Les grèves au Brésil démontrent la force des travailleurs contre les réformes de Temer

Manifestation à Sao Paulo

Manifestation à Sao Paulo

Le 28 avril, la classe ouvrière au Brésil a montré sa force et sa capacité de mobilisation. Une grève de 24 heures a été appelée de façon unitaire par toutes les centrales syndicales du pays contre la réforme du Code du travail et la réforme du système de retraites du gouvernement du président Temer. Respectivement, 64 % et 71 % de la population y sont opposés.

Cette grève a été la plus large mobilisation des travailleurs et du mouvement syndical des dernières décennies. Entre 35 et 40 millions de travailleurs ne sont pas allés sur leur lieu de travail le 28 avril. Il s’agit de millions de travailleurs des transports, des industries, du système financier, de la poste, de l’éducation et des services publics qui ont paralysé leurs activités.

Article publié dans l’Egalité 183

D’autres qui ne sont pas organisés dans les syndicats mais dans les mouvements sociaux, comme le mouvement des travailleurs sans toit, se sont mobilisés dans les rues pour bloquer les accès dans les grandes villes. Même si l’aspect le plus important de cette journée a été la paralysie dans les lieux de travail, il y a eu aussi des manifestations avec des centaines de milliers de manifestants dans plusieurs villes. Ce mouvement a exprimé de façon très claire le potentiel de la classe ouvrière dans la lutte contre les attaques de Temer, qui a un taux d’approbation de 9 % seulement.

En conséquence de ce mouvement, Temer a une situation chaque fois plus défavorable à la Chambre des députés et au Sénat. Il a donc dû reculer sur certains points de la réforme du système de pensions et accélérer le vote sur la réforme du code du travail. Même en faisant ça, il pourra être obligé de retirer les réformes complètement. La bourgeoisie espère que Temer soit capable d’imposer les attaques aux travailleurs. S’il retire ses réformes, il n’a pas de raison pour rester président… Et il pourra tomber. S’il tombe, les sondages indiquent que 85 % de la population est favorable à de nouvelles élections et non à la mise en place d’un nouveau président par le Congrès.

La bataille n’est pas encore gagnée. Il faudra approfondir et radicaliser la lutte pour que le gouvernement soit vaincu. Le caractère unitaire de cette grève du 28 avril ouvre une nouvelle période pour le mouvement syndical. Quelques espaces d’organisation de base ont été créés, comme des comités de lutte dans quelques régions. Il faut avancer dans cette direction, en généralisant l’organisation des comités de lutte et en garantissant le rôle des bases dans les décisions sur la direction du mouvement.

Notre organisation sœur au Brésil, Liberdade, Socialismo e Revolução (LSR), défend la nécessité d’une nouvelle grève de 48 heures organisée par la base, qui n’a pas encore été appelée par les centrales syndicales. Il est possible que cette décision soit prise par les syndicats, mais les travailleurs ne peuvent pas attendre – le mouvement doit être organisé dès maintenant !

Dans les mobilisations, la gauche qui défend le socialisme démocratique, dans son ensemble, doit construire une alternative politique pour sortir de la crise, mais une alternative pour les travailleurs, la jeunesse et les pauvres, une alternative aux attaques néolibérales en cours, mais aussi au projet de conciliation de classes du PT (Partido dos Trabalhadores) de Lula qui a déjà démontré sa faillite.

Par Pedro

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