Le mouvement des Gilets jaunes a montré la faiblesse de Macron. C’est le moment pour lutter tous ensemble!

P3 1er dec rouenMacron n’arrive pas à éteindre l’incendie qu’il a pourtant lui même déclenché. Chaque semaine depuis le 17 novembre, des actions et manifestations massives des gilets jaunes ont lieu partout. Et pas seulement là où quelques vitrines cassées font le jeu des médias du système. Dans des centaines de lieux, les travailleurs et les retraités qui composent l’écrasante majorité du mouvement se retrouvent, discutent, réaffirment leur fraternité et leur solidarité. Et à chaque fois, ils rappellent ce qui est au cœur des constats du mouvement : le trop bas niveau de vie, la démocratie qui n’existe pas, les privilèges des riches… Un tel mouvement est un encouragement pour entrer toutes et tous en lutte contre la politique de Macron mais aussi contre le grand patronat, pour arracher des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail.

Article publié dans l’Egalité 194

Si la lutte des gilets jaunes dure aussi longtemps, c’est qu’elle est l’expression d’une colère et d’un ras le bol profonds de millions de personnes contre cette dictature des ultra-riches. Et tant que cette politique durera, le malaise ne va pas cesser. Mais en tant que mouvement qui ne s’appuie pas sur une grève de masse des travailleurs, la lutte des gilets jaunes ne peut guère aller plus loin. Même si elle annonce certainement une prochaine vague de luttes, elle ne peut être le seul déclencheur ce cette vague. C’est aux travailleurs, particulièrement les syndicalistes, aux jeunes, que revient la responsabilité de préparer, de construire cette vague, avec comme objectif une véritable grève générale contre Macron, sa politique, et les grands patrons.

Nos revendications de lutte

Dans de très nombreux endroits, les gilets jaunes défendent des revendications qui normalement sont celles de tout syndicat qui défend réellement les travailleurs, tout comme ils expriment les aspirations d’une écrasante majorité de la population avec de nombreux textes, tracts, appels communs avec les syndicats de lutte. Récemment, le porte parole d’une partie des gilets jaunes de Rouen, F. Boulo, a résumé cela dans une proposition de « charte commune des gilets jaunes » qui a été signée, à ce jour, par 75 000 personnes. Elle rappelle à la fois le refus des discriminations, la défense de nos libertés publiques, la volonté que soit menée une politique pour les 99 % de la population et non les 1 % les plus riches. Elle exige aussi la hausse des salaires, des allocations, le refus des privatisations… Elle demande une vraie démocratie et donc la possibilité du « référendum citoyen » (RIC) mais sans en faire la solution miracle, ce qui est l’erreur de certains groupes de gilets jaunes. Bien évidemment, on est pour le RIC, mais ce n’est pas ce qui va améliorer immédiatement les conditions de vie et de travail. Et pour cela, il y a urgence.

S’attaquer aux vrais responsables

Les 40 premières multinationales françaises vont annoncer un chiffre de profits équivalent à 2017, qui était de 93,4 milliards d’euros. Ces profits qui sont accumulés grâce au gel des salaires, à l’augmentation de la charge de travail. Voilà ce qui doit être la cible commune aux gilets jaunes et aux syndicats. Le mouvement des gilets jaunes peut jouer un rôle pour développer une vague de grève. À l’image de Mai 68, c’est bien la grève générale qui permet réellement de montrer la force de la classe des travailleurs, sans qui rien ne fonctionne ni n’est produit. Le débouché du mouvement initié le 17 novembre doit prendre la forme d’une grève de masse, que nous devons toutes et tous préparer et discuter.

Construire la grève générale

Cela doit être au cœur des débats, manifestations et actions du printemps. Multiplier les assemblées, faire se rencontrer toutes celles et tous ceux qui luttent, avec ou sans gilet jaune, soutenir les luttes et les grèves en cours, distribuer des tracts dans les entreprises, réaffirmer les revendications communes, utiliser des dates de grève centrales comme le 19 mars pour en faire des pas vers une véritable grève générale.

La plus grande crainte de Macron et du patronat, c’est que des millions de travailleurs, du secteur public comme du privé, se rassemblent dans la grève, et que la jeunesse y participe ainsi que les retraités. Macron est affaibli, un front de lutte unissant grèves et manifestations, avec la même détermination qu’ont montrée les gilets jaunes à manifester contre le président des riches et sa politique, peut et doit se construire dès maintenant. Chacun peut jouer un rôle actif, s’organiser, construire la solidarité. Une victoire contre Macron est à notre portée.

Par Alex Rouillard

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