu’il tienne à se distinguer d’autres courants de l’Islam politique comme les salafistes, il apparaît néanmoins d’une part comme un parti très conservateur, avec de nombreux éléments ultra-réactionnaires en son sein. Il garde sa position gouvernementale au sommet de l’Etat ce qui le rend susceptible notamment de remettre en question le statut des femmes dans la société tunisienne dans le futur, comme de remettre en cause les libertés démocratiques ou syndicales. Et il paraît avoir partie liée à l’islamisme radical : l’opinion publique considère, depuis l’assassinat de Chokri Belaïd, qu’Ennahda s’est doté avec les salafistes un bras armé pour soutenir le régime.

Les salafistes sont des fondamentalistes religieux qui veulent modeler, par la force, la société sur un Islam « pur » (selon eux…) et qui mènent une opposition violente aux États arabes qui ont des velléités divergentes, trop tolérantes ou laïques. Les Frères musulmans sont plus ambigus en ce sens qu’ils ont un programme social officiellement égalitariste et qu’ils ne refusent pas (pour le moment), comme le font les salafistes, le concept de démocratie parlementaire.

La question se pose de savoir pourquoi la Révolution tunisienne a permis un succès électoral de l’Islam politique dans un premier temps. Il y a deux raisons majeures à cet état de fait : la Révolution n’avait, et n’a toujours pas, de programme politique de sorte que lorsqu’il s’est agi de voter, l’électorat s’est tourné vers les partis d’opposition en place qui étaient islamistes, d’autant que ceux-ci d’une part apparaissaient comme « les martyrs » de Ben Ali, d’autre part, parce que ces partis, sous Ben Ali, aidés de l’extérieur par le Qatar par exemple, soutenaient les plus misérables des Tunisiens par des œuvres de charité rendues possibles par une partie de l’argent qatari, l’autre partie allant quand même pour le train de vie des dignitaires nahdaouis (charité bien ordonnée commence par soi même!).

En Occident, des voix s’élèvent pour critiquer les rapports d’Ennahda avec l’islamisme radical, mais pour autant, l’Occident y trouve son compte : d’une part, peu importe qui gouverne en Tunisie, l’essentiel étant que les entreprises puissent bénéficier de contrats juteux ; d’autre part, si les régimes trop extrémistes mettaient un terme à ceux-ci, il serait toujours temps de soutenir ceux qui s’opposeraient à eux.

Il nous appartient de faire une autre lecture de la situation des islamistes en Tunisie : une révolution ne peut pas « accoucher de la vieille société » par les élections, ni par la prétendue « démocratie » parlementaire, instrument bourgeois d’un État bourgeois.

Par Ghislaine Carle

Paru dans l’Égalité n°160 (Mai-juin 2013)

SOCIALISME 2013 JOURNEE DE DEBATS MARXISTES

Samedi 6 avril : Socialisme 2013 Halle aux toiles, Rouen

Comme chaque année la Gauche révolutionnaire organise une journée de débats marxistes. Cette année, il s’agit d’aborder des éléments de la situation de cette période crise du capitalisme, révolutions, contre révolutions et notre programme.

11h : Femmes et socialisme ; lancement d’une nouvelle brochure du CIO.

Ce sera l’occasion de développer notre approche entre les questions d’oppression spécifique des femmes et nos revendications en lien avec la perspective socialiste

14h : Ils donnent toujours aux riches et aux patrons et nous continuons de payer la crise : Résistance contre les licenciements et les attaques de ce gouvernement de menteurs.

L’état de la France, la crise, ses conséquences et les mensonges du gouvernement, retour sur les attaques luttes défensives, discrédit d’Hollande et affaiblissement économique et politique en Europe, espace ouvert pour la droite et le Fn…

Une exposition sur Chavez et notre brochure

16h15-18h15 : Commissions

– 1793 : une année clé de la révolution française. 

La constitution de 1793 : Les forces politiques en présence, les leçons à en tirer.

– Diffusions d’extraits du film « Les nouveaux chiens de garde ». Les médias, et la machine à nous faire rentrer dans le moule, un des rouages de propagande et de contrôle du capitalisme.

 

18h30 : Meeting international : les révolutions au Maghreb et au Moyen Orient.

20h : Apéro dinatoire

Marx et Engels : défendre les travailleurs, c’est défendre leur milieu

Certains, dès le 19e siècle déjà, ont cependant refusé de se laisser enfermer dans de faux problèmes comme d’opposer l’écologie à la technique ou de dire que le combat environnemental dépasse les clivages politiques. Parmi eux se trouvaient Karl Marx et Friedrich Engels, les auteurs du Manifeste du Parti Communiste.

 Friedrich Engels disait par exemple : « qu’il s’agisse de la nature ou de la société, le mode de production actuel tient uniquement compte du résultat immédiat manifeste ». Pour eux, c’est le capitalisme, et non l’industrie, qui est le véritable virus à la base de la dégradation de l’environnement. Les intérêts à court terme de la minorité qui possède les moyens de production et contrôle la société vont à l’encontre de ceux de l’humanité, avec des conséquences évidentes pour le respect du milieu de vie.

En prenant exemple sur l’agriculture, Marx déclarait par exemple, bien avant l’utilisation massive des pesticides : « Tout l’esprit de la production capitaliste, axée sur le gain d’argent immédiat, est en contradiction avec l’agriculture, qui doit desservir l’ensemble des besoins permanents des générations humaines qui se chevauchent». Il précisait : « Chaque progrès de l’agriculture capitaliste représente un progrès non seulement dans l’art de dépouiller le travailleur, mais dans celui d’appauvrir la terre ; toute amélioration temporaire de la fertilité des sols rapproche des conditions d’une ruine des sources durables de cette fertilité ».

Engels, dans son ouvrage La dialectique de la nature, allait dans le même sens : « Nous ne dominons nullement la nature à l’instar du conquérant d’un peuple étranger, comme si nous étions placés en-dehors de la nature (…) toute la souveraineté que nous exerçons sur elle se résume à la connaissance de ses lois et à leur juste application, qui sont notre seule supériorité sur toutes les autres créatures. En effet, chaque jour, nous apprenons à mieux pénétrer ses lois et à reconnaître les effets plus ou moins lointains de nos interventions (…). » Il avertit cependant qu’arriver à une solution « exige de nous autre chose qu’une simple connaissance », et « nécessite le bouleversement total de notre production, y compris l’ordre social actuel dans son ensemble (…) Le profit obtenu par la vente est le seul et unique mobile du capitaliste (…) ce qui advient ultérieurement de la marchandise et de son acquéreur est le dernier de ses soucis. Il en va de même quand il s’agit des effets naturels de ces agissements».

Tous deux ont finalement démontré que la société industrielle et la nature ne sont pas incompatibles. Mais la production industrielle doit être organisée de manière consciente, planifiée dans les intérêts de tous et avec la participation de tous, afin d’éliminer les gaspillages et la logique de profit à court terme qui définit notre société actuelle. C’est cette dernière qu’il faut changer de fond en comble, radicalement. Toute position intermédiaire ne saurait être que l’équivalent d’une aspirine donnée à un cancéreux.

URSS et Chine « populaire »

Bien évidemment, quant on met en avant comme solution de détruire le capitalisme pour résoudre, entre autres, les problèmes environnementaux, un simple regard porté sur la pollution qui sévit en ex-Union Soviétique ou en Chine ne pousse pas à aller plus avant sur cette voie. Actuellement, un cinquième de la population russe vit dans une région tellement sinistrée écologiquement qu’elle est un danger pour la santé. De même, les pluies acides couvrent un tiers du territoire chinois.

Pour nous, le « socialisme » qui a été appliqué dans ces pays n’a finalement été qu’une caricature sanglante caractérisée notamment par un productivisme à outrance. Pour fonctionner, une économie planifiée a besoin de démocratie comme un corps a besoin d’oxygène. En ce sens, le règne dictatorial de la bureaucratie dans ces pays n’a pas eu uniquement comme conséquence la répression, les déportations et le goulag mais aussi des dégâts causés à l’environnement qui devront encore être supportés par de nombreuses générations. De plus, tant le passage brutal de la Russie à l’économie capitaliste que la transition accélérée sur la même voie qui se déroule actuellement en Chine n’ont en rien atténué cette situation. Bien au contraire.

Sauver l’environnement par la lutte collective

En définitive, le peu de mesures qui ont été prises sont concentrés dans les pays développés, là où la pression de l’opinion publique et parfois les mobilisations populaires ont pu porter. Mais la pollution n’entre que légèrement en ligne de compte dans les politiques des gouvernements et des dirigeants des multinationales. Sinon, une autre politique serait mise en œuvre, basée sur le développement des transports publics, une meilleure utilisation des transports ferroviaires et fluviaux, une relocalisation des activités de production,…

En France, la première législation face aux effets toxiques aux environs des usines date de 1810, bien avant toute loi en faveur des travailleurs et même des enfants. Si les travailleurs ont réussi entre-temps à obtenir des améliorations de leurs conditions de travail, c’est par leur lutte collective pour arracher des acquis aux exploiteurs des industries et de la finance. La lutte pour la sauvegarde de notre planète doit suivre la même voie. Par la lutte, retirons des mains des profiteurs la direction de la société !

 Article par NICOLAS CROES (PSL- CIO Belgique)

Une riposte tous ensemble !

Edito de l’Egalité n°160 (mars-avril 2013)

Plus de milliardaires, plus d’austérité, plus de licenciements, plus de chômage…

La crise, ce n’est décidément pas pour tout le monde …

Il nous faut une riposte tous ensemble

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1426, c’est le nombre de milliardaires sur la planète en 2013, triste record, puisqu’ils sont 200 de plus qu’en 2012. Et parmi eux, la première des 138 femmes milliardaires, passant à la 9ème place avec 6 milliards de plus que l’an dernier, Liliane Bettancourt, veuve du fondateur de L’Oréal et actionnaire principal de Nestlé….

Dans le même temps, Pôle emploi dénombrait au total 2,906 millions d’allocataires, un chiffre en hausse de 1,3 % sur un mois et de 7,4 % sur un an. Pour le 21e mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a augmenté en janvier en métropole. Ils sont désormais 3,169 millions, proche du record de 1997 (3,19 millions). Et déjà une troisième personne se suicide devant pôle emploi de désespoir. La crise, définitivement ce n’est pas tout le monde !

Au delà de la colère !

Effarant, révoltant… comment qualifier le fossé qui se creuse entre riches et pauvres ? Les mots manquent mais ce qui nous manque par dessus tout ce sont des actes pour contrecarrer ces inégalités. Le gouvernement Hollande se prétend pourtant celui de la justice face à la crise. Mais la très grande majorité de ses actions politiques confortent les inégalités : accord compétitivité emploi, 30 milliards de cadeaux aux grandes entreprises sous forme de crédits d’impôts….Que dire aussi du traitement des plans de licenciements par le gouvernement et son ministère du redressement productif. La menace de nationalisation d’Arcelor tuée dans l’oeuf est un exemple de l’inconsistance de Montebourg. Sur les dossiers PSA et Petroplus, il s’enlise davantage. Alors il peut toujours faire des échanges avec le patron de Titan licencieur des Good Year d’Amiens : on ne l’écoute plus. Montebourg est devenu le ministre des causes perdues d’avance !

Par contre, la véritable orientation économique du gouvernement Hollande, elle, prend forme. Il annonce des réformes encore plus clairement dans la droite ligne de Sarkozy et Fillon avec une réforme des retraites pour l’été 2013 entraînant un départ à 62 ans dès 2015…., une réforme de la formation professionnelle amenant les entreprises privées à se servir de plus en plus librement dans la main d’œuvre au chômage sans garantie d’embauches, une réforme de l’école, une refonte de la gestion des hôpitaux et de la santé…

Il est temps de montrer notre force !

Le départ de Sarkozy, on s’en doutait, n’a pas changé fondamentalement les choses. Comment mettre un coup d’arrêt à ces politiques faites pour sauver la peau aux capitalistes ? Aujourd’hui, au delà de la colère et de la rage, c’est bien de stratégie qu’il faut discuter dans le camp de ceux et celles qui veulent résister et défendre les intérêts des travailleurs, travailleuses, de leurs familles, des jeunes et de la majorité de la population !

La crise des capitalistes nous la payons tous les jours davantage dans la galère de nos conditions de vie, de travail, d’études ou de retraite. En Europe, au Portugal, en Irlande, malgré les tentatives d’étouffer la résistance, les travailleurs et la population s’organisent. L’Egypte est en train de connaître une nouvelle phase à sa révolution car la population ne voit pas l’ombre d’une amélioration de ses conditions de vie et n’est plus prête à lâcher sa liberté après le renversement de la dictature. La Tunisie prend la même voie.

Certains à gauche du PS ou dans les directions syndicales parlent de résister et lancent une campagne anti-austérité pour défendre ceux qui subissent la crise. Il faut prendre la mesure de ce que serait une telle campagne : il faut se préparer à lutter tous ensemble car les attaques que nous subissons sont majeures et multiples. Partout, il faut discuter, organiser des réunions publiques, et utiliser des initiatives de mobilisation pour avancer des revendications sur lesquelles nous regrouper et nous mobiliser. En avant !

Venezuela : la lutte continue

Hugo Chavez est mort, mais la lutte continue !

Des millions de travailleurs vénézuéliens, de pauvres et de jeunes pleurent la mort du président vénézuélien, Hugo Chavez

Par Tony Saunois, Secrétaire Général du Comité pour une Internationale Ouvrière

À une époque où le fossé entre les politiciens de l’establishment qui défendent les grandes entreprises et les super-riches d’une part et les masses d’autre part semble se creuser inexorablement, la figure de Chavez se détachait de ce processus. En fait, à l’ère des mesures d’austérité, les décisions qu’il a prises pour lutter contre la pauvreté ont agi tel un phare.

Les travailleurs et les jeunes du Venezuela sont rejoint dans leur peine par de nombreux autres à travers le monde qui ont été inspirés par le régime d’Hugo Chavez et l’ont soutenu en tant qu’alternative à l’impérialisme, au néolibéralisme et au capitalisme. Face à cela, les plus pernicieux des commentateurs capitalistes n’ont jamais ménagé ni leur peine, ni leur temps, ni leur encre pour décrire leur haine de ce régime.

La douleur du deuil et la colère des masses contre ces attaques doivent être canalisée dans une nouvelle étape de la lutte de la classe ouvrière pour le socialisme au Venezuela et à l’étranger.

L’hypocrisie des commentateurs capitalistes

Depuis sa mort, de nombreux articles ont dénoncé le régime vénézuélien et Chavez ‘‘l’autocrate’’, le ‘‘dictateur’’, le ‘‘caudillo’’. Certains ont tenté de dépeindre sa mort comme la fin d’un autre régime socialiste en faillite. Le torrent de bile de ces commentateurs avait tout d’abord été préparé dans l’espoir que Chavez serait défait aux élections présidentielles d’octobre 2012. Mais tout cela a dû être mis de côté. Contrairement aux attentes des médias dominants internationaux et des politiciens capitalistes, Chavez avait remporté un troisième mandat avec 55% des suffrages, avec un taux de participation de 80%. Les politiciens capitalistes en place en Europe ne peuvent que rêver d’un tel résultat.

Ces mêmes commentateurs s’étaient fait remarquer par leur silence assourdissant lors de la tentative de coup d’Etat de 2002 réalisé avec le soutien de l’impérialisme américain. Lorsque ces champions autoproclamés de la démocratie s’en prennent à Chavez, ils laissent soigneusement de côté le fait qu’il a fait face à pas moins de 17 élections et référendums depuis 1998, et qu’il en a remporté 16.

Ces commentateurs, et les politiciens capitalistes qui sont derrière eux, ne peuvent pas supporter le fait qu’un dirigeant qui parle de ‘‘socialisme’’ et de ‘‘révolution socialiste’’, un dirigeant qui a fait face à l’impérialisme américain et à la classe capitaliste, puissent attirer à lui un soutien populaire aussi massif. Ils craignaient également le mouvement révolutionnaire potentiel des masses sur lequel reposait Chavez.

“Por ahora” – ‘‘Pour l’instant”

Chavez n’est pas apparu sur la scène politique en tant que dirigeant disposant d’une idéologie et d’un programme bien définis. Il a embrassé diverses idées de façon empirique – sous la pression des événements au fur-et-à-mesure de leur déroulement.

Chavez a été porté au pouvoir en 1998 avec une majorité écrasante. Initialement, il ne parlait que de ‘‘révolution bolivarienne’’ et de la réforme de l’ancien système corrompu. Chavez, tout comme des milliers de personnes au Venezuela dont les jeunes officiers dont il faisait partie, a été radicalisé par le « Caracazo » qui a secoué le Venezuela en 1989.

Carlos Perez avait alors remporté les élections en s’opposant au néolibéralisme du Fonds Monétaire International. Mais ce dernier a fait volte-face et a appliqué la ‘‘thérapie de choc’’ du néolibéralisme, déclenchant un soulèvement de masse des citadins pauvres. L’armée a été déployée et environ 3000 personnes ont été abattues. Les opposants de droite de Chavez n’ont que peu de choses à dire sur ces événements. Chavez, de son côté, a été radicalisé et affectées par ces horreurs. En 1992, il a dirigé une révolte populiste militaire de gauche contre le gouvernement assassin de Perez. Suite à la défaite de ce coup d’Etat, il a proclamé la révolution ‘‘terminée. Pour l’instant.’’ Ce ‘‘Por ahora’’ était destiné à être dans l’esprit des masses.

Sorti de prison deux ans plus tard, il a construit son soutien et a pu parvenir au pouvoir lors des élections de 1998, les masses du pays exigeant la fin du néolibéralisme et un véritable changement.

Les réformes limitées, mais populaires, que son gouvernement a introduits grâce à la richesse pétrolière du pays ont suffi à faire enrager l’élite dirigeante qui a tenté un coup d’Etat en 2002, suivi par un lock-out patronal. Après 48 heures, le coup d’Etat s’est effondré et Chavez a été ramené à Caracas et au pouvoir. Lors du coup d’Etat, les masses ont envahi la rue pour s’opposer au nouveau régime de droite tandis qu’une révolte a explosé parmi les rangs de l’armée et des officiers subalternes.

Le coup d’Etat de droite de 2002

L’effondrement du coup d’Etat de droite dirigé par Pedro Carmona a porté un coup décisif à la classe dirigeante et au capitalisme. La classe ouvrière et les pauvres ont eu l’occasion de prendre en main la gestion de la société. Malheureusement, à ce moment-là, Chavez a choisi de faire appel à ‘‘l’unité nationale’’ pour conclure un accord avec des sections de la classe capitaliste. Le lock-out patronal a été rompu après une lutte de 12 mois. A chaque fois, Chavez a été sauvé par le mouvement de masse issu de la base.

Ces événements ont extrêmement radicalisé Chavez qui, en 2005, a commencé à parler de ‘‘révolution socialiste’’. C’est dans cette période qu’il a également fait référence aux idées de l’un des dirigeants de la révolution russe, Léon Trotsky, ainsi qu’à celles de Karl Marx et qu’il a appelé à la fondation d’une Cinquième Internationale.

Cela a empli de rage tant la classe dirigeante vénézuélienne que l’impérialisme américain. Des nationalisations et des nationalisations partielles de sociétés importantes ont été appliquées. La mise en place d’un service de santé de base ainsi que la généralisation de programmes d’éducation et d’alphabétisation ont énormément amélioré la popularité du gouvernement. De manière significative, à l’élection de 2006 – à la suite de ce virage à gauche – Chavez a remporté sa plus grande victoire électorale avec plus de 62% des voix!

Cette évolution a eu un effet extrêmement positif en mettant la question du socialisme à l’avant plan au Venezuela et, dans une certaine mesure, également en Amérique latine et à l’étranger. L’idée de la ‘‘révolution’’ et même du ‘‘socialisme’’, de même que de réformes radicales, sont largement dominants dans la conscience de la majorité des Vénézuéliens. Il s’agit d’un héritage positif de Chavez. Il ya un clair rejet de toute idée d’un retour à ‘‘l’ancien régime’’.

Blows to capitalism, but no decisive break

Cependant, en dépit de cette phraséologie radicale, Chavez et le gouvernement bolivarien, en réponse à la crise économique mondiale qui a commencé en 2007, n’ont pas réagi en développant un programme de rupture anticapitaliste, mais ce sont plutôt déplacés dans la direction inverse.

La classe capitaliste avait été ébranlée, mais sans être vaincue. Elle est donc restée au contrôle des leviers économiques. De l’intérieur de la République bolivarienne a aussi surgi une nouvelle force : la ‘‘boli-bourgeoisie’’, une couche puissante de la société qui est devenue riche sur le dos du mouvement chaviste.

Cela, en combinaison avec l’émergence d’une puissante bureaucratie et de la détérioration de la situation économique, a assuré que, malgré les réformes populaires (que le Comité pour une Internationale Ouvrière a soutenues), d’énormes problèmes sociaux de pauvreté, de chômage, de corruption et de criminalité ont demeuré présents. Ces problèmes perdurent et découlent de l’échec à renverser le capitalisme.

Un mécontentement et une frustration généralisée se sont développé en conséquence de cela et en combinaison avec l’approche de haut en bas et administrative de la bureaucratie, avec une absence de contrôle et de gestion démocratiques des travailleurs dans le processus révolutionnaire, alors que Chavez bénéficiait d’un soutien massif. Les récentes grèves des enseignants et des travailleurs du métal ont été réprimées par l’Etat, toutes ces mesures ayant donné une arme à la droite pour combattre le régime.

Transformer les aspirations socialistes en réalité

Si le candidat de droite Henrique Capriles et la droite vénézuélienne espèrent que la mort de Chavez va se traduire en une opportunité aisée pour eux de prendre le pouvoir, ils se trompent. Malgré le mécontentement présent, l’idée de soutenir le processus révolutionnaire, celle du socialisme et la volonté de défendre les réformes sont profondément ancrées dans la société vénézuélienne.

A court terme, le plus probable est la victoire électorale de Nicolas Maduro, le vice-président nommé par Chavez comme son successeur. Le ralliement des partisans de Chavez et des masses pauvres pour vaincre la droite est déjà en développement [depuis l’écriture de cet article, un million de personnes ont participé aux funérailles de Chavez, NDT]. Capriles et la droite font, tout comme Maduro, appel au calme, à la paix et à l’unité. La droite ressent sa faiblesse et prend bien garde à ne pas provoquer de réaction parmi les masses.

Alors que certains commentateurs de droite ont instrumentalisé la mort de Chavez pour déverser leur haine anti-socialiste, d’autres sections du capitalisme et de l’impérialisme ont été plus prudents. Les déclarations prudentes du président américain Barack Obama ainsi que du secrétaire d’Etat aux affaires étrangères britannique William Hague ont pour objectif d’ouvrir une nouvelle ère de coopération avec un futur gouvernement dirigé par Maduro. Ils sont parvenus à la conclusion que la droite a peu de chance de remporter les élections et ont donc laissé la porte ouverte tenter de collaborer avec le nouveau gouvernement ‘‘chaviste’’.

Maduro et les autres dirigeants n’auront pas la même autorité que Chavez. Une nouvelle ère s’ouvrira avec ces élections. Les divisions entre courants différents au sein du mouvement chaviste peuvent éclater après la tenue des élections. Des sections de la classe dirigeante sont à la recherche de cela afin de finalement vaincre le mouvement chaviste.

Ces perspectives soulignent la nécessité urgente de l’unité de la classe ouvrière et des pauvres contre la droite. Les masses doivent reprendre le processus révolutionnaire en leurs propres mains avec des organisations indépendantes et un programme pour transformer les ‘‘aspirations socialistes’’ soulevées par Chavez en réalité. La mort de Chavez ne marque pas la fin de la lutte. Un nouveau chapitre va maintenant commencer.

8 Mars 2013

Les femmes en marche !

La journée internationale de la Femme est célébrée le 8 mars partout dans le monde. Elle offre l’occasion de mettre en avant la situation pour les femmes à travers le monde et de réaffirmer la manière dont nous pourrons en sortir, tout en célébrant la contribution héroïque des femmes à la lutte des travailleurs contre les divers maux engendrés par le capitalisme. Cette journée tire sa source des luttes des femmes américaines du 19ème siècle pour de meilleures conditions de travail et un salaire égal, elle est par la suite devenue une journée internationale de la Femme sur base d’une résolution des femmes socialistes de la Seconde Internationale lors d’une conférence en 1910. Les Nations-Unies célèbrent depuis 1975 cette journée chaque année en tant que journée des Nations-Unies pour les droits de la Femme et pour la paix dans le monde, dans un effort évident de détourner l’attention des véritables problèmes auxquels sont confrontées les femmes.

Les conditions de vie des femmes

Les femmes représentent 70 % des pauvres dans le monde (chiffre des Nations unies). Alors qu’elles constituent la moitié de la population mondiale, les femmes ne détiennent que 1 % des richesses mondiales. Ce triste constat nous montre bien que la lutte pour le droit des femmes est bien d’actualité. Même si les chiffres mondiaux sont évidemment fortement baissés par le nombre de pays où la pauvreté atteint toute la population et a fortiori les femmes, il n’est pas si glorieux chez nous. Les femmes représentent 53 % des pauvres en France (cf. http://www.observatoire-parite.gouv.fr). Le taux de pauvreté dans les familles monoparentales est de 32.4% alors que dans les couples il est de 10.8%. 85% des familles monoparentales sont féminines, cela montre bien à quel point la question de la pauvreté touche les femmes et combien la famille repose sur elles.

Si les conditions de vie des femmes sont davantage misérables que celle des hommes c’est bien qu’il existe une double oppression des femmes. La première en tant que travailleuse et la seconde en tant que femme, seule garante de la famille. Dans le système capitaliste, pour les travailleurs qui n’ont que leur force de travail pour vivre, il est de plus en plus difficile de vivre. Cette crise affame les pays les plus pauvres et déshabillent les travailleurs des pays où le capitalisme est avancé. Les femmes sont à double titre touchées par cette crise, car en période de crise la famille, est le premier rempart.

Les violences faites aux femmes

A travers le monde, 1 femme sur 3 est victime de violence, abus, viol au cours de sa vie. La moitié des meurtres commis sur une femme est imputable à son (ex)-partenaire. Pour les femmes âgées entre 15 et 44 ans, le risque de viol est plus grand que celui du cancer, de guerre ou d’accident de voiture. Le sexisme, maintenant la femme à un statut inférieur permet que ces violences puissent encore et toujours se perpétuer. Là encore, même si ces statistiques mondiales sont fortement influencées par les pays où les femmes et les travailleurs en général n’ont aucun droit, nos pays n’ont en rien éradiqué ce phénomène. En France, il y a évidemment des lois qui protègent mieux les femmes en cas de violence, davantage de personnes s’indignent mais en réalité il y a selon la ministre aux droits des femmes, 250 viols par jour en France.

C’est un crime très minimisé et caché, souvenons-nous de ce que nous avons entendu lors de l’affaire de DSK et du Sofitel «il n’y a rien de mal au retroussage d’une femme de chambre» ou ce qu’on peut entendre «pas étonnant vu comment elle est habillée», ce genre de remarques montrent qu’il existerait des viols «mérités».

Le sexisme, outil des capitalistes

Il est essentiel de s’attaquer aux problèmes croissants que rencontrent les femmes dans tous les aspects de leur vie. Le viol, comme les violences domestiques et le harcèlement sexuel, sont les symptômes d’une société de classe profondément inégalitaire qui conduit certains hommes à penser qu’ils peuvent contrôler les femmes, y compris sexuellement. Cela est renforcé par l’inégalité matérielle entre hommes et femmes. Outre ces violences et les inégalités subies par les femmes, il existe une instrumentalisation du corps de la femme, l’industrie du sexe et celui du corps des femmes fait rage et relègue au rang de «prude» toutes celles qui voudraient s’insurger de cela. Retournant contre les femmes elles-mêmes les acquis de la libération sexuelle, les capitalistes ont réussi à s’approprier le corps de femmes et tantôt les dénuder pour faire fructifier un marché et tantôt les «rhabiller» pour les maintenir à la maison afin de garantir la famille comme ciment du système capitaliste.

Aujourd’hui des voix s’élèvent !

Dans les années 90 on nous a dit que le féminisme était mort que les femmes étaient l’égale des hommes, et même que les femmes avaient pris le pouvoir. Dans le même temps, avec la casse des services publics, les bas salaires, la précarité : les femmes sont dans le peloton de tête des travailleurs qui subissent ces attaques. Avec l’approfondissement de la crise, l’oppression des femmes se fait sentir plus fortement. C’est l’ensemble des relations humaines qui devient plus rude et violent.

Dernièrement, dans le monde, des femmes et des hommes se sont élevés contre l’oppression des femmes. Le soulèvement populaire en Inde contre les viols et notamment celui collectif de cette étudiante montre le ras-le-bol de la population. En Tunisie, les voix se sont aussi élevées quand un jeune couple ayant porté plainte pour le viol de la jeune fille par des policiers se sont vu accusé d’attentat à la pudeur. En Egypte, des femmes et des hommes ont protesté contre les viols punitifs. Les femmes se sont organisées encadrées par un service d’ordre masculin.

La place des femmes dans le capitalisme est loin d’être satisfaisante. Et un nombre grandissant de femmes prend conscience de cela. De nouveaux mouvements féministes apparaissent depuis un certain temps comme celui des FEMEN ou les Pussy riot en réaction aux rôles qu’on assigne aux femmes et à la moquerie que subissent celles et ceux qui dénoncent la nudité dans les publicités, l’industrie du sexe. Leurs actions «seins nus» médiatisées cherchent à dénoncer l’appropriation du corps des femmes pour des raisons marchandes. D’une autre manière, face aux agressions sexuelles, les «marches des salopes» dénoncent aussi cette fausse liberté qui existerait pour les femmes, «responsables» si elles portent une minijupe et se font agresser mais exposées nues pour vendre une voiture.

Ce féminisme est l’expression d’une colère grandissante contre une société qui brime de plus en plus les populations, qui restreint les libertés par une idéologie dominante finalement très violente et omniprésente dans les médias. Mais nous pensons que le type d’actions visant à provoquer pour alerter n’est pas le meilleur. Inenvisageable pour de nombreuses femmes pour des choix personnels, des raisons culturelles ou sociales de faire une action seins nus. Ses limites sont aussi qu’il n’offre pas de moyens concrets à la majorité des femmes de lutter contre le sexisme.

Pour en finir avec le sexisme il faut en découdre avec le capitalisme !

Par contre nous voulons des réponses : pourquoi cette société ne permet même pas de protéger les femmes contre la précarité, le harcèlement, le viol alors qu’on n’hésite pas à utiliser du fric pour qu’une armée de policiers délogent des travailleurs qui bloquent leur usine contre les licenciements ? Le système capitaliste et les classes dirigeantes sont clairement responsables. Ils ont complètement échoué à développer la société et à faire reculer les valeurs et les pratiques barbares et violentes.

Nous devons lutter contre le sexisme et, à travers le processus de la lutte, remettre en cause la société brutale, sexiste et oppressive qu’est le capitalisme. Pour nous, la lutte pour la défense des droits des femmes est intrinsèquement liée à la construction d’une autre société : une société où la collectivité mettrait tout en œuvre pour donner dans la réalité l’égalité face aux tâches domestiques et familiales et une égalité salariale dans les faits et pas seulement dans les textes de loi,…Une société où la liberté sexuelle ne serait pas instrumentalisée à des fins commerciales. Pour éradiquer le sexisme il faut éradiquer les bases matérielles qui le rendent possible pour construire une autre société et en finir avec les comportements dégradants par une réelle éducation sexuelle et affective. Cette société qui émergera des luttes, hommes et femmes ensemble, est une société socialiste.

Pas de socialisme sans les femmes, pas de vraie égalité des hommes et des femmes sans socialisme !

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07-03-2013

Les femmes en marche !

ImageLa journée internationale de la Femme est célébrée le 8 mars partout dans le monde. Elle offre l’occasion de mettre en avant la situation pour les femmes à travers le monde et de réaffirmer la manière dont nous pourrons en sortir, tout en célébrant la contribution héroïque des femmes à la lutte des travailleurs contre les divers maux engendrés par le capitalisme. Cette journée tire sa source des luttes des femmes américaines du 19ème siècle pour de meilleures conditions de travail et un salaire égal, elle est par la suite devenue une journée internationale de la Femme sur base d’une résolution des femmes socialistes de la Seconde Internationale lors d’une conférence en 1910. Les Nations-Unies célèbrent depuis 1975 cette journée chaque année en tant que journée des Nations-Unies pour les droits de la Femme et pour la paix dans le monde, dans un effort évident de détourner l’attention des véritables problèmes auxquels sont confrontées les femmes.

Les conditions de vie des femmes

Les femmes représentent 70 % des pauvres dans le monde (chiffre des Nations unies). Alors qu’elles constituent la moitié de la population mondiale, les femmes ne détiennent que 1 % des richesses mondiales. Ce triste constat nous montre bien que la lutte pour le droit des femmes est bien d’actualité. Même si les chiffres mondiaux sont évidemment fortement baissés par le nombre de pays où la pauvreté atteint toute la population et a fortiori les femmes, il n’est pas si glorieux chez nous. Les femmes représentent 53 % des pauvres en France (cf. http://www.observatoire-parite.gouv.fr). Le taux de pauvreté dans les familles monoparentales est de 32.4% alors que dans les couples il est de 10.8%. 85% des familles monoparentales sont féminines, cela montre bien à quel point la question de la pauvreté touche les femmes et combien la famille repose sur elles.

Si les conditions de vie des femmes sont davantage misérables que celle des hommes c’est bien qu’il existe une double oppression des femmes. La première en tant que travailleuse et la seconde en tant que femme, seule garante de la famille. Dans le système capitaliste, pour les travailleurs qui n’ont que leur force de travail pour vivre, il est de plus en plus difficile de vivre. Cette crise affame les pays les plus pauvres et déshabillent les travailleurs des pays où le capitalisme est avancé. Les femmes sont à double titre touchées par cette crise, car en période de crise la famille, est le premier rempart.

Les violences faites aux femmes

A travers le monde, 1 femme sur 3 est victime de violence, abus, viol au cours de sa vie. La moitié des meurtres commis sur une femme est imputable à son (ex)-partenaire. Pour les femmes âgées entre 15 et 44 ans, le risque de viol est plus grand que celui du cancer, de guerre ou d’accident de voiture. Le sexisme, maintenant la femme à un statut inférieur permet que ces violences puissent encore et toujours se perpétuer. Là encore, même si ces statistiques mondiales sont fortement influencées par les pays où les femmes et les travailleurs en général n’ont aucun droit, nos pays n’ont en rien éradiqué ce phénomène. En France, il y a évidemment des lois qui protègent mieux les femmes en cas de violence, davantage de personnes s’indignent mais en réalité il y a selon la ministre aux droits des femmes, 250 viols par jour en France.

C’est un crime très minimisé et caché, souvenons-nous de ce que nous avons entendu lors de l’affaire de DSK et du Sofitel «il n’y a rien de mal au retroussage d’une femme de chambre» ou ce qu’on peut entendre «pas étonnant vu comment elle est habillée», ce genre de remarques montrent qu’il existerait des viols «mérités».

Le sexisme outil des capitalistes

Il est essentiel de s’attaquer aux problèmes croissants que rencontrent les femmes dans tous les aspects de leur vie. Le viol, comme les violences domestiques et le harcèlement sexuel, sont les symptômes d’une société de classe profondément inégalitaire qui conduit certains hommes à penser qu’ils peuvent contrôler les femmes, y compris sexuellement. Cela est renforcé par l’inégalité matérielle entre hommes et femmes. Outre ces violences et les inégalités subies par les femmes, il existe une instrumentalisation du corps de la femme, l’industrie du sexe et celui du corps des femmes fait rage et relègue au rang de «prude» toutes celles qui voudraient s’insurger de cela. Retournant contre les femmes elles-mêmes les acquis de la libération sexuelle, les capitalistes ont réussi à s’approprier le corps de femmes et tantôt les dénuder pour faire fructifier un marché et tantôt les «rhabiller» pour les maintenir à la maison afin de garantir la famille comme ciment du système capitaliste.

Aujourd’hui des voix s’élèvent !

Dans les années 90 on nous a dit que le féminisme était mort que les femmes étaient l’égale des hommes, et même que les femmes avaient pris le pouvoir. Dans le même temps, avec la casse des services publics, les bas salaires, la précarité : les femmes sont dans le peloton de tête des travailleurs qui subissent ces attaques. Avec l’approfondissement de la crise, l’oppression des femmes se fait sentir plus fortement. C’est l’ensemble des relations humaines qui devient plus rude et violent.

Dernièrement, dans le monde, des femmes et des hommes se sont élevés contre l’oppression des femmes. Le soulèvement populaire en Inde contre les viols et notamment celui collectif de cette étudiante montre le ras-le-bol de la population. En Tunisie, les voix se sont aussi élevées quand un jeune couple ayant porté plainte pour le viol de la jeune fille par des policiers se sont vu accusé d’attentat à la pudeur. En Egypte, des femmes et des hommes ont protesté contre les viols punitifs. Les femmes se sont organisées encadrées par un service d’ordre masculin.

La place des femmes dans le capitalisme est loin d’être satisfaisante. Et un nombre grandissant de femmes prend conscience de cela. De nouveaux mouvements féministes apparaissent depuis un certain temps comme celui des FEMEN ou les Pussy riot en réaction aux rôles qu’on assigne aux femmes et à la moquerie que subissent celles et ceux qui dénoncent la nudité dans les publicités, l’industrie du sexe. Leurs actions «seins nus» médiatisées cherchent à dénoncer l’appropriation du corps des femmes pour des raisons marchandes. D’une autre manière, face aux agressions sexuelles, les «marches des salopes» dénoncent aussi cette fausse liberté qui existerait pour les femmes, «responsables» si elles portent une minijupe et se font agresser mais exposées nues pour vendre une voiture.

Ce féminisme est l’expression d’une colère grandissante contre une société qui brime de plus en plus les populations, qui restreint les libertés par une idéologie dominante finalement très violente et omniprésente dans les médias. Mais nous pensons que le type d’actions visant à provoquer pour alerter n’est pas le meilleur. Inenvisageable pour de nombreuses femmes pour des choix personnels, des raisons culturelles ou sociales de faire une action seins nus. Ses limites sont aussi qu’il n’offre pas de moyens concrets à la majorité des femmes de lutter contre le sexisme.

Pour en finir avec le sexisme il faut en découdre avec le capitalisme !

Par contre nous voulons des réponses : pourquoi cette société ne permet même pas de protéger les femmes contre la précarité, le harcèlement, le viol alors qu’on n’hésite pas à utiliser du fric pour qu’une armée de policiers délogent des travailleurs qui bloquent leur usine contre les licenciements ? Le système capitaliste et les classes dirigeantes sont clairement responsables. Ils ont complètement échoué à développer la société et à faire reculer les valeurs et les pratiques barbares et violentes.

Nous devons lutter contre le sexisme et, à travers le processus de la lutte, remettre en cause la société brutale, sexiste et oppressive qu’est le capitalisme. Pour nous, la lutte pour la défense des droits des femmes est intrinsèquement liée à la construction d’une autre société : une société où la collectivité mettrait tout en œuvre pour donner dans la réalité l’égalité face aux tâches domestiques et familiales et une égalité salariale dans les faits et pas seulement dans les textes de loi,…Une société où la liberté sexuelle ne serait pas instrumentalisée à des fins commerciales. Pour éradiquer le sexisme il faut éradiquer les bases matérielles qui le rendent possible pour construire une autre société et en finir avec les comportements dégradants par une réelle éducation sexuelle et affective. Cette société qui émergera des luttes, hommes et femmes ensemble, est une société socialiste.

Pas de socialisme sans les femmes, pas de vraie égalité des hommes et des femmes sans socialisme !

Dernière mise à jour : ( 07-03-2013 )

 

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