Action nationale contre les radiations à Pole Emploi

IMAG3724[2]Ce mardi 16 septembre 2014, CIPG (Coordination des Intermittents et Précaires de la Gironde) et AC ! (Agir contre le Chômage et la précarité) ont participé à une journée d’action Nationale ciblant les Pôle Emploi, dans la Communauté Urbaine de Bordeaux(33) et à Langon(33). Il s’agissait de dénoncer  le manque de transparence sur les chiffres du chômage ainsi que l’augmentation significative des radiations de chômeurs sur les trois derniers mois de la saison estivale pouvant atteindre jusqu’à 50% de plus que sur le reste de l’année, (selon les responsables de AC !).
Quels sont les motifs de ces radiations ? C’est la question que nous avons posée à la Direction Nationale à travers les directions locales qui nous ont reçus. Cette démarche faisait suite à de nombreux retours de chômeurs s’estimant radiés sans raison valable et perdant ainsi leurs allocations chômage pendant au moins deux mois (délai nécessaire à la réinscription).
Pour les directions des Pôle Emploi, “toutes les radiations sont justifiées” et “la plus grande partie” le sont au motif de “manquement injustifié a une convocation”. Toutefois aucune Agence ne nous a communiqué la proportion exacte que ce motif prend dans la totalité des radiations “ne concernant pas des radiations pour retour à l’emploi” et qui sont étudiées “au cas par cas”, sans critères précis, c’est-à-dire à la tête du client.
Mais nous avons aussi communiqué sur nos inquiétudes de voir ce système opaque de radiations s’intensifier avec les nouveaux accords Unédic déjà adoptés et mis en application le 1er Octobre, qui modifient les règles de calcul de l’indemnisation chômage (pour les intérimaires, intermittents, vacataires, contrats précaires, licenciés économiques,…) instituant un forfait de “droits rechargeables” qui les poussera toujours plus dans la course aux petits emplois précaires et mal payés afin de ne pas être radiés.
Inquiétant quand on sait qu’en un an (selon les chiffres de la DARES/Pôle Emploi de Juillet 2014 ) le nombre d’offres d’emplois total n’a augmenté que de 1,5% et leur contenu s’est fortement modifié vers une offre d’emplois de plus en plus précaires ; dans le même temps la quantité des offres plus de 6 mois a diminué de 3,4% pour laisser la place à une augmentation de 5,2% des offres d’emplois entre 1 et 6 mois et de 11,2% des offres d’emplois de moins de 1 mois !!
Les accords de l’Unédic viennent donc établir une modification de l’offre de force de travail pour coller à l’évolution de la demande du marché du travail, en forçant les travailleurs les plus fragiles à accepter des conditions de travail  toujours plus mauvaises offertes par le système capitaliste, sans se soucier des conséquences sociales désastreuses et des drames humains toujours plus nombreux que cela engendre.
Suite à cette action Nationale, la CIPG s’est réunie en Assemblée Générale Extraordinaire et a réaffirmé sa volonté de s’orienter vers l’interlutte ,  en rejetant plus largement toutes les mesures adoptées par le gouvernement,  dans le sillage du Pacte de Responsabilité, véritable bradage de nos droits sociaux et de nos droits du travail qui visent à satisfaire la demande de profit du Patronat et de l’Actionnariat.

CIP Gironde / Commission Interluttes pour L’Egalité. 21/09/2014

Israël / Palestine : l’étincelle de la résistance

lolA côté du soutien massif de la population israélienne pour l’intervention militaire de son gouvernement sur la Bande de Gaza, se met en place un mouvement israélien contre la guerre et pour la paix.
Nos camarades de Socialist Struggle Movement (maavak sozialisti), la section soeur de la Gauche Révolutionnaire en Israël Palestine, affirment leur solidarité totale avec le peuple palestinien qui subit l’agression du gouvernement israélien mais aussi leur solidarité avec les israéliens qui ont subi des pertes pendant cette guerre.
Car en dépit d’une large diffusion des idées réactionnaires dans la classe ouvrière israélienne, il existe aussi une part, quand même importante, de travailleurs et de jeunes en attente de solutions viables pour une paix réelle et durable. Le but des militants socialistes est d’expliciter les raisons de cette intervention militaire -tuer dans l’oeuf tout possibilité d’Etat palestinien indépendant et structuré, senti comme un danger pour leurs intérêts par les capitalistes israéliens et l’impérialisme américain – et souligner le fait que tant que les travailleurs israéliens seront du côté de leurs propres employeurs et de leurs laquais gouvernementaux, de leurs propres oppresseurs, pour réprimer et oppresser le peuple palestinien, ils laissent dans les mains des capitalistes les moyens de les opprimer davantage et de leur refuser cyniquement une sécurité véritable en même temps que la paix et la justice sociale.
Ainsi, tout au long de l’été, des manifestations ont eu lieu en Israël, regroupant à Nazareth, Kfar Kana ou Umm Al-Fahem des centaines de Palestiniens d’Israël et de Jérusalem Est et des militants de gauche. De même le 26 juillet a eu lieu à Tel- Aviv une manifestation anti-guerre d’ampleur, regroupant plus de 6000 israéliens dont une grande partie de confession juive. Et ce, en dépit de la violente répression de la police
israélienne et des attaques physiques de l’extrême droite. En dépit également de l’absence totale du parti politique Meretz, soi-disant de gauche, compromis dans le soutien à la guerre et développant
un discours nationaliste.
Cette violence des réactionnaires contre toute forme de résistance souligne plus que jamais la nécessité de développer des formes organisées de lutte au moyen de comités démocratiques populaires qui seraient des lieux ou jeunes et travailleurs pourraient mobiliser, construire et coordonner les luttes mais aussi les défendre.
Le rôle de nos camarades est donc de soutenir les luttes sociales et économiques des travailleurs israéliens mais aussi de mettre en avant la nécessité de lutter auprès des travailleurs et jeunes palestiniens pour la fin immédiate et définitive de l’occupation des territoires, l’arrêt des colonies et de toute forme d’oppression des Palestiniens, l’arrêt des discriminations et le droit pour tous à l’autodétermination.
Bien sûr les travailleurs et jeunes, palestiniens et israéliens, auront à s’opposer aux capitalistes et aux impérialistes, qui comptent sur l’irrésolution et l’aggravation du conflit pour développer leurs profits et leur domination géopolitique sur la région et sur les classes ouvrières, palestinienne et israélienne.
Ces dernières ont donc un rôle majeur à jouer, être le fer de lance pour la création d’un véritable état palestinien démocratique et socialiste aux côtés d’un état israélien, socialiste et démocratique.
Pas de véritable paix sans socialisme !

Par Geneviève Favre

L’impérialisme mène au chaos et à la désolation

L’état des relations entre les pays ne cesse que de se dégrader. Les guerres se multiplient ainsi que les interventions impérialistes. Les pays capitalistes dominants se donnent le beau rôle : celui de gendarme du monde, défenseur de la démocratie, de la liberté des peuples et des opprimés. Mais en réalité en intervenant militairement partout à travers le monde, particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique, ils déstabilisent des régions entières pour longtemps. Ce sont de véritables «pompiers pyromanes» qui ne sont intéressés que par la défense des intérêts de leur propre bourgeoisie et de leur position géostratégique. La situation en Irak, après près de 25 ans d’intervention impérialiste (guerre et blocus depuis 1991) menée par les Etats-Unis avec ses supplétifs européens a détruit totalement le pays. Si Saddam Hussein était un dictateur, la situation des Irakiens aujourd’hui n’est pas plus enviable sous la domination impérialiste avec la menace réactionnaire de l’Etat islamiste en Irak et au Levant.
La guerre menée par la France pour déloger Kadhafi du pouvoir en Lybie n’est pas mieux. Là encore, le pays est en pleine guerre civile entre l’embryon d’Etat aux ordres des pays impérialistes, les tribus et les islamistes. Le soutien indéfectible des pays impérialistes aux capitalistes et à l’Etat d’Israël qui mène une sale guerre contre les Palestiniens est du même ordre. Partout où les Etats capitalistes interviennent, c’est le chaos et la désolation qui s’ensuivent.

Accroissement des tensions

Mais ces dernières années, dans un contexte d’approfondissement de la crise économique, ce sont les relations entre pays impérialistes qui se tendent. Jusqu’à récemment, les Etats impérialistes s’accordaient pour se partager le monde. Les institutions supranationales du capitalisme, comme l’ONU, étaient chargée de gérer ce partage. Avec l’approfondissement de la crise économique structurelle du capitalisme, les impérialistes commencent à s’affronter plus directement entre eux pour sauvegarder leurs intérêts.
Les prémisses de cette nouvelle phase de tensions inter impérialistes s’étaient fait sentir dans la guerre en Géorgie durant laquelle l’Etat russe soutenait les indépendantistes d’Ossétie et d’Abkhazie contre l’Etat Géorgien soutenu par les Etats-Unis et la France sur fond d’intérêts économiques : le passage d’oléoducs et de gazoduc venant de la mer Caspienne.
Pour l’instant, les Etats impérialistes s’affrontent essentiellement encore par l’intermédiaire des pays dominés dans des zones plus ou moins périphériques de leur zone d’influence. Mais la crise ukrainienne porte en elle bien plus de dangers. Elle est la conséquence la plus directe des antagonismes d’intérêts entre d’un côté les Etats capitalistes européens qui soutiennent un régime dans lequel il y a d’authentiques fascistes et de l’autre la Russie impérialiste, qui ont tous leur économie à bout de souffle. Les Ukrainiens n’ont rien a gagné de part et d’autre.
En cette année de commémoration du centenaire de la première grande boucherie capitaliste du XXème siècle, comment ne pas faire le parallèle avec la situation que connaissait l’Europe avant la 1ère guerre mondiale en 1914. Les Etats capitalistes se sont affrontés aussi sur des zones périphériques ou par l’intermédiaire de pays dominés avant d’en arriver à l’affrontement généralisé pour le partage du monde : crise marocaine en 1905 et 1911 durant laquelle s’affrontent la France, l’Espagne et l’Allemagne pour le contrôle de cette région ; guerre des Balkans de la fin du 19ème siècle (guerre d’indépendance face à l’Empire Ottoman) et surtout en 1912-1913.

En finir avec l’impérialisme

A moins de voir dans la situation de chaos actuel la conséquence de politiques irrationnelles menées par d’irresponsables sociopathes qui nous gouvernent, il faut bien chercher les moyens d’empêcher l’impérialisme d’agir, de nuire et de nous mener droit à une nouvelle catastrophe.
Lors d’un de ses discours à l’Assemblée, Jaurès avait prononcé cette phrase qui est demeurée célèbre «Le capitalisme porte en lui la guerre comme les nuées portent l’orage». C’est bien le fonctionnement même du capitalisme qui régulièrement mène aux conflits. L’impérialisme est la conséquence des contradictions du système économique : pour retrouver des taux de profit acceptables dans leur économie, les Etat capitalistes cherchent systématiquement
leur domination. Ils veulent ouvrir de nouveaux marchés pour les investissements de leur bourgeoisie et avoir des accès à des matières premières moins chères pour que les entreprises soient plus concurrentielles que les entreprises des autres pays capitalistes.
C’est le partage colonial direct ou économique du monde. Lorsque les contradictions sont trop fortes, la crise trop profonde, pour que ce partage se fasse à «l’amiable», les Etats capitalistes commencent à s’affronter directement. Nous ne pourrons donc pas en finir avec la guerre et l’impérialisme sans en finir avec le capitalisme lui-même. Nous sommes une nouvelle fois face à cette alternative : socialisme ou barbarie !

Par Yann Venier

Vers une nouvelle crise économique déflationniste dans la zone euro ?

ggLa zone euro était une des régions les plus touchées par la crise qui a commencé en 2008 avec la crise des subprimes aux États-Unis. Il s’agit de la crise la plus grave depuis celle de 1929 et dans la zone euro cette crise est devenue une triple crise: une combinaison d’une crise financière, d’une crise économique et d’une crise de dettes souveraines (dettes des États).
Des plans de relance très massifs et un sauvetage important des banques en difficulté dans les pays économiquement puissants comme la France et l’Allemagne ont évité que la crise devienne encore plus importante. Cela n’a pas empêché qu’un pays comme la Grèce fasse faillite et qu’une grande partie de sa population vive aujourd’hui dans la pauvreté. Malgré quelques embellies timides et temporaires de l’économie et la constitution d’un fonds de 500 milliards d’euros par les États membres (mécanisme européen de solidarité, MES), la zone euro risque de plonger à nouveau dans une période de crise, dans une période de déflation et de stagnation, probablement doublée d’une nouvelle récession sous quelque mois.

D’une austérité généralisée à une déflation généralisée ?

L’austérité généralisée dans la zone euro a un effet direct et négatif sur la demande, donc sur la croissance. Au deuxième trimestre 2014, la croissance économique est à nouveau au point mort : 0 % en France, -0,2 % en Allemagne, en Italie et en Grèce. Selon Eurostat, le taux d’inflation était à 0,4 % en juillet pour la zone euro, ce qui est très faible.
Une déflation généralisée pointe son nez dans la zone euro qui aurait des conséquences dramatiques pour les travailleurs, déjà touchés fortement par les politiques d’austérité, le chômage et la pauvreté.
La déflation est le contraire de l’inflation: il s’agit d’une baisse généralisée des prix et des salaires.
D’où vient cette baisse des prix ? Dany Lang, chercheur en économie à l’Université de Paris 13, l’explique ainsi: «C’est un problème de demande généralisé.
Les principaux clients des Européens sont des Européens, et si tout le monde mène des politiques d’austérité, la demande baisse; et si la demande baisse, les entreprises n’arrivent pas à écouler leurs stocks, et donc forcément ça fait baisser les prix.» La déflation est donc bien plus qu’une simple baisse des prix, c’est une spirale négative qui entraîne
toute l’économie.

La spirale déflationniste

Une spirale déflationniste pourrait se déclencher prochainement dans la zone euro : à cause de la baisse des prix, les entreprises doivent réduire leurs coûts de production et les salaires. Les consommateurs ont par conséquent moins de pouvoir d’achat et plus de difficultés à rembourser leurs crédits. Ils achètent donc moins, reportent les achats et en particulier les gros achats (électroménagers, voitures, etc.) ce qui provoque une baisse générale de la production. Dans certains secteurs les prix pour les marchandises peuvent tomber en dessous du prix de production ce qui entraîne une vente à perte et à moyen terme une série de fermetures d’entreprises avec des licenciements de masse à la clé (puisque les capitaux ne restent pas très longtemps dans un secteur déficitaire, ni dans un secteur qui génère peu ou pas assez de profits).
Cette contraction des prix provoque aussi une hausse des taux réels: vu la baisse des résultats des entreprises, les banques sont plus réticentes pour leur accorder des crédits et relèvent leurs taux d’intérêt.
Ceci contribue à contracter davantage les capitaux investis dans la production (déjà assez faibles comparés aux capitaux qui circulent sur les marchés financiers) et donc l’activité économique.
Ce phénomène de spirale déflationniste a fait des ravages pendant la grande dépression des années 1930 et au Japon durant les années 1990.

La politique de la Banque centrale européenne

Face à ce risque de nouvel écroulement de l’économie de la zone euro, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a annoncé le 4 septembre 2014 des mesures qui semblent drastiques : un baisse de son taux directeur à 0,05 % (un bas historique) et l’achat massif de créances titrisées d’entreprises (ABS), donc en gros achat des dettes des entreprises ce qui est à nouveau un gros cadeau au patronat. De plus, la BCE met en place une politique «d’assouplissement quantitatif», qui consiste à racheter massivement, sur les marchés financiers, des titres privés ou publics, en échange la Banque crée massivement de la monnaie. Il s’agit donc de la vieille recette de «planche à billets», c’est à dire augmenter massivement la quantité de monnaie en circulation.
Et tout cela avec la prétention de permettre aux banques d’élargir les crédits aux entreprises pour relancer l’économie. Or, les banques ont utilisé et vont prochainement utiliser ces masses d’argent pour alimenter les marchés financiers, autrement dit pour spéculer massivement (faute de perspectives de faire des profits suffisants dans la production).

Les contradictions du système capitaliste s’accentuent

Aucune politique monétaire des banques centrales ne peut réellement contrer les causes profondes des crises économiques capitalistes. C’est vrai que les afflux de liquidité notamment de la Banque centrale américaine (FED), triplés entre 2008 et 2013 (!), ont pu temporairement amortir le choc aux États-Unis mêmes, mais aussi en Europe. Tout cet argent gonfle les bulles spéculatives et les problèmes structurels de l’économie «réelle» deviennent des plus en plus importants, renforcés par la politique d’austérité, donc les restrictions budgétaires.
«Nous sommes dans une situation de trappe de liquidités ». Ce n’est pas un problème de taux d’intérêts. On peut injecter autant de liquidités que l’on veut ça ne changera rien. Le problème est celui de la demande et donc de la politique budgétaire.» (Dany Lang).
Comme les gouvernements européens différents ne veulent pas s’en prendre aux profits des grandes entreprises, les politiques d’austérité vont être poursuivies ce qui alimentera davantage la spirale déflationniste.
Néanmoins, le pire scénario pour les travailleurs n’est pas complètement exclu: un processus de déflation avec toutes ces conséquences désastreuses (baisse des salaires, chômage de masse,…) combiné à une hausse des prix continue des biens de première nécessité (aliments etc.). Ce serait alors encore moins envisageable que le pouvoir d’achat et la croissance reprennent, et une crise économique durable, à l’image du Japon des années 1990, s’installerait.

Sortir du capitalisme pour sortir de la crise

La classe ouvrière à l’échelle mondiale – y compris dans les pays les plus riches comme la France – a déjà suffisamment souffert des crises économiques, des guerres, de la pauvreté et de la misère engendrées par le capitalisme. Il est de temps de mettre fin à ce système capitaliste et d’ouvrir un nouveau chapitre de l’humanité: celui d’une société socialiste dans laquelle une économie planifiée, débarrassée de la course aux profits, gérée par les travailleurs eux-mêmes garantira une vie décente et la satisfaction des besoins de toutes et tous.

Palace : Les femmes de chambre obtiennent 420 euros de plus par mois

les-salaries-etaient-en-greve-depuis-vendredi-photo-archive-afp-thomas-samsonAprès quatre jours de grève, les employés du sous-traitant de l’hôtel Park Hyatt Paris-Vendôme ont gagné. La grève se poursuit au Park Hyatt Madeleine, les salariés sont plus motivés que jamais. L’accord « historique » signé comprend l’augmentation du taux horaire de 2 euros, la participation de l’employeur à la mutuelle de santé à hauteur de 60 % de la cotisation, le passage de tous les temps partiels en temps complet d’ici à fin 2015, la diminution des cadences de 10 %, primes régulières… soit 380 à 420 euros mensuels. Les salariés emportant dans la bataille le paiement des jours de grève.

Une rentrée combative à la CGT ?

indexSur le pacte de responsabilité, les travailleurs n’ont pas réussi à faire reculer le gouvernement, laissant croire qu’ils sont démobilisés.
La colère n’arrive pas à s’exprimer dans la rue et par la grève. La stratégie des organisations syndicales, CGT en tête, n’a pas varié d’un iota. Les journées de mobilisation s’enchaînent à un rythme plus ou moins soutenu sans qu’à aucun moment les directions syndicales ne mettent en avant des perspectives de lutte et la nécessité d’organiser un vaste mouvement de grève et de blocage de l’économie pour faire reculer le gouvernement. Des appels sont lancés mais davantage pour que les directions syndicales maintiennent une légitimité minimale et puissent quémander de quoi calmer le jeu. Rien n’est fait pour construire un rapport de forces pouvant mettre fin à la politique d’austérité.
Les salariés perçoivent clairement l’inutilité de telles journées, et lorsqu’au lendemain d’une grève aucune suite n’est annoncée et que le gouvernement ne fait aucun cas de la mobilisation, la conscience de la force des travailleurs s’amenuise inévitablement.
La réalité est différente : des luttes locales et victorieuses montrent le poids réel des travailleurs.
Chacun perçoit la crise gouvernementale, et les possibilités de mobiliser largement les salariés pour une grève, même reconduite sur plusieurs jours, sont là.
Mais on ne peut ni décréter une telle grève, ni appuyer sur un bouton pour la déclencher. Elle se construit, en redonnant d’abord confiance aux travailleurs pour qu’ils aient à nouveau conscience de leurs poids dans l’économie. Cette prise de conscience passe par un appel des directions syndicales à une première journée de grève totale dans laquelle tous et toutes, jeunes, travailleurs, chômeurs, retraités organisent le blocage de l’économie. En inscrivant cette journée dans une véritable stratégie annoncée de construction d’un mouvement de grève reconductible des travailleurs, des jeunes… le rapport de forces pourrait vite s’inverser.

La responsabilité de la CGT

La CGT porte une importante responsabilité dans la situation actuelle. C’est le syndicat majoritaire, perçu comme radical, implanté dans de très nombreux secteurs et qui a une influence grande auprès des travailleurs les plus combatifs. La confédération, même isolée, a le potentiel de faire réussir une véritable mobilisation.
Mais dans le contexte actuel, la direction de la CGT propose une feuille de route bien en dessous de la riposte nécessaire aux attaques des capitalistes : une journée de mobilisation le 16 octobre très axée sur la protection sociale, des meetings pour faire connaître la position de la CGT et une journée de grève interprofessionnelle en janvier 2015. Les expressions «contre l’austérité» et «contre le pacte de responsabilité» ont disparu des propos de Thierry Lepaon.
Dans les faits, c’est une forme de capitulation face au MEDEF et au gouvernement que tentent de cacher des déclarations plus offensives sur des sujets moins mobilisateurs comme celui des «seuils sociaux». L’échec de la journée du 26 juin est l’argument favori de la direction de la confédération pour démontrer qu’une mobilisation large est impossible. Pourtant, cette journée de juin, placée 10 jours plus tôt, avec comme objectif affiché la préparation d’un conflit contre la politique d’austérité et le pacte de responsabilité à l’automne, en pleine mobilisation forte des cheminots, aurait sans doute eu un impact beaucoup plus fort auprès des
salariés.
Heureusement, la pilule ne passe pas chez les militants CGT. Les AG de rentrée dans les Unions Départementales ont montré que cette orientation n’était pas celle voulue par la base. Même si la stratégie à mener pour aboutir à une lutte massive reste souvent assez floue, de nombreux syndiqués sont intervenus pour réclamer une approche plus combative
et une vraie mobilisation contre la politique d’austérité. Les AG ont aussi rassemblé beaucoup de monde, avec certaines AG plus fournies qu’en 2010 (en pleine préparation du mouvement de défense des retraites), traduisant l’attente des salariés face aux attaques et à la crise politique.

N’enterrons pas le 16 octobre !

Pour le 16 octobre, la direction de la CGT a cherché à limiter les revendications à la seule question de la protection sociale, évidemment importante, mais peu mobilisatrice pour une large couche de travailleurs, de précaires, de chômeurs… La ligne de Thierry Lepaon s’est cependant heurtée à la combativité des syndiqués. Comme autour du 18 mars dernier où la direction de la CGT a été poussée à « muscler » l’appel à la mobilisation interprofessionnelle, la journée du 16 octobre est maintenant présentée pour « dénoncer la politique sociale et économique du gouvernement » (interview de T. Lepaon sur France 2 le 5/09/2014). L’évolution est significative de la difficulté de Lepaon à imposer sa direction. Cette journée d’octobre ne doit pas être enterrée, et peut prendre de l’ampleur pour déboucher sur une journée de grève dont les salariés pourront se saisir pour la rendre combative.

Par Luc de Chivré