PSA : la colère monte.

Après les débrayages de PSA Mulhouse Jeudi 12 septembre,  qui ont concerné près de 850 salariés, la direction annoncé quelques mini-reculs. Elle a organisé une série de réunions vendredi pour tenter de désamorcer la colère montante et expliquer son plan et ses reculs mais elle s’est fait chahuter dans pas mal de ces réunions par des ouvriers qui l’interpellaient ou quittaient la réunion pour ne pas avoir à l’écouter. Après celle de l’emboutissage cette nuit,  5O ouvriers  sur 60  ont à nouveau débrayé jugeant ces reculs insuffisants.  Et d’autres secteurs de l’usine ont également fait savoir leur intention  de redébrayer rapidement.
Par ailleurs, la tension monte également dans l’usine de Vesoul, où, pour la première fois de son histoire, l’usine a été bloquée par 300 grévistes. A Sochaux, hier le directeur s’est fait huer et conspuer par les salariés pour le lancement de la nouvelle 308, à  Valenciennes, Borny également, la colère commence à se faire entendre. Du coup, la CGT a avancé au mercredi 18 septembre une journée d’action sur le groupe PSA, prévue initialement le 25 mais jugée trop éloignée par les ouvriers.

Par Jacques Chastaing

Peugeot PSA : débrayages à Mulhouse contre les baisses de salaires

psa89

Sochaux 1989- Un des plus gros mouvement des ouvriers et ouvrières de PSA pour des augmentations de salaires. Déjà à l’époque, le patronat prétextait la crise pour baisser les salaires…

Ce matin mercredi 11/09, de 5 H 30 à 7 H 00, il y a eu un gros débrayage de 500 salariés à Peugeot-Mulhouse, les deux chaînes de production ont été quasi bloquées, aux cris de « non à la baisse des salaires », « Non à la flexibilité » (par différentes mesures, les salaires son baissés d’environ 1 200 euros annuellement, les salariés peuvent être mutés à Sochaux ou Vesoul ); le plus gros débrayage depuis 1989. Il y a eu un débrayage la nuit passée également dans l’atelier de Forge. Nouveau débrayage prévu en début d’après-midi pour la deuxième équipe.

Les propositions scandaleuses de la direction de PSA pour « sauver » l’emploi et améliorer « la compétitivité ».

– Comme en 2013, le salaire de base serait gelé en 2014, voire 2015 et 2016.

– La prime pour les salariés ayant plus de 20 ans d’ancienneté dans l’entreprise (PEG) est supprimée, soit 50 à 200 euros par mois.

– Samedis supplémentaires travaillés : ils ne seraient plus payés à la fin de chaque mois mais à la fin de l’année, à condition que le solde horaire annuel soit positif ; et la majoration passerait de 45% à 25%.

– La prime de nuit passerait de 18 à 15% de majoration, soit une perte mensuelle de 54 euros pour un salaire de 1800 euros brut. Le dispositif d’Assura nce contre les Aléas de Carrière (ACAC) qui permet, lors d’un changement de poste ou d’horaire, de rendre dégressive la perte de rémunération, serait réduit. Perte : parfois plusieurs centaines d’euros par mois.

– La prime de rentrée (187 euros /an) serait supprimée.

PSA voudrait ainsi gagner 100 millions d’euros par an, soit au moins 1000 euros par salarié et par an. Rappelons que lors de l’assemblée des actionnaires en avril 2013, PSA a annoncé le rachat annulation d’actions pour 340 millions d’euros, en guise de cadeau.

Cela montre clairement de quel côté est le gouvernement : celui des grands patrons. Lorsqu’ils nous parlent de « compétitivité » et de « produire français », c’est bien les poches des capitalistes et des grandes failles bourgeoise qu’ils veulent remplir.

 

 

 

Coup d’état fasciste, Chili 1973 : «ni perdon, ni olvido », ni pardon, ni oubli.

Manifestation du 1ermai 1973 à Santiago (Chili). Unis mais sans armes, les travailleurs chiliens subirons la violence de la dictature de Pinochet.

Manifestation du 1ermai 1973 à Santiago (Chili). « Créer un pouvoir populaire » ; unis mais sans armes, les travailleurs chiliens subirons la violence de la dictature de Pinochet.

Témoignage de Diana Ortega.

Le 11 septembre 1973, j’avais 15 ans et le lendemain je prenais ma carte aux Jeunesses Communistes.

Ce matin du 11 septembre donc, j’étais au lycée à la bibliothèque en train de finir un devoir quand l’inspectrice générale est venue nous dire qu’on devait tous partir à la maison. Sans savoir pourquoi on devait partir, j’étais contente car ça me laissait le temps de finir mon devoir.

Les élèves de Terminale géraient la vie lycéenne et notamment la défense du lycée. En effet, on faisait des gardes car dans cette période de l’Unité Populaire d’Allende au pouvoir, des commandos d’extrême droite «Patria y Libertad» voulaient prendre le lycée pour nous empêcher d’aller en cours. Quand on on est sorti dans la cour, on a fait une réunion et là, les élèves de Terminale nous ont dit ce qui se passait:

« Companeros, camarades, on va passer dans la clandestinité. Vous devez changer de nom car les fascistes arrivent avec les chars sur le palais de La Moneda et menacent de bombarder. »

On est parti à pied par groupes, vers le lieu de rendez-vous dans une commune qui s’appelle «El Bosque»où se t

rouvait la force aérienne!! Après quelques pas, à 2 ou 3 arrêts de bus, il y avait un commissariat de police. Les flics nous ont dit «Où allez vous?» et nous, on a répondu (on était gamins) «on va s’organiser pour défendre notre président». On a reçu des coups de pied aux fesses et ils nous ont dit de rentrer chez nous. Les bus ne circulaient plus, alors on a fait du stop. Le mec qui nous a pris, écoutait à la radio les marches militaires. Quand on lui a dit qu’on défendait Allende, ils nous a viré en disant «Bajen UPlientas »(à bas les unions populaires de merde). Tous ceux qui sont allés jusqu’à El Bosque, on ne les a jamais revu dont Léo, président de l’Association des élèves et membre des jeunesses Communistes.

Tous les membres de la famille, on se cherchait et c’était le plus important. Mon père travaillait dans une usine de métallurgie. Il faisait partie du Cordon (Comité )industriel de son usine «los Cerrillos». Le climat était bizarre, tout le monde marchait en silence dans les rues. On s’est réuni sur la place de mon quartier. On a écouté la radio et entendu les bombardements qui avaient commencé à 11h45. On a entendu aussi les premiers décrets des fascistes qui demandaient

aux responsables de l’Unité Populaire de se présenter spontanément car ainsi ils ne risqueraient rien! Les hélicoptères tournaient aux dessus de nos têtes mais on se demandait encore comment nous allions organiser la défense. Quand les hélicoptères sont descendus de plus en plus bas, je suis rentrée chez moi. J’étais toute seule. J’avais peur notamment pour mon père syndicaliste et militant actif du parti. Il pouvait être arrêté à tout moment. J’ai donc cherché tout le matériel qu’on pouvait avoir à la maison pour le faire disparaître. On l’a brûlé quand ma mère et mon frère sont rentrés. La nuit du 11 septembre, on n’a pas dormi à cause des feux de Bengale lancés depuis les hélicoptères sur la population des quartiers près de chez moi de La Legua et de la Victoria où il y avait des résistants Mon père est rentré une semaine plus tard car sa fabrique était encerclée par le régiment «guardia vieja». Le comité central où militait mon père a eu le temps de brûler la listes des membres et je pense que grâce à ça, il a échappé à la prison et à la mort.

Je me souviens qu’en apprenant la mort d’Allende, on a pleuré, tous dehors sur la place. Face à notre quartier populaire, de l’autre côté de la rue, il y avait des maisons avec des drapeaux chiliens sur le toit, habitées par des petits bourgeois qui se moquaient de nous les UPlientos. On ne pouvait que pleurer, on se sentait impuissant même face à eux.

Les travailleurs chiliens soutenant Allende en 1964.

Les travailleurs chiliens soutenant Allende en 1964.

Même si on était jeunes, on était très marqué politiquement, droite ou gauche. C’était une période d’affrontement avec la bourgeoisie (les Momies comme on les appelait).

Le 11 septembre 1973, c’était la fin de l’époque la plus belle de ma vie. J’ai pu aller au Théâtre Municipal pour la première fois voir une pièce de théâtre. Les travailleurs pouvaient aller suivre des cours le soir à l’université. Les bus pour aller à l’école étaient gratuits. Qu’est-ce qu’on a pu rire dans ces bus! Chaque enfant avait droit à un demi litre de lait..

Le 11 septembre, ils nous ont volé : la sécurité sociale, la santé publique, l’éducation gratuite, le cuivre nationalisé sans rachat le 11 juillet 1971… et tout ça dans les premiers jours de la dictature!

40 ans après ça reste pour moi comme si c’était aujourd’hui. J’entends les bruits des chars, des coups de matraques, des portes défoncées dans les maisons, les cris des gens sortis tout nus dans la rue au petit matin, les pleurs des femmes et des enfants et la peur au ventre qui nous envahissait et qui est toujours là.

40 ans après, ceux qui ont torturé, demandent pardon mais les familles des disparus et bon nombre de gens répondent: «ni perdon, ni olvido », ni pardon, ni oubli.

40 ans après, je suis convaincue que ce serait un bel hommage à rendre à tous les morts et tout le peuple qui souffre de leur rendre ce qui leur a été volé et que la démocratie bourgeoise ne leur a pas rendu

Cet hommage sera celui des luttes actuelles des travailleurs qui se battent pour reprendre tout ce qui été volé et veulent construire une société que j’avais rêvée et dégustée quand j’avais 15 ans.

Diana Ortega

11 septembre 2013

Syrie : NON à toute intervention impérialiste !

nonguerresyrieLa Russie fait une proposition concernant les armes chimiques.

 Alors que le sommet du G20 qui se tenait en Russie prenait fin, les diverses puissances capitalistes internationales étaient divisées en deux camps opposés concernant l’opportunité de lancer une attaque militaire en Syrie. Pendant ce temps, la volonté guerrière d’Obama rencontrait une forte opposition au sein des deux principaux partis politiques américains.

Aux USA, les membres du Sénat et de la Chambre des représentants étaient sous la forte pression de l’opinion publique, largement opposée à une intervention militaire. Il était bien incertain qu’Obama puisse obtenir l’approbation qu’il souhaitait. Les dirigeants du parti Républicain étaient divisés entre un ‘‘réalisme prudent’’ à l’instar du sénateur Rand Paul et l’interventionnisme agressif de l’ancien candidat républicain à l’élection présidentielle John McCain.

Les Démocrates, quant à eux, désirent éviter d’endommager la réputation d’Obama en votant contre lui, mais nombreux sont ceux qui craignent les conséquences qu’auraient un ‘‘oui’’. Pour Obama, perdre cette consultation constituerait un puissant coup porté à son prestige, à l’image de ce qu’a subi David Cameron face au refus du Parlement britannique. Voilà ce qui explique le changement d’attitude du gouvernement américain, vers d’éventuelles négociations concernant une supervision internationale des stocks d’armes chimiques syriens.

Face à une défaite possible au Congrès américain, il semble bien qu’Obama ait reçu une bouée de sauvetage politique inattendue de la part de son homologue russe Vladimir Poutine. Poutine a proposé que le régime syrien place ses armes chimiques sous la supervision des Nations Unies afin d’éviter les frappes aériennes sous commandement américain contre les bases militaires du régime syrien.

Une agression impérialiste n’est toutefois pas encore définitivement hors de vue. Tôt ou tard, en fonction des événements, il n’est pas exclu que David Cameron fasse par exemple son retour sur cette question en obtenant le soutien de dirigeant travailliste indécis Ed Miliband, dans l’opposition. La campagne anti-guerre doit être maintenue, avec l’implication de syndicalistes, de militants marxistes et autres. Il reste toujours d’actualité de clamer haut et fort : non à toute intervention impérialiste en Syrie ! Mais il faut aller plus loin.

Simplement s’opposer à l’intervention impérialiste est insuffisant, cela laisse la porte ouverte à un soutien au dictateur Assad. Pire, certains vont jusqu’à défendre l’idée erronée selon laquelle ‘‘les ennemis de nos ennemis sont nos amis’’. Il n’est pas non plus possible de prendre parti pour le camp des rebelles, liés soit à l’islam politique réactionnaire, soit à d’anciens dirigeants du régime. Chacune de ces forces défend des intérêts liés à l’exploitation et à l’oppression des masses. Notre seul camp, c’est celui de notre classe, celle des travailleurs, des jeunes, des opprimés ! Nous devons encourager son auto-organisation !
Cette tâche est immense, mais la Syrie n’est pas isolée du reste du monde : les processus révolutionnaires sont contagieux et avancent par vagues. Les luttes de masse en Tunisie et en Egypte s’orientent vers la chute du système lui-même et pas seulement vers celle d’un gouvernement capitaliste autoritaire qui sera remplacé par un autre. La construction d’un rapport de forces vers un régime basé sur la satisfaction des besoins des masses aura ses répercussions sur la Syrie et ailleurs. L’élément crucial sera la construction d’instruments de lutte (comités, syndicat et parti) afin d’unir et de défendre les travailleurs et les pauvres par-delà leur religion ou leur ethnie.

La machine de propagande est lancée

Dans sa tentative de gagner un soutien aux Etats-Unis, la machine de propagande d’Obama a été utilisée à plein régime, notamment en utilisant des vidéos d’images de victimes d’attaques de gaz chimiques réunies par l’opposition syrienne et la CIA. Ces images sont horribles, mais la question de savoir qui est véritablement responsable de ces actes reste en suspend, qu’il s’agisse de Bachar Al-Assad, de commandants militaires agissant sans son approbation (comme le rapporte le journal allemand Bild, en affirmant se baser sur des écoutes de l’armée allemande) ou des forces d’opposition.

De toute manière, la possibilité d’une attaque occidentale n’est pas fondamentalement basée sur l’emploi d’armes chimiques. Dans une lettre publiée par le Times le 5 septembre dernier, Lord Lamont (ancien ministre conservateur de Margareth Thatcher et de John Major) a rappelé qu’en 1988, l’Occident a fermé les yeux lorsque Saddam Hussein a utilisé du gaz moutarde et du gaz sarin contre les troupes iraniennes, tuant ainsi 20.000 personnes. Il a ajouté : ‘‘Un récent article paru dans le magazine US Foreign Policy a affirmé que les responsables américains qui ont donné connaissance à l’Irak des mouvements de troupes iraniennes savaient que des armes chimiques seraient utilisées contre eux.’’

Aucun missile américain n’empêchera que de armes chimiques soient à nouveau utilisées, ne tombent dans les mains de terroristes ou soient cachées ailleurs. Une attaque américaine ne constituerait rien d’autre qu’un acte sanglant destiné à défendre le prestige de la classe dirigeante américaine aux Etats-Unis et dans le monde et à protéger ses intérêts au Moyen-Orient, après qu’Obama ait imprudemment déclaré que l’utilisation d’armes chimiques serait une ‘‘ligne rouge’’.

D’autres répercussions seraient inévitables, comme de possibles attaques contre des bases américaines dans la région, des tirs de roquettes contre Israël, des attentats terroristes aux États-Unis et dans ses pays alliés ou encore une perturbation de l’approvisionnement en pétrole. Les tirs de missiles américains renforceraient également la perspective d’une escalade du conflit syrien et de sa propagation dans les pays voisins. Il y aurait également plus de réfugiés, alors que leur nombre atteint déjà le total phénoménal de six millions de personnes, à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie.

Toute l’ironie du sort est que la population syrienne pourrait bien plus courir le risque d’être victime d’armes chimiques dans le cas de frappes américaines. Il a ainsi été prouvé que les frappes aériennes américaines contre les usines d’armes chimiques de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe de 1991 n’ont pas détruit le gaz sarin mortel qui était visé, mais l’ont simplement répandu jusqu’à 600 km des bases militaires détruites.

Les masses voient à travers les projets des gouvernements

Ce qui se cache réellement derrière ‘‘l’humanitarisme’’ affiché par les gouvernements occidentaux afin de s’assurer le soutien de leur opinion publique est visible aux yeux de la majorité de la population des divers pays. Le soutien indéfectible des impérialistes occidentaux aux élites dirigeantes arabes répressives et dictatoriales ; le massacre de civils irakiens ; le soutien aux assauts du régime israélien contre Gaza ; l’assassinat de civils par des drones américains au Pakistan, en Afghanistan et au Yémen ; leur acceptation de la répression de l’armée en Egypte et beaucoup d’autres exemples illustrent que ces puissances savent soutenir une infâme brutalité lorsque cela leur convient.

Pour éviter de subir des pertes humaines et de s’embourber dans une intervention prolongée, les éventuelles frappes américaines prendraient très probablement la forme de missiles tirés à distance plutôt que de bombardements aériens. Cela endommagerait inévitablement les forces armées d’Assad, mais la Russie peut toujours le ravitailler, et sa supériorité militaire sur l’opposition syrienne pourrait être maintenue. Bachar Al-Assad profiterait en outre du ‘‘statut de victime’’, en particulier parmi sa base de soutien syrienne, russe et chinoise.

La guerre civile en Syrie a engendré une dynamique horrible de régulières atrocités, et ce des deux côtés. En laissant faire le régime vicieux d’Al-Assad et les capitalistes en herbe de l’opposition (et ses nombreuses nuances de division et de sectarisme), la guerre est susceptible de perdurer jusqu’à ce que les deux côtés aient utilisé jusqu’au bout leurs capacités militaires.

Beaucoup de puissances capitalistes étrangères se sont mêlées de ce conflit avec leurs prétendues ‘‘solutions’’ qui, toutes, illustrent leur faillite à offrir une solution capable de mettre un terme au cauchemar des masses syriennes.

Seule la construction d’organisations non-sectaires basées sur la force des travailleurs, démocratiquement gérées et coordonnées les unes les autres peut montrer une voie de sortie qui ne soit pas un cul-de-sac. Ces instruments de lutte auraient également besoin d’organiser une résistance armée des masses tant contre les forces du régime d’Al-Assad que contre toutes les milices dirigées par des forces réactionnaires motivées par le profit personnel, la division religieuse ou ethnique, et la vengeance.

Cette unité des travailleurs pourrait se développer grâce à l’attraction d’un programme de rupture anticapitaliste et socialiste posant clairement la question de la propriété collective des secteurs-clés de l’économie, dans le cadre d’une planification économique démocratiquement élaborée et visant à éliminer l’exploitation et la pauvreté.

Judy Beishon, Socialist Party (CIO-Angleterre et Pays de Galles)

Hollande-Ayrault : une politique pour les capitalistes!

Passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, à l’Élysée le 15 mai 2012. C'est bien plus que les clésdel'Elysée que Hollande a récupéré,il a aussi gardé la politique économique et sociale anti ouvrière et anti-jeunes de la droite "décomplexée"(AP/Thibault Camus)

Passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, à l’Élysée le 15 mai 2012. C’est bien plus que les clés de l’Elysée que Hollande a récupéré, il a aussi gardé la politique économique et sociale anti-ouvrière et anti-jeunes de la droite « décomplexée »(photo : AP/Thibault Camus)

Hollande et son gouvernement engagent les hostilités. Après le pacte de compétitivité, cadeau supplémentaire de 30 milliards d’euros à la bourgeoisie sous forme de crédit d’impôt et partiellement financés par une hausse de 10 milliards d’euros de la TVA, et les diverses reculades face aux patrons (patrons pigeons, Mittal), le gouvernement a définitivement montré le camp qu’il défend : celui des capitalistes. Les multiples attaques qui sont en cours ou qui sont annoncées font froid dans le dos !

La galerie des horreurs sociales

L’accord national interprofessionnel (ANI) signé par le MEDEF et certains syndicats avec la complicité clairement affichée du gouvernement, s’il est transposé en loi sera une véritable régression sociale qui accentuera la précarité et la flexibilité du travail (cf. article du numéro 159 à lire sur notre site).

Le gouvernement a décidé d’une nouvelle réforme des retraites. Si rien de précis n’est annoncé, puisque les discussions débutent seulement, il y a fort à parier que la durée de cotisation sera à l’ordre du jour. C’est une nouvelle attaque contre notre droit à la retraite qui s’ajouterait à la casse généralisée de la sécu. De plus en plus d’argent part vers l’assurance privée en général (dans l’ANI aussi ce serait un cadeau de plusieurs milliards grâce à la complémentaire santé) mais en plus le patronat veut réduire les pensions des complémentaires AGIRC-ARCCO de 5% !

Comme si la protection sociale n’était pas assez attaquée, le gouvernement Hollande-Ayrault a décidé de s’en prendre aux allocations familiales. Il veut les conditionner aux ressources, mettre un plafond maximum et les rendre imposables ! Cela représenterait une perte de 800 millions d’euros pour les familles.

Le taux de croissance étant revu à la baisse pour 2013 et 2014, il faut s’attendre à de nouvelles coupes budgétaires dans les services publics avec ce que cela veut dire en termes de restrictions des effectifs, de surcharge de travail et de stagnation des salaires, et les conséquences de dégradations des services rendus pour les usagers. Et ceci sans compter sur la dégradation des services publics dépendant des collectivités territoriales qui voient le financement se réduire ((postes en moins chez les travailleurs sociaux, augmentation du prix des cantines et des transports etc). Et Sûrement une hausse un peu plus forte des impôts locaux à la clé.

Pourquoi cette politique d’un gouvernement qui se dit de gauche ?

Les dizaines de milliards de cadeaux au patronat, l’ANI, les licenciements massifs, les coupes sombres dans les budgets publics sont différentes facettes de la même politique d’austérité. Cette politique tend à la fois à faire payer la crise aux travailleurs, travailleuses et à leur famille et à permettre de rompre avec la baisse de profitabilité des entreprises afin qu’elles puissent continuer à enrichir les actionnaires et les circuits spéculatifs, seul secteur à offrir encore aujourd’hui une rentabilité suffisante aux yeux des capitalistes.

Ces politiques ne sont que la continuation des politiques libérales menées depuis des décennies qui se sont accélérées à partir des années 90 alors que le mouvement ouvrier organisé refluait avec l’éloignement de la perspective de transformation socialiste de la société. Elles sont responsables de la crise et ne feront qu’aggraver la situation économique et sociale.

Les capitalistes sont devant une contradiction insoluble pour eux : la baisse du taux de profit due à l’accroissement de la concurrence entre eux dans le cadre de la mondialisation les pousse à baisser la masse salariale (baisse des salaires, licenciements). Mais ce faisant, ils réduisent la capacité des travailleurs à consommer et donc leur possibilité à réaliser plus de profits.

Cependant, le gouvernement est sur le fil du rasoir, car, contrairement aux différents gouvernements Sarkozy, les liens historiques qui le rattachent encore un peu aux ouvriers et aux classes populaires, qui l’ont mis au pouvoir en mai dernier, entravent quelque peu sa capacité à mener la politique voulue par la bourgeoisie sans subir la colère et la pression de ces couches populaires.

.Par Yann Venier
Paru dans l’Égalité n°160 (mai-juin 2013)

Pour les emplois, les salaires et les retraites : Tous en grève et manif le 10 septembre !

Affiche de Mai 68

Affiche de Mai 68

Un an et demi de Hollande et Ayrault, et on cherche encore le changement par rapport à Sarkozy. Ils nous abreuvent des mêmes phrases sur la fin de la crise qui serait pour demain ou le recul du chômage. En réalité, non seulement cela ne s’est pas arrangé mais c’est même pire.

 Hausse du chômage et fermetures d’entreprises.

Peugeot, Arcelor, Petroplus… demain Goodyear, Kem One etc. ?… La liste est longue de ces très grosses entreprises qui brassent des dizaines de milliards mais qui ferment des sites industriels, sans parler des licenciements et suppressions d’emplois (Renault, Air France…). Alors qu’il pouvait nationaliser certaines entreprises, Hollande n’a rien fait. Dans les services publics, les coupes budgétaires continuent, avec la dégradation des conditions de travail qui va avec et les suppressions d’emplois : santé, services municipaux…Et tout ca, sans parler de la hausse du prix de l’électricité et de la nourriture.

 Réforme des retraites Sarkozy-Fillon-Hollande ?

2 années de plus, c’est ce que devront travailler ceux nés après 1973. 43 annuités pour toucher une retraite, vu le taux de chômage notamment des jeunes, c’est la retraite à 68 ans dans les faits ! Et pour financer, retraités et cotisations sociales mis à contribution, et des entreprises qui se font promettre des déductions fiscales en échange d’une hausse très légère de leur contribution. Rien qui touche à leurs dizaines de milliards de profits ! Pourtant, le déficit des retraites, c’est 20 milliards prévus en 2020. La fortune de Bettencourt, propriétaire de L’Oréal suffirait à elle seule à combler ce déficit organisé. Une seule personne qui a accumulé une telle richesse sur le dos des travailleurs. Quant aux aides aux entreprises, c’est 200 milliards, largement de quoi régler tous les «déficits» et même créer des dizaines de milliers d’emploi. Voilà ce que ferait un vrai gouvernement de gauche au service de la population, des travailleurs et des jeunes.

 Il faut une opposition de gauche à Hollande-Ayrault

Le Ps et les Verts ne sont pas dans notre camp même si on peut trouver qu’ils sont moins pires que l’UMP. Ce qu’il faut, c’est une véritable opposition de gauche, qui combatte cette politique et ne se contente pas d’espérer infléchir la politique du PS. Le FdG de Melenchon aurait déjà pu lancer la construction d’une telle opposition au lieu de se déchirer sur leurs tactiques aux élections municipales. Il faut une vraie opposition de gauche qui défende un emploi pour tous en prenant sur les riches, qui refuse les politiques d’austérité et appelle à la lutte contre les mesures d’Ayrault-Hollande.

Le 10 septembre, tous en manif, tous en grève !

Afficher Préparation du 10 septembre 2013, CGT sur une carte plus grande

Le 10 septembre, il y a une journée d’action et de grèves pour l’emploi, les salaires et la défense des retraites. Quelque soit notre secteur ou l’attaque qu’on combat, utilisons cette journée ! Elle doit être un point d’appui pour tous ceux et celles qui veulent résister, aller dans le sens de construire une véritable lutte d’ensemble et défendre le projet d’une véritable opposition de gauche à ce gouvernement. Au delà, il nous faut une riposte pour cesser de subir les sales coups du gouvernement et des patrons. Les directions syndicales devraient appeler à une véritable journée de grève durant laquelle tous et toutes, jeunes, travailleurs, chômeurs, retraités, nous organiserions le blocage de l’économie, une grève totale à laquelle chacun saurait pourquoi il participe.

Hollande ou Sarkozy, les capitalistes ont tous les moyens pour continuer de nous faire payer la crise et exploiter davantage de travailleurs et de jeunes. Ça suffit !

– Pour de vrais emplois avec de vrais salaires !

– Non à la poursuite de la casse des retraites !

– Non aux fermetures de sites et aux plans sociaux : zéro licenciement !

– Nationalisation des grandes entreprises qui licencient sous la gestion et le contrôle des travailleurs et de la population

C’est en luttant tous ensemble autour de telles revendications qu’on s’en prendra vraiment aux racines des problèmes : les profits d’une poignée de capitalistes faits sur le travail de la majorité de la population et qu’on pourra construire une société débarrassée de l’exploitation, une société véritablement socialiste. N’hésitez pas à nous contacter pour des questions ou pour discuter.

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