Oui à la PMA pour toutes, non à la marchandisation du ventre des femmes

photo-erwan-miloux_3914409Avec le débat à l’Assemblée sur l’ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules, la bien mal nommée « manif pour tous » et son cortège de réactionnaires en ont profité pour refaire parler d’eux. Notamment en mélangeant volontairement deux choses qui n’ont rien à voir, la PMA et la GPA (gestation pour autrui).

C’est l’occasion de rappeler notre position. Au sujet de la PMA, ces mouvements se prétendent « pour tous », mais visiblement pas pour toutes. Pour rappel, la PMA en France est un dispositif médical permettant aux couples hétérosexuels d’essayer d’avoir un enfant en passant outre des problèmes de fécondité. Soit par de la fécondation in vitro, soit du don de sperme, etc. La PMA est donc accessible à une partie de la population qui n’est pas féconde, mais avec des conditions purement inégalitaires : un homme et une femme et pas autrement. Ni les femmes seules, ni les couples lesbiens ne peuvent avoir accès à ce dispositif médical à cause de ces considérations morales réactionnaires. Toutes les femmes devraient pouvoir choisir si oui ou non elles veulent avoir un enfant, quand et avec qui. Il est question d’égalité, pas d’autre chose. De plus, un enfant peut être aussi bien élevé par des hétérosexuels que par des lesbiennes ou par des femmes seules. Un climat familial sain est bien plus important que ce qu’on a entre les jambes, non ?

Quant à la GPA, c’est un tout autre sujet. Il s’agit là d’utiliser une femme tierce pour porter l’enfant qui sera ensuite élevé par la famille de ceux qui ont payé pour cela. Cela revient à commercialiser non seulement les utérus des femmes mais aussi la procréation, le fait de donner la vie… et l’enfant qui est acheté ! Seuls ceux qui ont les moyens de payer pourront avoir des enfants par GPA. Donc à l’inverse de la PMA, cela créera plus d’inégalité ! Le risque aussi, vu la précarité dans laquelle on vit, c’est que des femmes louent leur ventre pour gagner un peu d’argent alors qu’elles ne le feraient jamais dans une société où elles auraient les moyens de vivre décemment avec un travail qui leur convienne.

C’est pour cela que la revendication pour avoir des enfants : si on veut, quand on veut et avec qui on veut, est liée à la revendication d’avoir un travail et une vie avec des conditions décentes et un système de santé public et gratuit pour toutes et tous ! Nous luttons pour la fin cette société de classe, où la majorité se retrouve forcée de subir l’exploitation capitaliste et la morale réactionnaire.

Par Lucie Mendes

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