Non, le FN ne défend pas la jeunesse !

Aujourd’hui le FN est omniprésent dans les médias et promet de faire de très bons scores aux prochaines élections municipales. Marine Le Pen en reprenant la succession du parti a réussi à changer son image, en utilisant un discours « social » pour se rendre populaire auprès des travailleurs. Le parti essaie aussi de transformer son look en se donnant un visage plus jeune. Ce fut le cas l’année dernière quand ils ont présenté de nombreux jeunes sur ses listes électorales (comme Marion Maréchal Le Pen, la nièce de Marine, plus jeune députée de l’assemblée nationale), pour donner l’image d’un parti dynamique et tourné vers la jeunesse. Aux élections municipales de 2014, ils ont prévu de présenter beaucoup de candidats de moins de 25 ans y compris en tête de liste. C’est une nouvelle tentative de cibler la jeunesse qu’on ne doit pas laisser passer. Dans le fond le Front National n’a pas changé, il suffit d’aller voir leur programme sur internet pour s’en rendre compte. La « préférence nationale » pour l’emploi, toujours et encore plus de flics dans nos quartiers, recul sur le droit à l’avortement, etc… Tout cela basé sur un État fort et sécuritaire qui n’hésitera pas à écraser grèves et manifestations sans pitié avec un retour à un ordre moral traditionnel et la restriction de nos droits fondamentaux. L’amitié politique entre Le Pen et Poutine (le président- dictateur russe) en dit long sur le projet qu’elle porte pour la France. La jeunesse n’a rien à gagner à soutenir un tel parti. Heureusement une majorité est bien fermement opposée au FN. Descendre dans la rue contre ces idées est une nécessité pour montrer que ça ne peut pas passer : on doit s’y opposer fermement et montrer qu’ils ne nous représentent pas ! Mais s’ils peuvent se présenter comme la seule opposition et comme une alternative c’est aussi parce que les organisation qui sont sensées nous représenter sont plus occupées à se partager les postes pour les prochaines élections, qu’à lutter sur le terrain. Ne nous laissons pas voler notre avenir par les défenseurs du capitalisme quels qu’ils soient ! C’est en luttant pour améliorer les droits de tous, jeunes et travailleurs d’où qu’ils viennent, que chacun pourra accéder à un avenir débarrassé du racisme et du système capitaliste qui le fait prospérer. Menons campagne contre les vraie causes de la crise et du racisme. Rejoins-nous !

Le PS… plus que jamais capitaliste !

Devant les ouvriers d'Arcelor Mittal, Montebourg fait son show...  paroles, paroles c'est la devise du gouvernement PS! Décidément,le changement, ce n'est pas mieux qu'avant!

Devant les ouvriers d’Arcelor Mittal, Montebourg fait son show… Paroles, paroles ! Décidément, le changement, ce n’est pas mieux qu’avant!

Les plus jeunes n’ont pas vécu l’expérience de la «gauche» au pouvoir. La politique d’Hollande et de Sarkozy est à peu de choses près similaire. Mais celle-ci n’a pas le même impact parmi la population car le PS se prétend de gauche.

Montebourg, mariage pour tous et quelques miettes : un air éphémère de gauche.

La première année de présidence Hollande, après coup, ressemble à une année « pour voir » : si la colère après les années Sarkozy restait et si les conséquences de la crise qui agitaient alors toute l’Europe du Sud avec des mobilisations de masse pouvaient toucher la France.

Dans le domaine démocratique, Hollande, en dehors du mariage pour tous, n’a pas amélioré la vie quotidienne de la majorité de la population. Avec ses déclarations pour nationaliser Arcelor à Florange, Montebourg, ministre du redressement productif, pouvait faire croire qu’Hollande essayait de mener une politique de gauche.

Mais ces temps sont révolus. Il déclare ainsi à propos de la fermeture de Heuliez : «Nous ne sommes pas là pour mettre des ressources rares dans des entreprises qui n’ont pas d’avenir». Les travailleurs de l’entreprise de véhicules utilitaires apprécieront…. Finies les déclarations enflammées contre la famille Peugeot : utile pendant 10 mois comme une caution gauche dans le gouvernement, il rentre désormais dans le rang, reçu à bras ouverts à l’université d’été du Medef. Le reste du gouvernement, Moscovici et Ayrault en tête, parlent de «maîtrise des dépenses», d’«efforts» partagés nécessaires… omettant de dire que les grands patrons sont quasiment exonérés des hausses de cotisations que seuls les travailleurs et les retraités paieront !

Le PS ne défend pas les intérêts de la population.

Contrairement à l’impression d’improvisation que veulent bien nous donner les médias et la droite, Hollande-Ayrault ont une politique réfléchie et très pragmatique. Sarkozy assumait une politique de droite décomplexée ; Hollande avait annoncé qu’il assumerait réduire les dépenses de l’État et poursuivre les coupes sociales, en réduisant les budgets des services publics ou en poursuivant la destruction du système de retraites par répartition. Et il le fait. Son parti peut toujours, lors des journées parlementaires de fin septembre, clamer que la réforme est une réforme de gauche, personne n’y croit. Hollande prétendait dans le même temps vouloir faire porter équitablement les efforts sur toute la société, autant patrons que travailleurs. Il n’a même pas été capable de nationaliser Arcelor Florange et propose aux travailleurs un centre de recherche de l’acier au lieu d’emplois, et il ne dit rien de la fermeture de Good Year Amiens, PSA Aulnay, Petroplus à Petit-Couronne qui jettent des milliers de travailleurs dans le chômage. Le gouvernement Hollande est en fait la synthèse des 30 dernières années du PS.

 Parti Socialiste : 30 années de trahison.

C’est un parti qui a été moins implanté parmi les travailleurs que le PCF, mais qui les influençait, prétendant pouvoir concilier la société capitaliste et une vie meilleure pour tous et toutes. Le PS a gouverné de 81 à 95 avec Mitterrand, puis de 97 à 2002 avec Jospin comme premier ministre de la Gauche plurielle. C’est lui qui refuse d’intervenir à Renault Vilvoorde contre la fermeture du site belge, qui engage le début de privatisation de la SNCF, la flexibilité du temps de travail installée avec les 35h. Il installe des politiques racistes avec Chevènement, les expulsions de sans-papiers ; puis toutes les coupes budgétaires dans les services publics, la rentabilisation des soins, de l’éducation,… Cette politique a valu à Jospin d’être recalé dès le 1er tour de la présidentielle de 2002 contre Chirac. Hollande a score historiquement bas, avec 23% de soutien.

En 30 ans, le Parti socialiste a peu à peu assumé sa transformation d’un parti social-démocrate en un parti bourgeois. Hollande incarne à lui seul le rôle du PS en France : mener une politique clairement capitaliste tout en véhiculant au maximum l’idée qu’aucune autre politique n’est possible, affaiblissant d’autant ceux qui veulent résister et lutter contre le capitalisme et qui se reconnaissent dans la gauche. Que dire contre les licenciements si la gauche sensée défendre les petits contre les gros capitalistes ne dit rien ou pire, les justifie ? Comment combattre le racisme et les réflexions xénophobes portées notamment par le FN si c’est la gauche qui expulse, qui fait des lois montrant du doigt les musulmans de France…?

Cette stratégie a guidé la politique de Blair au Royaume-Uni et Schröder en Allemagne dans les années 90, justifiant leurs attaques sur les conditions de travail. Cette politique est dévastatrice car elle désarme le camp des travailleurs et la majorité de la population. Elle doit être combattue dès maintenant grâce à une opposition de gauche résolue à Hollande-Ayrault et au patronat et la reconstruction d’un mouvement ouvrier organisé sur les bases d’un programme véritablement socialiste.

Par Leila Messaoudi

Paru dans l’Égalité n°163 (oct-nov 2013)

Tunisie: le rappeur Klay BBJ acquitté!

klaybbjUne modeste mais importante victoire dans la lutte pour la liberté d’expression.

Le rappeur engagé Ahmed Ben Ahmed , alias Klay BBJ , qui avait été condamné par contumace à 21 mois de prison pour des chansons entravant soi-disant “les bonnes mœurs” (cliquez sur ce lien pour lire notre article précédent sur le sujet) a été acquitté lors d’un procès en appel ce jeudi.

Klay, ainsi qu’un autre rappeur répondant au nom d’artiste de ‘Weld El 15′ (Alaa Yaacoubi), après avoir été violemment arrêtés sur scène et maltraités physiquement par la police à la suite d’un concert dans la ville de Hammamet au mois d’août, avaient été tous les deux condamnés à une peine d’emprisonnement de 21 mois, sans avoir été convoqués au tribunal ou même avoir été informés de la tenue de leur procès.

Klay avait décidé de faire appel de cette décision, tandis que Weld El 15 est en cavale depuis sa condamnation. Un premier procès en appel le 26 Septembre avait décidé d’une réduction de peine à six mois de prison ferme pour Klay. L’avocat du rappeur avait fait appel de ce nouveau verdict, ce qui a finalement conduit au récent acquittement, jeudi. L’avocat a déclaré que Weld El 15 ferait désormais appel lui aussi.

Les militants et sympathisants du CIO dans le monde entier avaient vocalement exprimé leur indignation face à la condamnation de ces jeunes artistes engagés (voir sur ce lien, par exemple, une chanson de rap produite par des partisans du CIO provenant de 5 pays différents, et réclamant l’abandon des poursuites à l’egard de Klay BBJ et Weld El 15).

Il ne fait aucun doute que la pression qui s’etait accumulée contre cette condamnation, nationalement et internationalement -incluant entre autres une lettre de protestation signée par 12 députés européens de gauche à l’initiative du parlementaire du Socialist Party Paul Murphy- a contribué à la libération de Klay. Le CIO salue cette victoire importante, qui s’inscrit dans le cadre de la bataille acharnée qui se déroule actuellement en Tunisie contre les tentatives répétées de limiter la liberté d’expression et de faire taire toutes les voix critiques du régime en place.

Nous nous félicitons également de l’initiative récente de rappeurs tunisiens d’avoir formé un syndicat national pour défendre leurs droits contre la répression de l’Etat. Ce genre d’initiatives pourrait encourager à lier la défense des droits des artistes ainsi que la lutte de la jeunesse des quartiers pauvres – desquels proviennent la grande majorité des rappeurs tunisiens – au mouvement ouvrier organisé.

La lutte continue.

Le régime d’Ennahda s’est largement appuyé sur le code pénal hérité de l’ancien régime de Ben Ali, toujours en vigueur, et a reproduit des traits assez similaires à ce regime afin de faire taire ses opposants: brutalité policiere, tortures, arrestations arbitraires, attaques contre les journalistes, et même assassinats politiques.

Même au cours du procès en appel devant se prononcer sur le sort de Klay BBJ, des journalistes et des représentants d’ONG venus assister au procès, telles que Human Right Watch, ont été empêchés par la police d’entrer au sein du tribunal. Pendant ce temps, des dizaines de musiciens et autres artistes demeurent en prison ou dans la clandestinité.

Ces exemples montrent que si une bataille a été gagnée, la lutte ne doit pas s’arrêter pour autant! Comme Klay BBJ le disait dans une lettre ouverte qu’il a écrit lorsqu’il était encore en prison: “La liberté d’expression, dans ce pays la Tunisie, est limitée. Je dis toujours le droit mot, et jamais je ne baisserai la tête…No Pasaran”

Rouen, Rennes : grèves des pompiers pour défendre leurs emplois!

RCAMEN29Q507_OO_GREVE_POMPIERS.JPGDepuis juillet 2013 et jusqu’en cette fin septembre, les habitants des agglomérations de Rouen ou de Rennes ont vu les camions rouges sillonner les rues et intervenir mais avec des inscriptions «En grève» ou «non aux sanctions» ! En effet les pompiers professionnels des services départementaux incendie secours (SEDIS) 76 et 35 sont en grève ou ont fait, comme dans le 76, deux mois de grève illimitée.

Les raisons de ces grèves sont les mêmes : les directions des SEDIS veulent embaucher des pompiers volontaires qui travaillent avec des salaires, des formations et des perspectives de retraite bien moindres que ceux des pompiers professionnels. Les pompiers de Rennes soulignent aussi le manque d’effectifs et sont partis en grève illimitée le 23 septembre.

Les sapeurs pompiers du 76 eux, se sont mis en grève le 15 juillet car la direction voulait faire travailler pendant la médiatique Armada des pompiers volontaires à leur place. 52 professionnels s’y sont opposés et sont intervenus durant les festivités. La direction a essayé en vain d’opposer les pompiers professionnels et volontaires mais ne s’est pas privée de sanctionner les sapeurs professionnels.

Il faut dire que cela fait des années que les pompiers se battent pour des embauches et contre la casse de leur statut. Le fait que les directions poussent à l’embauche de volontaires est un réel danger pour eux. La direction a sanctionné 52 pompiers mais devant la détermination des grévistes, elle a un peu reculé et de 18 blâmes et 34 retenues sur salaires, on est passé pour l’instant à 45 blâmes ou mises à pied sans retrait de salaire. C’est une première victoire. Les pompiers du 76 ont suspendu leur grève mais restent vigilants.

Transports : mise en échec des différents plans de licenciements à Loheac (Haute Normandie)

Manifestion des employés de l' entreprise Lohéac contre le licenciement de 78 personnes avec le soutien des salaries de Petroplus, eux aussi menacés de licenciement.  Photo : JEAN MARIE THUILLIER

Manifestation des employés de l’ entreprise Lohéac contre le licenciement de 78 personnes avec le soutien des salaries de Petroplus, eux aussi menacés de licenciement.
Photo : JEAN MARIE THUILLIER

 Loheac est une entreprise de transport routier de taille moyenne dans l’agglomération de Rouen. En mai dernier, le patron D. Loheac a essayé d’utiliser le prétexte de la fermeture de la raffinerie Petroplus pour procéder à 78 licenciements. Dans la réalité, 36 licenciements concernaient la filiale containers Alca, rien à voir donc avec le transport de carburant. Quant à ceux de la filiale citerne ils ne transportent pas pour Petroplus, (cette raffinerie revend ses produits à Shell) et beaucoup des licenciements prévus étaient sur le site du Havre. Après une bonne mobilisation (plus de 120 salariés par deux fois en mai, et d’autres rassemblements en été et en septembre) et quelques recours judiciaires, Loheac a du faire machine arrière, incapable de fournir une comptabilité justifiant un Plan «social». Il a essayé de remettre ça au milieu de l’été, présentant une mise en faillite. Mais là encore, les documents comptables n’étaient pas bons : par exemple, les salaires de juillet étaient provisionnés comme charge à venir alors qu’ils avaient été payés… En septembre, il a donc dû faire une fois de plus machine arrière et demander une liquidation judiciaire. Il a été obtenu que l’entreprise aie un administrateur et qu’une réévaluation soit faite au bout de quelques mois. D. Loheac a aussi tenté de faire baisser les salaires en se passant de la signature des syndicats dans une mesure qu’il a prise en 2010 et qui a été invalidée par deux fois en justice, décision qu’il refuse d’appliquer. «S’il pouvait, il t’exécuterait dans la cour quand il n’a plus besoin de toi», comme disent de nombreux routiers ; «crapule» et «patron voyou» (sont des termes soient parmi les plus polis qu’utilisent les chauffeurs routiers lors des rassemblements). D. Loheac a non seulement dû affronter ces échecs, mais il est également sous la menace d’une enquête demandée par le syndicat (CFDT) du fait de ses nombreuses filiales non rattachées au groupe Loheac. De très petites entreprises (sans syndicat) rassemblées au sein du Groupement des activités économiques Loheac qui fait aussi bien de l’immobilier que du transport… Les livres de compte de ces combinaisons doivent être ouverts au plus vite et rendus accessibles aux salariés et aux syndicalistes. Et ce ne devrait pas être la seule entreprise dans ce cas.

Paru dans l’Egalité n°163 (oct-nov 2013)

Nancy, Lorraine… des licenciements et des luttes tous azimuts !

Les salariés de l’hôpital de Nancy sont en lutte contre la suppression de 250 postes. Mais le chiffre des suppressions devrait être plus élevé, puisque le directeur de l’hôpital parle de 12% de personnels en trop, soit 800 postes. Ces suppressions de postes succèdent à la suppression de plusieurs centaines de contrats aidés au cours des dernières années. La cause ? Un déficit chronique qui atteint plus de 20 millions d’euros en 2012. L’hôpital de Nancy est la victime des politiques publiques en matière de santé, en particulier la réforme Bachelot et sa tarification à l’acte (T2A)

Les 50 salariés d’Altadys de Vandœuvre-lès-Nancy sont en grève avec piquet contre la fermeture de leur entreprise depuis plusieurs jours. Altadys, l’entreprise publique SEITA privatisée et rachetée en 2008 par Imperial Tobacco, engrange pourtant d’énormes bénéfices : +50% en 4 ans, l’année dernière l’action a pris 20%. En 2008 les salariés de Nancy avaient subi un plan de licenciements. Le groupe a déjà fermé 3 sites depuis le début des années 2000. La direction propose le reclassement en région parisienne ou lyonnaise pour 22 salariés, des départs en préretraite pour une poignée d’autres… pour le reste, c’est les licenciements secs.

Les 330 salariés de SODETAL, une tréfilerie produisant à Bar-le-Duc des fils d’aciers pour les pneus et les panneaux photovoltaïques, filiale du géant allemand de l’acier Saarstahl, sont menacés de licenciement. La cause de ce désastre, une mauvaise stratégie de la direction de l’entreprise, qui au lieu d’investir pour moderniser l’outil de production à préféré se lancer dans le photovoltaïque, secteur à très forte concurrence. La fermeture de cette usine porterait un coup économique et social rude pour la Meuse et le Barrois.

Par Yann Venier

Paru dans l’Egalité n°163 (oct-nov 2013)