Municipales à Istanbul : « celui qui perd Istanbul perd la Turquie »

Aux élections municipales du 31 mars dernier, le CHP (centre-gauche) a été reconnu comme vainqueur en gagnant des villes comme Ankara ou encore Istanbul. Suite à la contestation par l’AKP (le parti du président-dictateur Erdoğan), l’élection d’Istanbul a été annulée, alors que le candidat CHP Imamoglu l’emportait avec plus de 13 000 voix d’avance. Le 23 juin, les Stanbouliotes sont retournés aux urnes et le CHP l’a emporté une deuxième fois avec cette fois… plus de 777 000 voix de d’avance, à 54,03 % contre 45,09 % pour l’AKP. Il s’agit d’une perte très importante pour l’AKP qui dirigeait la métropole depuis 25 ans. Cet échec est d’autant plus cuisant quand on sait qu’Istanbul, ville la plus peuplée du pays (16 millions d’habitants), représente un tiers du PIB de la Turquie.

Le CHP, bien que promettant des mesures sociales, reste encore sous le joug de l’AKP qui contrôle 25 des 39 districts d’Istanbul. Et surtout, il reste un parti d’État capitaliste qui n’a fait aucune allusion à la classe ouvrière d’Istanbul durant sa campagne. Mais avec cette défaite, le régime de l’AKP est donc bel et bien en train de se fissurer, le MHP, parti d’extrême droite, risque de délaisser Erdoğan ce qui le priverait de sa majorité au Parlement. Avant que cela ne se produise, il y a de fortes chances de voir des élections anticipées tomber.

Il s’agit d’une véritable situation de fracture, favorable pour les luttes et la contestation du système. C’est le moment le plus opportun pour défendre la nécessité d’un parti ouvrier de masse, organisant les travailleurs, les jeunes, de toutes origines et cultures, contre les politiques capitalistes qu’elles viennent de l’AKP ou du CHP.

Dilan

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