Non aux expulsions à la Zad de Notre-Dame-des-Landes

La zad – zone à défendre – de Notre-Dame des Landes, à 20 km au Nord de Nantes, est née en 2008, suite à un appel à occuper les lieux en soutien aux paysans et aux familles impactées par le projet d’aéroport inutile. En 10 ans, elle s’est organisée comme un village. Tout est autogéré et tout le monde apprend ensemble, les un.e.s des autres. Pas de diplôme, juste du bon sens et de l’entraide.

Ici on mange ce que l’on produit. On l’échange contre des coups de main ou à prix libre au « non marché » du vendredi. Légumes, fruits, pain, légumineuses, aromatiques, tisanes, céréales, produits laitiers, huile, farine. Personne n’a faim et tout le monde a un toit.

Les décisions sont prises en commun avec des réunions hebdomadaires telles que celle « des habitants ». Les problèmes et conflits tentent d’être réglés par une commission spéciale autogérée et tournante. Pas de flic ni de justice d’état. On réfléchit et on discute ensemble. On tente de trouver un compromis. Pour des accords avec les composantes du mouvement anti-aéroport d’autres réunions sont organisées.

Cette « zone de non-droit » ainsi dénommée à tort si souvent par l’état et ses allié.e.s n’est autre qu’un lieu où l’on réfléchit à une autre société sans classe ni oppression. Ce n’est pas une zone hors état car la plupart des gens ont un lien, quel qu’il soit avec l’état.

Ici tout le monde est accueilli, peu importe son passé. Celles et ceux qui ne trouvaient pas leur place dans une vie normée, se transforment ici. On met en place une libération des habitudes destructives par des activités constructives et épanouissantes telles que la commission rap de la zad, la radio pirate des ondes de Vinci, ou bien les constructions en terre paille. Il y a autant d’idées que d’habitant.e.s.

Ces 1600 ha de bocage humide constituent maintenant un refuge pour toutes les espèces protégées animales et végétales. Les naturalistes en lutte se sont chargés de les répertorier.

En 10 ans des installations agricoles ou non sont nées. Ceux qui avaient des projets individuels sont connus de la MSA : maraîchage, lait, pain, aromates.

La deuxième tentative d’expulsion de son histoire (2012 et 2018) montre que Macron refuse de négocier. Voilà des années que les habitant.e.s apprennent le droit agricole rural et tendent la main à l’état pour trouver un accord. Ils souhaitent juste garder leur vie collective et avoir du temps pour y réfléchir.

Alors dans tout ça, qui est violent ? Qui est de non-droit ? L’ état avec son expulsion ultra-militarisée et hors de prix : 2500 gendarmes, plusieurs centaines de milliers d’euros de grenades offensives et des blessé.e.s par dizaine…

Alors que les gens continuent de dormir sous les ponts et de mourir de faim. Macron se paie de luxe de balayer d’un revers de main ce village qui tente seulement d’imaginer une vie égalitaire.

Voilà un mois que l’expulsion a commencé. Les gendarmes et petites mains soumises à un état destructeur ont rasés plusieurs dizaines d’habitations animales, humaines et végétales. Mais ce n’est que la moitié. Macron appelle à tou.t.e.s celles et ceux non déclaré.e.s à partir, faute de quoi, l’expulsion continuera le 14 mai. D’après les informations de militants sur place en fait, ce serait même la totalité des lieux qui seraient menacés alors que le gouvernement fait semblant de négocier pour diviser les occupants. Le gouvernement ne tolère pas la remise en question de la propriété privée de la terre et se fait le meilleur défenseur du capitalisme.

Pour prêter main forte, plusieurs solutions existent. Sur place, tu n’es pas obligé d’aller sur les barricades, ni de rester plusieurs jours. L’aide est bienvenue partout : cantine collective, médic, ravitaillement, radio. Tu peux aussi juste offrir un lit ou une douche. Toutes les infos sont sur zad.nadir.org. Dans ta ville tu peux participer aux manifestations et parler de la ZAD autour de toi pour défaire la propagande du gouvenement.

Pauline

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