Les patrons du transport routier ont du souci à se faire !

P1D3171223GLundi 3 avril, une grève inédite a eu lieu dans 7 filiales d’E.B.Trans, groupe français de transport routier de matières dangereuses. 500 salariés se sont mobilisés sur les 1800 en France. La revendication commune concernait la tentative de la direction d’imposer les 169h pour les nouveaux embauchés alors que les contrats en cours sont à 185h. Si cela paraît énorme, c’est en tout cas par ces garanties horaires que les salaires sont maintenus dans cette branche. Les passer à 169h représente donc un danger immédiat car il n’est évidemment pas question pour la direction d’augmenter le taux horaire en compensation. C’est donc un moyen de dumping social pour elle. Article publié dans l’Egalité 183

Fait marquant, les salariés se sont aussi mobilisés en solidarité avec ceux de deux autres filiales : Goubet et SNAT Fournaire, menacées de liquidation artificielle.

Le mouvement a continué jusqu’au jeudi 6 avril, sur des revendications spécifiques à chacune des filiales, alors que la direction avait finalement reçu le 5 avril une délégation intersyndicale pour sortir de ce conflit – qui a sans aucun doute pesé économiquement, mais aussi moralement, sur le groupe et sa direction. Le siège européen se trouve au Luxembourg : une forte présomption « d’optimisation fiscale » plane au dessus de lui. D’ailleurs, les filiales sont en procédure pour faire instituer un comité central d’entreprise qui permettra aux salariés de savoir s’ils sont spoliés, entre autres, de la participation aux bénéfices, d’autant plus que le groupe ne veut pas de cette instance. Finalement, les 169h sont compromises ainsi que les liquidations.

D’autre part, le 18 avril, une journée nationale d’actions dans les transports était organisée par la fédération CGT des transports. Malgré un flop retentissant, un fait remarquable a surgi : les conducteurs parisiens d’hydrocarbures se sont mobilisés dès le lendemain en bloquant plusieurs dépôts d’Île-de-France pour réclamer l’augmentation du taux horaire (de 10 € à 14 € !), la journée plafonnée à 10h, un suivi sanitaire annuel obligatoire, un 13e mois conventionnel. Ce mouvement s’est arrêté aussi vite qu’il avait commencé par manque d’organisation à un niveau plus étendu, sans pouvoir discuter avec les autorités. Néanmoins, le totem des garanties contractuelles d’heures pourrait laisser place, dans la branche, à la revendication de l’augmentation générale des salaires.

Le patronat routier a de sérieux soucis à se faire malgré toutes les largesses que leur ont accordé les différentes lois Macron. À suivre !

Youri Ligotmi

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