Hollande-Valls : 100 % capitalistes

le havrePlus le mouvement continue, plus les dirigeants du parti dit « socialiste » reprennent exactement le langage des gouvernements de droite que ce soit celui de Sarko en 2010, de Juppé en 1995 ou de De Gaulle en 68. « Ce n’est pas une centrale syndicale qui fera la loi » a dit le premier secrétaire du PS, Cambadélis. Sapin, le ministre de l’économie, dit que les « actions de blocage sont illégitimes ». Le PS et ses alliés ont perdu toutes les élections depuis 2012. Hollande n’est plus qu’à 13 ou 14 % d’opinions favorables dans les sondages et ce serait les luttes qui seraient illégitimes ?

Article tiré du Supplément à l’Egalité spécial « Anti loi Travail » #2 publié le 26 mai 2016

Ph Martinez, le secrétaire général de la CGT, a raison quand il dit que ce gouvernement cherche à «casser les grèves» avec les mêmes méthodes que Sarkozy : des flics partout. Quant aux déclarations de Valls sur la « démocratie » et le «dialogue», alors qu’il ne met en pratique ni l’un ni l’autre, il n’y a que deux possibilités : ou bien c’est un menteur, ou bien… ah non, en fait il n’y a qu’une possibilité.

Crise au sein de la politicaillerie

Le FN ne sait plus quoi dire. Il critique la loi El Khomri alors qu’elle est en accord avec son programme qui consiste à favoriser les accords d’entreprises au détriment des protections collectives (accords de branche ou code du travail). Il attaque évidemment la CGT mais sans aller si loin qu’en 2010, quand il avait traité de « voyous » les grévistes des raffineries mais il n’en pense pas moins. le FN est toujours pour limiter fortement le droit de grève et même le supprimer dans des secteurs comme l’Education ou les universités.

La droite, elle, est obligée de soutenir Valls, du moins en réclamant une intervention policière forte. Ils essaient d’exiger une attitude plus dure, Sarkozy demandant une obligation pour les travailleurs des raffineries de travailler par la réquisition, ou encore, pour certains, la dissolution des Nuits Debout. Parce qu’évidemment, se rassembler sur une place pour discuter, ça doit être prendre des pavés en otage…

Mais en fait, tout ce beau monde a peur, et les journalistes au service du système ne savent plus quoi relayer pour tenter d’éteindre l’incendie que les politiques capitalistes ont préparé depuis des années. A leur grande terreur, les sondages montrent toujours un soutien populaire énorme à la mobilisation, même aux blocages des dépôts de carburant.

A la limite, c’est à gauche du PS que la voix n’est pas assez forte. Les pseudo frondeurs se sont révélés à peine grogneurs. Ils ont été incapables de voter la motion de censure qui aurait stoppé le 49-3 et la loi « travail ». La palme de la mauvaise foi revenant au chef de file de la pseudo gauche du PS, B. Hamon, qui a dit qu’on ne pouvait voter la motion de censure de la droite car Sarkozy ce serait pire que Valls. La blague ! C’est bien Valls qui est premier ministre, et c’est bien de la politique actuelle dont on parle et non de celle que fera la droite dans un an. D’autant que Sarkozy (ou Juppé ou Fillon) bénéficieront complètement d’une éventuelle victoire de Valls (s’ils passent en 2017) pour leur propre politique.

Ces frondeurs sans fronde ni pierre sont tellement couards qu’ils n’ont même pas eu le courage de présenter une motion de censure de gauche de peur de ne pas avoir l’investiture du PS aux législatives de juin… 2017. Mauvais calcul, car de toutes façons, il n’y aura pas grand monde pour voter pour le PS en 2017. Il suivra la destinée du Pasok (le PS grec) qui a quasiment disparu, y compris sa pseudo aile gauche, après avoir fait la politique ultralibérale qui a plongé la Grèce dans une misère sociale effroyable.

Le PCF cherche à « peser sur les débats à gauche » avec une partie des autres morceaux du Front de Gauche, désormais mort, des écologistes et quelques élus PS un peu dissidents. Quand on est dans une confrontation directe avec un gouvernement qui agit comme un mercenaire du capitalisme, on espérerait un peu plus de radicalité dans les objectifs.

« L’appel des 100 » résume cette approche qui est en fait à peine majoritaire au sein du PCF lui même ; le texte du secrétaire général, P laurent, n’a en effet recueilli que 51 % des votes des militants en préparation du congrès du parti en juin. Et les signataires de « l’appel des 100 » sont, pour beaucoup, des gens élus grâce à des alliances de second tour avec le PS de Valls et Cambadélis dans les différentes élections qui ont eu lieu ces 3 dernières années… Construire une opposition de gauche aux politiques menées par le PS et refuser tout accord avec lui reste un point central de toute nouvelle force politique.

Mélenchon prédit la «chute du gouvernement» avant l’été mais il se garde de bien de dire comment se fera cette chute. Il ne s’est pas prononcé en faveur d’une grève générale (ni même d’une généralisation des grèves et des luttes). En fait, il dénonce facilement (et souvent de manière efficace) les magouilles du PS et celles des faux frondeurs. Mais il n’est capable de réellement avancer des propositions constructives pour la lutte, et pour les milliers de syndicalistes de base. L’élection présidentielle, dans un an, sera un moment important mais ce n’est pas cette élection qui changera la situation politique, c’est bien le rapport de force qui se construit dès maintenant entre les travailleurs et la jeunesse d’un côté, et les capitalistes et leurs serviteurs de l’autre.

Et si Mélenchon sera peut être le candidat le plus rassembleur en 2017 pour dénoncer le PS, la droite et le FN, ce n’est pas suffisant. Nous manquons toujours cruellement d’une véritable force politique de masse dans laquelle les jeunes et les travailleurs pourraient s’organiser et défendre ensemble leurs intérêts. Il nous faut la construire et en discuter dès maintenant.

Valls-Hollande et leur politique : on n’en veut plus !

Hollande prétend que « la France va mieux ». Les 1,2 millions de chômeurs supplémentaires depuis 2012 lui en sont reconnaissants. Les gens comme lui vivent dans un autre monde, dans le petit vestibule réservé aux politiciens, comme des bons domestiques de la bourgeoisie. Les nobles en fin de règne, en 1789, avaient cru pouvoir poursuivre leur vie de privilèges et d’intrigues de cour sans encombres, mais le peuple était venu rappeler son existence, et la Bastille fut prise…

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