La grève gagne la régularisation de dizaines de travailleurs

IMG_20191003_124138_resized_20191004_102143100A Paris et en proche banlieue, ce sont des dizaines de travailleurs de 12 entreprises différentes qui se sont mis en grève le 1er octobre dernier. Ils sont tous syndiqués à la CGT depuis quelques mois et préparent cette action de grève coordonnée avec leur syndicat. Les 130 grévistes exigent de pouvoir travailler légalement et dignement. En effet, les patrons qui les emploient savent pertinemment que les travailleurs sans-papiers constituent une main d’œuvre dont ils peuvent tirer encore plus de profits car ils ont moins de possibilité de protester et sont plus vulnérables. À la Terrasse de Pomone, un snack très chic et très cher en plein milieu du Jardin des Tuileries, les camarades grévistes nous ont décrit leurs conditions de travail. « On peut travailler 15h par jour, six jours sur sept. On n’a pas de vies. C’est vraiment de l’exploitation. On touche 1400 € pour ça ! Qui voudrait travailler dans des conditions pareilles ? » Les heures supp’, si on peut les appeler ainsi, sont (parfois) payées en liquide et non déclarées. C’est du vol ! Alors que dans ce resto le moindre hot dog coûte 11 € !

Les autres piquets de grève décrivent des conditions de travail similaires. Les amplitudes horaires énormes, le pass Navigo pour prendre le métro non remboursé… Dans les agences d’intérim du BTP c’est carrément la mafia. À l’agence « Cervus » à Levallois, le patron a causé lui-même un tapage nocturne pour faire évacuer le piquet la nuit par la BAC… avant de disparaître tout bonnement le lendemain. Un véritable patron voyou.

La solidarité est très active et lorsqu’un piquet est levé, les grévistes vont soutenir ceux qui restent. A l’heure où nous écrivons cet article, la quasi-totalité des patrons sur les 12 piquets a cédé sous la pression de la grève et les dossiers de régularisation sont partis en préfecture. La grève a été un succès non seulement pour les grévistes, mais aussi contre tous les patrons voyous et racistes qui volent la force de travail de travailleurs particulièrement vulnérables et les surexploitent pour faire des profits. C’est une victoire pour tous les travailleurs.

Cécile Rimboud

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