Les Sargasses aux Antilles, pas très naturel tout cela

sargassesC’est une infection. Les plages de nombreuses îles des Antilles, mais aussi de Guyane, du Mexique… et parfois vers les côtes africaines (Cap Vert) sont envahies par des tonnes d’algues pourrissantes. Une mer qui se déplace vers le Sud ? La mer des Sargasses, du nom de ces algues brunes qui vivent sans se fixer au sol, est beaucoup plus au Nord. Mais les observations satellites effectuées par une équipe scientifique canadienne a montré qu’en fait les « radeaux » de sargasse se forment désormais dès l’embouchure du fleuve Amazone, au Brésil, nourries par les engrais utilisés dans l’agriculture intensive qui se développe grâce à la déforestation de l’Amazonie. Le réchauffement de l’eau des océans, la modification des trajectoire des courants marins fait le reste : c’est un véritable désastre écologique, sanitaire, social et économique.

Les médias s’émeuvent surtout que les belles plages touristiques sont ainsi envahies par les Sargasses ; Mais pour les habitants, c’est un problème beaucoup plus grave.

Ces algues sont toxiques et dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) quand elles se décomposent, provoquant émanations acides, et graves nausées pour les habitants. Au lycée de Petit-Bourg en Guadeloupe, il a fallu faire grève et manifester pour que les cours soient annulés. Il « tait temps, les relevé ont effectivement montré que la zone comportait une concentration d’H2S si élevée que seuls des professionnels équipés étaient autorisé à y accéder. Des plages sont inutilisables et la faune et la flore locales sont gravement touchées.

Depuis 2011 que le phénomène a pris une telle ampleur, rien n’a vraiment été fait. Ni en termes de moyens pour nettoyer les côtes, ni en terme de recherches scientifiques d’urgence. Le plan Sargasse n’a rien changé, une grande partie du nettoyage reste à la charge des communes qui n’ont pas les moyens financiers de faire face. Sans parler des pays où il n’existe même pas les services qu’on peut trouver dans les départements français.

Une fois de plus, un problème global ne peut de toutes façons pas être traité du seul point de vue local ni sans remettre en cause la course au profit. Réchauffement climatique et agriculture capitaliste sont les principales causes du désastre des sargasses qui n’en est qu’à son commencement. Et le minimum serait bien de créer une véritable équipe scientifique publique dotée de tous les moyens nécessaire pour analyser et combattre ce fléau, de même que de véritables fonds devraient être débloqués pour aider l’ensemble des zones touchées.

Par Alexandre Rouillard

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