Grève chez SNAT Fournaire, un parfum de victoire

snatSNAT Fournaire est une entreprise de transports de matières dangereuses en citernes située à Grand-Couronne au sud de Rouen. Elle a deux agences (Rouen et Paris) et plusieurs collectifs disséminés dans le nord et le centre, pour un total de 200 salariés. C’est une des 17 filiales transport du groupe E.b.trans, groupe dont le chiffre d’affaires était de 375 millions € en 2015 avec un résultat net de 1 million € et un taux de rentabilité de 12%. Il est dans le top 3 des opérateurs transport MD (Matières Dangereuses) en France et opère partout en Europe avec des filiales étrangères.

La grève a débuté dimanche 10 à 22h sous l’impulsion de la CFDT, majoritaire dans la boîte, rejointe par la CGT et FO dès le lundi matin. La revendication maîtresse était une augmentation de 3%. Très vite, les salariés du dépôt rouennais ont fait bloc et ont reconduit la grève pendant 5 jours faisant de cette grève leur grève, avec la journée de mercredi qui s’est intensifiée car notamment les conducteurs de Gennevilliers les ont rejoints dès 4h du matin. Cependant, le manager général est venu très vite proposer à ceux-ci une hausse du taux horaire afin que l’entreprise redevienne attractive (sic) car, depuis la grève des conducteurs MD parisiens en mai soutenue par la seule CGT, plusieurs transporteurs avaient dû augmenter leurs taux horaires, laissant ainsi SNAT Fournaire parmi les derniers sur la place de Paris.

Mais les salariés de Rouen n’ont pas baissé les bras et ont finalement fait une proposition de sortie de conflit jeudi sur des hausses globales (salaires, frais) et la garantie que leur prime annuelle ne serait pas touchée. La direction aux abois a accepté et a convoqué les syndicats en NAO ce jour. Dans un groupe où l’unification des filiales mûrit lentement depuis 5 ans, SNAT Fournaire faisait figure de retardataire car peu de salariés avait suivi la grève commune d’avril sur des revendications qui pourtant les concernaient directement. Force est de constater maintenant que les salariés du groupe entier peuvent maintenant imposer des choses tous ensemble.

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