Grève à Buffalo Grill : la lutte continue

bufaogril25mai14Prochaine journée de grève samedi 31 mai.

L’enseigne Buffalo Grill, qui comprend 328 restaurants dont 96 franchises, fait un chiffre d’affaires en constante progression depuis 15 ans. En 2011, selon leurs propres chiffres le chiffre d’affaire TTC fut de 573,3 millions d’euros. En 2008, la chaine de restaurants a été rachetée par la société française d’investissement Abenex qui détient la plus grande part du capital. Cette chaine est le « leader incontesté » de la restauration sur le segment viande/grill selon les propres termes de la direction (44% de part de marché). Donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles de la grillade ! On pourrait penser que Abenex et les autres actionnaires remercieraient les 7500 salariés qui par leur travail ont généré ces énormes profits.

Mais la rapacité des actionnaires à Buffalo Grill comme partout ailleurs est sans limite. Afin d’augmenter leurs profits, ils ont décidé d’augmenter le taux d’exploitation des salariés. Comment ? Par la modulation du temps de travail. Cette annualisation va devrait permettre aux directeurs des restaurants de 26h à 45h par semaine en fonction de l’activité. Selon les salariés du restaurant de Vandœuvre-lès-Nancy, il n’est pas rare pour eux de faire 45h de travail par semaine, voire 50h. Cependant, jusqu’à maintenant, les dépassements d’horaires étaient payés en heures supplémentaires. Cette annualisation va tout bonnement faire disparaitre les heures supplémentaires et permettre un gain pour les actionnaires de 5 millions d’euros par an !

Evidemment, si la question salariale est centrale lorsqu’on a des petits salaires, cette modulation du temps travail en fonction des besoins du patronat aura d’autres conséquences : il est évident que cette véritable mise à disposition aura aussi des répercussions sur la vie personnelle des salariés. Elle permettra une gestion du personnel au plus près de l’activité et donc réduira d’autant la nécessité d’embaucher… voire permettra de débaucher.

L’intersyndicale CGT-FO a donc appelé les salariés de Buffalo Grill à la grève le dimanche 25 mai pour refuser cette modulation. 45 sites ont connu un mouvement de grève. Pour certains de ces salariés, très jeunes, c’était leur première grève. C’est le cas sur le site de Vandœuvre-lès-Nancy où environ 80% des salariés, dont la moyenne d’âge est aux alentours de 20 ans, ont fait grève, obligeant la direction régionale à faire appel non seulement à des salariés d’autres sites, mais à assurer le service eux-mêmes en ce dimanche de fête des mères.Un nouvel appel à la grève a été lancé pour le samedi 31 mai. Il est important d’aller les soutenir sur leur piquet de grève.

Contre le racisme ! Contre le Front National, menons la lutte, tous ensemble !

brest-300-lyceens-contre-le-fn_1921256_660x372 manifestation-de-lyceens-contre-le-fn_0 Des centaines de lycéens à Rouen, Angers, Rennes etc. ont fait grève et manifesté ces derniers jours en réaction au score du Front National aux élections européennes. 25% pour le parti de Marine Le Pen, «on peut pas laisser passer ça sans réagir». «Ne rien faire, c’est pire que tout et c’est leur laisser la voie libre».
Si le FN a atteint 25%, c’est bien parce que la situation d’une majorité de la population est catastrophique: chômage,  salaires insuffisants pour vivre, licenciements… et un gouvernement Hollande-Valls qui parle de continue la même politique d’austérité contre les travailleurs et les plus modestes alors que la fortune des 500 français les plus riches a encore augmenté de 25 % en un an d’après le rouen lycéens contre FN 27mars2014magazine Challenges ! Une poignée de gens ont des milliards tandis que des millions de gens galèrent pour mener une vie décente. ça ne peut pas continuer comme ça. C’est ça qui fait le lit du FN.

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Comment éteindre la flamme FN ?

Ce qui fait monter le FN ce sont ces politiques anti-sociales et l’aggravation des conditions de vie. Si le FN fait un tel score c’est parce que le système est tellement pourri qu’il peut se présenter comme une alternative. Mais le FN est loin d’être un parti anti-système. Il prétend s’opposer « au monde de l’argent » alors que la famille Le Pen est millionaire. Ses candidats aux européennes sont tous des politiciens qui font carrière comme ceux de certains autres partis, pas du tout des «gens du peuple» comme Marine Le Pen le prétend. Mais le PS et l’UMP se ressemblent tellement, il y a tellement peu de différences entre la politique de Hollande aujourd’hui et celle de Sarkozy hier qu’une partie de la population croit protester efficacement en votant FN. C’est une illusion, car le FN ne remet absolument pas en cause les raisons même des inégalités, de l’absence d’avenir pour les jeunes.
Car les causes, elles sont dans le système économique lui même, le capitalisme, qui ne connaît que la loi du profit et de l’exploitation des travailleurs. Notre lutte contre le Front National doit aussi être une lutte contre le capitalisme et les politique d’austérité du gouvernement.

Contre le racisme, organisons nous !

Le FN ressort également régulièrement un couplet raciste pour satisfaire le noyau dur de son électorat. L’idée, c’est de tenter de diviser en faisant croire que les responsables de la pauvreté ou du chômage ce seraient des pauvres, ou des chômeurs, qui auraient le tort de ne pas avoir la bonne nationalité… Comme si c’était eux qui étaient responsables des privatisations, des fermetures d’usine, des législations de l’Union Européenne…
Et sur ce terrain, le FN est largement aidé par les politiques et les déclarations de gens comme Valls, Copé ou autre. Là aussi, contre le racisme, c’est en nous unissant contre le FN, mais aussi contre tous ceux parmi les politiciens qui utilisent le racisme qu’on fera reculer de telles politiques et de telles idées. Nous sommes contre le racisme, le sexisme, l’islamophobie, l’antisémitisme, l’homophobie etc..

Continuer la lutte !

Beaucoup de lycéens en manif le disaient : si le FN fait un tel score c’est bien aussi à cause de la politique du gouvernement. On doit continuer à manifester et agir pour montrer au FN et à Marine Le Pen qu’on ne les laissera pas passer. Mais on doit aussi prérarer une lutte d’ensemble, des jeunes, des travailleurs, des chômeurs, hommes ou femmes, quelle que soit leur origine ou leur culture, contre ces politiques qui nous font payer la crise du système capitaliste alors que les riches, les groupes d’actionnaires, les grands patrons, les banques, amassent des milliards.
Les premières mobilisations contre le FN peuvent permettre que se développe l’idée d’une lutte d’ensemble, pour un véritable emploi, pour le droit de suivre ses études dans des conditions correctes…
Ce système ne nous offre aucun avenir, refusons d’être une génération sacrifiée. Pour un véritable emploi,  une même lutte, celle contre la politique du gouvernement et ce système capitaliste qui ne nous offre aucun avenir !
Pour mener campagne avec nous contre le racisme et le FN, n’hésite pas à nous contacter  !

Lycéens en manif contre le FN à Rouen : « Le Pen à 25 %, on va pas rester sans rien faire ! »

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Plusieurs centaines de lycéens ont fait grève aujourd’hui, 27 mai, en réaction au score du Front National aux élections européennes dimanche dernier.

« Il fallait réagir pour faire bouger les gens », disaient des lycéens, derrière une banderole où il était écrit, « ma France, elle est pas d’extrême droite ».

Préparée rapidement, la mobilisation a été un succès. Venus en cortège du lycée Galilée (très éloigné du centre ville), 200 jeunes ont manifesté jusqu’au centre ville de Rouen et ont fait le tour de plusieurs lycées et rallié ainsi des dizaines d’autres lycéens, au pas de course. Refusant la perspective qu’un parti d’extrême droite domine la situation politique, beaucoup de lycéens n’étaient pas ignorants des vraies causes de la montée du FN. « Le gouvernement continue pareil après les dernières élections et n’écoute pas les gens, c’est pas étonnant s’il y en a qui votent FN » disait une lycéenne.

En participant à la manifestation, plusieurs discussions permettaient de se rendre compte de l’envie que les choses changent vraiment : « c’est pas en restant assis sans rien faire que le monde va changer ».

Une étincelle

En réagissant ainsi, les lycéens confirment qu’ils sont toujours disponibles pour défendre de vraies idées anti racistes, contre l’intolérance, contre l’extrême droite. Et l’UMP ou le PS n’étaient absolument pas vus positivement. Les lycéens exprimaient à la fois une colère contre la situation, conscients qu’un avenir dominé par le FN est une menace autant pour eux que pour les autres, et que le problème de fond n’est pas seulement le FN mais bien tout un système politique corrompu et qui ne représente en rien la majorité de la population.

Il faut que cette mobilisation reçoive un écho partout où c’est possible, contre le FN, contre le racisme, mais aussi contre toutes ces politiques qui écrasent les travailleurs, les jeunes et la majorité de la population.

Une véritable lutte d’ensemble, unissant jeunes, travailleurs, chômeurs, hommes ou femmes, quelle que soit l’origine ou la culture, est plus que nécessaire contre ces politiques au service du système capitaliste et qui n’engendrent que licenciements, chômage, baisse du niveau de vie et hausse du désespoir.

En refusant d’être une génération sacrifiée, les lycéens montrent une voie à suivre !

Notre camarade Ruth Coppinger fait son entrée au Parlement irlandais!

Nos camarades irlandais du Socialist Party viennent de remporter une importante victoire à Dublin West : Ruth Coppinger fait son arrivée au Parlement irlandais! Les élections législatives en Irlande se déroulent selon le principe du scrutin à vote unique transférable, où l’électeur ne se contente pas de choisir son candidat préféré, mais donne un ordre de préférence à l’ensemble des candidats. Ruth Coppinger a obtenu 20,6% des voix en tant que premier choix, et les transfert en tant que second et troisième choix lui ont permis d’être élue. Elle avait précédemment été conseillère municipale, une fonction pour laquelle elle avait encore récemment été élue.

Elle vient rejoindre notre camarade Joe Higgins, également élu au Parlement dans le district de Dublin West. Joe a toutefois fait savoir il y a peu qu’il ne participerait pas aux prochaines élections législatives générales en raison de ses 67 ans, et qu’il voulait laisser la place à Ruth Coppinger, qui s’est construit au fil des ans un profil de militante combative.

Lors des élections locales, les sociaux-démocrates du Labour ont subi une cuisante défaite, en résultat de sa participation à une coalition d’austérité avec le Fine Gael. Des listes AAA (Anti Austerity Alliance) étaient présentées pour ces élections locales, des listes soutenues par le Socialist Party et qui ont obtenu des élus à Fingal Dublin, South Dublin, Cork et Limerick. Reste encore les élections européennes, où nos camarades ont présenté la candidature de Paul Murphy pour l’un des trois sièges européens de Dublin, ce qui n’est pas une mince affaire. Ces résultats ne sont pas encore connus.

L’élection de Ruth Coppinger à Dublin West est un grand pas en avant pour les défenseurs des idées du socialisme en Irlande. Il s’agit d’une voix qui aidera à construire la résistance contre l’austérité. Tout comme les autres élus du Socialist Party, elle utilisera sa position pour clairement faire entendre les idées socialistes ainsi que pour soutenir les luttes sociales.

La gauche révolutionnaire félicite Ruth ainsi que tous les militants dont les efforts ont rendu cette victoire possible, parmi lesquels également des militants français de la GR venus mener campagne en Irlande.

Grand marché transatlantique Levier potentiel de l’ultra-libéralisme

Dans le dos de tout le monde sauf du grand patronat et des technocrates, l’UE et les USA discutent et négocient un traité de commerce devant instaurer le Grand marché transatlantique (GMT ou TAFTA).
Comme le dit l’association Attac : « Le partenariat transatlantique serait un des accords de libreéchange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. »
Aucune législation, ou accord de type convention collective pouvant être une entrave au « libreéchange » ne saurait être admise. Toute législation sociale, tarifaire, sera remise en cause si ce traité est signé. La « liberté » (celle d’exploiter les autres en fait) sera une contrainte économique et aura ses outils juridiques. Par exemple, les multinationales pourraient saisir une sorte de « tribunal » de cette zone de libre échange quand elles estiment que des normes sont une entrave à la liberté d’entreprendre ou d’investir. On pense tout de suite aux gaz de schistes dont l’exploration pourrait alors reprendre en vue d’une exploitation.
Mais c’est loin d’être le seul secteur concerné : normes sanitaires, sociales, qu’elles soient plus favorables du côté européen ou du côté américain de l’Atlantique pourraient ainsi être toutes remises en cause.
Il est possible que les oppositions d’intérêts entre deux des plus grandes économies mondiales soient plus fortes et empêchent d’aboutir à un accord comme cela s’est produit plusieurs fois par le passé (abandon des traités GATT, ACTA…) mais pour le moment, cela indique surtout dans quelle voie va la commission européenne et les partis pro-UE. Pour la défense des acquis sociaux, sanitaires et environnementaux, non au GMT !

par Alexandre Rouillard

Le Protectionnisme peut il améliorer le sort des travailleurs?

Protectionnisme-2Pour contrer le « dumping social », les faibles salaires de certains pays dont les produits viennent « inonder » le marché français, voire par rapport aux fameuses « délocalisations », certains démagogues, au FN ou autre, mettent en avant l’idée du « protectionnisme ».
En gros, on ferme les frontières à certains produits, et on met des taxes énormes sur certains autres. Bien sûr, il faudrait que les autres pays soient gentils et n’augmentent pas leurs taxes sur les produits français ou ne les bloquent pas aux frontières. Sinon, finis les bons chiffres d’exportation des vins, parfums et autres produits « typiquement » français.
Il faudrait ensuite, que les matières premières et les produits bruts que l’économie française importe (on pense évidemment tout de suite au pétrole et à ses dérivés, mais on peut aussi parler de certains produits agricoles, de certains métaux, des matières premières du textile…), ne soient pas concernés. Parce que sinon, on pourra toujours relocaliser des usines, mais s’il n’y a pas de coton, de caoutchouc, ou autre ou s’ils sont payés à un prix exorbitant, l’avantage va être moins que maigre.
En fait, de manière bien plus sournoise,il s’agit de faire entrer dans la tête des travailleurs l’idée que les travailleurs des autres pays sont leurs ennemis, leurs adversaires et que nous aurions intérêt à participer à cette guerre économique.
Du rôle réel des patrons français dans les délocalisations ou la recherche de la main d’oeuvre à bas coût, les « protectionnistes » ne disent rien. Et pourtant, ce sont bien les grandes entreprises françaises (Airbus, Renault, Peugeot etc.) qui font produire dans des pays à moindre salaire. Les mêmes qui nous exploitent ici surexploitent des travailleurs ailleurs. Le protectionnisme leur permettrait juste de faire encore plus monter les enchères au moindre salaire sous prétexte cette fois-ci des droits de douane trop élevés…
Et ces mêmes qui prônent le protectionnisme sont pour la libéralisation des services publics : ils soutiennent ou ont soutenu le démantèlement de la SNCF, la privatisation d’Air France, celle de France Telecom… de même que la libre concurrence dans le secteur financier et bancaire. C’est en fait logique, les protectionnistes défendent une forme de capitalisme, pas les travailleurs et la population, ils sont pour l’exploitation et tentent d’utiliser le mécontentement en avançant une idée fausse, irréalisable, pour pouvoir accuser l’Europe, le mondialisme ou la fatalité… en dressant une barrière nationaliste entre les travailleurs. Car d’un côté, ils prônent le protectionnisme, mais de l’autre ils défendent l’ultralibéralisme.
Au contraire du protectionnisme, nous sommes pour le monopole de service public sur les transports (ferroviaire comme aérien), la nationalisation de l’ensemble du secteur financier, et que la législation sociale pour tout travailleur en France soit celle défendue par les syndicats en France.

Par Alexandre Rouillard