Macron et sa loi d’exception d’urgence sanitaire : encore une attaque sur les droits des travailleurs !

200 travailleurs d'Amazon Douai ont fait valoir leur droit de retrait le 17 mars

200 travailleurs d’Amazon Douai ont fait valoir leur droit de retrait le 17 mars

Dans la nuit du 21 au 22 mars, le projet d’état d’urgence sanitaire a été adopté par l’assemblée. Seuls les députés du PCF et de la FI ont voté contre avec raison.

Le principe d’état d’urgence sanitaire est valable pour 2 mois. La loi autorise aussi le gouvernement à prendre des ordonnances dans de multiples domaines (sanitaire, économique, droit du travail, social…). C’est un véritable coup d’état social car Macron peut gouverner comme il l’entend. Pour l’instant nous allons faire état des mesures connues mais cela peut donc évoluer sans passer par l’assemblée.

Concernant les élections municipales le décret de convocation pour ce second tour sera publié au plus tard le 27 mai – pour un second tour fixé au dimanche 21 juin – et le dépôt des listes devra se faire avant le mardi suivant, soit le 2 juin. Si, pour des raisons sanitaires, le second tour ne peut avoir lieu le 21 juin, alors les élections repartiront de zéro – un premier tour et un second tour – dans les villes où le maire n’a pas été élu au premier tour. Cela arrangerait bien LREM, en passant, de redorer son image d’ici là pour peut-être refaire un premier tour…

Lors de son discours ce lundi, Macron prônait « la responsabilité et la solidarité » mais les seuls avec qui il est solidaire, ce sont les patrons et les riches !

Encore des cadeaux pour les patrons !

La principale mesure est encore de diminuer les cotisations sociales des patrons de 35 milliards d’euros, alors qu’elles ont été déjà très diminuées avec le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Cela servira encore de prétexte pour dire que les caisses de la sécurité sociale sont vides et qu’il faut privatiser les retraites comme a commencé à le faire le gouvernement avec son projet de loi. Le gouvernement s’était aussi engagé à se porter garant pour 300 milliards de prêts pour rassurer les banques. On ne connaît pas les détails mais il est sûr que ce sont les travailleurs-ses qui devront payer l’addition, comme après la crise de 2008, en rognant encore sur les services publics et aides sociales.

Les TPE pourront reporter ou étaler le paiement des loyers ou certaines factures mais là encore, peu de détails sur la mise en œuvre. C’est certain que les grosses entreprises auront encore la plus belle part.

Pour les travailleurs, l’état d’urgence c’est crever au boulot, de l’argent et des droits en moins

Il avait été question au départ de refuser les licenciements ou rupture de période d’essai mais il n’y a aucune précision là-dessus dans le texte. Il en va de même pour le chômage partiel et son indemnisation à 100 %, nous attendons de voir ce qu’il en sera vraiment. En attendant, l’intéressement au bénéfice pourra être reporté, alors que c’est une partie de notre salaire.

Dans certains secteurs, les entreprises pourront déroger au code du travail pour nous faire travailler jusqu’à 48h par semaine et donner les repos comme il leur convient. Évidemment la formulation est suffisamment floue pour que cela concerne potentiellement tout les secteurs.

De plus, les patrons pourront utiliser nos RTT et nos comptes épargne temps pendant le confinement. Ce serait aussi possible pour les congés payés, dans la limite de 6 jours si il y a un accord d’entreprise. Mais dans plein d’entreprises, il n’y a pas de syndicat ou ceux-ci sont du côté du patron.

Le gouvernement profite clairement du virus pour casser nos droits. Pendant ce temps il dit aux gens de rester chez eux sous peine d’amende. Elles ont d’ailleurs encore augmenté : 135 euros d’amende la première fois, de 1500 euros en cas de récidive dans les 15 jours, et jusqu’à 3750 euros et 6 mois de prison en cas de multirécidive (quatre fois). Beaucoup de travailleurs sont obligés d’aller travailler dans des entreprises non vitales et risquent leur vie. Des débrayages ont lieu comme à Amazon ou à Safran et dans beaucoup d’entreprises, c’est la guerre entre le patronat qui veut continuer l’activité et les travailleurs qui luttent pour le droit de retrait. Ils considèrent bien que nos vies passent après leurs profits !

Comme à chaque crise (sanitaire, économique ou autre) les capitaliste et les gouvernements à leur service, profitent de la situation pour faire avancer leurs intérêts. Macron dit qu’on est en guerre, mais ce sont les classes dominantes qui sont en guerre. Une guerre sociale contre la classe des travailleurs. Que ce soit les patrons ou le gouvernement, nous n’avons aucune confiance dans leur gestion de la crise car ils ont prouvé, et prouvent chaque jour, que la santé des travailleurs leur importe peu. Ce qui compte pour eux, c’est la santé de leur économie c’est à dire qu’ils veulent s’assurer qu’ils pourront continuer d’exploiter les travailleurs et travailleuses « quoi qu’il en coûte ».

Arrêtons le travail dans toutes les entreprises non-essentielles pour exiger de rester chez nous avec 100 % du salaire net. Et dans les entreprises qui doivent tourner, exigeons des mesures de protection avec un dépistage systématique et une prise en charge des salarié·es contaminé·es en accident de travail. Commençons à nous organiser et discuter avec les moyens disponibles pour qu’après le passage du virus, nous redémarrions la lutte de masse pour dégager Macron et son gouvernement de meurtriers au service du capital !

Louis Matthias

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