Les Gilets Jaunes ouvrent la brèche pour dégager Macron

Manif GJ champs 23 fev

Les Gilets jaunes sur les Champs Élysées le 23 février

Le mouvement des Gilets Jaunes a permis de révéler une vraie révolte contre Macron. Jusqu’à présent, le mouvement a été alimenté par l’énergie des participants et leur rage pour changer la société. Cela a ébranlé le gouvernement, mis la panique dans les médias au service du capitalisme. Macron a du lâcher un peu, mais on voit bien que cela n’est pas suffisant pour réellement mieux vivre. Macron multiplie les manœuvres, espérant un essoufflement de la colère. Il faut donc élargir la lutte à l’ensemble des jeunes et des travailleurs, pour une lutte et une grève toutes et tous ensemble. Macron a reculé, mais il essaie de nous arnaquer. Comme pour le gel de la hausse des tarifs de l’électricité par exemple : elle sera rattrapée avec une augmentation de 5,9 % au printemps.

Le grand bla-bla national

Pour tenter de faire croire qu’il « agit », Macron a lancé le grand « débat » national qui n’est en fait qu’une nouvelle facette de l’arnaque. Dès le lancement, les maires qui ont assisté à la première soirée de « bla-bla » avec Macron étaient déjà tous sélectionnés, ils étaient tous proches d’En Marche, du PS ou de droite, et les télés au service du système ont fait le reste pour assurer la promotion de Macron. Avec les élections européennes qui arrivent très vite en mai, Macron s’organise une nouvelle tribune aux frais de la population et fausser les élections.

De plus, il l’avait dit dès le début : certains sujets comme l’ISF, vous pouvez en discuter si cela vous chante, mais on ne bougera pas là-dessus. Bref on peut discuter, mais ça n’aura absolument aucun effet sur tous les sujets qui sont au cœur des revendications des Gilets jaunes : justice fiscale, augmentation des salaires, abrogation de la CSG ou de la TVA, embauche de fonctionnaires… ! Seulement 27 % des gens disent qu’ils veulent participer au Grand bla-bla.

Dans certains endroits, des groupes de Gilets Jaunes en ont profité pour continuer à préciser leurs revendications, intervenir dans les débats sans se laisser avoir par le brassage de vent organisé par Macron, ce qui est une bonne chose. Pour être plus efficaces, il faut mieux s’organiser, avec des comités démocratiques de GJ et leurs soutiens qui puissent décider ensemble puis se coordonner à une échelle plus large. C’est ainsi que le mouvement pourra être plus fort et plus homogène.

Continuer de faire grandir le mouvement

Les médias capitalistes, qui appartiennent tous de près ou de loin aux amis milliardaires de Macron, essaient de nous présenter comme stupides, complotistes, violents, sauvages. Pourtant le mouvement bénéficie toujours de 58 % de soutien dans la population. Ces 58 % sont bien le reflet d’une lame de fond qui traverse les couches opprimées de la société, qui commencent à relever la tête pour exiger la justice, et une vie décente pour tous. Pourtant, trois mois après, le mouvement n’implique pas plus largement. Les difficultés à se coordonner et à décider collectivement n’ont pas permis plus de clarification politique au sein du mouvement, sur son programme, sauf dans quelques régions où des Assemblées générales ont été créées pendant le premier mois de mobilisation. Dans certains endroits, des actions communes ont été faites avec les syndicats et les travailleurs devant leurs entreprises, comme à Amazon Montélimar.

Mais ça ne suffit pas, car c’est à l’échelle nationale, qu’il faut une lutte commune. Il faut donc que les syndicats de lutte se joignent réellement à la mobilisation, y appellent, et que les assemblées de gilets jaunes invitent les syndicats à venir discuter et agir ensemble.

Les travailleurs à l’offensive

Le mardi 5 février, à l’appel des GJ, de la CGT et des syndicats combatifs, des centaines de milliers de travailleurs, gilets jaunes ou pas, ont fait grève et ont manifesté dans tout le pays pour demander des hausses de salaire, défendre les services publics… et continuer le mouvement contre Macron. C’est une étape qui vient tardivement mais qui est un grand pas en avant et qui montre la suite ! Une nouvelle journée de grève a été appelée pour le 19 mars. Dans nos syndicats, sur nos lieux de travail (et d’étude), défendons la nécessité d’une grève active, totale, qui ait pour objectif de bloquer totalement le pays et de paralyser l’économie. Cela jouerait un rôle décisif pour faire reculer Macron et gagner sur nos revendications.

Il est maintenant du devoir des syndicats de lancer une véritable campagne, active et combative, dans tous les lieux de travail et les services publics pour se battre maintenant pour des hausses de salaire, des emplois stables et de meilleures conditions de travail. Les grèves se multiplient et les patrons sont très inquiets de cela ! Une telle campagne pourrait lier toutes ces luttes qui ont lieu en ce moment, mais encouragerait aussi les millions de travailleurs qui soutiennent les GJ et se retrouvent dans les revendications à entrer en lutte eux aussi. Non seulement pour défendre leurs propres conditions de vie et de travail, mais aussi toutes les revendications visant à changer la société.

La Gauche Révolutionnaire revendique :

  • un salaire minimum à 1800 € et une hausse des pensions pour pouvoir vivre décemment
  • des prix contrôlés et fixés démocratiquement par des comités élus de travailleurs : assez que de grandes entreprises capitalistes se gavent sur notre dos
  • le refus des nouvelles attaques du gouvernement sur la Santé, l’Éducation, les chômeurs…
  • l’abrogation de la TVA, de la CSG et de toutes les taxes injustes, le retour de l’ISF et un impôt très fortement progressif
  • la nationalisation de l’ensemble du système bancaire et des plus grandes entreprises (énergie, distribution et commerce, transports…), pour leur gestion et leur contrôle démocratiques par les travailleurs et la population

Il y a un avant et un après Gilets Jaunes. La crise politique va continuer de s’aggraver. Déjà les Gilets jaunes ont inspiré des millions de travailleurs à se révolter – et pas qu’en France. Des mouvements comme les « gilets roses » (puériculture) ou « stylos rouges » (éducation) ont commencé à voir le jour. Une grande partie de la population regarde très sérieusement la situation et se demande comment mettre un terme à la dictature des ultra-riches et des capitalistes sur la société. Les Gilets Jaunes ont ouvert une réelle brèche pour une implication bien plus grande de la classe ouvrière et de la jeunesse dans la lutte contre Macron et le capitalisme.

C’est un moment historique et le besoin d’une révolution est présent dans la situation. Parce qu’il y en a assez de la dictature de l’exploitation, des inégalités, de la pollution, du sexisme, du racisme et de l’injustice. C’est le capitalisme qui entraîne tout ça et ce n’est qu’une véritable révolution qui pourra le renverser. La Gauche Révolutionnaire se bat pour une telle révolution, qui mette en place une société où l’ensemble des moyens de production sont nationalisés, en propriété publique et démocratique, qui fonctionne selon les besoins non plus pour faire des profits : cette société c’est le socialisme. Rejoignez-nous pour devenir actif et mener ce combat avec nous.

Cécile Rimboud & Alex Rouillard

Share Button