Grèves victorieuses des facteurs à Rouen et Lisieux

Rassemblement des postiers dans l'Orne

Rassemblement des postiers dans l’Orne

Les dirigeants de la Poste continuent leur guérilla contre les conditions de travail des postiers. Le but est de pouvoir imposer de plus en plus de charge de travail tout en maintenant les salaires assez bas. Cela donne lieu à des « réorganisations » successives, accompagnées de suppressions d’emploi, (66 000 entre 2004 et 2014, le plus vaste plan de suppression jamais organisé) et dans le même temps, la Poste a engrangé 660 millions d’euros de bénéfices en 2013.

De Lisieux à la Côte Fleurie en passant par Alençon

Là, il s’agissait d’obliger les facteurs à allonger leur « pause méridienne », la pause du midi, déjà fixée à 20 minutes en la faisant passer à 45 minutes, non payées ! Pourquoi allonger la « pause midi », pour évidemment faire effectuer des tâches l’après midi, une sorte de temps de battement que connaissent trop bien certaines professions de livreurs et qui allonge la semaine de travail de plusieurs heures tout en maintenant les salaires très bas. Lancée à une échelle régionale par une intersyndicale FO-CFTC-CGT-SUD, la grève s’est rapidement étendue sur les départements de l’Orne et du Calvados et a obligé la direction à reculer rapidement devant les taux de grévistes (100 % dans certains bureaux). Dans la plupart des centres, un accord a été signé qui maintient une pause méridienne de 20 minutes. Il reste néanmoins des centres en grève comme à Flers, et il est dommage qu’une intersyndicale régionale (ce qui est une très bonne chose et devrait inspirer au niveau national) n’ait pas obtenu un accord régional.

Rouen et Petit Quevilly en grève

Désormais réunis sur un même site, les facteurs de Rouen et de Petit-Quevilly se sont retrouvés au coude à coude contre une nouvelle attaque de la direction (qui avait pourtant promis, en 2014, qu’il n’y aurait pas de réorganisation durant « au moins deux ans »).

Elle a essayé d’imposer des sécabilités de tournées de manière chiffrée. La sécabilité, c’est ce qui permet à la Poste de distribuer des morceaux de tournée de postiers absents aux facteurs présents, ce qui allonge leur temps de travail, le kilométrage parcouru, et le poids du courrier transporté, et sans compensation salariale… Vouloir un certain nombre de semaines de sécabilité chiffrée sur l’année permet à la direction de diminuer encore plus les perspectives d’embauche et surtout de faire d’importants gains sur le dos (et les jambes) des facteurs.

En septembre, la direction parlait de 30 semaines sécables mais craignant une réaction très colérique des postiers, elle a finalement voulu en obtenir 16. La grève ayant été bien suivie le 25 février et reconduite le 26, animée principalement par les militants CGT, la direction a reculé, signant un accord avec 11 semaines de sécabilité, soit à peine plus que ce qui est déjà en cours. Autrement dit, un coup pour rien pour la direction et une grève qui renforce et donne le moral aux postiers.

Sachant le nombre de grèves locales sur les mêmes sujets (dans le Doubs, le Lot etc.), il reste plus qu’étonnant que les deux principaux syndicats à la Poste (SUD et CGT) ne proposent pas une initiative nationale dans toute la Poste et contre les réorganisations, synonymes de suppressions d’emplois et de dégradation des conditions de travail.

Alex

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