Les privatisations.. elles reviennent!

14825706Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé d’importantes privatisations pour permettre à l’État d’investir dans les technologies de pointe. Ce gouvernement, toujours aussi condescendant vis-à-vis de nos préoccupations quotidiennes, s’apprête à reprendre la dilapidation des quelques entreprises encore publiques.

Article publié dans l‘Egalité 189
Plus de 30 ans de cadeaux au privé!

Rompant avec un XXe siècle marqué par de nombreuses nationalisations d’entreprises industrielles et financières, c’est Balladur qui ouvre le bal des privatisations en 1986. Il commence par l’industrie Saint-Gobain, puis TF1, la BNP, la Société générale, Suez… Mitterrand poursuit ensuite dans la même lignée, mais avec des privatisations partielles (pour ne pas dire cachées), par réduction de la part du capital contrôlé par l’État (Elf, Renault).

Finalement, quels que soient les gouvernements, la tendance à la privatisation n’a jamais été inversée depuis la fin des années 1980. La liste est longue : Rhône-Poulenc, les assurances UAP et AGF, Total, France Télécom, Air France, les autoroutes, EDF-GDF… Aujourd’hui, l’aéroport de Paris, la Française des jeux, les transports (SNCF et RATP) et les barrages hydrauliques sont dans le viseur.

L’impact sur notre quotidien importe peu au gouvernement qui ne voit que les recettes faites à court-terme (près de 130 milliards d’euros depuis 1986). Les pressions soi-disant faites par l’UE ne sont qu’un prétexte. La réalité, c’est que tous ces gouvernements pro-capitalistes défendent avant-tout les intérêts privés, ceux des plus riches avides de s’emparer des richesses publiques.

Des conséquences désastreuses pour les travailleurs et les usagers

C’est la poule aux œufs d’or pour les capitalistes : ils accèdent à la propriété d’entreprises développées, souvent à la pointe, avec des travailleurs formés. Les 433 barrages hydrauliques représentent un énorme coût de construction, mais sont aujourd’hui très rentables puisque déjà amortis. Total et Engie (ex GDF-Suez) espèrent rafler la mise. Mais seront-ils aussi précautionneux qu’EDF qui dépense près de 400 millions d’euros par an pour le renfort des barrages ?

Car une direction d’entreprise privée, dont la raison d’être est de faire du profit pour ses actionnaires, et non de répondre à un besoin, sera forcément plus réticente à investir ou à baisser les prix.

Ceux qui paient au quotidien les conséquences de ces politiques sont les travailleurs par la dégradation de leurs conditions de travail et les usagers par une baisse de la qualité du service et, souvent, une augmentation des prix.
Depuis l’éclatement et la privatisation partielle d’EDF-GDF en 2005, le prix de l’électricité a augmenté de 30 % et celui du gaz de 80 % !

Rappelons aussi les effets catastrophiques de la privatisation de France Télécom (devenu Orange) qui a conduit à un « management par la peur » et une grande vague de suicides entre 2008 et 2010 (60 suicides en 2 ans !). Les plaintes entre clients et opérateur ont encore augmenté de 8 % en 2017. La France était à la pointe pour le câblage haut-débit, elle ne l’est pas du tout pour la fibre, car les opérateurs refusent de financer son installation sur 40 % du territoire (pas assez rentable !).

Pour un service public développé, de qualité et accessible à tous!

Macron fait face à la résistance des travailleurs, dans de nombreux secteurs publics : contre les réformes préparant aux privatisations, pour plus de moyens, plus de postes… Et les usagers soutiennent largement ces luttes :cheminots, hôpitaux, lycées… Ce n’est qu’en évinçant tout intérêt privé que nous pourrons développer des services publics de qualité. Nous devons lutter, travailleurs et usagers ensemble, pour nationaliser les secteurs clés de l’économie et mettre en place une gestion planifiée et démocratique qui vise la satisfaction des besoins de tous. Et cette lutte commence aujourd’hui aux côtés des cheminots en grève !

Par Rachel

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