Un gouvernement au service exclusif des intérêts des patrons, des banques et des actionnaires

Soldes
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Avec un taux de satisfaction de 17% selon les dernières estimations de TNS Sofres, Hollande a atteint un des pires taux de l’histoire. Et ce n’est pas un hasard ! Depuis son élection, il mène, avec son gouvernement, la même politique que Sarkozy… celle pour laquelle on l’avait dégagé ! C’est-à-dire une politique au service des grands patrons, des banques et des actionnaires. Cette politique vise à faire payer toujours plus la crise du capitalisme à la classe ouvrière pour maintenir les profits des capitalistes. Qu’on en juge !

Un constat accablant !

Les entreprises licencient déjà par milliers chaque mois et le chômage atteint de nouveaux sommets. La loi scélérate sur la prétendue « sécurisation de l’emploi » du gouvernement Ayrault-Hollande a encore renforcé l’an dernier les possibilités des patrons de virer massivement leurs salariés. D’ailleurs, il y a eu une constante dans l’action de ce gouvernement à propos de l’emploi : l’inaction coupable vis-à-vis des patrons qui, d’Arcelor-Mittal à PSA en passant par Titan avec Goodyear ou les entreprises de l’agro-alimentaire de Bretagne, ont licencié massivement des travailleurs et des travailleuses. Il y a eu aussi la énième réforme de la retraite dans l’exacte ligne des réformes de l’ère Sarkozy et celles antérieures. Et la retraite n’est pas la seule branche de la protection sociale qui est attaquée. C’est tout le système de protection sociale solidaire et par répartition qui a été, est, ou sera attaqué afin de baisser nos salaires en diminuant les cotisations versées directement par les patrons. Ceci permet d’accroître la « compétitivité » des entreprises selon les termes du patronat et du gouvernement. Ainsi la branche « famille » risque de disparaître de la protection sociale si on ne se mobilise pas contre le Pacte de responsabilité. Les mêmes arguments reviennent : les salariés coûtent trop cher et les pauvres sont des assistés. Par contre, les grands patrons s’octroient des salaires mirobolants. En 2013, le salaire moyen annuel des patrons du CAC 40 était environ de 3,5 millions d’euros ! Soit près de 240 années de travail d’un Smicard. Les 10 personnes les plus riches de France avaient une fortune cumulée en 2013 de 135,5 milliards d’euros. Dans le même temps les entreprises perçoivent jusqu’à maintenant environ 175 milliards d’euros par an d’aides publiques de l’Etat et des différentes collectivités territoriales – et pour quel résultat ? Un taux de chômage officiel de près de 11% en augmentation continuelle depuis 3 ans ! Enfin les entreprises du CAC 40 ont fait 48 milliards d’euros de profits l’année dernière. Ce n’est pas la crise pour les gros capitalistes ! Et que fait le gouvernement afin d’améliorer les revenus de la grande majorité de la population ? La loi reprenant l’ANI (accord national interprofessionnel) de 2013 qui institutionnalise le chantage patronal à la baisse des salaires contre le maintien (même pas assuré) de l’emploi pour le secteur privé, gel des salaires pour les agents publics (et peut-être le gel des évolutions de carrière) et hausse de la TVA, qui impacte bien plus les classes populaires et moyennes !

Concernant les dépenses publiques, la dette publique a été créée par 40 ans de politiques libérales. Le gouvernement prévoit encore 50 milliards de coupes supplémentaires afin de financer les cadeaux pour les patrons. Ceci entraînera encore la suppression de services publics (écoles, hôpitaux et autre), et empêchera toujours plus les services restants d’être de qualité et vraiment pour tous. Alors, qui coûte réellement trop cher ? Qui sont réellement les assistés ? En réalité avec la «compétitivité » des entreprises, c’est le profit pour les actionnaires qui est recherché et uniquement cela. Des embauches il n’y en a pas… pas plus que des investissements productifs. Les capitalistes préfèrent, dans leur logique du gain maximum immédiat, les taux de profits de la spéculation boursière plutôt que ceux, trop faibles à leurs yeux, de l’économie productive ! On le voit, comme lors de son voyage aux Etats-Unis où Hollande a mis en place une véritable opération de séduction des entreprises et de défense de leurs intérêts. A un point tel que l’UMP n’a rien de pire à proposer que le Pacte de responsabilité et que le patronat unanime félicite le gouvernement pour son action. De l’autre côté, la répression contre les travailleurs et les syndicalistes qui luttent continue comme avec Sarkozy… Les pétales de roses pour les patrons et les épines pour les travailleurs ! L’élection d’Hollande n’avait pas suscité ni adhésion ni un espoir démesuré. Cependant, en virant Sarkozy, on pouvait s’attendre à ce que cela soit un peu moins dur pour la vie quotidienne. Mais en se réclamant de « gauche » tout en faisant une politique anti-ouvrière et antipopulaire, le gouvernement et le PS veulent faire croire qu’aucune politique n’est possible en faveur des travailleurs et de la majorité de la population. C’est faux : le gouvernement Hollande-Ayrault fait cette politique parce qu’il a accepté d’engager le combat contre les travailleurs, les privés d’emplois et la majorité de la population ! Montebourg restaure davantage les profits des gros capitalistes que les emplois. Les différences entre le gouvernement PS et l’UMP au niveau économique et social sont très minimes aujourd’hui. Il n’y a rien à attendre de ce gouvernement et de tous les partis politiques qui justifient les licenciements, les coupes budgétaires par la crise économique alors même que les profits sont énormes.

La coupe est pleine !
Faisons éclater notre révolte !

Nous refusons d’être encore davantage exploités ! Hollande fait une politique d’austérité sévère qui ne dit pas son nom et avec le pacte de responsabilité et les 50 milliards de coupes supplémentaires il n’en est qu’au début. Tout cela se fait sur le dos de ceux et celles qui travaillent, souvent pour des salaires dérisoires et qui produisent toutes les richesses de ce pays sans en voir la couleur, sur le dos aussi des dizaines de milliers de licencié-es et de tous ceux et celles, français et étrangers que cette société, injuste et pourrie, exploite et exclut. Qui peut croire que Hollande va pouvoir continuer ainsi jusqu’en 2017 ? Hollande et Ayrault savent que la colère gronde et qu’ils sont en position instable.
Ainsi , la mobilisation des travailleurs bretons, cet automne, contre les plans de licenciement la pris une forme de quasi révolte régionale. Si des patrons locaux y ont mis leur nez c’est parce qu’ils sentent bien le potentiel explosif de la période et qu’ils le craignent. Si ils ont pu le faire, c’est parce que les organisations syndicales et les partis politiques à gauche du PS et des Verts n’ont pas été assez offensifs, quelles qu’en soient les raisons. Qu’aurait pu donner une lutte déterminée, unitaire des travailleurs contre les licenciements en Bretagne si ce n’est l’envie aux autres travailleurs partout en France, menacés ou déjà privés d’emplois, de lutter de la même manière et ensemble ? Un récent sondage montre cette colère parmi les 18-34 ans. A la question «Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois ?», ils sont 61 % à dire oui. Tous quasiment égaux dans la colère, femmes et hommes «tirés d’affaire» et jeunes en galère… 66 % des intérimaires, 63 % des chômeurs, 60 % des étudiants. Et même 54 % des employés en CDI ! Il est temps que s’expriment la colère et la révolte et qu’on ne la laisse pas détourner de ses objectifs : refuser les injustices que produit cette société qui n’offre pas une vie décente à la majorité ni un véritable avenir à la jeunesse, stopper les plans de licenciements, mettre un coup d’arrêt aux attaques contre les services publics, contre les bas salaires et la destruction de la protection sociale !

 

Le Havre : première victoire pour les syndicalistes CGT poursuivis en justice !

bis-5-630x0C’est avec une mobilisation forte de plus de 3000 manifestants devant palais de Justice du Havre qu’a été annoncée la victoire pour les 4 militants de la CGT poursuivis en justice pour leur action militante lors de deux luttes récentes. Malgré l’acharnement grandiloquent du Procureur, qui demandait de la prison ferme et est même venu en personne, n’ayant certainement aucune autre affaire de justice importante à gérer autre que celle de donner satisfaction au patronat havrais ; le juge a finalement prononcé la relaxe (la non condamnation) dans la principale affaire.

Malgré un gouvernement « de gauche » ou la très grande défenseuse des droits,  la (toujours !) ministre de la justice C. Taubira ; poursuivre les syndicalistes avec les moyens de condamnations de « droit commun », comme s’il s’agissait de vulgaires faits criminels, est très en vogue. Il y a les syndicalistes de Roanne, ceux de Continental, ceux de Goodyear… à chaque fois, la justice est là pour aider le patronat ou le gouvernement à essayer de briser les luttes. Mais à chaque fois c’est par milliers que les travailleurs et les syndicalistes se mobilisent, conscients que ce ne sont pas les actes en eux-mêmes que la justice cherche à condamner mais bien la résistance aux attaques patronale ou gouvernementale.

Par contre lorsqu’il s’agit de patrons qui font des malversations, qui brisent des gens en les jetant à la rue, qui maquillent des comptes pour justifier des fermetures, voire qui exercent une telle pression sur les salariés qu’ils les poussent au suicide, la Justice est bien évidemment beaucoup plus clémente ! C’est une justice à deux vitesses, favorable aux riches et aux capitalistes.

De la prison pour un petit carnet ?!

C’est sûr que les faits reprochés à ceux du Havre étaient vraiment terribles ! Dans le premier cas, il leur est reproché d’avoir collé des affiches contre la casse des retraites sur le local du PS lors des mobilisations de septembre dernier. Les syndicalistes ont également déboulonné la plaque de la permanence judiciaire de la députée PS Troallic, qui soutenait cette attaque.

Dans le 2ème cas, lors de la grève des salariées de la SPB (une société en courtage maritime du Havre), un inconnu prenait des notes dans un calepin, des photos et provoquait les travailleurs en lutte. Le carnet a fini fort logiquement dans le feu du piquet de grève. Là le Procureur a requis six mois fermes pour violence en réunion ! Un tel zèle à servir la bourgeoisie havraise laisse incrédule. Mais il y a toujours eu au Havre un acharnement contre les travailleurs et leurs syndicats trop combatifs. L’exploitation sur un port est toujours rude, et la bourgeoisie et le patronat d’un port industriel comme Le Havre a construit sa fortune sur cette impitoyable exploitation des dockers et des travailleurs portuaires.

Les équipes syndicales étaient venues d’un peu partout : des 5 départements normands, de la région parisienne, des entreprises du privé comme des services publics, principalement CGT mais également SUD-Solidaire et quelques-uns de la FSU et de FO. Il fallait montrer que face à ces intimidations, c’est notre solidarité dans la lutte qui compte et qui nous fera gagner ! D’ailleurs, de nombreuses travailleuses de la SPB étaient présentes pour apporter elles aussi leur soutien à ces responsables de l’Union Locale CGT du Havre, poursuivis pour avoir montré à un huissier qu’il ne déroge pas à la loi et doit se présenter pour exercer son sale métier d’indic et de laquais du patronat.

Une première victoire

Le Procureur était donc venu plaider lui-même. Néanmoins, le juge a prononcé la relaxe. Pour l’autre affaire, celle de la plaque, le juge a prononcé une dispense de peine pour « recel et vol de plaque » et infligé une amende symbolique de 100 euros. Certes, une plaque de député PS peut devenir un objet rare aux prochaines élections mais le trafic risque de ne pas être très lucratif… ! Qualifier cela en vol et recel consiste en fait vouloir transformer un geste politique en acte criminel ; ce geste politique qui était de ne pas considérer que la députée du Havre, Troallic, élue dans une circonscription ouvrière, ait une quelconque légitimité de voter la casse des retraites. Appel va donc être fait de ce jugement.

Hollande avait promis une loi d’amnistie pour les syndicalistes et militants menant des actions collectives lors de son élection en 2012. Cela ne lui coûtait pas grand chose car il y a peu de cas. Mais comme l’UMP et le patronat (et le FN) étaient vent debout, criant au scandale et à l’autorisation des pires « crimes » que pourraient commettre les travailleurs en lutte, Hollande a tout de suite retiré cette proposition de loi, en bon serviteur des capitalistes.

Mais cette victoire judiciaire au Havre, renforcée par la solidarité qu’elle a montré au Havre et dans de nombreuses villes et entreprises, a permis de réaffirmer qu’on n’a pas à baisser la tête ou à accepter leurs règles, qui ont pour objectif de nous empêcher de lutter, et qu’ensemble et unis dans la lutte, c’est eux qui devront reculer.

Alex Rouillard

Mettons un coup d’arrêt à la politique de Hollande ! 18 mars et le 12 avril 2014… Grève et manifestations

CGT-Manifestation-680x365Dans les semaines à venir, il est possible de créer un rapport de force, une mobilisation générale de tous et toutes pour stopper la politique de François Hollande, de son gouvernement et du MEDEF. Et il faut s’y préparer.

Le 18 mars, tous en grève ! tous dans la rue !

Les raisons d’être en colère ne manquent pas. Pour arrêter de subir les plans de licenciements, les fermetures de site, les coupes budgétaires, il faut s’unir autour de ces axes de lutte pour les travailleurs, pour la majorité de la population.
Jusqu’alors, il a manqué une riposte à la hauteur de l’ampleur des attaques. Le 18 mars 2014, une journée de grève interprofessionnelle et unitaire est appelée par les syndicats CGT, FO, SUD, FSU… Cette première journée de grève
tous ensemble doit permettre de se donner confiance et doit être une démonstration forte de la colère des travailleurs et des travailleuses ! Marre de laisser passer toutes ces attaques sur nos salaires, nos conditions de vie et de travail. Un maximum de gens doit faire grève, et les précaires, les chômeurs, les retraités, les lycéens et les étudiants doivent se joindre à cette mobilisation ! Et cela peut être l’occasion de discuter ensemble pour que cette journée ne soit pas sans suite. Pour mettre un vrai coup d’arrêt à cette politique, il faut un mouvement de grève massif et déterminé. La prochaine grève doit valoir le coup en stoppant totalement l’économie par des grèves et des blocages de masse, notamment sur les zones industrielles et de transport routier et ainsi s’en prendre aux profits des gros capitalistes. Les grévistes doivent savoir comment être utiles et efficaces ! D’ailleurs, au lieu de discuter des propositions du Medef ou des nouvelles coupes du gouvernement, c’est ce type de mouvement que devraient enclencher les syndicats partout en France.

Pour une manifestation de révolte le 12 avril !

Il faut affaiblir le camp des capitalistes durablement. Pour cela, le combat ne peut pas rester sur le terrain social, découpé du politique. Le pendant de nos luttes c’est de construire, avec la colère et l’envie de découdre de chacun, une véritable opposition de gauche à ce gouvernement. Le samedi 12 avril prochain, les forces politiques telles
que le Parti de gauche, le PCF, le NPA… qui refusent l’austérité d’Hollande appellent à une grande manif de révolte de gauche. Cette journée doit être massive, combative. Et elle doit servir de premier pas pour une opposition de gauche capable de traduire la révolte et la colère actuelles et de regrouper tous ceux et toutes celles qui refusent les licenciements, les privatisations, la dictature des marchés capitalistes, des grands patrons et des groupes
d’actionnaires. La Gauche révolutionnaire appelle tous ceux qui veulent résister et lutter à nous rejoindre pour organiser ces journées de lutte et en faire des journées de révolte ! Préparons une grande mobilisation contre la politique d’Hollande et du MEDEF ! Dans les semaines qui viennent, la pression doit monter ! Le 18 mars contre l’austérité, le pacte de responsabilité, pour des hausses de salaires et contre les licenciements et la casse de la protection sociale, et dans la suite le 12 avril tous à Paris pour montrer qu’une opposition de gauche est possible et nécessaire !

Assez de cette société !

Ce système n’a rien à nous apporter d’autre que le chômage, la misère, la surexploitation, le racisme, l’antisémitisme
et le sexisme. Une vraie opposition à Hollande et au Medef doit être combative et déterminée à organiser la lutte. Elle doit se doter d’un programme capable d’emmener une majorité de la population à résister et à lutter. Pour lutter efficacement contre les conséquences dramatiques du capitalisme, il faut en finir avec ce système. Nous nous battons pour une société socialiste, une société démocratique où l’économie pourra être planifiée en fonction des besoins
sociaux, démocratiques, culturels et d’une gestion intelligente des ressources naturelles par la propriété publique et collective des moyens de production, d’échange et de transport ainsi que les ressources naturelles. Une organisation démocratique de l’économie et de la société dans les lieux de travail et de vie, dans laquelle tous et toutes décideront en fonction des besoins et non plus pour les profits ! C’est le sens du travail militant de la Gauche révolutionnaire ! N’hésitez pas à discuter avec nous, à militer ! Rejoignez nous !

Licenciements à la Redoute: colère de salariés face à la signature du plan par la CFDT

1163847746_B972117352Z.1_20140227140016_000_G8H21CLC3.2-0.jpgMi- décembre 2013, le groupe Kering, du multimillionnaire Pinault a vendu La Redoute à deux membres de la direction. Aussitôt ceux- ci ont annoncé un plan de licenciements sur 4 ans de 1178 salariés sur 3500, encore un après,celui de 2008(672 salariés).Le prétexte bien entendu était de rendre plus compétitif le magasin de vente par correspondance. La direction voulait boucler ça très rapidement. Tout devait être réglé le 17 mars .C’était sans compter sur la mobilisation des salariés notamment ceux du site logistique de La Martinoire à Wattrelos Ce jour-là, le site était occupé avec piquets de grève. Des salariés du siège de Roubaix étaient présents aussi. La direction a dû reculer:20000 euros au lieu de 15000 d’indemnités extralégales pour tous, plus7500 à 12000 euros par années d’ancienneté, préretraites payées à 80% des salaires pour les plus de55 ans… La direction a reculé mais a quand même imposé en ultimatum au syndicat majoritaire CFDT (35%): «vous signez le 21 mars avant 14h».la CFE-CGC avait dit qu’elle signait. Sinon ce sera le dépôt de bilan au tribunal de commerce.
Les salariés ont continué à se mobiliser: ceux de Wattrelos allant sur le site de Roubaix pour leur dire de continuer la lutte ensemble. Ce n’était pas facile car les pressions de la direction étaient fortes et certains étaient prêts à partir avec les 20000 euros et non les 40000 revendiqués et avaient très peur d’un dépôt de bilan.
C’est alors que des syndicalistes de la fédération CFDT qui n’étaient jamais venus se sont pointés et ont fait aussi pression s dans les assemblées générales pour la signature. A Wattrelos, les salariés ont voté majoritairement contre le plan et la CFDT n’a pas signé vendredi .Mais le week-end, les pressions des politiques, des dirigeants nationaux et locaux de la CFDT ont été nombreuses. Il y a eu une assemblée le lundi 24 mars (350 salariés).la fédération ne s’est pas pointée et c’est par les médias que les salariés ont appris la signature par la CFDT.
Les travailleurs du site de la Martinoire ont finalement cessé la grève le mardi 25 mars, très amers. Lundi 31 mars 18 élus syndicaux CFDT sur 24 de Wattrelos ont brûlé leur carte et veulent «rejoindre un autre syndicat pour continuer la lutte». Celle-ci en effet est loin d’être terminée.

Élections municipales : un scrutin sanction pour le PS et ses alliés

La baffe a été sévère pour le PS. La politique du gouvernement a été largement sanctionnée que ce soit par une abstention record ou par un vote de défiance. L’UMP en retire un certain score et le FN, qui effectue un retour à ses meilleurs scores des années 90, plus encore. Mais ils s’en sortent surtout par rejet du PS et de ses alliés et non sur la valeur de leur programme, leur politique n’étant absolument pas différente sur le fond de celle du PS et Europe Ecologie – Les Verts (EELV). Ils récupèrent ainsi le fait d’être présenté comme «l’opposition» par absence d’une véritable opposition de gauche. Là où une liste organisait un début de rassemblement d’opposition de gauche au gouvernement et d’alternative à la politique du PS, qu’elle avait une audience, les scores ont été bons. C’est le cas de nombreuses listes du Front de Gauche en commun parfois avec le NPA. situé à un moment particulier, entre les affaires politico-judiciaires et les nombreux mauvais coups aux travailleurs et à la population donnés par le gouvernement Hollande-Ayrault, ce scrutin confirme d’une certaine manière le rejet important des politiciens et la forte nécessité d’une véritable alternative à la gauche du PS et d’EELV.

Énorme recul de la gauche gouvernementale

La « gauche de gouvernement » a fortement reculé entre les premiers tours des élections municipales de 2008 et 2014. Elle perd quasiment dix points, passant de 44,63% à 36,41%. Et même là ou par le passé (en 2001 notamment) elle arrivait à compenser un mauvais score national par des réussites symboliques, notamment dans les grandes villes, c’est complètement raté. Les résultats sont bien moins bons que prévus pour Hidalgo à Paris par exemple, à Marseille c’est un échec complet. Le PS perd 20% à Nantes (ville du 1er ministre), à Rouen (ville de la ministre des Sports) sans que le fait qu’EELV fasse une liste à part au 1er tour (pour fusionner au second) ne compense ce recul. En Guadeloupe, la liste du ministre de l’Outre Mer, V. Lurel connaît une vraie déroute, n’étant même pas qualifiée pour le second tour sur la commune de Vieux Habitants. A Lille, Martine Aubry perd 12% par rapport à 2008. Au delà des personnalités du PS identifiables avec le gouvernement, il y a des éléments locaux qui peuvent entrer en jeu, accentuant souvent le recul comme c’est le cas à Grenoble, Nancy ou Avignon, etc. Dans les villes moyennes et les banlieues ouvrières, le tassement du PS est tout aussi important.
A Marseille, où le PS challengeait le maire actuel (Jean-Claude Gaudin), le PS il n’est que 3ème et ce ne sont pas seulement les querelles et les nombreuses affaires locales qui expliquent cela. Deux ans de politique d’austérité, de cadeaux aux plus riches, de refus de soutenir les travailleurs (le PS subit un net recul à Hayange, Florange, ou Forbach en Lorraine, où le candidat Hollande avait promis qu’il n’y aurait pas de fermeture du site d’Arcelor Mittal avant de décider de ne pas empêcher celle-ci), d’augmentation des impôts et des taxes pour les travailleurs et les classes moyennes, et le résultat est là. Si la gauche gouvernementale a massivement reculé entre les élections de 2008 et 2014, c’est à cause de la politique du PS et de ses alliés. Seule quelques villes (Grenoble où EELV prend une posture d’opposition et bénéficie du soutien du Front de gauche) font exception. Ainsi, quand on compte à part du « total gauche » les listes « d’union de la gauche » (PS, EELV et parfois PCF) et celles présentées par le PS seul ont chuté de plus de dix points, passant de 36,25% à 25,69%.

La droite, un regain par défaut

A droite, l’UMP arrive en tête en termes de chiffres sur le total. Bien que ne présentant pas une politique différente de celle du PS (ou le PS continuant la politique de l’UMP de Sarkozy, ça marche dans les deux sens) ce scrutin la favorise du fait qu’il se situe deux ans après l’élection de Hollande et alors que la droite ne dirige réellement aucune assemblée de manière significative : Assemblée nationale, Sénat et Régions sont aux mains du PS de même que les très grandes villes. Là où elle dirige la ville (Bordeaux, Marseille, etc.) c’est bien souvent en mettant de côté son étiquette UMP et en jouant la carte du « maire de terroir ». Ainsi, des villes qui votent majoritairement à gauche comme Bordeaux réélisent une fois de plus Juppé dès le premier tour. Mais ce succès ne va pas plus loin. La droite a ciblé les villes moyennes et son électorat classique s’est mobilisé. Mais il n’y a eu aucun enthousiasme pour l’UMP et sa politique. L’UMP ne profite pas vraiment de ce vote sanction. Les affaires et le dégoût des politiciens véreux (les procédures judiciaires se multiplient pour Sarkozy et elles sont toujours en cours pour Copé) pèsent, ainsi de la même manière que le ras-le-bol des mêmes politiques anti-ouvrières menées par Sarkozy et aujourd’hui Hollande. Bien souvent cependant, la droite n’évite pas un 2ème tour, même à Nice. Mais elle l’emporte dès le 1er tour dans une ville très ouvrière et longtemps bastion communiste comme Le Havre…
Il n’est pas impossible que l’électorat du PS qui ne s’est pas déplacé au premier tour pour montrer sa mauvaise humeur, se mobilise un peu plus pour le second ne serait-ce que pour conserver certaines villes « à gauche » ou pour contrer le score du FN.

FN : Regardons-y de plus près !

Le FN arrive en tête dans 17 villes de plus de 10 000 habitants (sur 947 qui ont cette taille), et fait plus de 25% des voix dans 50 villes de plus de 1000 habitants (sur plus de 6000). Ses gros scores sont dans la basse vallée de la Seine, lourdement frappée les fermetures d’usine et le chômage de masse persistant : Le Havre, Elbeuf et PetitQuevilly en banlieue de Rouen, Hayange, Forbach en Lorraine… Il a également des scores assez importants dans les zones parfois semi rurales touchées de plein fouet par la crise et le déclin industriel (région de Saint-Etienne, Picardie, Alsace) où souvent la poignée d’entreprises qui existait avant soit a disparu soit n’emploie plus grand monde. Enfin, il confirme son implantation électorale dans le Sud (Gard, Var, Bouches du Rhône) et dans le Nord pas de Calais. C’est à dire dans des villes qui ont été des villes ouvrières socialistes ou communistes comme Hénin-Beaumont dans le Pas de Calais ou Brignoles dans le Var, Istres dans les Bouches du Rhône. A côté de cela, des villes qui ont depuis longtemps un électorat très à droite comme Fréjus ou Saint Gilles ont confirmé à ce scrutin une tendance qui existe depuis des années (ainsi, Saint Gilles où le candidat du FN, le très «people» avocat Gilbert Collard, est en tête, a été la première ville à avoir un maire FN en 1989).
Le FN récolte les voix des gens qui ne voient plus d’autre choix, partout où la politique du PS depuis 20 ans a été celle de renoncements et de trahisons, de justifications des plans de licenciements. A côté d’une couche d’électeur certainement attirée par des idées racistes ou réactionnaire, il y a une grande majorité qui se sent à juste titre délaissée, oubliée voire trahie par les renoncements successifs de la « gauche ». Et au bout de 20 ou 30 ans d’un tel abandon, d’un tel chômage de masse, le score du FN est logique. D’autant que le FN n’a pas hésité à parier sur le long terme après son creux d’après 2002. A cette époque, d’une part les luttes sociales se multipliaient, d’autre part le score de Le Pen qualifié au second tour de la présidentielle montrait avant tout l’incapacité du FN à aller plus loin. Sarkozy reprenant certaines thématiques du FN a pu capter une partie de l’électorat, chose que l’UMP a moins pu faire cette foisci.
Et quand on compare le nombre de voix fait par le FN à cette élection et celui de 1995 où le FN avait remporté plusieurs villes, la « progression du FN » n’est pas si importante. D’une part, le FN avait eu énormément de mal à présenter des listes aux municipales de 2008 dans de nombreuses villes, d’autre part, en 2001 ou 2008, des listes à gauche du PS recueillaient les suffrages du mécontentement social. Ainsi, en Seine-Maritime à Elbeuf ou au PetitQuevilly, le FN dépasse largement les 30% mais c’est parce qu’il est le seul en face du PS et de ses alliés, dans ces deux villes où aux scrutins précédent, il y avait des listes à gauche du PS qui avaient d’ailleurs obtenu des élus. Le FN n’a d’ailleurs pas vraiment de militants sur ces villes mais sa persistance à se présenter aux élections et le virage prétendument « social » du discours de Marine Le Pen leur a permis d’engranger un certain succès.
Néanmoins, comme le montre le cas de Marseille ou celui d’Avignon, le FN réussi à capter à la fois un mécontentement social, qu’une force d’opposition de gauche pourrait relayer, et un vote réactionnaire plus « classique ». Béziers, Perpignan, ou Agen symbolisent plus des villes où les classes moyennes traditionnelles (petits patrons, artisan etc.) ne votent plus pour la droite classique mais pour le FN qui représente à leurs yeux la nouvelle droite.
Comme nous l’écrivions dans l’Égalité, le FN reste un danger mortel pour les travailleurs. Mais son apparition et sa persistance n’est que le produit des trahisons de la « gauche » de gouvernement dont il n’y a plus rien à attendre aujourd’hui et du fait que les forces à la gauche du PS refusent de s’engager sérieusement dans la construction d’une opposition de gauche au gouvernement et au patronat. Les rares fois où il a pris une mairie, cela a été pour mener une politique antisociale (fermeture de centre sociaux, suppressions des aides aux associations sociales). Mais ayant subi de telles politiques par l’ensemble des gouvernements depuis 30 ans, une partie des électeurs laisse exprimer sa colère en votant pour le FN tandis qu’une majorité s’abstient.
L’abstention a principalement touché les travailleurs, les chômeurs et les jeunes et semble t-il l’électorat traditionnel de gauche. Le malaise est clairement visible parmi les couches populaires. Le désaveu est grandissant. D’une manière générale, plus de moitié des habitants en droit de voter se sont abstenus ou font partie des non-inscrits soit environ 5 millions de personnes !

Où en est l’opposition de gauche au gouvernement ?

De fait, malgré la focalisation des médias sur le phénomène FN, les listes à gauche du PS ne font pas un si mauvais score. Les bons résultats du Front de Gauche malgré les dissensions en sont une bonne expression. D’après le parti de Gauche, les listes du FdG en indépendance par rapport au PS (donc parfois avec le NPA et parfois avec… EELV) font une moyenne de 11 % environ. Dans certaines banlieues ouvrières, les liste du type FdG/NPA (avec ou sans le PCF selon les cas) font effectivement des scores assez corrects, parfois à plus de 12%. C’est le cas dans la banlieue de Rouen, en Charente, dans la banlieue de Bordeaux, de Nantes, à Avignon, Chambéry, en Bretagne…
Mais il y a aussi de nombreux endroits où le score est resté habituel pour une force de la « gauche de la gauche », entre 1 et 3 %. Idem pour les cas où LO (ou le NPA) se présentaient de manière classique. Ils n’ont rassemblé que leur noyau dur électoral, loin des scores qu’ils ont pu connaître en 2008 (pour le NPA) ou en 2001 pour LO. Le refus d’aller au delà des succès électoraux a certainement pesé, de même que l’incapacité du NPA (en fait de la LCR qui a lancé le NPA) à se construire de manière large et ouverte explique la désaffection des électeurs tout autant que la difficulté de la période économique et sociale actuelle qui voit de nombreuses luttes avoir du mal à triompher.
De fait, plus le FdG a été en alternative au gouvernement plus les scores sont bons dans la plupart des cas. C’est en anticipation de cela que nous écrivions dans l’Égalité : «Notre choix de vote plus précis reposera sur le type de programme défendu par les listes, leur dynamique et leur volonté de défendre les travailleurs et la population et leur impact. Même si nous ne pensons pas que les élections peuvent à elle seules changer fondamentalement la donne politique, nous sommes en faveur de listes qui pourraient être un appui, en partie par leur audience, dans le débat sur la nécessité d’une opposition de gauche au gouvernement et au PS et EELV. »
Pourtant, la déroute du PS n’a pas profité à la gauche de la gauche. Comme nous le défendions il aurait fallu des listes front de gauche et plus largement de gauche non gouvernementale sans ambiguïté vis-à-vis du PS partout en France.
Il était indispensable dans ces élections de tenter de construire une alternative crédible, visible et audible au PS et à EELV. Nous partageons le point de vue de JL Mélenchon quand il dit qu’il aurait été préférable que le Front de Gauche et toutes ses composantes aient une ligne claire d’opposition au PS et présente des listes unitaires partout. Il est clair que de telles listes auraient permis que s’exprime au moins partiellement un début d’opposition de gauche au gouvernement Hollande-Ayrault.
Mélenchon en disant cela vise le PCF qui a adopté des positions très diverses, soit pour cause de réalités politiques locales, soit pour garantir ses positions d’élus comme à Grenoble ou à Paris. Mais ce que ne dit pas Mélenchon, c’est que dans les combinaisons qu’il propose, il intègre les listes avec EELV, ce qui a été le cas dans 90 villes. Or EELV n’est pas un partenaire inconscient du gouvernement. Ou alors demain on devrait croire Montebourg s’il dit qu’il a fait ce qu’il a pu pour empêcher les fermetures d’usine et autres fables pour enfants.
Difficile de savoir si la liste de Grenoble a un pied dans l’opposition ou un pied dans la gauche gouvernementale. Même si ce sont parfois des cas locaux, cela montre le chemin qui reste à faire pour clarifier réellement, en tentant néanmoins de la construire, ce que veut dire « construire une opposition de gauche ». Car tout ceci ne rend pas la politique du Parti de Mélenchon, le PG, claire, et renvoie cette idée d’opposition à une série de combinaison électorales.
Le FdG, et d’autres forces, ont certainement déjà en tête les futures élections européennes. Celles-ci permettront certainement une ligne plus claire nationalement puisqu’il n’y aura pas d’enjeux quant à la participation à des exécutifs. Pour autant, c’est dans 3 mois. D’ici là, le Pacte de responsabilité d’Hollande va commencer à être dévoilé, avec de nombreuses nouvelles attaques contre les services publics, les salaires, la protection sociale et avec de nombreux nouveaux cadeaux aux riches et aux patrons. Sans le dire, Hollande fait la même politique que Sarkozy, qui consiste à faire payer aux travailleurs la crise du capitalisme. En 2013, les profits des entreprises du CAC 40 se sont montés à 48 milliards d’euros, et le pacte de responsabilité de Hollande vise à générer 50 milliards d’euros d’économie en prenant dans la poche des travailleurs et de leurs familles… Il va donc continuer sa politique. Certains ont peut être cru qu’en votant FN il faisait une protestation suffisamment tapageuse contre la politique du PS et la dureté de la situation économique et sociale. Il n’en est évidemment rien, le FN ne défend absolument pas la fin de l’exploitation capitaliste, ni le maintien des services publics, et ses propositions protectionnistes ou les mesures discriminatoires qu’il propose contre certains travailleurs étrangers ne fait que masquer la vraie responsabilité des capitalistes et de leur système économique injuste. Rempli d’aventuriers à la recherche d’une carrière de politicien, quand ils n’en ont pas déjà une de bouffon, le FN n’est pas un parti « anti-système » mais un parti qui entend profiter de la crise pour se faire élire.
D’autres se sont abstenus, certains parmi eux vont néanmoins aller voter PS au second tour pour empêcher la droite d’être trop triomphale. On peut le comprendre. Mais quand bien même il y aurait un remaniement ministériel après cela, la politique a déjà été décidée entre Hollande et le président du Medef – Pierre Gattaz. D’ailleurs, Hollande s’est empressé de dire qu’il avait entendu le message mais que cela ne remettait pas en cause le Pacte de responsabilité ! De qui se moque-t-on ?! Ce seront de nouvelles attaques contre les travailleurs et la population.
Les bons scores de certaines listes à gauche du PS montrent qu’il y a une vraie possibilité et la situation montre qu’il y a une urgente nécessité à la construction d’une opposition de gauche à Hollande et à tous ces partis pro capitalistes. Une telle opposition large et démocratique, rassemblant tous les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les retraités, homme ou femme, français ou étranger, qui veulent lutter contre les politiques au service des banquiers, des grands patrons et des groupes d’actionnaires, peut se discuter et avancer dès maintenant.
Le 12 avril une vaste manifestation appelant à une «révolte de gauche» est organisée à l’initiative de Mélenchon, Besancenot et de la plupart des forces à gauche du PS. Nous pouvons faire de celle-ci un premier pas pour la construction d’une véritable lutte contre la politique de Hollande et contre le capitalisme, tous ensembles, il est temps d’exprimer notre révolte !
N’hésitez pas à nous contacter pour construire cette mobilisation avec nous !

Le FN, un danger pour les jeunes et les travailleurs

Depuis quelques années maintenant, le FN veut se présenter comme «changé», il ne serait plus un parti d’extrême-droite raciste et réactionnaire mais un parti de droite «populaire», voire même aux côtés des «travailleurs ». L’image de sa présidente Marine Le Pen est sans cesse brossée dans les médias comme en rupture avec son père, n’hésitant pas
à exclure tel ou tel membre pour un propos qui passerait mal. Qu’en est-il réellement ? Et pourquoi le FN rencontre-t-il un certain succès électoral ?

Les raisons d’un succès
Le FN est apparu au début des années 80, au moment où le gouvernement PS-PCF mettait en place des politiques d’austérité que demandaient les capitalistes. Le PS ayant largement continué dans cette voie, le FN a conservé l’espace ainsi laissé dans les milieux populaires à grand coup de mensonges : la famille Le Pen ultra riche à millions qui partagerait les préoccupations des plus modestes. C’est en fait une posture politicienne, un moyen de se faire élire.

Le Fn défendrait les travailleurs ? non !

Au prix de quelques changements de revendications, notamment sur les retraites, le FN se veut être le porte voix des travailleurs et de leur famille, il n’en est rien en réalité. Dans son programme, le FN reprend désormais à son compte la revendication de la retraite à 60 ans, et il défend une augmentation du SMIC. Il n’y a pas si longtemps, le FN était pour un report de l’âge de départ à 67 ans et contre le principe même d’un salaire minimum garanti. D’ailleurs, il ne défend pas les revendications des travailleurs. Il réclame une uniformisation des régimes ce qui revient à soutenir l’ensemble des politiques de casse des retraites de ces 20 dernières années qui ont vu la grande majorité des retraités perdre leur
niveau de vie.

Le Fn ne serait plussexiste ?

Marine Le Pen n’arrête pas de déclarer qu’elle ne reviendrait pas sur la loi sur le droità l’avortement. Mais elle est contre le remboursement de l’IVG sauf dans les cas «thérapeutiques », ce qui revient à ce que seules les
femmes de milieux aisés puissent recourir à l’IVG. Au contraire du programme du FN à l’époque de son père, Marine Le Pen ne déclare plus qu’une femme doit être incitée à rester à la maison mais c’est par la force de la situation,une majorité de femmes voulant travailler, il paraît difficile d’aller à contre-courant sans en payer un prix électoral.

Un tournant électoraliste

Ayant atteint une sorte de maximum électoral avec la qualification au 2ème tour de la présidentielle
de 2002 de Le Pen père, les mauvais scores ont suivi. La nouvelle direction qui accompagne Marine Le Pen a opéré un tournant opportuniste, allant même jusqu’à adopter des formules ou des revendications que la gauche avait abandonnées. Ainsi, lors des dernières réformes sur les retraites ou sur l’organisation du travail, Le Pen a-t-elle dénoncé la «collusion entre certains syndicats et le patronat pour s’entendre sur le dos des travailleurs», une formule qui bien évidemment comporte
une certaine dose de vérité. La soudaine hostilité aux «grands groupes capitalistes» du Front
National est due à la crise économique : une majorité de la population voit que ces grands
groupes nous surexploitent et accumulent une masse de profit. Le FN accompagne cette
humeur mais ne cherche nullement à s’attaquer à la cause, le capitalisme et sa loi du profit.

Le Fn reste un parti raciste et anti-ouvrier

Malgré sa posture anti-système, le FN n’entend nullement s’attaquer aux capitalistes. Il reste résolument nationaliste et raciste, c’est à dire qu’il cherche à opposer les travailleurs entre eux, au seul bénéfice du système capitaliste. Si les médias peinent à qualifier la politique prônée par le FN de raciste, c’est que le discours «républicain» a banalisé un certain nombre d’idées racistes, souvent sous couvert de «laïcité». Laquelle est devenue le moyen pour le FN de recycler son racisme anti-maghrébin en racisme anti-musulman, pas très éloigné en cela des Valls et autres Coppé. Et sur certains sujets, le FN ne dit plus que ce sont les «grands groupes capitalistes» qui sont responsables de la misère sociale. Par exemple, il dit : «La crise du logement que subissent actuellement les Français résulte de trois causes principales. La première d’entre elles réside dans l’explosion de l’immigration». Des immeubles vétustes, des sociétés HLM privatisées ces dernières années, la spéculation immobilière qui fait grimper les prix en flèche… cela reste secondaire ! S’il y a une crise du logement, c’est la faute de simples travailleurs, étrangers bien évidemment. Les Le Pen qui vivent dans un château à Saint Cloud, riches à millions, n’ont que faire du mal logement, ce qui les intéresse, c’est d’utiliser la crise du logement pour déverser leur propagande raciste. Sur ce terrain, comme sur beaucoup d’autres, le FN sort la carte raciste dès que ses positions en faveur des patrons et des capitalistes se verraient trop. Le FN a adapté certaines formulations aux
changements de la société et à la crise du système capitaliste. Son programme économique ne marque aucune rupture avec ce système ni avec les politiques des gouvernements successifs qui n’ont agit que pour satisfaire les profits d’une infime minorité.