Licenciements à la Redoute: colère de salariés face à la signature du plan par la CFDT

1163847746_B972117352Z.1_20140227140016_000_G8H21CLC3.2-0.jpgMi- décembre 2013, le groupe Kering, du multimillionnaire Pinault a vendu La Redoute à deux membres de la direction. Aussitôt ceux- ci ont annoncé un plan de licenciements sur 4 ans de 1178 salariés sur 3500, encore un après,celui de 2008(672 salariés).Le prétexte bien entendu était de rendre plus compétitif le magasin de vente par correspondance. La direction voulait boucler ça très rapidement. Tout devait être réglé le 17 mars .C’était sans compter sur la mobilisation des salariés notamment ceux du site logistique de La Martinoire à Wattrelos Ce jour-là, le site était occupé avec piquets de grève. Des salariés du siège de Roubaix étaient présents aussi. La direction a dû reculer:20000 euros au lieu de 15000 d’indemnités extralégales pour tous, plus7500 à 12000 euros par années d’ancienneté, préretraites payées à 80% des salaires pour les plus de55 ans… La direction a reculé mais a quand même imposé en ultimatum au syndicat majoritaire CFDT (35%): «vous signez le 21 mars avant 14h».la CFE-CGC avait dit qu’elle signait. Sinon ce sera le dépôt de bilan au tribunal de commerce.
Les salariés ont continué à se mobiliser: ceux de Wattrelos allant sur le site de Roubaix pour leur dire de continuer la lutte ensemble. Ce n’était pas facile car les pressions de la direction étaient fortes et certains étaient prêts à partir avec les 20000 euros et non les 40000 revendiqués et avaient très peur d’un dépôt de bilan.
C’est alors que des syndicalistes de la fédération CFDT qui n’étaient jamais venus se sont pointés et ont fait aussi pression s dans les assemblées générales pour la signature. A Wattrelos, les salariés ont voté majoritairement contre le plan et la CFDT n’a pas signé vendredi .Mais le week-end, les pressions des politiques, des dirigeants nationaux et locaux de la CFDT ont été nombreuses. Il y a eu une assemblée le lundi 24 mars (350 salariés).la fédération ne s’est pas pointée et c’est par les médias que les salariés ont appris la signature par la CFDT.
Les travailleurs du site de la Martinoire ont finalement cessé la grève le mardi 25 mars, très amers. Lundi 31 mars 18 élus syndicaux CFDT sur 24 de Wattrelos ont brûlé leur carte et veulent «rejoindre un autre syndicat pour continuer la lutte». Celle-ci en effet est loin d’être terminée.

Élections municipales : un scrutin sanction pour le PS et ses alliés

La baffe a été sévère pour le PS. La politique du gouvernement a été largement sanctionnée que ce soit par une abstention record ou par un vote de défiance. L’UMP en retire un certain score et le FN, qui effectue un retour à ses meilleurs scores des années 90, plus encore. Mais ils s’en sortent surtout par rejet du PS et de ses alliés et non sur la valeur de leur programme, leur politique n’étant absolument pas différente sur le fond de celle du PS et Europe Ecologie – Les Verts (EELV). Ils récupèrent ainsi le fait d’être présenté comme «l’opposition» par absence d’une véritable opposition de gauche. Là où une liste organisait un début de rassemblement d’opposition de gauche au gouvernement et d’alternative à la politique du PS, qu’elle avait une audience, les scores ont été bons. C’est le cas de nombreuses listes du Front de Gauche en commun parfois avec le NPA. situé à un moment particulier, entre les affaires politico-judiciaires et les nombreux mauvais coups aux travailleurs et à la population donnés par le gouvernement Hollande-Ayrault, ce scrutin confirme d’une certaine manière le rejet important des politiciens et la forte nécessité d’une véritable alternative à la gauche du PS et d’EELV.

Énorme recul de la gauche gouvernementale

La « gauche de gouvernement » a fortement reculé entre les premiers tours des élections municipales de 2008 et 2014. Elle perd quasiment dix points, passant de 44,63% à 36,41%. Et même là ou par le passé (en 2001 notamment) elle arrivait à compenser un mauvais score national par des réussites symboliques, notamment dans les grandes villes, c’est complètement raté. Les résultats sont bien moins bons que prévus pour Hidalgo à Paris par exemple, à Marseille c’est un échec complet. Le PS perd 20% à Nantes (ville du 1er ministre), à Rouen (ville de la ministre des Sports) sans que le fait qu’EELV fasse une liste à part au 1er tour (pour fusionner au second) ne compense ce recul. En Guadeloupe, la liste du ministre de l’Outre Mer, V. Lurel connaît une vraie déroute, n’étant même pas qualifiée pour le second tour sur la commune de Vieux Habitants. A Lille, Martine Aubry perd 12% par rapport à 2008. Au delà des personnalités du PS identifiables avec le gouvernement, il y a des éléments locaux qui peuvent entrer en jeu, accentuant souvent le recul comme c’est le cas à Grenoble, Nancy ou Avignon, etc. Dans les villes moyennes et les banlieues ouvrières, le tassement du PS est tout aussi important.
A Marseille, où le PS challengeait le maire actuel (Jean-Claude Gaudin), le PS il n’est que 3ème et ce ne sont pas seulement les querelles et les nombreuses affaires locales qui expliquent cela. Deux ans de politique d’austérité, de cadeaux aux plus riches, de refus de soutenir les travailleurs (le PS subit un net recul à Hayange, Florange, ou Forbach en Lorraine, où le candidat Hollande avait promis qu’il n’y aurait pas de fermeture du site d’Arcelor Mittal avant de décider de ne pas empêcher celle-ci), d’augmentation des impôts et des taxes pour les travailleurs et les classes moyennes, et le résultat est là. Si la gauche gouvernementale a massivement reculé entre les élections de 2008 et 2014, c’est à cause de la politique du PS et de ses alliés. Seule quelques villes (Grenoble où EELV prend une posture d’opposition et bénéficie du soutien du Front de gauche) font exception. Ainsi, quand on compte à part du « total gauche » les listes « d’union de la gauche » (PS, EELV et parfois PCF) et celles présentées par le PS seul ont chuté de plus de dix points, passant de 36,25% à 25,69%.

La droite, un regain par défaut

A droite, l’UMP arrive en tête en termes de chiffres sur le total. Bien que ne présentant pas une politique différente de celle du PS (ou le PS continuant la politique de l’UMP de Sarkozy, ça marche dans les deux sens) ce scrutin la favorise du fait qu’il se situe deux ans après l’élection de Hollande et alors que la droite ne dirige réellement aucune assemblée de manière significative : Assemblée nationale, Sénat et Régions sont aux mains du PS de même que les très grandes villes. Là où elle dirige la ville (Bordeaux, Marseille, etc.) c’est bien souvent en mettant de côté son étiquette UMP et en jouant la carte du « maire de terroir ». Ainsi, des villes qui votent majoritairement à gauche comme Bordeaux réélisent une fois de plus Juppé dès le premier tour. Mais ce succès ne va pas plus loin. La droite a ciblé les villes moyennes et son électorat classique s’est mobilisé. Mais il n’y a eu aucun enthousiasme pour l’UMP et sa politique. L’UMP ne profite pas vraiment de ce vote sanction. Les affaires et le dégoût des politiciens véreux (les procédures judiciaires se multiplient pour Sarkozy et elles sont toujours en cours pour Copé) pèsent, ainsi de la même manière que le ras-le-bol des mêmes politiques anti-ouvrières menées par Sarkozy et aujourd’hui Hollande. Bien souvent cependant, la droite n’évite pas un 2ème tour, même à Nice. Mais elle l’emporte dès le 1er tour dans une ville très ouvrière et longtemps bastion communiste comme Le Havre…
Il n’est pas impossible que l’électorat du PS qui ne s’est pas déplacé au premier tour pour montrer sa mauvaise humeur, se mobilise un peu plus pour le second ne serait-ce que pour conserver certaines villes « à gauche » ou pour contrer le score du FN.

FN : Regardons-y de plus près !

Le FN arrive en tête dans 17 villes de plus de 10 000 habitants (sur 947 qui ont cette taille), et fait plus de 25% des voix dans 50 villes de plus de 1000 habitants (sur plus de 6000). Ses gros scores sont dans la basse vallée de la Seine, lourdement frappée les fermetures d’usine et le chômage de masse persistant : Le Havre, Elbeuf et PetitQuevilly en banlieue de Rouen, Hayange, Forbach en Lorraine… Il a également des scores assez importants dans les zones parfois semi rurales touchées de plein fouet par la crise et le déclin industriel (région de Saint-Etienne, Picardie, Alsace) où souvent la poignée d’entreprises qui existait avant soit a disparu soit n’emploie plus grand monde. Enfin, il confirme son implantation électorale dans le Sud (Gard, Var, Bouches du Rhône) et dans le Nord pas de Calais. C’est à dire dans des villes qui ont été des villes ouvrières socialistes ou communistes comme Hénin-Beaumont dans le Pas de Calais ou Brignoles dans le Var, Istres dans les Bouches du Rhône. A côté de cela, des villes qui ont depuis longtemps un électorat très à droite comme Fréjus ou Saint Gilles ont confirmé à ce scrutin une tendance qui existe depuis des années (ainsi, Saint Gilles où le candidat du FN, le très «people» avocat Gilbert Collard, est en tête, a été la première ville à avoir un maire FN en 1989).
Le FN récolte les voix des gens qui ne voient plus d’autre choix, partout où la politique du PS depuis 20 ans a été celle de renoncements et de trahisons, de justifications des plans de licenciements. A côté d’une couche d’électeur certainement attirée par des idées racistes ou réactionnaire, il y a une grande majorité qui se sent à juste titre délaissée, oubliée voire trahie par les renoncements successifs de la « gauche ». Et au bout de 20 ou 30 ans d’un tel abandon, d’un tel chômage de masse, le score du FN est logique. D’autant que le FN n’a pas hésité à parier sur le long terme après son creux d’après 2002. A cette époque, d’une part les luttes sociales se multipliaient, d’autre part le score de Le Pen qualifié au second tour de la présidentielle montrait avant tout l’incapacité du FN à aller plus loin. Sarkozy reprenant certaines thématiques du FN a pu capter une partie de l’électorat, chose que l’UMP a moins pu faire cette foisci.
Et quand on compare le nombre de voix fait par le FN à cette élection et celui de 1995 où le FN avait remporté plusieurs villes, la « progression du FN » n’est pas si importante. D’une part, le FN avait eu énormément de mal à présenter des listes aux municipales de 2008 dans de nombreuses villes, d’autre part, en 2001 ou 2008, des listes à gauche du PS recueillaient les suffrages du mécontentement social. Ainsi, en Seine-Maritime à Elbeuf ou au PetitQuevilly, le FN dépasse largement les 30% mais c’est parce qu’il est le seul en face du PS et de ses alliés, dans ces deux villes où aux scrutins précédent, il y avait des listes à gauche du PS qui avaient d’ailleurs obtenu des élus. Le FN n’a d’ailleurs pas vraiment de militants sur ces villes mais sa persistance à se présenter aux élections et le virage prétendument « social » du discours de Marine Le Pen leur a permis d’engranger un certain succès.
Néanmoins, comme le montre le cas de Marseille ou celui d’Avignon, le FN réussi à capter à la fois un mécontentement social, qu’une force d’opposition de gauche pourrait relayer, et un vote réactionnaire plus « classique ». Béziers, Perpignan, ou Agen symbolisent plus des villes où les classes moyennes traditionnelles (petits patrons, artisan etc.) ne votent plus pour la droite classique mais pour le FN qui représente à leurs yeux la nouvelle droite.
Comme nous l’écrivions dans l’Égalité, le FN reste un danger mortel pour les travailleurs. Mais son apparition et sa persistance n’est que le produit des trahisons de la « gauche » de gouvernement dont il n’y a plus rien à attendre aujourd’hui et du fait que les forces à la gauche du PS refusent de s’engager sérieusement dans la construction d’une opposition de gauche au gouvernement et au patronat. Les rares fois où il a pris une mairie, cela a été pour mener une politique antisociale (fermeture de centre sociaux, suppressions des aides aux associations sociales). Mais ayant subi de telles politiques par l’ensemble des gouvernements depuis 30 ans, une partie des électeurs laisse exprimer sa colère en votant pour le FN tandis qu’une majorité s’abstient.
L’abstention a principalement touché les travailleurs, les chômeurs et les jeunes et semble t-il l’électorat traditionnel de gauche. Le malaise est clairement visible parmi les couches populaires. Le désaveu est grandissant. D’une manière générale, plus de moitié des habitants en droit de voter se sont abstenus ou font partie des non-inscrits soit environ 5 millions de personnes !

Où en est l’opposition de gauche au gouvernement ?

De fait, malgré la focalisation des médias sur le phénomène FN, les listes à gauche du PS ne font pas un si mauvais score. Les bons résultats du Front de Gauche malgré les dissensions en sont une bonne expression. D’après le parti de Gauche, les listes du FdG en indépendance par rapport au PS (donc parfois avec le NPA et parfois avec… EELV) font une moyenne de 11 % environ. Dans certaines banlieues ouvrières, les liste du type FdG/NPA (avec ou sans le PCF selon les cas) font effectivement des scores assez corrects, parfois à plus de 12%. C’est le cas dans la banlieue de Rouen, en Charente, dans la banlieue de Bordeaux, de Nantes, à Avignon, Chambéry, en Bretagne…
Mais il y a aussi de nombreux endroits où le score est resté habituel pour une force de la « gauche de la gauche », entre 1 et 3 %. Idem pour les cas où LO (ou le NPA) se présentaient de manière classique. Ils n’ont rassemblé que leur noyau dur électoral, loin des scores qu’ils ont pu connaître en 2008 (pour le NPA) ou en 2001 pour LO. Le refus d’aller au delà des succès électoraux a certainement pesé, de même que l’incapacité du NPA (en fait de la LCR qui a lancé le NPA) à se construire de manière large et ouverte explique la désaffection des électeurs tout autant que la difficulté de la période économique et sociale actuelle qui voit de nombreuses luttes avoir du mal à triompher.
De fait, plus le FdG a été en alternative au gouvernement plus les scores sont bons dans la plupart des cas. C’est en anticipation de cela que nous écrivions dans l’Égalité : «Notre choix de vote plus précis reposera sur le type de programme défendu par les listes, leur dynamique et leur volonté de défendre les travailleurs et la population et leur impact. Même si nous ne pensons pas que les élections peuvent à elle seules changer fondamentalement la donne politique, nous sommes en faveur de listes qui pourraient être un appui, en partie par leur audience, dans le débat sur la nécessité d’une opposition de gauche au gouvernement et au PS et EELV. »
Pourtant, la déroute du PS n’a pas profité à la gauche de la gauche. Comme nous le défendions il aurait fallu des listes front de gauche et plus largement de gauche non gouvernementale sans ambiguïté vis-à-vis du PS partout en France.
Il était indispensable dans ces élections de tenter de construire une alternative crédible, visible et audible au PS et à EELV. Nous partageons le point de vue de JL Mélenchon quand il dit qu’il aurait été préférable que le Front de Gauche et toutes ses composantes aient une ligne claire d’opposition au PS et présente des listes unitaires partout. Il est clair que de telles listes auraient permis que s’exprime au moins partiellement un début d’opposition de gauche au gouvernement Hollande-Ayrault.
Mélenchon en disant cela vise le PCF qui a adopté des positions très diverses, soit pour cause de réalités politiques locales, soit pour garantir ses positions d’élus comme à Grenoble ou à Paris. Mais ce que ne dit pas Mélenchon, c’est que dans les combinaisons qu’il propose, il intègre les listes avec EELV, ce qui a été le cas dans 90 villes. Or EELV n’est pas un partenaire inconscient du gouvernement. Ou alors demain on devrait croire Montebourg s’il dit qu’il a fait ce qu’il a pu pour empêcher les fermetures d’usine et autres fables pour enfants.
Difficile de savoir si la liste de Grenoble a un pied dans l’opposition ou un pied dans la gauche gouvernementale. Même si ce sont parfois des cas locaux, cela montre le chemin qui reste à faire pour clarifier réellement, en tentant néanmoins de la construire, ce que veut dire « construire une opposition de gauche ». Car tout ceci ne rend pas la politique du Parti de Mélenchon, le PG, claire, et renvoie cette idée d’opposition à une série de combinaison électorales.
Le FdG, et d’autres forces, ont certainement déjà en tête les futures élections européennes. Celles-ci permettront certainement une ligne plus claire nationalement puisqu’il n’y aura pas d’enjeux quant à la participation à des exécutifs. Pour autant, c’est dans 3 mois. D’ici là, le Pacte de responsabilité d’Hollande va commencer à être dévoilé, avec de nombreuses nouvelles attaques contre les services publics, les salaires, la protection sociale et avec de nombreux nouveaux cadeaux aux riches et aux patrons. Sans le dire, Hollande fait la même politique que Sarkozy, qui consiste à faire payer aux travailleurs la crise du capitalisme. En 2013, les profits des entreprises du CAC 40 se sont montés à 48 milliards d’euros, et le pacte de responsabilité de Hollande vise à générer 50 milliards d’euros d’économie en prenant dans la poche des travailleurs et de leurs familles… Il va donc continuer sa politique. Certains ont peut être cru qu’en votant FN il faisait une protestation suffisamment tapageuse contre la politique du PS et la dureté de la situation économique et sociale. Il n’en est évidemment rien, le FN ne défend absolument pas la fin de l’exploitation capitaliste, ni le maintien des services publics, et ses propositions protectionnistes ou les mesures discriminatoires qu’il propose contre certains travailleurs étrangers ne fait que masquer la vraie responsabilité des capitalistes et de leur système économique injuste. Rempli d’aventuriers à la recherche d’une carrière de politicien, quand ils n’en ont pas déjà une de bouffon, le FN n’est pas un parti « anti-système » mais un parti qui entend profiter de la crise pour se faire élire.
D’autres se sont abstenus, certains parmi eux vont néanmoins aller voter PS au second tour pour empêcher la droite d’être trop triomphale. On peut le comprendre. Mais quand bien même il y aurait un remaniement ministériel après cela, la politique a déjà été décidée entre Hollande et le président du Medef – Pierre Gattaz. D’ailleurs, Hollande s’est empressé de dire qu’il avait entendu le message mais que cela ne remettait pas en cause le Pacte de responsabilité ! De qui se moque-t-on ?! Ce seront de nouvelles attaques contre les travailleurs et la population.
Les bons scores de certaines listes à gauche du PS montrent qu’il y a une vraie possibilité et la situation montre qu’il y a une urgente nécessité à la construction d’une opposition de gauche à Hollande et à tous ces partis pro capitalistes. Une telle opposition large et démocratique, rassemblant tous les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les retraités, homme ou femme, français ou étranger, qui veulent lutter contre les politiques au service des banquiers, des grands patrons et des groupes d’actionnaires, peut se discuter et avancer dès maintenant.
Le 12 avril une vaste manifestation appelant à une «révolte de gauche» est organisée à l’initiative de Mélenchon, Besancenot et de la plupart des forces à gauche du PS. Nous pouvons faire de celle-ci un premier pas pour la construction d’une véritable lutte contre la politique de Hollande et contre le capitalisme, tous ensembles, il est temps d’exprimer notre révolte !
N’hésitez pas à nous contacter pour construire cette mobilisation avec nous !

Le FN, un danger pour les jeunes et les travailleurs

Depuis quelques années maintenant, le FN veut se présenter comme «changé», il ne serait plus un parti d’extrême-droite raciste et réactionnaire mais un parti de droite «populaire», voire même aux côtés des «travailleurs ». L’image de sa présidente Marine Le Pen est sans cesse brossée dans les médias comme en rupture avec son père, n’hésitant pas
à exclure tel ou tel membre pour un propos qui passerait mal. Qu’en est-il réellement ? Et pourquoi le FN rencontre-t-il un certain succès électoral ?

Les raisons d’un succès
Le FN est apparu au début des années 80, au moment où le gouvernement PS-PCF mettait en place des politiques d’austérité que demandaient les capitalistes. Le PS ayant largement continué dans cette voie, le FN a conservé l’espace ainsi laissé dans les milieux populaires à grand coup de mensonges : la famille Le Pen ultra riche à millions qui partagerait les préoccupations des plus modestes. C’est en fait une posture politicienne, un moyen de se faire élire.

Le Fn défendrait les travailleurs ? non !

Au prix de quelques changements de revendications, notamment sur les retraites, le FN se veut être le porte voix des travailleurs et de leur famille, il n’en est rien en réalité. Dans son programme, le FN reprend désormais à son compte la revendication de la retraite à 60 ans, et il défend une augmentation du SMIC. Il n’y a pas si longtemps, le FN était pour un report de l’âge de départ à 67 ans et contre le principe même d’un salaire minimum garanti. D’ailleurs, il ne défend pas les revendications des travailleurs. Il réclame une uniformisation des régimes ce qui revient à soutenir l’ensemble des politiques de casse des retraites de ces 20 dernières années qui ont vu la grande majorité des retraités perdre leur
niveau de vie.

Le Fn ne serait plussexiste ?

Marine Le Pen n’arrête pas de déclarer qu’elle ne reviendrait pas sur la loi sur le droità l’avortement. Mais elle est contre le remboursement de l’IVG sauf dans les cas «thérapeutiques », ce qui revient à ce que seules les
femmes de milieux aisés puissent recourir à l’IVG. Au contraire du programme du FN à l’époque de son père, Marine Le Pen ne déclare plus qu’une femme doit être incitée à rester à la maison mais c’est par la force de la situation,une majorité de femmes voulant travailler, il paraît difficile d’aller à contre-courant sans en payer un prix électoral.

Un tournant électoraliste

Ayant atteint une sorte de maximum électoral avec la qualification au 2ème tour de la présidentielle
de 2002 de Le Pen père, les mauvais scores ont suivi. La nouvelle direction qui accompagne Marine Le Pen a opéré un tournant opportuniste, allant même jusqu’à adopter des formules ou des revendications que la gauche avait abandonnées. Ainsi, lors des dernières réformes sur les retraites ou sur l’organisation du travail, Le Pen a-t-elle dénoncé la «collusion entre certains syndicats et le patronat pour s’entendre sur le dos des travailleurs», une formule qui bien évidemment comporte
une certaine dose de vérité. La soudaine hostilité aux «grands groupes capitalistes» du Front
National est due à la crise économique : une majorité de la population voit que ces grands
groupes nous surexploitent et accumulent une masse de profit. Le FN accompagne cette
humeur mais ne cherche nullement à s’attaquer à la cause, le capitalisme et sa loi du profit.

Le Fn reste un parti raciste et anti-ouvrier

Malgré sa posture anti-système, le FN n’entend nullement s’attaquer aux capitalistes. Il reste résolument nationaliste et raciste, c’est à dire qu’il cherche à opposer les travailleurs entre eux, au seul bénéfice du système capitaliste. Si les médias peinent à qualifier la politique prônée par le FN de raciste, c’est que le discours «républicain» a banalisé un certain nombre d’idées racistes, souvent sous couvert de «laïcité». Laquelle est devenue le moyen pour le FN de recycler son racisme anti-maghrébin en racisme anti-musulman, pas très éloigné en cela des Valls et autres Coppé. Et sur certains sujets, le FN ne dit plus que ce sont les «grands groupes capitalistes» qui sont responsables de la misère sociale. Par exemple, il dit : «La crise du logement que subissent actuellement les Français résulte de trois causes principales. La première d’entre elles réside dans l’explosion de l’immigration». Des immeubles vétustes, des sociétés HLM privatisées ces dernières années, la spéculation immobilière qui fait grimper les prix en flèche… cela reste secondaire ! S’il y a une crise du logement, c’est la faute de simples travailleurs, étrangers bien évidemment. Les Le Pen qui vivent dans un château à Saint Cloud, riches à millions, n’ont que faire du mal logement, ce qui les intéresse, c’est d’utiliser la crise du logement pour déverser leur propagande raciste. Sur ce terrain, comme sur beaucoup d’autres, le FN sort la carte raciste dès que ses positions en faveur des patrons et des capitalistes se verraient trop. Le FN a adapté certaines formulations aux
changements de la société et à la crise du système capitaliste. Son programme économique ne marque aucune rupture avec ce système ni avec les politiques des gouvernements successifs qui n’ont agit que pour satisfaire les profits d’une infime minorité.

Lundi 31 mars au Havre Rassemblement pour la relaxe immédiate des 4 CGTistes du Havre !

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4 militants de la CGT sont poursuivis pour leurs actions militantes !
Pour deux d’entre eux, 2 mois de prison avec sursis ont été requis par le procureur pour avoir… collé des affiches sur le local du Parti socialiste lors d’une action contre la « réforme » de casse des retraites en septembre 2013. Pour les deux autres, 6 mois de prison ferme ( !) ont été requis pour avoir détruit le carnet de note d’un inconnu qui prenait des photos et des notes lors d’un piquet de grève des salariés de la SPB. L’inconnu en question s’est avéré être un huissier au service de la direction de l’entreprise…
Après ceux de Continental ou de Roanne, de nouveau des syndicalistes sont poursuivis pour avoir osé lutter. A Amiens également, les syndicalistes de Good Year ont subi une garde à vue le 27 mars suite à une plainte du « syndicat » des cadres qui veut certainement, pour la grande satisfaction de la direction de Good Year, leur faire payer les 7 années de lutte et de résistance contre la fermeture de l’usine d’Amiens Nord… Résister pour empêcher les licenciements, lutter pour augmenter les salaires devient donc un crime, le gouvernement Hollande-Gattaz n’est pas différent du gouvernement sous Sarkozy.
Non aux poursuites judiciaires contre les militants, syndicalistes ou autre, à Amiens, au Havre ou à Roanne !
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Aux municipales, pour un vote de colère en faveur des travailleurs, de la jeunesse et de la majorité de la population !

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Notre vote devra être une sanction mais aussi un moyen de montrer la voie pour lutter. Il faut coller une raclée politique aux partis qui dans le cadre de l’alternance mènent la même politique pour les capitalistes depuis des années,
comme le l’UMP et le PS. Et il faut voter pour des listes qui rejettent clairement l’austérité et les bas salaires, et qui refusent la recherche du compromis avec le gouvernement qui nous envoie dans le mur. Le Front de gauche part désuni dans ces élections: parfois des listes FdG sont présentées avec le Parti communiste mais envisagent dès à présent
au 2ème tour de fusionner leur liste avec le PS en acceptant son programme politique, parfois, le PC se présente dès le premier tour avec le PS. Comment être crédible en s’alliant au parti au pouvoir qui mène les attaques contre le monde du travail tout en disant qu’on s’oppose à cette politique ? Certains cas de figure locaux peuvent parfois faire comprendre une position plus souple : maire estampillé PS mais qui s’oppose à la politique du gouvernement, FN menaçant avec un programme de casse sociale,… Il y avait même des fusions «techniques» de liste pour le second tour (les listes entre 5 et 10% fusionnant avec la liste de la gauche), c’est à dire sans aucun accord de programme avec le PS mais pour contourner la loi antidémocratique qui fait que quand on fait 9% des voix on ne peut pourtant pas se maintenir au second tour et avoir 9% des sièges. Mais le PS refuse cela en général aujourd’hui.

Il aurait fallu que se constituent des listes d’opposition de gauche sur un programme réellement social, défendant notamment l’exigence d’unemploi, d’un logement décent et de services publics en nombre et gratuits pour tous et toutes. De telles listes, tout à la fois contre la politique de Hollande et contre la droite et l’extrême droite pourraient être un moyen d’exprimer notre colère dans ces élections sans déconnecter cela des luttes sociales en cours, et de la nécessité pour défendre les intérêts des travailleurs et de la population, de s’attaquer au capitalistes et à leur course au profit. Mais les partis à gauche du PS restent divisés en particulier sur leurs tactiques électorales et de ce fait restent peu crédible. Il n’est pas rare d’avoir sur une même ville trois listes à gauche du PS et des Verts : NPA, LO et Front de Gauche. Bien souvent c’est ce dernier qui a le plus d’audience, grâce notamment à l’audience de Jean Luc Mélenchon qui régulièrement dénonce la capitulation du PS devant les capitalistes. C’est certainement en faisant que ces listes-là aient le meilleur score possible qu’il sera montré qu’il peut y avoir une véritable opposition de gauche, nécessaire pour combattre la politique de Hollande et de son gouvernement.

La Gauche révolutionnaire est en faveur de listes qui pourraient être un appui pour la nécessité de construire une opposition de gauche à la politique du PS et du MEDEF et pour la construction d’un
rapport de force par nos mobilisations. Cela signifie que nous appelons de manière critique à voter selon les cas pour les listes du Front de gauche, du NPA ou même de Lutte ouvrière, en particulier en fonction de leur clarté de positionnement vis-à-vis du gouvernement et de leur dynamique. C’est le principal enjeu de ce vote : soutenir les listes qui ont le plus d’audience et qui se positionnent clairement contre la politique de Hollande pour que cela soit un point d’appui dans les luttes à venir contre les nouvelles mesures d’austérité du gouvernement et contre les nouvelles attaques du patronat contre les travailleurs.

Afrique du Sud : Le WASP participera aux élections de 2014!

Moses Mayekiso – ancien secrétaire général du syndicat des métallos NUMSA – sera tête de liste du WASP

Le Workers and Socialist Party (WASP) est enregistré pour les prochaines élections de l’Assemblée nationale ainsi que pour les élections législatives dans les provinces du Nord-Ouest, de Limpopo et de Gauteng. La composition de la liste nationale a été rendue publique ce 13 mars lors d’une conférence de presse tenue à Johannesburg.

Le candidat à la présidence et tête de liste nationale du WASP est Moses Mayekiso, militant syndical de premier plan au cours des années ‘70 et ‘80, actif au sein du Metal & Allied Workers Union (Mawu) dont il est devenu secrétaire général. Le Mawu fut, avec d’autres syndicats, à la base de la création de la fédération syndicale Cosatu en 1985. Le Mawu fut également la colonne vertébrale de la création du Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (le Numsa), dont Moses fut le premier secrétaire général. Il fut élu à ce poste alors qu’il était en prison, sur base de son activisme contre l’apartheid et pour le mouvement ouvrier. Une campagne internationale avait alors exigé sa libération et des manifestations pour la « liberté du camarade Moses » ont eu lieu dans de nombreuses villes à travers le monde.

Moses était encore secrétaire général du Numsa quand ce syndicat a adopté une résolution appelant à la création d’un nouveau parti des travailleurs en 1993. Il a maintenant rejoint le WASP et a pris place au sein de sa direction.

Il fut aussi le premier président la South African National Civic Association (SANCO – le «quatrième» membre de l’Alliance tripartite) et a consacré ses efforts ses dernières années à reconstruire ce mouvement sur base de véritables principes socialistes au vu du lamentable échec de la SANCO pour relayer la marée montante des protestations. Moses fut aussi député de l’ANC (African National Congress) de 1994 à 1996, mais a démissionné pour se concentrer sur le travail de terrain visant à construire la SANCO à la suite de la chute de l’apartheid.

Les listes du WASP représentent la classe des travailleurs et les pauvres du pays

Tous les candidats sur les listes du WASP sont des travailleurs, des syndicalistes et des activistes des communautés ou parmi la jeunesse. Ceux qui peuvent le mieux représenter les intérêts de la classe ouvrière sont des membres de la classe ouvrière. Le WASP rejette la ‘professionnalisation’ de la politique et cette idée selon laquelle les gens ordinaires n’auraient ni les compétences ni la capacité d’assumer une position élue.

Les principaux candidats qui ont parlé lors de la conférence de presse de présentation des listes sont : Mametlwe Sebei (figure-clé de la vague de grève qui a suivi le massacre des mineurs en grève de Marikana en août-septembre 2012), Weizmann Hamilton (secrétaire général du Democratic Socialist Movement – DSM section du Comité pour une Internationale Ouvrière en Afrique du Sud et parti-frère de la Gauche Révolutionnaire, l’une des organisations fondatrices du WASP – militant de longue date anti-apartheid et syndical), Liver Mngomezulu (secrétaire général du syndicat du transport National Transport Movement union, NTM), Matron Mhlanga (membre exécutif de l’African Traders Organisation, ATO), Sithembile Nqulo (mineur, Carletonville), Lebogang Mtsweni (militant du syndicat du métal Numsa), Jabulani Madlala (militant du syndicat du métal NUMSAà l’usine Toyota de Durban), Paul Gaaje (travailleurs aux services médicaux d’urgence, Fochville), Nkosinathi Mpopo (mineur, Rustenburg).

Des représentants des travailleurs au salaire d’un travailleur

Le salaire de base d’un député en Afrique de Sud est de 72.000 rands par mois (environ 4.820 euros), ce qui signifie concrètement que les élus sont déconnectés de la vie quotidienne des travailleurs et des pauvres. Ils figurent parmi les mieux payés du pays et se placent de ce fait au sein de l’élite. Le WASP rejette totalement ces positions privilégiées de soi-disant “élus du peuple”.

Chaque élu du WASP ne recevra comme salaire que l’équivalent de celui d’un ouvrier qualifié. Le restant sera reversé pour la construction du WASP ainsi que pour soutenir les luttes des travailleurs et des jeunes. Les salaires et dépenses des élus du WASP seront publiquement disponibles afin que chaque citoyen sud-africain puisse les contrôler. Le WASP fera usage du droit à révoquer ses élus si ceux-ci deviennent corrompus ou ne respectent pas le manifeste du parti. Ce droit de révocation ne sera pas au seul usage de la direction du WASP, mais aussi des membres et affiliés du WASP.