Journée mondiale de soutien à la résistance de Kobané le samedi 1er novembre 2014 ! Face à la barbarie de Daesh, vive la résistance de Kobané !

index9La résistance des combattants de Kobané contre les barbares de Daesh est héroïque et doit nous inspirer tous et toutes. Elle rejoint les luttes de millions de personnes qui, de par le monde se battent contre l’oppression, la guerre et la barbarie. 

C’est dans des conditions extrêmement difficiles que les groupes de combattants et de combattantes, et le principal d’entre eux les Unités de défense populaire/unités de défense féminine (YPG/YPJ) ont réussi la prouesse de stopper la progression de Daesh alors que les  impérialistes, USA et européens, étaient en pleine panique et n’avaient aucune solution mis à part des frappes aériennes sans réelle efficacité.
Et aujourd’hui encore, la résistance de Kobané doit non seulement combattre Daesh mais aussi se défier des manœuvres au sein de la pseudo «coalition» formée par les USA, la France et d’autres pays impérialistes avec les puissances réactionnaires locales telles que la Turquie, l’Arabie Saoudite, et d’autres pays du Golfe. La Turquie et certains Etats du Golfe ont une responsabilité directe dans la progression de Daesh que ce soit pour affaiblir le régime du dictateur syrien Al Assad ou pour affaiblir la guérilla kurde et les YPG/YPJ.  C’est loin de la fable servie par les médias d’un Daesh (improprement nommé Etat Islamique, ce qui provoque à juste titre le dégout de centaines de millions de musulmans de part le monde) qui se serait financé en pillant des banques. Les centaines de millions de dollars nécessaire à son équipement et à l’entretien de ses troupes sont venus d’Etats qui avaient un intérêt à aider Daesh.
D’ailleurs, la Turquie refuse toujours qu’un corridor humanitaire soit mis en place vers Kobané alors que la ville n’est qu’à 4 km de la frontière. Et les médias nous ont présenté comme une grande prouesse le largage d’une vingtaine de colis médicaux et militaires sur une des positions tenues par les YPG/YPJ alors qu’il serait très simple et beaucoup plus sûr de faire passer une quantité bien plus grande de matériel par la route.
C’est parce que Kobané résiste et que dans le monde entier de nombreuses manifestations de soutien ont eu lieu et vont encore avoir lieu que les différentes forces de la «coalition» sont obligées de faire quelques gestes pour la résistance de Kobané, mais ce sont des gestes très limités.
En effet, ce que ne veulent surtout pas ni la «coalition», ni la Turquie, ni même les forces s’opposant à Al Assad (l’Armée syrienne libre, qui n’a de libre que le nom, et le Front Al Nosra qui est la branche syrienne d’Al Qaïda), c’est une victoire éclatante de la résistance de Kobané, et notamment des YPG/YPJ, car celle-ci montrerait d’une part que les peuples de la région n’ont pas besoin qu’on lutte à leur place et qu’ils peuvent le faire pour peu qu’ils soient équipés, et d’autre part, cela obligerait les mêmes forces à reconnaître les revendications démocratiques et sociales des peuples de la région.
Guerre et révolution
Les résistants de Kobané luttent depuis bien plus longtemps que ce qu’en disent les médias. Dès l’été 2012, ils se sont écartés de l’ASL et de la Coordination Nationale Syrienne (l’opposition) parce que ces dernières défendent un projet d’Etat Syrien ne reconnaissant pas les droits démocratiques et culturels des minorités. D’autre part, les militants des YPG/YPJ, branche armée du Parti d’union démocratique (Le PYD) défendent un programme certes limité mais qui ne se contente pas d’exiger la démocratie mais lui donne un contenu social (services publics, égalité homme-femme, séparation de l’Etat et des religions….). Malheureusement le PYD (qui est très lié au Parti du travail du Kurdistan, le PKK) ne défend plus ouvertement le projet du socialisme qui reste la seule manière d’établir une société réellement démocratique, permettant à tous et toutes de vivre ensemble et satisfaisant les besoins sociaux de la population. Mais la lutte va néanmoins dans ce sens. L’insurrection du Rojava (la région qui entoure Kobané) a ainsi été marquée par la mise en place de comités dans les quartiers, d’organisation de services publics etc.
Comme durant la guerre d’Espagne où dans les régions libérées par les révolutionnaires espagnols, une répartition des terres et une organisation démocratique de la production tentaient de se mettre en place. C’est ce modèle-là que les réactionnaires de Daesh, du gouvernement Assad en Syrie, de celui d’Erdogan en Turquie et les impérialistes ne veulent surtout pas voir se développer car il est une remise en cause de leurs prérogatives sur la région et de leurs menées guerrières. Mais c’est précisément parce qu’ils défendent ce modèle-là, et qu’ils ont compris qu’il fallait être aux côtés de toutes les minorités que les résistants de Kobané ont tout le soutien de la population du Rojava et par delà de millions de personnes dans le monde entier.
Biji Berxwedana Kobane ! Vive la résistance de Kobané !
Alors que l’armée officielle irakienne se désagrégeait devant l’avancée de Daesh, que la plupart des troupes kurdes sous contrôle des chefs corrompus du «Kurdistan» ont également fui et laissé les populations non arabes et/ou non musulmanes seules, et que les principaux dirigeants réactionnaires chiites multipliaient les appels sectaires au massacre des sunnites, les combattants des YPG/YPJ ont organisé un corridor pour permettre à des centaines de milliers de Yézidis, de Syriaques, d’Arabes,  et de tant d’autres minorités d’échapper aux actions monstrueuses de Daesh.
Il est dommageable que les dirigeants du PYD et du PKK cherchent de plus en plus à être acceptables auprès de l’ONU et des impérialistes car ces derniers n’ont que des calculs économiques et géopolitiques en tête et ils répètent régulièrement que Kobané ne fait pas partie de leur stratégie. Ce qui les intéresse, c’est de vaincre Daesh mais en ayant à la place un gouvernement à leur botte qui leur permettra de contrôler la région, son gaz et son pétrole, jusqu’à ce qu’un nouveau phénomène comme Daesh surgisse et justifie une nouvelle guerre. D’ailleurs, ils se refusent à retirer le PYD et le PKK de la liste des organisations «terroristes».
Si réellement les impérialistes s’inquiétaient du sort de Kobané et des peuples de la région, ils livreraient des armes sans condition. Ils refusent de le faire car ils préfèrent une situation de guerre au potentiel révolutionnaire d’une victoire de la résistance de Kobané qui défend une société égalitaire et démocratique.
Les organisations qui soutiennent la résistance, qu’elles soient kurdes ou autre, trouveront un soutien bien plus sûr en s’adressant aux organisations ouvrières, en mettant en avant un programme réellement socialiste et démocratique, qui montre aux peuples de la région qu’ils peuvent eux aussi entrer en lutte, s’organiser autour d’un programme de résistance socialiste, défendant les droits démocratiques de toutes les minorités, et notamment des kurdes, y compris le droit à disposer de leur Etat, au sein d’une confédération socialiste et démocratique de la région.
Cette lutte, des millions de travailleurs, de jeunes, de petits paysans de Turquie, d’Irak, de Syrie et des autres pays, peuvent la mener ensemble. Les organisations qui luttent à Kobané et celles qui les soutiennent de par le monde doivent avancer une telle orientation en toute indépendance des impérialistes.
Multiplions et amplifions les manifestations de solidarité avec la résistance de Kobané !
Retrait du PKK et du PYD de la liste des organisations «terroristes» !
Pour une lutte révolutionnaire de tous les peuples de la région contre Daesh et les impérialistes !
Pour une société socialiste et démocratique, basée sur la propriété publique et la gestion démocratiques des ressources et des moyens de production !
Vive la résistance de Kobané !
Alex
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